Les archives secrètes d’un webzine

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Si vous désirez connaître les secrets du webzine Neoprog, fouillez les poubelles. Les archives secrètes, les chroniques pas encore publiées, celles qui ne le seront jamais, les fiches promotionnelles froissées, les enveloppes qui contenaient des CDs, tout cela passe par ma poubelle jaune.

Depuis quelques années, je rédige mes chroniques sur un bloc papier A4 à petits carreaux, avec de préférence un crayon à plume fine noir. Chacun à ses petits problèmes me direz-vous. Si j’écris sur du papier, à l’ancienne, alors que nous sommes tous connectés, c’est avec l’objectif de rester totalement concentré sur la musique que j’écoute. En effet à l’heure du mail, des réseaux sociaux, du web, il ne se passe pas une minute sans qu’une notification arrive sur mon ordinateur, tablette ou téléphone. Alors pour chroniquer, je me déconnecte.

J’ai opté pour la pâte à bois – plus souvent mélasse de chiffons et de papiers recyclés de nos jours – et pour le stylo. Bien entendu cela oblige à un double travail, le premier jet sur papier puis la recopie informatique, sans parler des relectures indispensables. La méthode n’est guère écologique, je consomme beaucoup de papier et encore plus de stylos. Mais aujourd’hui je ne reviendrai certainement pas en arrière. J’ai pris goût au bruit de la bille frottant le papier, à mon écriture fébrile pleine de fautes d’orthographe et de grammaire qui seront corrigées plus tard. Et cela m’offre une seconde chance, lorsque que je recopie mes notes, d’envisager l’album, lors d’une dernière écoute, sous un nouvel angle, avec plus ou moins d’indulgence.

Si vous en avez assez de lire ma prose sur Internet, je vous invite à passer lundi matin, sur le trottoir, devant chez moi. Avant six heures, vous verrez la poubelle jaune devant la maison bleu alsacien. Dans la poubelle, au milieu des paquets de céréales vides, des bouteilles de lait, des emballages, des bouteilles d’eau écrasées et des tablettes de chocolat vides, vous trouverez peut-être une enveloppe déchirée venue de Hongrie, du Canada, une fiche de promotion du label Karisma ou Inside Out et des feuilles de papiers A4 à petits carreaux froissées, noircies de gribouillis improbables, pleins de renvois, de ratures, de biffures, avec un peu de chance la chronique d’un album de rock progressif qui ne sortira que dans deux mois et qui sera publié chez nous dans quelques semaines.

Dans mon iPhone n°39

Galerie

Cette galerie contient 21 photos.

Prenons de bonne habitudes, comme tous les lundis maintenant, je vous dévoilerai ce que contient mon iPhone. Enfin presque, je vous épargnerai les photos compromettantes, les SMS échangés avec mon épouse et mes ados, les applications cochonnes dernièrement installées et … Continuer la lecture

Je suis contre !

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Il y a quelques temps, je commandais un coffret Beatles in Stereo à la société américaine Kinghtshops. Une bonne affaire à ne pas y regarder de trop près, une très mauvaise à l’arrivée.

Deux CDs étant endommagés, Let It Be et Yellow Submarine, je suis allé dans mon magasin d’occasion, voire si je ne pourrais pas les remplacer. J’ai trouvé Yellow Submarine et ai pu comparer les deux exemplaires. Manifestement, j’ai bien à faire à un produit contrefait fabriqué en Chine.

Verrez-vous la différence, saurez-vous lequel est contrefait ? Vous avez cinq secondes. Même si la photo de mon iPhone n’est pas flatteuse, il n’y a guère de doute, l’exemplaire du haut est une pâle contrefaçon de l’original. Regardez les couleurs, surtout celle de la jaquette du CD. Le digipack n’est pas de la même qualité non plus, papier, pliages, et que dire du livret.

Les contrefaçons grouillent sur Internet. Je vous invite à être plus prudent que moi si une offre alléchante de ce genre se présente. Les coffrets bradés à vil prix ne sont que de viles contrefaçons.

Caliban

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Après avoir dévoré le premier volume, Prospero en effaça les souvenirs. Il fallu qu’un helvète éveille en moi l’envie d’une série, pour que je retrouve la mémoire et plonge en microgravité dans le vide séparant Io de Ganymède, avec à bord du navire deux martiens, deux terriens et deux ceinturiens. Une politicienne âgée, une marine imposante et un biologiste épuisés prenait place sur le dos du cheval de Cervantes au côté de son équipage idéaliste pour une croisade à l’issue incertaine.

La Guerre de Caliban, second tome de The Expanse, écrit par Daniel Abraham et Ty Franck, se lit comme on regarde une série télé, épisode par épisode. La protomolécule a survécu à la destruction de l’astéroïde et s’est répandue sur Ganymède, grenier et pouponnière de la ceinture. Sur Vénus, là où elle aurait du mourir, la chose prospère contre toute attente. Holden et son équipage partent à la recherche d’une petite fille et croisent le chemin de Prax le botaniste, d’Avasarala la politicienne terrienne, et de Bobbie, la marine martienne passé à l’ennemi.

Combats spatiaux, intrigues politiques, survie en milieu hostile, le second tome de The Expanse fonctionne toujours aussi bien même si j’ai préféré L’Eveil du Léviathan. Du space opéra riche en rebondissements où le personnage le plus intéressant sera cette fois la grand mère politicienne intrigante Avasarala. Le roman dévoile des facettes du mécano Amos qu’on n’aurait pas soupçonné. Le gros costaud bricolo bastonneur gagne en profondeur. Holden et sa folie meurtrière manquent sans doute un peu de crédibilité malgré tout ce qu’il a pu traverser mais il retrouvera assez vite son humanité.

Il ne faut pas que j’oublie cette fois de lire le tome 3, La Porte d’Abaddon, mais avant je vais changer de registre avec Humains.

 

Silence ça pousse

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Vous connaissez beaucoup de geeks jardiniers ? Qui imaginerait un seul instant qu’un féru de consoles, d’informatique, de jeux de rôle, de rock progressif, de photographie, d’astronomie travaillant chez les faiseurs de temps puissent également se prendre pour Nicolas le jardinier. Cette activité n’est pourtant pas si éloignée de celle qui use nos yeux devant des écrans, juste qu’elle se passe en plein air.

Le jardinage possède une composante expérimentale évidente. Un potager est un laboratoire à ciel ouvert où la partie peut recommencer après le Game Over, il suffit d’attendre le retour du printemps pour insérer une nouvelle graine dans le sol. Le potager de grand père est résolu : culture hydroponique, en serre, en butte, en rang d’oignon, sur pied, en micro-jardin, tout est possible pour peu que vous y mettiez du vôtre.

Lorsque que nous nous sommes installés dans notre maison il y a une dizaine d’années, il y avait un petit bout de potager au fond du jardin avec des fraisiers mal en point. Pour faire bonne figure, je semais quelques radis la première année. La seconde, je plantais des courgettes et des tomates. La troisième, je bêchais quelques mètres carrés de pelouse et agrandissait la zone cultivable. Salades, tomates, concombres, haricots. Vint le tour des arbres fruitiers, pommier, poirier, figuier et des arbustes, groseilles, cassis, groseilles à macros, framboises. Une serre poussa le temps d’un été, et je commençais la culture en tunnel. Vint le temps des semis et de la récolte des graines. Je récupérais des semences chez un ami breton, panais, pommes de terres rouges, betteraves et enrichissais encore la diversité des cultures.

Je suis passé au 100% bio, ni engrais, ni désherbant, ni traitement. Je ne bêche même plus le sol. De juin à septembre, j’arrache les mauvaises herbes tous les jours en allant remplir le compost. Après deux jours de pluie suivi de soleil le jardin ressemble à une forêt vierge et tout est alors à recommencer. Un jour sans fin.

Il y a trois ans, une gentille pelleteuse fit tomber une grange de vingt mètres de haut dans le potager. Quelques tonnes de gravats et de poussière, un an de démolition et plus de jardin, un immeuble se construisait près de chez nous. Deux années seront nécessaires pour que le potager reprenne forme humaine, que la terre soit nettoyée de la brique, du verre et du métal et que des nouvelles plantations puissent pousser à nouveau.

L’an passé, faute à une stupide chute à vélo, le jardin resta en friche car mes enfants sont des geeks mais pas des jardiniers et que mon épouse avait bien autre chose à faire.

Cette année, j’ai pu reprendre le potager. Je me suis essayé à une culture très dense et aléatoire, mélangeant, maïs, poireaux, courgettes, potimarrons, carottes, salades, melons, haricots et tomates sauvages sur un très petit espace. Certaines associations n’étaient probablement pas judicieuses mais le couvert végétal a permis moins d’arrosage malgré la sécheresse estivale.

Le maïs n’a pas poussé, les courgettes ont bien donné, les haricots assez peu, les potimarrons furent précoces et petits – la faute à une terre trop pauvre (ceux qui ont poussé dans le compost sont énormes mais sont arrivés chez nos voisins) – les tomates foisonnent un peu partout, les poireaux sont rachitiques et les carottes ne mesurent que trois centimètres. Ne parlons pas des minuscules melons qui n’ont aucun goût.

Par chance nous avons des poires, des figues en abondance, des kilos de tomate depuis juillet. Il n’y a plus de courgette, et tant mieux, nous en avons consommé tout l’été en gratin, poêlées, ratatouille, farcies, gâteaux, rien que l’odeur me donne maintenant un haut le cœur.

Le geek jardinier, est celui qui installe sa récolte sur une table, prépare la mise en scène, installe le pied photo et l’appareil, attend la bonne lumière et capture les couleurs de l’été. Sept mois de labeur pour une seule photo représentant quelques fruits qu’il aurait pu acheter à Grand Frais (notez le double sens…) au lieu de s’éreinter à faire pousser des plantes dans une terre ingrate.

Dans mon iPhone n°38

Galerie

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La folie automnale bat son plein. Les promos s’accumulent dans la boite aux lettres, prog, AOR, metal mélodique, post-rock, rétro-prog, black metal, psychédélique, il y en a pour tous les goûts. La récolte commence également à porter ses fruits et … Continuer la lecture

Sans moi

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Les méchants terriens se sont finalement tapés sur la figure avec l’arme nucléaire. Seuls quelques uns d’entre eux, alors présent dans des stations orbitales autour de la planète bleue, ont survécu. Il ne reste qu’une seule grande station aujourd’hui, regroupant les deniers humains. Sur cet assemblage hétéroclite orbitant au dessus des continents radioactifs, les rescapés doivent obéir à des lois très strictes sous peine de sévères condamnations. Les adultes sont jetés dans le vide, les ados emprisonnés.

En parlant d’ados justement… Cent d’entre eux, des condamnés, sont balancés sur Terre pour vérifier si l’air est respirable et mesurer le taux de radiations résiduel.

Des ados ? Je déteste les ados et 50% de la série est centrée sur eux. Les acteurs, de jeunes adultes, jouent très mal les rôles de ces ados rebelles abandonnés à leur sort sur la Terre.

Avec un budget sans doute misérable, les quelques effets spéciaux, comme la station spatiale orbitant autour de la terre ou le vaisseau qui emporte les cents boutonneux sur le plancher des vaches, sont pitoyables. Avec des personnages aux profils stéréotypés à l’extrême, Prof, Simplet, Blanche-Neige, Grognon… et un pilote absolument navrant, je n’ai pas été plus loin que le premier épisode de la série. Autant s’arrêter avant que tout cela ne s’enlise, ce sera 100 moi.

 

La chasse est ouverte

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Caché derrière le muret je vise le lapinou embusqué quelques mètres plus loin. Paf  ! Dans ta tronche, bien fait ! Je me relève et fonce sur lui. Prends ça bouffon ! Je le bouscule, saute dans les bras de ma belle et d’un habile salto avant me propulse un étage plus haut, près d’une canalisation d’égout. Le premier qui bouge se prend un pruneau.

La chasse est ouverte !

Oui j’ai finalement craqué pour le dernier jeu de Nintendo, Mario + Rabbits. Un jeu au tour où vous combattez en équipe pour libérer le monde de méchants lapins crétins mutants transformés suite à l’utilisation malencontreuse d’un casque de réalité virtuelle. Quatre mondes sont proposés, dans lesquels votre équipe de trois aventuriers devra affronter des lapins très crétins armé de blasters lourds. Le principe de Kingdom Battle ressemble un peu à Worms : choix de l’équipe, choix des armes, déplacement, attaques, actions spéciales. Les purs gamers ne s’y retrouverons sans doute pas. Le jeu est assez facile (du moins le premier monde), chaque bataille peu être rejouée à l’infini jusqu’à enfin la réussir parfaitement et les batailles finissent par être répétitives à la longue.

Le saigneur des poireaux

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C’était un petit jardin
Qui sentait bon le Métropolitain
Qui sentait bon le bassin parisien
C’était un petit jardin
Avec une table et une chaise de jardin
Avec deux arbres, un pommier et un sapin
Au fond d’une cour à la Chaussée-d’Antin

Je vais vous raconter l’histoire d’un petit jardin caché entre des maisons, dans une petite ville alsacienne. Un petit jardin avec au bout une maison à colombages où il faisait bon vivre. Au fond du petit jardin, poussait un modeste potager avec ses tomates, courgettes, potimarrons. Un petit coin de paradis réservé à la sieste et à la croissance des légumes. Le petit jardin, chauffait au soleil printanier, abrité du vent par les murs bienveillants d’une ferme centenaire où vivait un paisible retraité. La campagne au milieu de la ville.

« Le mois de juin s’annonçait agréable et paisible lorsque des nazgûls survolèrent ma comté miniature. Appâtés par cette abondance de quiétude ils harcelèrent le vieil homme à barbe blanche afin qu’il abandonne son paisible abri. Des orcs gueules béantes, crachant le la fumée noire, défoncèrent la barrière d’entrée et piétinèrent les fleurs, abatirent les arbres et arrachèrent la clôture en bois.

Une armé des gobelins escalada les murs de briques de la grange et commença à piller tuiles et bois pour leur maître. Mais la ferme avait connu bien des tempêtes. Les crocs et les griffes des monstres n’eurent pas raison des murs et des vénérables poutres. Le nécromant  furieux appela à lui un troll hideux. Crachant, hurlant, la créature de pierre fonça dans les murs tête baissée, encore et encore, jusqu’à ce que les poutres cèdent sous les coups de boutoir et que les murs tombent dans un gigantesque amas de poussière.

C’était un petit jardin avec au bout une maison à colombages où il faisait bon vivre… Des tonnes de gravats, de la poussière, du verre, du bois, des clous, des vis s’abattirent sur le potager pendant que le troll et les gobelins dansaient la gigue sur les ruines de la ferme.

Tout l’été durant, les créatures festoyèrent, éructèrent, urinèrent, déféquèrent, creusant des galeries, charriant de la roche, de la terre, obscurcissant le ciel avec la fumée de leurs feux de camp.

Sous la poussière, les rares plantes survivantes étouffèrent, pendant que trolls et gobelins riaient. La terre autrefois grasse n’était plus que cendre grise. Les arbres étaient morts et plus aucun gentil hobbit ne se rendait dans le petit jardin.

Les hommes, les elfes et les nains rassemblèrent une immense armée et marchèrent vers le petit jardin. Une année durant, de terribles combats se déroulèrent sur ces terres désolées. Le sol trembla des jours entiers, des machines de guerre infernales déversèrent des coulées grises dans les tranchées et des fortifications s’érigèrent tout autour du petit jardin. La guerre prit fin un matin, dans une odeur de goudron. Le gobelins repartirent dans leurs tunnels, les trolls sous la terre. La grande armée des hommes, des elfes et des nains rendit un terre dévastée aux petits hobbits éplorés.

Aujourd’hui, le petit jardin, protégé par un haut mur, survit à côté des cavernes des suderons. Chaque soir rôtissent des imprudents qui se sont aventurés trop près de leur terres. Les hommes du Gondor surveillent la frontière et les rares tentatives d’invasion sont fermement repoussées. La comté a retrouvé sa vitalité d’antan mais le petit jardin ne sera plus jamais le même… ».

Les démolisseurs arrivèrent en juin 2014. Pendant près de trois mois, ils firent tomber des murs dans notre jardin, menaçant même l’intégrité de nos dépendances mitoyennes au chantier. Pendant plus d’une année, nous n’eûmes plus de jardin, à la place un vaste chantier avec des machines et des ouvriers sauf le week-end. En juin 2015, nous pouvions enfin nettoyer notre parcelle, replanter quelques arbres, semer de la pelouse et commencer un nouveau potager. Nous serons obligés d’attaquer la société Stradim, responsable du projet, pour être indemnisé – à peine de quoi payer les dégâts occasionnés – puis les harceler pour qu’il finissent par crépir le mur mitoyen resté brut de parpaings.

Dans mon iPhone n°37

Galerie

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Mon iPhone déborde de musique ces dernières semaines. Les promotions sont nombreuses et j’ai également fait quelques razzias dans les boutiques de Strasbourg. Je bosse sur le troisième album du groupe américain World Trade (Billy Sherwood) ce qui ne m’empêche … Continuer la lecture