Variations pour lever de soleil – l’île

Image

Deux jours plus tard, sur la même plage, vers 7h18, le soleil vient à peine de se lever. Un mirage de chaleur suggère que l’île lévite au dessus de la mer et qu’un second soleil apparaît à l’horizon. A droite de l’île on aperçoit à peine le phare delle Bisce qui fait face à celui du Capo Ferro invisible sur l’image.

Les réglages lors d’une photographie de lever de soleil sont en constante évolution pendant un dizaine de minutes. La lumière du soleil varie énormément, les couleurs passent du rouge orangé au bleu et le cadrage va de l’astre aux reflets sur la mer jusqu’aux premières ombres.

Je travaille en ISO manuels, à 64 de préférence et j’adapte l’ouverture, la vitesse, voire la correction d’exposition pour obtenir une image avec un astre ni trop brillant, ni une image trop sombre.

Selon que je sois en plan rapproché sur le soleil ou bien en mode paysage à large champ j’adapte le mode de calcul de la lumière, mode ponctuel ou global pour éviter de cramer la photographie.

Ici avec un 200 mm en mode DX j’obtiens une focale de près de 300 mm, suffisante pour obtenir un beau disque solaire tout en conservant assez de paysage.

Nikon Z8, Nikkor Z 24-200 mm, 1/80s, f/7.1, ISO 64, 200 mm, format d’image DX

Le sac des vacances

Image

Je vous l’ai déjà raconté, j’aime voyager léger. Mais lorsque que je pars en vacances, c’est aussi pour faire de la photographie.

Et allier photographie et légèreté sans faire trop de sacrifices, c’est assez compliqué. 

D’abord, il faut un sac photo accepté en cabine car il est hors de question de mettre mon matériel photo en soute. Des compagnies comme Volotea ne simplifient pas la tache avec un sac à placer sous le siège passager (30x20x40 cm). J’ai donc opté pour mon vieux Lowepro Transit Sling 150 AW qui me sert également pour les promenades à vélo. Il possède deux compartiments principaux dont un dans lequel je peux glisser un APN avec son objectif. Il me faut encore de la place pour un trépied, mes papiers, une batterie, un chargeur et un kit de nettoyage.

Pour le boîtier j’emmène maintenant le Nikon Z8 qui est mon joujou préféré. Le Z6 est plus léger et moins coûteux en cas de casse mais je suis joueur.

Pour les objectifs, je n’en prends qu’un seul, pour des raisons de place mais également pour épargner à mon épouse les « attends, je vais essayer avec un autre objectif ». Je prends le Nikkor Z 24-200 mm qui couvre une grande plage de focale (celle que j’utilise le plus souvent). Bien entendu son ouverture limite certains choix mais il est léger et je fais pas non plus de l’art. 

Je suis certain que quelqu’un se pose la question du trépied. Car j’ai bien dit que j’en emmène avec moi. Certes, il est rare que je fasse des photos au trépied en extérieur sauf pour l’astronomie, mais des fois, il m’arrive de faire une pose trop longue pour ne pas bouger (en dessous du 1/30s je ne suis pas à l’aise). Donc oui j’ai un trépied. Il tient dans la main, c’est un Rollei Stativ Compact Traveler Mini M1. Une fois déplié, il fait 45 cm de haut et reste très stable. Parfait pour le voyage.

Je l’ai testé pour la première fois en Sardaigne pour photographier des paysages dos au soleil sans avoir mon ombre au sol ainsi que pour quelques photos de ciels étoilés. Certes il est bas mais très stable et surtout pas du tout encombrant. Un pied que je recommande aux photographes qui ne veulent pas s’encombrer d’un pied.

Dans le sac j’ai encore cinq accessoires indispensables : un chargeur, une seconde batterie (j’en consomme plus d’une par jour avec le Z8), une poire, un stick et un chiffon pour nettoyer le matériel, histoire de ne pas me retrouver comme à Naples avec un capteur plein de poussières.

Enfin et surtout, je n’utilise plus de dragonne qui me gênait le plus souvent. La plupart du temps je tiens mon boîtier dans la main. Depuis quelques temps j’expérimente avec succès le Clutch de chez Peak Design et j’avoue qu’il est très confortable malgré un risque de tendinite à long terme. En plus il possède l’adaptateur pour mon mini pied photo.

Je voyage léger, l’appareil peut sortir du sac en quelques secondes et j’ai même un trépied pour les situations difficiles. Malgré tout il me manque un grand angle pour quelques photographies et l’ouverture 4-6.3 du Nikkor Z 24-200 mm me prive de quelques bogheis qui auraient pu sublimer les photos.

Variations pour lever de soleil – le voilier

Image

La semaine dernière, je trempais mes pied dans les eaux de la mer Méditerranée, au Nord de la Sardaigne. Chaque matin, avant l’aube, je descendais sur la plage avec mon appareil photo pour assister au lever du soleil pas loin du Capo d’Orso. Le soleil imperturbable se levait à l’horizon chaque matin dans un ciel clair à peu nuageux et chaque matin c’était différent. Je suis descendu à huit reprises peu avant sept heures sur cette plage déserte pour assister au lever de soleil et réaliser quelques clichés. L’image fait très carte postale.

Celle-ci a été faite le 25 septembre à 7h29, le second matin des vacances. J’avais un voilier dans l’axe du soleil. J’en ai profité pour réaliser quelque chose de différent des premiers jours.

Nikon Z8, Nikkor Z 24-200 mm, 1/640s, f/11, ISO 64, 115 mm

Le cliché original diffère très peu du développement, tout l’avantage des ces premières lueurs du jour.

En fait, je ne suis pas là

Image

Lorsque vous lirez ses lignes, je serai en train de revenir d’une semaine de voyage en Sardaigne. Enfin, j’espère.

Je vous ai bien eu n’est-ce pas ? Vous pensiez que j’étais à la maison à publier des notes de blog.

Ben non j’étais près d’Olbia dans un appartement au bord de la mer avec plage privée, occupé à nager dans l’eau azur, à visiter des sites archéologiques exceptionnels, à lire dans un transat et à déguster les spécialités locales.

Je ne sais même pas si j’ai eu accès à Internet là bas, mais je m’en moque puisque tout a été programmé à l’avance. Oui je vous ai déjà fait le coup lorsque j’étais à Naples, c’est devenu une habitude. Parce que annoncer sur les réseaux sociaux que l’on est parti en vacances, c’est une très mauvaise idée, même si notre fils pitbull garde la maison et nourrit le chat.

Alors que l’automne arrive sur la France, je profitais d’une semaine de plus de soleil (comme si je n’en avais pas ma claque du soleil). Je me repose (en priant pour que le travail ne s’empile pas trop sur mon bureau) et je remplis les cartes mémoire de mon appareil de photographies qu’il faudra bien développer un jour (pour information, je n’ai pas encore trié toutes celles du voyage au pied du Vésuve).

J’ai pris un peu d’avance sur mes Chroniques en Images, sélectionné trois photographies prises d’une tour d’aéroport, écrit un bref compte rendu de la seconde saison de Foundation et je me suis retrouvé sec, avec plus rien à raconter pour terminer la semaine, alors, j’ai pondu ce billet totalement inutile.

A très bientôt ici.

Le tour de Gaule

Image

Cela faisait longtemps que j’ai envie d’entreprendre un road trip en France, histoire de découvrir des lieux que je dépasse depuis l’autoroute sans jamais m’y arrêter. D’ordinaire je traverse la France d’Est en Ouest ou du Nord au Sud sans étape, juste quelques pauses pipi pour le carburant et le café.

J’avais parlé à mon épouse du parc des oiseaux de Villars les Dombes, au nord de Lyon. Un parc qu’elle avait visité étant enfant, lorsqu’elle habitait la ville où se rencontrent la Saône et le Rhone. Nous avons décidé d’y aller pendant le week-end du 15 août, au début de mes congés d’été. Et c’est de là qu’est né l’idée d’un road trip de quelques jours en voiture qui nous aurait conduit de villes en villages, tranquillement jusqu’au parc.

Bison futé m’a un peu découragé. Le Week-end du 15 août semblait tendu, vendredi et samedi rouge, dimanche orange et les deux derniers jours verts. Alors nous avons réduit la voilure, partant le dimanche pour revenir le mardi. Trois jours pour aller et revenir de Villars les Dombes en passant par Langres et Gruyères. Pour le road movie slow motion c’était raté, par contre nous pouvions encore visiter le parc.

Dimanche matin nous prenions la route, direction Langres, notre première étape. Nous arrivons à destination peu avant midi, juste à temps pour prendre l’apéro en terrasse avec l’unique collègue qui travaille seul, isolé des autres, dans cette petite ville de province qui possède le triste record de froid en France. Après un burger arrosé d’une bière locale nous laissons le collègue à son travail et nous nous lançons dans le tour des remparts, promenade que j’avais déjà faite sous une pluie battante. 

La ville, outre ses fortifications, possède de belles bâtisses renaissance, un clocher qui domine la ville, quelques tours ainsi qu’un ancien train à crémaillère stationné sur le chemin de ronde. Largement de quoi occuper l’après-midi. 

Nous nous sommes aperçus trop tard que nous aurions pu rester plusieurs jours sur place pour visiter les abbayes et les lacs de la région. Hélas, notre planning serré ne nous laissait pas le temps de tout visiter.

Après une nuit ponctuée de claquements de portes, d’installation de forains sur le parking de l’hôtel, de sorties des pompiers (la caserne était en face de notre chambre), le petit déjeuner pantagruélique de l’hôtel Ibis devait restaurer nos forces : quelques tranches de pain de mie jetées en vrac sur un plat, une heure de retard à l’ouverture et plein de touristes exprimant leur mécontentement dans toutes les langues. Au moins il y avait du café chaud, car la route allait être difficile.

Sous un véritable déluge orageux, aveuglé par les éclairs, nous descendons en direction de Lyon pour atteindre le parc de Villars les Dombes. Mon épouse récupère de la nuit sur le siège passager et j’essaye de dépasser les quatre vingt kilomètres à l’heure sur la chaussée inondée. La pluie se calme et vers les dix heures du matin nous atteignons le parc. À peine arrivés, les nuages se dissipent, laissant place au soleil brûlant. 

Le parc prend place autour d’un étang, ici on appelle cela des dombes, d’où le nom Villars les Dombes. Au centre s’élève une impressionnante tour près d’une arène réservée aux deux spectacles quotidiens et partout autour prennent place des volières de toutes les tailles. Le visiteur peut rentrer dans certaines et s’approcher des volatiles comme celle dédiée aux oiseaux d’Afrique. C’est celle que j’ai préféré, la plus vaste, donnant presque l’impression que les oiseaux sont en liberté. La vue imprenable du haut de la tour, fut également un grand moment, un site idéal pour observer d’au dessus les oiseaux qui survolent l’eau verte des dombes.

Les petites volières fermées où tournent en rond les piafs m’ont donné un peu la nausée. C’est triste de voir des animaux en cage mais bon, c’est un parc. Au choix je préfère Sainte-Croix ou la Volerie des Aigles. A Villars les Dombes il y a beaucoup de monde, tout est trop grand et trop bien orchestré. Même le spectacle des oiseaux, aussi beau qu’il soit, me semble trop artificiel.

Avant d’aller rejoindre notre nouvel hôtel, nous avons fait un crochet par le village médiéval de Pérouges et ses fameuses galettes au sucre. Le lieu est nettement plus touristique que dans mes lointains souvenirs mais les ruelles sont toujours aussi belles et les galettes délicieuses.

Le second hôtel, proche du parc, n’est pourtant pas un ibis mais un lieu à l’ancienne avec des chambres non stéréotypées, le genre de lieu que j’apprécie beaucoup. En plus il était calme et le petit dej copieux. Tant mieux car il fallait maintenant revenir vers Strasbourg.

Finalement, au lieu du détour de plus d’une heure par la Suisse, initialement envisagé, nous avons opté pour Beaune et ses hospices, une ville devant laquelle je suis toujours passé en voiture sans jamais m’arrêter. Une pause culturelle sur la route des vacances.

Il y avait une longue queue devant l’entrée des hospices pour un quinze août. Et pour cause, quelle merveille ! Enfin merveille se mêlant au sordide car le splendide dortoir façon cathédrale ou château médiéval avec se alignements de lits numérotés, faisait froid dans le dos. D’un autre côté, la cour principale à colombages et les toits aux ardoises multicolores brillant au soleil réchauffait le cœur.

Restaient trois heures de route avec une option pour nous arrêter à Besançon. Mais j’y passe souvent pour le travail et la chaleur accablante de cette après-midi nous a découragée. Vers seize heures nous retrouvons notre maison, nos voisins, le chat, notre fils et notre lit si confortable.

Capri, c’est fini !

Image

Trouver un créneau pour partir en vacances est une gageure chez nous. Entre le planning musical infernal de mon épouse et les contraintes du travail, cela relève clairement de l’exercice d’équilibriste. J’ai quand même mis en demeure ma chérie de me dégager une semaine rapidement parce que j’avais furieusement besoin d’une pause.

Restait à trouver une destination de rêve, et là c’était compliqué. Pour moi le rêve c’est une semaine à la maison à jardiner, me promener et faire de la photo. Pour elle, c’est partir de préférence vers le soleil alors que pour ma part j’aurais tendance à me reprocher du Pôle Nord. 

Toutefois, nous rêvions depuis longtemps de visiter les ruines de Pompéii, comme quoi nos rêves ne sont pas si inaccessibles. Alors, d’un commun accord, nous avons choisi Naples, le Vésuve, Herculaneum et Positano pour poser nos bagages. Après avoir trouvé un vol jusqu’à Rome, une location de voiture, un hébergement à Castellammare di Sabia, une carte de la côte amalfitaine et un guide de la région, nous sommes partis pour l’Italie.

Cependant, avant de monter dans l’avion, il fallait programmer la semaine d’absence du célèbre influenceur que je suis. En effet, pas question de renoncer à mes précieux revenus publicitaires issus de YouTube et du blog. C’est vrai quoi, avec une centaine d’abonnés, une vingtaine de vues, mon activité Internet génère facilement cinquante pour-cent des revenus familiaux.

Il me fallait une chronique en images, trois clichés et deux articles de blog pour passer la semaine en douceur. Pour les chroniques, j’ai toujours un temps d’avance, ça ne posait pas de problème, il fallait juste que je m’assure qu’il n’y aurait pas une réclamation à la noix pour droits d’auteur comme avec Riverside. Floor Jansen n’a pas crié. Tout allait bien. Pour les articles de blog, j’avais également un peu de réserve, quelques brouillons en attente que je pouvais terminer et mettre en ligne. 

Restaient les photos, et là, c’était plus compliqué. Car depuis quelques mois, sorti des concerts, des tentatives astronomiques, je n’ai pas grand chose en stock. Par chance il a beaucoup plu ce qui m’a permis de faire enfin une sortie arrosée en ville, objectif les reflets dans les flaques d’eau, un exercice au raz du sol et trempé pour des résultats finalement intéressants.

J’ai développé quatre photographies en noir et blanc, parmi les plus pertinentes de l’exercice, pour figurer sur mon compte Flickr. J’étais sauvé même si j’ai fait un bide total avec ces images.

Restait à arriver Naples. Et comme toujours, la galère commença dès Strasbourg avec un vol Volotea annoncé avec trente minutes de retard. Comme d’hab… Et trente minutes annoncées, c’est au moins une heure effective. Vivement la téléportation. Étrangement, l’avion arriva avec cinq minutes d’avance à Rome. Par contre il nous fallut une heure pour récupérer les bagages dans l’immense dédale de l’aéroport international et atteindre le parking où nous attendait la voiture de location.

Au lieu d’une Clio diesel, nous répartîmes avec un SUV hybride confortable ce qui n’était pas pour me déplaire étant donné la route à parcourir. Vers minuit trente et quelques errements, nous arrivâmes enfin au pied du Vésuve dont le cône se détachait dans la nuit noire.

Si l’avion et la voiture remplirent leurs promesses, la location fut plus décevante. Méfiez vous des photos sur les annonces. Notre deux pièces avec vue sur mer était en fait en sous-sol avec une cour à poubelles et mouches où un petit coin de grande bleue pointait le bout de son nez en haut des escaliers, le long d’une plage grise et très sale. Pour couronner le tout, la cloison entre notre chambre et celle de nos voisins devait être papier mâché. Le moindre bruit filtrait. Question pour intimité, bof.

Le premier jour, après une courte nuit, nous partîmes pour les ruines millénaires de Pompéii. Découvrir cette ville figée dans le temps depuis l’éruption cataclysmique du Vésuve est tout simplement incroyable. Rues, maisons, fresques, mosaïques, jardins, statues, commerces, temples, sépultures et habitants, tous figés dans la cendre pour l’éternité. Quatre heures de marche, une centaine de photographies, les premiers coups de soleil, les milliers de touristes, les guides, le soir nous étions sur les rotules.

Qu’à cela ne tienne, le lendemain, après une nuit ponctuée de sirènes d’alarmes, nous grimpâmes sur le Vésuve sans pouvoir accéder jusqu’au cratère faute de réservation en ligne. Puis nous suivîmes la coulée de lave jusqu’à Herculaneum où nous attendait une seconde cité romaine disparue, plus petite mais beaucoup mieux préservée que Pompéii. Une pizza napolitaine, un expresso et trois heures de marche plus tard nous nous écroulâmes sur le lit, vaincus par l’épuisement. Mais quel spectacle ! Des villas parfaitement conservées, du mobilier, des fresques couvrant les murs, des mosaïques, des barreaux aux fenêtres, il était aisé d’imaginer les romains vivant dans cette petite ville bâtie au bord de la mer, sur les premières pentes du Vésuve. 

La troisième nuit fut sans sirène mais secouée par un feu d’artifice aussi bref qu’intense. Les Napolitains jouaient un match de foot de la coupe d’Italie le lendemain et comptaient bien le faire comprendre à tout le monde. Les rues étaient décorées aux couleurs bleues et blanches de l’équipe, banderoles, fanions, maillots, un vrai festival.

Nous, nous abandonnions les romains pour aller à la rencontre de la Grèce antique, un peu plus au sud de Salerne. Paestum, trois temples grecs et une ville dans un magnifique site classé par l’Unesco, les ruines grecques les mieux préservées au monde à ce qui paraît, des colonnes qui se dressent dans les prés fleuris non loin de la mer. Encore un site archéologique unique en son genre.

Après une quatrième nuit presque paisible, les averses calment les ardeurs des italiens, des chiens, des scooters, des alarmes et des feux d’artifices, nous partons sous la pluie pour la côte escarpée amalfitaine équipés de Kway. C’est le déluge ! Pour les belles lumières, on repassera. 70 km en trois heures sur des routes sinueuses et étroites où des voitures garées sur le bas côté bloquent la circulation. Un chaos total et impossible de s’arrêter à Positano où Amalfi à cause du manque de place de stationnement au bord de la route. L’enfer d’un premier mai pluvieux, en dehors de la saison touristique. Je pense qu’il faut le faire en bus pour ne pas se trouver à devoir rouler tout le temps. Nous avons pu nous arrêter tout de même deux fois, mais dans des villages nettement moins touristiques, qui malgré tout valaient le détour, même sous une pluie battante.

Après une nuit diluvienne, la météo ne semble pas s’arranger le matin. De très fortes averses inondent la cour intérieure de la location. Au programme Napoli, à condition d’arriver jusqu’à la gare sans se noyer. Une heure de train de banlieue dans des friches industrielles pour arriver au cœur de Napoli, des klaxonnes, du CO2, des cris et des rues vivantes. 

Pourquoi en train lorsque l’on conduit un SUV hybride dernière génération ? Parce que c’est un gros SUV neuf et que les napolitains n’ont pas la même manière d’interpréter la signalétique routière qu’un Alsacien. Un stop signifie passe en force, la ligne blanche sert de médiane pour le châssis, les feux tricolores sont des restes des décoration de Noël, la voie de droite sert à circuler dans les deux sens, l’accélérateur se situe sur le klaxonne, les clignotants décorent les manèges des fêtes foraines et les rayures sur la carrosserie font partie des options gratuites du constructeur.

Pas de chance, c’est jour de grève, problèmes de transports, musées fermés, il va falloir improviser ce qui n’est finalement pas si mal car nous découvrons les rues milanaises qui regorgent de vie. Nous arrivons tout de même à visiter la magnifique église Gésu Nuovo, le musée religieux à proximité (les curés ne font pas grève) et à monter en funiculaire au château Sant Elmo qui domine la ville. Pour le retour, après une longue marche, il nous restait encore le train. Sachez que deux lignes de transport, la une et la deux, avec deux gares différentes et plusieurs compagnies déservent Castellemmare di Sabia où nous logions. Autant au départ ce fut relativement simple, autant au retour ce fut l’enfer. A la gare centrale nous avons acheté les billets mais lorsque nous avons cherché notre train, nous ne savions pas d’où nous partions, avec quelle compagnie et à quelle heure. Heureusement pour nous les napolitains sont affables, serviables et patients. En France, on nous aurait certainement envoyé paitre depuis longtemps.

Il ne restait plus qu’une journée à passer en Italie sans parler du retour sur Rome avec encore une fois une météo maussade au programme. Allions-nous visiter Capri, la villa de Poppée, retourner à Pompéii, tenter la côte ? Suspens… Il fallait déjà sécher nos guêtres dans un appartement mal aéré, au sous-sol, sans chauffage avec deux clims poussives.

Le matin, après avoir écouté le film et les rires de nos voisins allemands jusqu’à 00h30, nous avons voté pour un retour à Pompéii, afin de visiter des parties du site que nous avions négligé de voir le premier jour. Et finalement, la météo était nettement plus clémente que prévue. Une longue promenade de 10h30 à 15h30, de l’amphithéâtre jusqu’au forum en passant par des palais et villas romaines, en empruntant les rues pavées, bordées de publicités datant d’il a plus de deux millénaires. Dépaysement garanti malgré les groupes de touristes. 

Il fallait bien neuf heures pour visiter ce site d’exception. On y serait bien resté encore une journée d’ailleurs si nous avions pu. Car oui, nous aimons les ruines, les mégalithes, les vestiges romains ou grecques, sans doute plus que les plages de sable fin et les mers azurées. Nos vacances, nous les passons ainsi, sans pour autant nous cultiver réellement, juste pour le plaisir des yeux, pour cette sensation de voyage dans le temps.

Le lendemain, nous répartîmes au 21eme siècle, ses autoroutes et ses aéroports. Deux heures trente de route sous le soleil printanier et un avion à l’heure à Rome. Les vacances étaient terminées.

Le régime miracle

Image

Tous les magazines ne parlent que de ça chaque année sans apporter de solution : comment perdre quelques kilos avant les fêtes pour ne pas finir obèse au premier janvier ?

Moi j’ai la solution infaillible. Écoutez bien.

Je tombe souvent malade pendant les vacances. Tout particulièrement pendant les fêtes, à Noël ou au premier de l’an. 

Pourtant je vous assure, je ne suis pas de ceux qui détestent la période de la fin d’année, tout simplement parce que j’adore les pâtes de fruits, les marrons glacés et les cadeaux.

Avec une migraine en moyenne tous les cinq jours, les chocolats, la nourriture grasse et l’alcool, la probabilité de crise monte en flèche inévitablement pendant cette période, même si je fais très attention.

Il y a également l’effet dépressurisation. Car à force de repousser les congés pour une réunion, un déplacement ou pour assurer l’intérim d’un collègue, je finis par trop tirer sur la corde.

Le 23 décembre tout allait bien avant de commencer à tousser juste avant de me coucher. Le 24 j’avais de la fièvre, le nez qui coule et une toux de chien crevé. 

Nous, Noël on le fête le 24. Pas de chance… J’ai mangé deux pâtes de fruits, une noix de Saint-Jacques, un marron glacé, j’ai déballé mes cadeau, perdu toutes mes courses à Mario-Kart et regardé des épisodes de Camelot saison 3. A 21h30 j’étais au lit, laissant mon fils et mon épouse devant la bûche au chocolat.

Le 25 je suis resté au lit avec un ramequin de compote et une bouteille d’eau, alternant triptans et Doliprane, glissé sous la couette avec une capuche, hésitant entre frissons, bouffées de chaleur et nausées.

Le 26 j’avais contaminé toute la famille. Par chance, moi j’allais un peu mieux. Pendant la nuit j’étais quand même tombé en sortant du lit, renversant au passage un des projecteurs du studio où j’avais ironiquement élu domicile pour éviter d’infecter tout le monde. Plus de peur que de mal, seules deux baleines de la soft box sont pliées. 

Le 27 je me réveillai dans la purée de poix avec un appétit de moineau après une nuit fiévreuse. Et pour faire bonne mesure, une nouvelle migraine pointait son nez. Il faut dire que la veille j’étais resté debout au moins une heure pour préparer un repas que personne n’a mangé. 

Nous sommes aujourd’hui le 28 décembre je crois. Je ne suis pas bien certain… Le jugement de la balance est sans appel : j’ai perdu trois kilos à Noël. Probablement trois kilos de masse cérébrale vu que je n’ai pas de gras et que je me traîne comme un légume dans la maison.

Le talon d’Achille

Deux semaines de vacances à la maison en septembre. Le bonheur ! La saison idéale pour des promenades dans les Vosges, le jardinage, la photographie et la lecture sur un transat.

Je suis ce que l’on appelle vulgairement un pantouflard, quelqu’un qui aime sa maison, son jardin et les promenades dans la région.

Peu avant de profiter de ces congés mérités, je traînais un peu la patte, une douleur sourde dans le talon, rien de grave, sans doute de la fatigue. Mon hernie discale était également de la fête comme un truc coincé à l’épaule. Rien qu’un bon repos ne saurait réparer.

Le premier lundi des vacances, je pris la route du Parc de Sainte-Croix pour saluer les loups, les ours et les ratons laveurs. Mon traditionnel safari photo de la fin de l’été. Trois heures de route, six heures de marche, six kilos de matériel photo sur le dos, autant dire que je suis revenu cassé en deux, mais heureux. Ceci dit, une petite douleur irradiait du talon jusque mes orteils et mon dos était en compote. Du coup le mardi, j’ai zombifié.

Mercredi, pluie. J’ai acheté quelques albums sur Bandcamp et en ai écouté beaucoup d’autres. Jeudi, pluie, musique. Après un été de sécheresse, il fallait que le ciel me tombe sur la tête pendant les vacances. Du coup, le jardin c’est brutalement transformé en jungle.

Vendredi, débrousaillage, tonte, désherbage, jardinage et passages aux déchets verts. Une écharde d’un bon centimètre s’est plantée dans mon pouce gauche. L’opération pince à épiler a été un pur régal et je crois qu’un petit bout est resté coincé sous la peau, histoire de me rappeler de porter des gants plus épais la prochaine fois.

Lundi, je suis reparti dans les Vosges, à la cascade du Nideck en traînant un peu la patte ce qui ne m’a pas empêché de prolonger la marche. Mardi j’ai fait une nouvelle promenade plus longue encore, du côté de l’étang de Hanau, et mercredi je suis allé voir le médecin, car même la nuit, mon talon me lançait. Verdict, un truc au nom imprononçable de la famille des tendinites, le genre de chose qui met du temps à guérir à condition de rester au repos total.

Mercredi soir, c’était soirée Star Wars, trois épisodes de la nouvelle série Andor à déguster au calme. Enfin en théorie, car à table, après avoir avalé un anti inflammatoire pour le talon, avec pour effet secondaire d’affaiblir la coagulation du sang, je me suis planté un couteau très pointu dans la paume de la main gauche. Planté oui, et profondément vous voyez. Alors ça s’est mis à pisser rouge.

Un dénoyautage d’avocat bien mûr qui s’achève aux urgences. Trois points de suture plus tard me voilà avec un énorme pansement à garder pendant trois semaines, le genre de truc qui vous empêche de conduire, de tenir un appareil photo, de taper au clavier, sauf d’une main, de découper un avocat en deux et d’en extraire le noyau. Ceci dit, pour cette dernière activité, ça n’est peut-être pas plus mal…

Le jeudi, ce furent des visites au pharmacien qui m’avait vu la veille, à l’infirmière pour programmer ses prochains passages à la maison pour changer le pansement, au radiologue hilare de photographier mon pied alors que ma main est bandée, à l’autre radiologue pour l’échographie, amusé de retrouver ma bosse sur le gros orteil et pour finir au médecin étonnée de me revoir si vite. Un tout nouveau programme de vacances qui vont se prolonger, en survêtement et sandales, parce que les ceintures, les boutons et les lacets, c’est devenu trop compliqué pour l’instant. Quelqu’un peut me couper la viande ? S’il vous plait…

La chasse à la Galinette

Image

Pendant ma semaine de vacances, je suis retourné à la Volerie des Aigles à Kintzheim. J’y avais déjà été en famille quand mes garçons étaient tout petits.

Le site se trouve dans les ruines du château, au pied du Haut Koenigsbourg. Nous sommes en plein triangle des Bermudes touristique de l’Alsace. Il y a le vignoble, les châteaux, la Serre aux Papillons, la Montagne des Singes, Cigoland et la Volerie des Aigles sur quelques kilomètres carrés.

La Volerie des Aigles est un conservatoire pour oiseaux, aigles, faucons, vautours, un lieu pour sauver certaines espèces en voie de disparition et pour les présenter au grand public.

Et du public il y en avait pour un mercredi de juillet, des familles entières ainsi qu’un paumé solitaire avec son appareil photo. 

Car je n’étais pas venu pour visiter le château que je connais déjà, ni pour regarder des gros oiseaux en cage, mais pour les photographier en vol. En effet plusieurs fois par jour, et pendant une quarantaine de minutes, les soigneurs font évoluer quelques oiseaux en toute liberté au-dessus des spectateurs médusés.

L’exercice s’apparente à la chasse. Faut bien viser et tirer juste. Les oiseaux passent à toute vitesse au raz du sol ou juste au-dessus de nos têtes. Il faut les suivre et shooter au bon moment. L’avantage, c’est qui si on tire à côté, personne n’est blessé et que si on vise dans le mille, l’oiseau continue son vol. De la chasse écologique quoi.

J’y suis allé avec le D810 et le 70-200 stabilisé sport. Un combo de concert parfaitement adapté à l’exercice. C’était un après-midi ensoleillé avec quelques cumulus et une trentaine de degrés à l’ombre. Chapeau obligatoire. 

Dans le ciel, l’autofocus en mode auto C, ça passe mais au raz du sol le mode pin était nécessaire. Avec une ouverture à 5.6 ou 2.8, en rafale haute, je pouvais shooter sans peine au 1/1000 ce qui était parfois insuffisant. Car c’est comme photographier une voiture de course. Les oiseaux peuvent atteindre des vitesses proche de 200 km/h en passant à quelques mètres de l’objectif. Ça va très très vite.

J’ai rapidement compris qu’il était plus facile de suivre un rapace venant vers moi que s’éloignant de l’objectif. Il suffisait de repérer le soigneur tenant l’oiseau et celui vers lequel il allait se diriger pour calculer la trajectoire optimale de l’objectif sans éborgner mes voisins. Je m’étais d’ailleurs mis en bout de banc, en plein soleil, à cinquante centimètres de toute personne pour éviter un accident de chasse.

Au final, je ne suis pas très content du résultat. La plupart des clichés manquent de netteté, mise au point ou léger bougé, et je n’ai pas capturé les moments les plus spectaculaires. C’est vrai que je suis assez lent à la détente. Si j’avais eu un fusil, je serai certainement entré bredouille de la chasse à la Galinette.

Le Batteur

Image

Que serait un groupe de metal sans le batteur ? Imaginez Dream Theater sans Mike Portnoy, en fait, pas besoin d’imaginer si on réfléchit bien…

Les autres membres du groupe se calent sur lui pour jouer, le bassiste jette toujours un oeil de son côté et les autres suivent. Le batteur est la colonne vertébrale du groupe, le piller. Sans lui pas de musique encore que certains le remplace par de la programmation de nos jours. Mais c’est mal.

Alors j’ai une question. Comment se fait-il que le batteur soit le plus éloigné du public, noyé dans les fumigènes et souvent mal éclairé ?

Ok, le gars sue comme un bœuf, sent la transpi, menace d’éborgner ses potes avec ses sticks et fait un potin du diable avec sa grosse caisse. C’est une bonne raison pour le mettre au coin.

Photographier un batteur, oui c’est là où je voulais en venir, relève de l’art. De base, photographier un groupe en live c’est chaud. Les lumières changent tout le temps, il y a des fumigènes, les mecs bougent tout le temps. f 2.8, 4000 ISO au 1/100 suffisent à peine pour chopper les gars. Alors imaginez le batteur.

Il est loin ce con, à plusieurs mètres, dans un coin sombre, noyé dans les fumigènes et en plus il n’arrête pas de bouger. Sur les grandes scènes, l’angle de vue depuis la fosse est juste impossible pour choper le tatoué qui s’excite au fond, à moins de soulever à bout de bras les trois kilos de matos sans trembler et cadrer à l’aveugle. L’autre solution est de poser le matos sur le bord de scène et de tenter de passer entre les projos, les retours, les câbles et les pieds pour dégager une vue sur le batteur. C’est là que le chanteur, le guitariste ou le bassiste masque le champ, juste au moment où il n’y avait plus de fumigènes.

Un batteur se choppe avec une focale de 200 mm au minimum. Pour lutter contre la brume, j’ouvre un plus plus, f 3.5 jusque 4.6 si je peux, j’ajoute du contraste et de la correction de voile en baissant les niveaux de blanc. Pour la vitesse, je monte à 1/400 et même là les sticks peuvent être flous, après ça peut être sympa aussi. Pour les ISO ben je monte, je monte, tant pis pour le bruit. Je cale la mise au point sur un des montants du kit ou sur le visage du batteur quand c’est possible parce mon Tamron est vite en panique sinon avec l’autofocus en mode pin. 

Ce qui est pas mal, c’est d’être autorisé à monter sur scène pour shooter – c’est rare mais n’hésitez pas à demander à la sécurité – derrière la scène c’est pas mal également comme sur les escaliers d’accès avec en bonus la vue sur le public. 

Reste le trop rare solo de batterie. Le moment parfait pour shooter. Encore faut-il qu’il y en ait un et que vous arriviez à temps pour photographier. A ce moment-là, les places sont chères dans la fosse.

Mais généralement, quand toutes ces conditions idéales sont réunies, c’est le moment où le titre s’achève, que le groupe se lance dans un morceau acoustique ou que le batteur se gratte son eczéma.

Bref j’ai trop peu de belles photos de batteurs. J’en ai une vraiment sympa de Lazuli et je crois que c’est tout. Un jour j’y arriverai, enfin peut-être.