HamaSaari au P8

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À votre avis, qu’est-ce que cela fait de se retrouver tout seul en Allemagne en milieu de semaine dans une petite salle de concert pour écouter un groupe que vous connaissiez à peine ?

Ben rien, c’est ma routine, mais pour HamaSaari j’ai fait fort. Une tempête menaçait de balayer la France cette nuit, je bossais le lendemain et samedi je partais à 200 km de la maison pour écouter Mystery Chez Paulette. J’allais être sur les rotules.

HamaSaari est un groupe français que j’ai découvert par hasard sur Bandcamp et lorsque que j’ai vu qu’ils jouaient au P8 le mercredi 23 octobre, j’ai contacté le tenancier de la salle pour obtenir une accréditation photo.

Arrivé sur place,à l’avance comme toujours, j’ai pris une bière, pas un panaché cette fois (je progresse même si la bibine ressemblait affreusement à une Heineken), et je me suis installé dans un coin en attendant la musique. 

Je ne sais pas si c’est l’appareil photo qui a provoqué ça, toujours est-il que deux allemands très sympathiques sont venus taper la discute avec moi en faisant l’effort de parler en français et en anglais. Du coup, le concert est arrivé très vite et je me suis senti moins seul (mon pote Seb profite d’une lune de miel au soleil).

On ne va pas se mentir, il n’y avait pas grand monde à assister au concert, tout au plus une trentaine de personnes rassemblées plus près du bar que de la petite scène.

La première partie, était assurée par le groupe allemand VELDT VOID que j’ai rapidement écouté en streaming. Un quatuor de hard rock psyché assez classique. Leur musique n’a pas inventé la poudre mais j’ai bien aimé certains de leurs morceaux comme ‘The Son of Man’ tiré de leur premier album du même nom.

Sur scène par contre c’est affreusement statique et le chanteur, en col romain, va rester pendant tout le set dans l’obscurité.

Le quatuor français HamaSaari prend la suite des opérations vers 21h30. Ils sont également quatre. Une basse, une guitare rythmique et chant, une lead et la batterie.  D’emblée l’énergie n’est pas la même. Si leur musique est relativement acoustique, Jordan ne reste pas statique devant son micro, loin de là, il vit la musique. Et malgré le peu de public, le groupe donne tout. Leur album Ineffable, que j’ai écouté en boucle avant de venir, rend encore mieux en live. Les quelques nouveaux titres qui figureront sur leur prochain album, me semblent plus musclés sans atteindre la tension de ‘White Pinacle’ toutefois, certainement le titre le plus agressif de leurs compositions.

Jordan s’adresse aux spectateurs en anglais, salue l’incarcération de Nicolas Sarkozy, parle d’écologie, des sujets qui me touchent comme leur musique. Bref c’est un énorme kiff, genre coup de foudre.

Ils finissent leur performance après un dernier rappel, le public chauffé à blanc en redemande, c’était trop court.

Je retrouve le groupe au stand de merch comme une groupie, on discute quelques minutes avant que je ne craque pour un teeshirt et leur vinyle. Le principe c’est paye ce que tu veux (à condition d’être raisonnable tout de même), et j’ai du l’être puisqu’ils m’ont offert en bonus le vinyle WontTheyFade? de leur précédent groupe Shuffle que j’avais chroniqué fin 2018. C’est en écrivant ces lignes que j’ai fait le rapprochement entre les deux groupes… La vieillesse est un terrible naufrage.

Cette petite soirée au P8 est sans doute un de mes meilleurs concerts de l’année, plein d’émotions, de chouettes rencontres dont Stephan, un des gérants de la salle avec qui j’ai également discuté avant de partir.

Merci au P8 de permettre ce genres de concerts, merci à HamaSaari d’exister et de nous offrir leur musique, j’espère les revoir très bientôt avec plus de public cette fois.

Les photos de VELDT VOID sont ici : https://flic.kr/s/aHBqjCypJ7

Celles de HamaSaari ici : https://flic.kr/s/aHBqjCysPT

Dissona – Receptor

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Dissona est un quatuor de métal progressif né à Chicago en 2006. Leurs membres n’ont composé pourtant que trois albums et un EP entre 2012 et 2025.

Receptor, sorti le premier octobre, est la continuation très attendue de Paleopneumatic édité neuf ans plus tôt. On parle ici de près d’une heure de musique et onze morceaux de deux à huit minutes.

Dissona joue d’un métal progressif à deux voix mêlant symphonique, cinématique, oriental et électro à sa musique relativement grandiloquente.

L’album est long et me paraît relativement chaotique, et ce malgré de nombreuses écoutes. Disons que je peine à trouver un fil conducteur musical. A plusieurs moments, j’ai l’impression qu’il va se terminer, alors que non, il repart pour un tour.

‘Shadow Consumation’ compte parmi les titres les plus calmes de l’album. Il n’y en a pas beaucoup, donc autant le souligner. Le morceau, long de sept minutes dix, fait penser au travail de Tool dans leurs premières années.

A côté de cela, on trouve ‘Incisor’ suivi de ‘Haimatox’, deux pièces électros par excellence. Et que dire de ‘Weaponized’ où vous allez entendre de grandes orgues sonner au milieu d’une pièce de métal symphonique. ‘Sufuse’, long de cinq minutes, donne pour sa part dans un métal oriental des plus classiques. Et ne me demandez pas pourquoi ce choix musical, je n’ai pas fait l’effort de me plonger dans les paroles en majuscules.

Vous entendrez également deux courts instrumentaux d’environ deux minutes intitulés  ‘Becoming Home’ et ‘Haimatox’.

Si vous cherchez un bon exemple du côté bordélique de l’album, vous l’entendrez dans ‘It Will Drown’. Un titre à la limite du grotesque, à la musique hachée et au chant très étrange.

Comme vous le voyez, l’album est pour le moins varié, trop peut-être à mon goût, ce qui renforce cette sensation de chaos que je ressens à chaque fois.

Malgré son côté brouillon, j’aime bien Receptor, sa pochette intrigante, le logo du groupe et la puissance qui se dégage de leur musique.

Pour une fois, c’est de l’électro métal qui n’est pas chanté par un castrat. Et puis les albums grandiloquents, limite too much, j’ai toujours adoré. Donc n’hésitez pas à y jeter une oreille ou deux à l’occasion, il est sur Bandcamp.

Deux caméras

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iMovie

J’ai deux boîtiers photo. Ce sont mes outils pour les concerts. Un appareil armé d’un 24-70 et l’autre d’un 70-200 pour couvrir une large focale lors des concerts sans à avoir besoin de changer d’objectif en pleine action.

Pour mes Chroniques en Images j’utilise d’ordinaire le Nikon Z6 avec un 35 mm sur trépied derrière un prompteur. L’image est fixe, en face de ma trombine, ce qui donne quatre minutes avec le même plan, sachant qu’il faut varier le cadrage toutes les 30 secondes pour ne pas endormir le spectateur. 

Jusqu’à présent, je recadrai l’image, zoomant quelques secondes pour casser la monotonie de la vidéo. Beaucoup de youtubeurs le font depuis longtemps (je n’ai rien inventé). 

Mais une idée me titillait depuis longtemps, celle d’utiliser mon second appareil photo pour filmer avec deux caméras et proposer un second point de vue. Comme je filme mes chroniques toujours un peu à la bourre, je n’avais jamais encore essayé. La chronique de Soulshine aura été l’occasion d’expérimenter la chose pour la première fois.

Il faut comprendre que la tâche n’est pas des plus simple. Déjà je ne possède qu’un seul trépied assez haut pour filmer. Ensuite je n’ai qu’un retour vidéo, mon iPhone en l’occurrence, donc je ne vois que l’image d’une seule caméra, celle de face. Je ne contrôle à distance, de la même manière, qu’un seul des deux boîtiers. Enfin les appareils sont différents comme les objectifs utilisés, d’un côté un Z6 II avec un 35 mm ouvert à f/d 2 et de l’autre un Z8 avec un zoom 24-70 ouvert à f/d 2.8. Du coup les deux images ne possèdent pas le même rendu. 

Le cadrage se fait à l’aveugle pour la seconde caméra. L’éclairage et le décor n’ont été étudiés que pour une caméra. Les images des deux setups ne sont pas vraiment harmonisées et il faut synchroniser les deux vidéos afin d’éviter un décalage du son.

J’ai posé le Nikon Z8 sur un mini trépied de voyage posé lui-même sur un tabouret et j’ai cadré tant bien que mal en me filmant à l’aveugle. 

J’ai lancé la capture vidéo du Z8, me suis installé face caméra, j’ai ensuite lancé la capture du Z6, déclenché le prompteur, fait un clap comme au cinéma, pour avoir un point de repère de synchronisation, puis j’ai lu mon prompteur. Globalement cela a été relativement simple.

C’est au montage les choses se sont corsées. Je travaille toujours avec le logiciel Apple iMovie qui est très bien pour un montage vidéo simple mais qui montre rapidement ses limites dès que l’on complique le projet. Déjà caler les deux vidéos sur le clap n’a pas été une mince affaire. Ensuite essayer d’harmoniser les deux images à été un véritable enfer, d’ailleurs je n’y suis pas vraiment arrivé.

Ne pouvant regarder le flux des deux vidéos en même temps, j’ai incrusté celui du Z8 sur l’image de face. Cela me permettait de choisir la caméra en fonction de l’avancement de la vidéo. L’autre souci, c’est qu’avec iMovie, je ne dispose que de deux time lines d’images. Si je veux incruster une photographie, je dois découper mon second flux vidéo et je ne peux pas incruster une image sur la vidéo de la seconde caméra.

Il m’a fallu plus d’une heure pour arriver à un montage peu satisfaisant. L’angle de cadrage au 3/4 est trop bas et mon visage trop en avant. L’image est plus contrastée et ce n’est pas vraiment le rendu que j’espérais. Mais au moins j’ai essayé. Je ne suis pas suffisament motivé actuellement pour changer de logiciel de montage, m’acheter un second trépied, un second retour ou revoir mon éclairage mais je vais faire une nouvelle tentative, parce que je trouve que ça rend la chronique plus vivante malgré tout.

Pour le trépied, j’ai trouvé une solution en recyclant celui d’un projecteur LED. Pour le retour, je vais essayer d’utiliser l’ancien iPhone SE de mon épouse en espérant qu’il fonctionne encore. Reste à trouver un angle de vue plus adapté que celui que j’ai choisi pour Luke Machin et à mieux harmoniser la colorimétrie des deux vidéos.

N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, je suis curieux de connaître votre avis sur ce nouveau test.

Luke Machin – Soulshine

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Il y a cinq ans, j’ai participé au financement du premier album solo d’un artiste que j’aime beaucoup. Il est le membre fondateur du groupe Maschine qui n’a accouché hélas que de deux albums dont l’excellent Rubidium en 2013 et il a joué entre autres dans les groupes Damanek et The Tangent. Je veux parler bien sûr de Luke Machin.

Après une très longue attente – j’avais même oublié l’avoir commandé – son album Soulshine a enfin vu le jour, et surprise, ça n’est pas du prog, loin de là. En fait, Luke a composé dix morceaux, de une à douze minutes, que je n’aurai certainement pas écoutés en temps normal. Car on parle ici de funk, de soul et de jazz.

Si Soulshine est un album solo, vingt invités ont tout de même contribué à son enregistrement.  Pour n’en citer que quelques-un, vous entendrez Guthrie Govan, Marco Minnemann, Daniel Gildenlow, Jonas Reingold, Peter Jones, Andy Tillison, Robert Reed ou encore Marek Arnold.

Est-ce que j’aime vraiment la soul, le funk et le jazz ? La réponse est non. Mais vu qu’il y a cinq ans, j’avais donné carte blanche à Luke Machin pour composer un album, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même aujourd’hui.

Il est quand même amusant d’écouter Peter Jones dans ‘Blossom’, Daniel Gildenlow sur ‘Parisian Rooftops’ ou Guthrie Govan se lâcher dans ‘Final Boss’. Même si tout cela n’est pas vraiment ma came. Les musiques dansantes, ensoleillées ou jazzy n’ont jamais su chatouiller mon âme. Je carbure aux trucs pluvieux, sombres et sinistres de préférence.

Rien que le nom de l’album, Soulshine, me donne des boutons, quant à la pochette aux couleurs flashies représentant des personnes heureuses en maillot de bain abusant de cocktails dans piscine au coucher du soleil, que dire…

N’empêche, passé le premier rejet épidermique (oui, j’exagère un peu), en fait passé les cinq premiers titres vraiment trop festifs pour moi, Soulshine à parlé à mon âme. Je pense que le soleil venait de se coucher sur la piscine quand Luke les a composés. ‘Parisian Rooftops’, ‘Blossom’ et même la première partie du pourtant très jazzy ‘Wild Roses’ et dans une moindre mesure ‘Turn Around’, ont chatouillé mes oreilles.

La délicieuse voix d’Anita Dondorff n’est pas étrangère à mon plaisir et le talent des musiciens qui jouent avec Luke contribuent également beaucoup à cette immersion dans un univers sonore qui m’est relativement inconnu.

Au fil des écoutes, j’ai réussi à m’approprier un peu plus ces atmosphères relativement festives, mais pas à tomber amoureux.

Soulshine existe en deux éditions, et naturellement la slowed, comprenez ralentie, a ma préférence, surtout pour les premier morceaux. Mais du coup elle est un peu plus longue, avec soixante quinze minutes jazzy et funky au compteur tout de même.

Vous pouvez découvrir ça si le cœur vous en dit sur Bandcamp. Pour ma part, je suis rapidement passé à autre chose.

Royal Sorrow – Innerdeeps

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Bon, les groupes de métal progressif mélangeant chant clair, djent, électro et pop, j’en ai clairement ma claque, sauf si vous me parlez de Voyager, Leprous ou Vola. Alors pourquoi vous présenter Royal Sorrow aujourd’hui, sérieusement ?

Tout d’abord parce que je n’ai plus rien en stock et qu’il fallait bien trouver un album pour cette semaine. Ensuite parce que je n’ai jamais chroniqué ce jeune groupe de metal. Normal vous me direz, puisqu’ils signent ici leur premier disque chez Inside Out. Enfin parce que malgré son côté commercial, Innerdeeps tabasse pas mal.

Innerdeeps est une galette de trois quarts d’heure contenant dix titres de trois à cinq minutes. Sa musique se rapproche comme mentionné plus haut de Leprous, Voyager, Vola, Tesseract et compagnie, savant mélange de gentil poutrage, de refrains mélodiques, de touches électro, le tout joué par trois gamins.

Markus chante et joue des guitares, Eero est à la basse et Janne cogne sur la batterie. Vocalement, pas de growl qui déchire les oreilles. A la place, c’est un chant clair médium un peu énervé qui domine avec des chœurs à profusion.

La batterie offre un service sur mesure, parfois un rythme paresseux minimaliste, parfois un toucher électrique ébouriffant. Quant à la guitare et la basse, elles se calent sur ce tempo à géométrie variable. Les guitares s’offrent en plus du djent de ‘Survival Complex’, quelques envolées lyriques comme dans ‘Samsara’. Il y a également des claviers à tendance électro qui complètent l’ensemble.

Tout cela est très bien joué, le trio connaît son affaire, mais ne nous mentons pas, c’est archi-classique. Niveau prise de risque et innovation, Innerdeeps risque de vous décevoir. Ceci posé, je trouve ‘Metrograve’ assez réussi avec son effet métronomique en introduction et le poutrage de ‘Survival Complex’ est des plus efficaces. Ce sont les deux titres qui sortent vraiment du lot sur l’album Innerdeeps. J’aurais aimé qu’il y en ait plus du même tonneau.

Le côté pêchu de l’album vient à la fois de la voix et de la musique. Si Markus use le plus souvent de chant clair, il force sur ses cordes vocales de temps à autre, toujours à la limite scream sans pousser jusqu’à la grosse voix, énervant quelques secondes un titre qui aurait pu rester gentillet.

Innerdeeps est une belle entrée en matière pour le jeune groupe Royal Sorrow. Il manque toutefois de personnalité, comme bien souvent, en restant largement influencé par ses modèles.

Si vous aimez le métal prog à la manière de Leprous, allez les découvrir.

Messa au Grillen

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Mardi 7 octobre, le groupe italien Messa jouait au Grillen à Colmar.

J’ai déjà eu l’occasion de les écouter en live au P8 il y a deux ans et je vous ai récemment parlé de leur excellent album The Spin sorti cette année, un vinyle qui a de fortes chances de figurer dans mon top 2025.

J’adore cette chanteuse brune vêtue de noir chaussée de talons hauts sur scène qui m’ensorcèle avec sa voix fabuleuse. Et j’adore leur musique psyché stoner qui se bonifie d’album en album. Bref, j’adore ce groupe.

J’allais au concert avec deux compères, Sébastien et Jean-Nicolas, bien décidés à ne pas conduire pour profiter des bières du Grillen. Du coup, j’ai transporté deux alcooliques anonymes. 

J’avais demandé une accréditation photo quatre jours auparavant, mais je n’ai reçu la réponse positive que le jour J à 15h, alors que j’étais au travail. J’avais rendez-vous avec mon kiné en sortant du boulot et les portes du Grillen s’ouvrait  à 19h ce qui m’a laissé un petit quart d’heure pour préparer mon matériel photo et manger quelque chose avant d’aller récupérer mes deux zozos. Autant dire que j’étais à cran.

Le trio de doom stoner colmarien Supertzar ouvrait le bal avec un son musclé et une batterie déchaînée. Si j’ai bien compris, ce concert sera l’un de leurs derniers, d’après que qu’a dit Bruno le chanteur guitariste du groupe. Dommage, parce que leur musique fonctionne bien et ils assurent en live. Je dis ça, mais bon, après trois morceaux, j’avais ma dose, ce genre de compositions restent relativement répétitives pour un proghead habitué aux morceaux alambiqués.

Installés au bord de la scène, les trois chevelus faisaient face au public venu nombreux ce soir-là. Bruno à gauche, Jules au milieu derrière sa batterie et Jonas à droite avec sa basse. Gros sons graves, batterie explosive, guitare chargée et chant clair, le groupe a livré un set assez long, jouant des morceaux de plus de sept minutes. Honnêtement, passé la moitié du set, j’ai commencé à trouver le temps long, déjà parce que j’avais mes photographies, ensuite parce que la musique ne m’emballait pas plus que cela.

Mais après un dernier titre et une rapide mise en place, c’est Messa qui s’installe. Bon et je crois que vous l’avez compris, je suis amoureux de leur chanteuse et de leur musique. Le groupe va jouer un large répertoire, avec une belle place au dernier album The Spin, mais pas que. Sara, entre deux gorgées de bière, chante comme une déesse sur ses talons aiguilles. Alberto, le guitariste timide, au look de Ringo Starr, nous livre des merveilles sonores tout en discrétion alors que Marco, à la basse, installé presque en face de moi, est nettement plus démonstratif sur scène. Reste Rocco, au fond de la scène, quasiment dans l’obscurité, qui donne le tempo au quatuor italien.

Le public est chaud bouillant. Un bonhomme torse nu et ventripotent aux cheveux blancs s’agite comme un diable au premier rang (il trinquera avec Sara amusée par tant d’enthousiasme), un photographe hésite entre hurler et prendre des photos (je suis un peu dans le même cas) et mes compagnons de route boivent des bières. Pour ma part j’arrive à me faufiler dans la foule mouvante pour changer d’angle de vue, m’éloigner du gros son du premier rang pour mieux profiter de la voix près de table de mixage.

Je serai plusieurs fois en galère avec mon appareil photo. Comme dit plus haut, je n’ai pas eu le temps de le préparer avant de partir et certaines limitations que je m’impose en concert au matériel sautent pendant cette soirée. Souvent, je monte beaucoup trop haut en sensibilité, ce qui donnera des image quasi inexploitables pour certaines. Je n’ai pris qu’un boîtier, faute de temps pour préparer celui qui me sert principalement pour réaliser les vidéos des chroniques. Cela va m’obliger à des changements d’objectifs acrobatiques en plein salle de concert. Mais malgré toutes ces galères, je suis assez content des photos de Messa même si je me suis un peu trop focalisé sur la chanteuse.

Le son n’était pas génial devant la scène, trop de basses et les voix qui étaient noyées dans les décibels. Mais en allant au fond de la salle, le rendu était nettement meilleur, surtout pour le Grillen qui est une salle qui ne brille pas par son acoustique. C’est près de la porte de la sortie que j’ai profité de la fin du concert de Messa, histoire d’écouter de la musique et ne plus faire de photographies.

Le concert se termine vers 22h30, soit trois heures après son début. Cela tombe bien, car demain, je travaille et il faut que je ramène mes deux passagers à domicile avant de me coucher (c’est sur la route). La prochaine date programmée dans mon calepin est le 25 octobre Chez Paulette avec Mystery et si je peux, le 17 octobre avec Antimatter à Karlsruhe, mais pour l’instant j’ai d’autres obligations astronomiques.

Merci à Headbang et à mes deux passagers qui ne m’ont même pas offert une bière.

Toutes les photos de Messa sont ici.

Et les photos de Supertzar sont ici.

Green Carnation – A Dark Poem Part I : The Shores of Melancolia

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C’est Stéphane Gallay de Radio Erdorin qui m’a fait découvrir le groupe Green Carnation avec l’album Leaves of Yesteryear il y a cinq ans. Je ne l’avais pourtant pas chroniqué ici, je ne sais plus pour quelle raison, peut-être simplement parce que je n’avais rien à apporter de plus à la chronique de Stéphane. Mais avec la sortie du premier album du triptyque A Dark Poem, j’ai décidé de prendre ma plus belle plume pour vous en parler.

Déjà commençons par les présentations : Green Carnation est un groupe de métal progressif norvégien né en 1990 donne tout d’abord dans le death. La formation actuelle date de 2014, car l’histoire de Green Carnation a été quelque peu mouvementée. 

D’ailleurs je me suis aperçu, en effectuant des recherches pour cette chronique, que j’avais un de leurs albums de la première période, Light of Day, Day in Darkness, sorti en 2001, deux titres épiques respectivement long de trente-deux et vingt sept minutes. Aujourd’hui, leur univers musical me fait penser à celui du groupe Arena avec un son musclé chargé de claviers et un chant théâtral proche de celui de Paul Manzi. 

En parlant de chant, Grutle Kjellson de Enslaved vient hurler sur ‘The Slave That You Are’, cassant la routine tranquille de Kjetill Nordhus. Et puisque l’on en est aux artistes invités, vous entendrez également Ingrid Ose à la flûte sur deux titres et les percussions de Henning Seldal dans le dernier morceau ‘Too Close to the flame’.

J’ai parlé des claviers et du chant mais il serait cruel de passer sous silence l’incroyable jeu de Tommy qui opère derrière les fûts. Une batterie aux rebondissements fabuleusement progressifs comme dans ‘In Your Paradise’.

L’album de quarante-deux minutes contient six morceaux de cinq à neuf minutes. C’est court, mais à ce rythme là, si les gars arrivent au bout de la trilogie, celà donnera un concept album de plus de deux heures quand même.

Avec ce premier opus intitulé The Shores of Melancolia, Le groupe nous embarque pour un voyage fantastique dans la noirceur de l’âme humaine.

The Shores of Melancolia est sombre, violent, progressif, épique. Tout en gardant une belle unité narrative, il alterne les atmosphères musicales avec des tonalités orientales comme dans le titre album ou du heavy dans le titre final.

Comme dit juste au dessus, le thème de l’album n’est pas franchement bisounours. Si vous faites l’effort de lire les paroles, vous verrez que ça ne rigole pas. Voyez vous-même  : “La fin est proche, les victimes, les adversités sont là …  les accidents, les décès, les calamités sont là… le destin, la misère, l’exigence sont là… l’effondrement est proche, l’urgence, le cataclysme est là”.

Je n’ai trouvé qu’un seul reproche à faire A Dark Poem Part I, son illustration. Franchement, elle ne me plait pas, disons qu’elle ne me donne pas envie d’acheter l’édition vinyle. Il y a de l’idée pourtant, cette cape étoilée, ce ciel doré et le motif des vagues que l’on retrouve un peu partout sauf dans le ciel. Mais bon, je n’aime pas.

Bref, sorti de ce petit détail, le dernier Green Carnation pourrait réconcilier les progeux et les métalleux sous une même bannière, celle de The Shores of Melancolia.

Je ne peux que vous le recommander chaudement.

Arjen Lucassen – Songs no one will hear

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La fin des temps arrive, une météorite va percuter la Terre dans cinq mois et personne n’en réchappera.Tel est le scénario du dernier long métrage post-apocalyptique de Lucas film, Songs no one will hear.

J’ai dit long métrage ? Vous l’aurez corrigé vous même, il s’agit bien d’un album de métal progressif, le second album solo du prolifique compositeur derrière Ayreon, Star One et bien d’autres projets, le grand Arjen Anthony Lucassen.

Dans une autre vie, Arjen m’avait avoué, que le projet dont il était le plus fier à ce jour, était Lost In The New real, son premier album solo sorti en 2012 et qu’il rêvait d’en écrire un second. Il aura fallu patienter treize années pour qu’il concrétise son projet, mais cela valait le coup d’attendre.

Songs no one will hear un est bébé de cinquante minutes et neuf titres, dont un de près d’un quart d’heure, qui mélange folk, métal et progressif à la sauce Ayreon et compagnie.

Je me suis offert l’édition physique quatre disques pour les morceaux bonus mais aussi pour écouter la narration de Mike Mills absente de la version proposée sur Bandcamp. En bonus j’ai eu les paroles, de belles illustrations et les neuf pièces en versions instrumentales sans parler du blu-ray que je n’écouterai sans doute jamais.

Aux côtés de Arjen, vous allez entendre plein d’autres musiciens, musiciennes, chanteurs et chanteuses. Je n’en citerai que quelques-uns parce que la liste est longue : Joost Van Den Broek à l’orgue Hammond, Irene, Floor Jansen, Marcela Bovio au chant et Mike Mills comme narrateur. Beaucoup de monde mais c’est Arjen qui reste aux commandes, au chant, guitares, basses, et claviers.

Question instruments exotiques vous vous régalerez avec du violon, de la flûte, du hurdy gurdy, de l’orgue Hammond et du violoncelle sur un métal progressif des plus mélodique bouré de refrains accrocheurs.

Mais je ne vais pas vous mentir, Songs no one will hear, n’est pas d’une grande originalité. C’est un blockbuster au scénario convenu et à la musique archi confortable, du Ayreon en version courte avec nettement moins d’invités. Mais moi, cela me va parfaitement, je suis un fan de la première heure du bonhomme et son nouvel album solo est bien meilleur que le Transitus sorti il y a déjà cinq ans.

Les chansons abordent différentes problématiques de la fin du monde : l’effondrement de la société, le conspirationnisme, comment vivre ses derniers jours, les regrets, les projets, la solitude… Et puis il y a ce bus bleu qui vous emmène sur l’île où s’écrasera bientôt l’astéroïde, la Sanctuary Island du Dr Slumber, un bel endroit situé aux premières loges pour attendre la fin du monde.

La narration de Mike Mills apporte une touche humoristique et sarcastique à cette histoire de fin du monde. L’album perd beaucoup de son sel dans sa version expurgée même si les titres ‘Goddamn Conspiracy’ et ‘Shaggathon’ apportent leurs touches de dérision à l’histoire.

Dans un autre registre, la performance de Floor Jansen dans ‘We’ll Never Know’ est absolument sublime, comme toujours me direz-vous.

Les quatres titres bonus sont parfaitement à leur place à côté de l’album. Ils ne se seraient pas bien intégrés dans l’ensemble, n’empêche, ils méritent plus qu’un détour et j’ai tout particulièrement aimé le clin d’œil à Elon Musk dans ‘Mr M’s Amazing Plan’.

Par contre la version instrumentale des huit morceaux n’a guère d’intérêt pour moi, il manque cruellement les voix…

Science-fiction, fin du monde, humour, folk, métal progressif, Songs no one will hear est un excellent divertissement musical mais pas forcément le chef d’œuvre de l’année pour autant. 

Même si je suis un grand fan d’Arjen, je suis capable de garder la tête froide. Mais si vous aimez le travail du bonhomme, foncez l’écouter et dans sa version intégrale.

Anfauglir – Akallabêth

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Prenez peur, c’est quand même Stéphane Gallay qui a recommandé l’album dont je vais vous parler aujourd’hui. Une heure quinze de black métal symphonique à grosse voix et orchestrations pompier dans l’univers de JRR Tolkien. Autant dire que ça fait du bruit.

Presque tout le monde a entendu parler de The Hobbit de Tolkien, certains ont même vu la trilogie de The Lord of the Rings au cinéma, d’autres ont été jusqu’à lire le livre. Plus rares sont ceux qui se sont plongés dans le Silmarillion, cette compilation de récits inachevés qui ébauche la mythologie de l’univers de Tolkien. Moi, j’ai commencé par ça.

Akallabêth nous plonge dans les récits du deuxième âge. La pochette illustre d’ailleurs la chute de l’île de Numenor vers 3300 D.A. On y voit la cité d’Armenelos, la capitale de l’île, prise dans la tourmente et les navires qui fuient vers le Royaume Béni.

Mais trêve de mythologie de Terres du Milieu, parlons plutôt musique si vous le voulez bien. Anfauglir est un duo du Montana né en 2004 et formé de Lord Bauglir et Griss, deux fondus de Tolkien qui sortirent leur premier album en 2008.

Jouer du métal symphonique à deux, ce n’est pas évident et les orchestrations qui dégoulinent des quatre morceaux sont évidemment numériques. Oui, j’ai bien dit quatre morceaux pour une heure et quart de musique. Autant dire que vous allez prendre très cher, avec respectivement vingt, dix-sept, vingt-deux et enfin douze minutes de spectacle.

Scream et piano forment le socle musical de l’album sur lequel se greffent double pédale, chœurs, cordes et cuivres (beaucoup de cuivres). C’est grandiloquent à souhait, pompier et cinématique façon grand spectacle. C’est limite too much et j’adore ça !

Moi, c’est clairement l’ouverture au piano dans ‘The Rise of Numenor’ qui a titillé mon oreille. Ensuite, le métal symphonique a fait son œuvre et si le scream est omniprésent sur cet album, cela ne m’a pas posé de problème particulier.

Par contre, comme l’a noté Stéphane, l’orchestration numérique souffre de son côté orgue Bontempi pour ceux qui ont connu. Les samples, particulièrement ceux des cordes, manquent de caractère et lors d’une écoute au casque, ça pique beaucoup. Bizarrement, les chœurs tiennent assez bien la route.

Pour continuer à parler des choses qui fâchent un peu, j’ai trouvé quelques thèmes musicaux honteusement pompés à des œuvres cinématographiques biens connues, tout particulièrement dans ‘The Inevitable Truths of Time’ qui me fait beaucoup penser à la B.O. du film Dune de David Linch vers la neuvième minute.

Malgré ces quelques petits bémols, Akallabêth est une grosse claque, le genre d’album que j’écoute à fond à la maison lorsque je suis seul et il entre en lisse pour la compétition finale de l’album de l’année.

Lowen – A Crypt in the Stars

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En 2018 le groupe britannique Lowen sortait son premier album A Crypt in the Stars. Trente-cinq petites minutes de doom fleurant bon le rétro progressif chanté par Nina Saeidi.

Je suis tombé dessus par hasard et j’ai tout de suite accroché à leur musique venue d’une autre époque. Pourtant, croyez-moi, A Crypt in the Stars ne partait pas gagnant. Sa production est tout simplement exécrable et Nina n’a pas tout le temps le diapason près de son oreille.

Je n’ai pas beaucoup d’informations sur la formation d’origine, seuls Nina et Shem Lucas sont crédités sur l’album alors que l’on entend de la batterie, de la basse et de l’orgue Hammond est présent sur quelques morceaux. Le chant, pas toujours très maîtrisé, donne dans l’incantatoire à la Mandylion sauf que Nina n’est pas Anneke.

La musique, elle, joue un doom stoner parfois agrémenté de claviers vintages à souhait donnant une touche rétro prog aux compositions.

Le premier morceau au titre imprononçable ouvre l’album acapela, façon prière aux dieux ou lamentation avant de s’enfoncer dans un stoner assez dense d’où surnage le chant plaintif de Nina.

Le titre ‘The Fortress of Blood’ pousse le curseur jusqu’à épouser les sonorités d’un grand classique du prog, à savoir In The Court Of The Crimson King. On y entend en effet, en trame de fond, un orgue Hammond rugissant sur lequel s’impose le chant déclamé de Nina rythmé par une batterie très clairsemée. Et à la cinquième minute, l’orgue prend le dessus sur le reste de la musique pour un magnifique voyage progressif.

‘Krenko’s Command’ est nettement plus rentre-dedans. Dans ce second morceau, beaucoup plus direct et presque deux fois plus court, vous n’entendrez que des guitares saturées, une batterie assez bourrine et bien entendu le chant qui lui ne varie guère.

Le dernier titre de l’album, ‘In Perpetual Bloom’, qui dépasse les onze minutes, épouse une forme plus psychédélique et joue un peu les prolongations. La dernière partie quasi instrumentale qui fait quand même un peu au remplissage, surtout sur un album aussi court.

L’album A Crypt in the Stars, s’il m’a d’abord séduit, a été rapidement éclipsé par l’arrivée de Stalagmite Steeple et par la dernière découverte d’Alias, la chute de Numenor racontée par Anfauglir.

D’ailleurs, ce sera peut-être cette nouvelle acquisition dont je parlerai la semaine prochaine, parce que franchement, j’adore cet album.