L’album de l’année 2025

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Vous l’attendiez tous, voici l’heure de mon album de l’année. Alors allons-y.

Déjà commençons par la présentation des albums qui m’ont marqués cette année.

Un des premiers est Admist The Ruins de Saor, un groupe que j’ai eu l’occasion d’écouter au festival Zone 51 à Sélestat. Du folk métal sombre qui m’a fait forte impression.

Ensuite, il y a eu la sortie du premier album instrumental d’anasazi. Autant dire un événement. Je suis un fidèle du groupe grenoblois depuis des années et j’ai adoré cette nouvelle écriture sans parole.

Shards, le dernier Dim Gray, m’a fait forte impression également, et malgré quelques imperfections, il mériterait bien une place sur le podium.

Mais mon premier gros coup de cœur est arrivé avec Abur du groupe belge Pothamus conseillé par Alice et Stéphane. Un groupe que j’ai eu la chance de voir en concert au P8 en Allemagne.

D’ailleurs, cette année, j’ai fait pas mal de concerts pour une fois, mais ça je vous en reparlerai tout à l’heure.

Pas de chance pour Pothamus, Abur a été très vite éclipsé par The Spin de Messa, le disque que j’ai certainement écouté le plus souvent cette année. Cerise sur le gâteau, j’ai pu photographier la belle italienne et son groupe au Grillen peu de temps après la sortie de l’album. The Spin est pour moi leur meilleur album à ce jour et ce n’est pas un secret, j’adore le groupe Messa.

Pour le rétro progressif, il y a eu Brass Camel avec l’album Camel. Un coup de cœur sur le moment, mais que j’ai rapidement oublié, je l’avoue.

Mais c’est encore Stéphane qui m’a fait découvrir une des grosses claque de 2025, Akallabeth de Anfauglir, une histoire dans l’univers de Tolkien racontée par deux musiciens qui jouent du métal symphonique. C’est un album sur lequel je reviens assez régulièrement depuis sa découverte.

L’album World Maker de Psychonaut s’est tout de suite classé dans mon top 2025 et celui-ci, je l’ai trouvé tout seul. Le groupe propose un psyché post-rock métal furieusement contrasté qui fonctionne à la perfection. Un véritable coup de cœur qui ne s’est pas démenti.

Pour le prog, le dernier Gazpacho, Magic 8 Ball, s’est immédiatement imposé à mes oreilles comme un mets de choix. Je ne l’ai toujours pas commandé en vinyle, mais ça ne saurait tarder, ce qui est un signe chez moi. Le signe que cet album rentre dans le top du classement 2025. Après, c’était relativement prévisible.

Et voilà, c’est tout. Mais ce n’est pas la peine de hurler, je n’ai pas tout écouté et je ne le ferai certainement pas. Il s’agit du best of des albums que j’ai écoutés cette année.

J’aurais bien ajouté Hamasaari, The Young Gods et Returned To Earth dans le classement, mais leurs albums ne sont pas sortis cette année, alors je m’abstiens.

Avant de passer au classement final, j’aimerais vous parler des concerts auxquels j’ai assisté cette année, car il y en a eu pas mal : Greenleaf au Grillen, Mystery Chez Paulette, Hamasaari au P8, Messa au Grillen, King Buffalo au P8, Saor au Tanzmatten, Weather Systems Chez Paulette, Pothamus au P8 et Mostly Autumn chez Paulette.

Le pire fut assurément celui de Weather Systems, parce que franchement Daniel Cavanagh fut imbuvable et le concert pas terrible. Pour le meilleur, j’hésite encore entre Greenleaf et Hamasaari. Deux dynamiques quasi opposées, mais deux concerts absolument fabuleux. Sur toutes ces dates j’ai pu rentrer dans la salle avec mon matériel photo ce qui est vraiment cool, donc merci aux groupes comme aux organisateurs.

Mais revenons à mon classement 2025.

Il n’y a que trois places sur le podium et pas mal de groupes sélectionnés.

Le choix est difficile…

Je ne conserve que Dim Gray, Pothamus, Messa, Anfauglir, Psychonaut, Gazpacho pour la présélection.

Et dans le trio de tête, je vais placer Gazpacho, Psychonaut et Messa, trois albums très différents.

À la troisième place, je place Psychonaut avec l’album World Maker.

À la seconde place, Gazpacho avec Magic 8 Ball.

Et au sommet du podium, le groupe italien Messa avec The Spin, mais ça je le savais dès la première écoute de ce magnifique vinyle.

Pourquoi The Spin ? Parce que j’adore la voix et la présence de Sara, leur chanteuse, en studio comme en live. Ensuite, cet album raconte une histoire et sa musique possède une atmosphère vraiment particulière dans laquelle j’aime me plonger. Ce n’est sans doute pas un disque révolutionnaire, mais le groupe suit une trajectoire que je trouve très prometteuse. Je ne pensais pas qu’ils pourraient faire mieux que leur précédent album Close, et j’avais tord.

Vous ne serez certainement pas d’accord avec ce classement, vous allez me citer tout plein d’albums de prog que je n’ai pas écouté et vous aurez certainement raison, mais je ne les écouterai probablement jamais, alors laissez tomber. Il s’agit juste du classement de mes découvertes de l’année, alors pas la peine de vous énerver.

Merci encore pour votre fidélité. On se retrouve en 2026 pour une nouvelle année musicale.

Passez de bonnes fêtes.

Deux caméras

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iMovie

J’ai deux boîtiers photo. Ce sont mes outils pour les concerts. Un appareil armé d’un 24-70 et l’autre d’un 70-200 pour couvrir une large focale lors des concerts sans à avoir besoin de changer d’objectif en pleine action.

Pour mes Chroniques en Images j’utilise d’ordinaire le Nikon Z6 avec un 35 mm sur trépied derrière un prompteur. L’image est fixe, en face de ma trombine, ce qui donne quatre minutes avec le même plan, sachant qu’il faut varier le cadrage toutes les 30 secondes pour ne pas endormir le spectateur. 

Jusqu’à présent, je recadrai l’image, zoomant quelques secondes pour casser la monotonie de la vidéo. Beaucoup de youtubeurs le font depuis longtemps (je n’ai rien inventé). 

Mais une idée me titillait depuis longtemps, celle d’utiliser mon second appareil photo pour filmer avec deux caméras et proposer un second point de vue. Comme je filme mes chroniques toujours un peu à la bourre, je n’avais jamais encore essayé. La chronique de Soulshine aura été l’occasion d’expérimenter la chose pour la première fois.

Il faut comprendre que la tâche n’est pas des plus simple. Déjà je ne possède qu’un seul trépied assez haut pour filmer. Ensuite je n’ai qu’un retour vidéo, mon iPhone en l’occurrence, donc je ne vois que l’image d’une seule caméra, celle de face. Je ne contrôle à distance, de la même manière, qu’un seul des deux boîtiers. Enfin les appareils sont différents comme les objectifs utilisés, d’un côté un Z6 II avec un 35 mm ouvert à f/d 2 et de l’autre un Z8 avec un zoom 24-70 ouvert à f/d 2.8. Du coup les deux images ne possèdent pas le même rendu. 

Le cadrage se fait à l’aveugle pour la seconde caméra. L’éclairage et le décor n’ont été étudiés que pour une caméra. Les images des deux setups ne sont pas vraiment harmonisées et il faut synchroniser les deux vidéos afin d’éviter un décalage du son.

J’ai posé le Nikon Z8 sur un mini trépied de voyage posé lui-même sur un tabouret et j’ai cadré tant bien que mal en me filmant à l’aveugle. 

J’ai lancé la capture vidéo du Z8, me suis installé face caméra, j’ai ensuite lancé la capture du Z6, déclenché le prompteur, fait un clap comme au cinéma, pour avoir un point de repère de synchronisation, puis j’ai lu mon prompteur. Globalement cela a été relativement simple.

C’est au montage les choses se sont corsées. Je travaille toujours avec le logiciel Apple iMovie qui est très bien pour un montage vidéo simple mais qui montre rapidement ses limites dès que l’on complique le projet. Déjà caler les deux vidéos sur le clap n’a pas été une mince affaire. Ensuite essayer d’harmoniser les deux images à été un véritable enfer, d’ailleurs je n’y suis pas vraiment arrivé.

Ne pouvant regarder le flux des deux vidéos en même temps, j’ai incrusté celui du Z8 sur l’image de face. Cela me permettait de choisir la caméra en fonction de l’avancement de la vidéo. L’autre souci, c’est qu’avec iMovie, je ne dispose que de deux time lines d’images. Si je veux incruster une photographie, je dois découper mon second flux vidéo et je ne peux pas incruster une image sur la vidéo de la seconde caméra.

Il m’a fallu plus d’une heure pour arriver à un montage peu satisfaisant. L’angle de cadrage au 3/4 est trop bas et mon visage trop en avant. L’image est plus contrastée et ce n’est pas vraiment le rendu que j’espérais. Mais au moins j’ai essayé. Je ne suis pas suffisament motivé actuellement pour changer de logiciel de montage, m’acheter un second trépied, un second retour ou revoir mon éclairage mais je vais faire une nouvelle tentative, parce que je trouve que ça rend la chronique plus vivante malgré tout.

Pour le trépied, j’ai trouvé une solution en recyclant celui d’un projecteur LED. Pour le retour, je vais essayer d’utiliser l’ancien iPhone SE de mon épouse en espérant qu’il fonctionne encore. Reste à trouver un angle de vue plus adapté que celui que j’ai choisi pour Luke Machin et à mieux harmoniser la colorimétrie des deux vidéos.

N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, je suis curieux de connaître votre avis sur ce nouveau test.

Oceans Of Slumber – Where Gods Fear To Speak

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Le même jour, je recevais les albums de Blind Ego, Kalandra et Oceans of Slumber. Une promo, une précommande et la sortie officielle de Where Gods Fear To Speak. Autant dire une belle journée.

Mais je ne vais pas vous mentir, j’ai un petit faible pour le groupe américain Oceans of Slumber, alors c’est eux dont nous allons parler aujourd’hui.

Les voici de retour avec Where Gods Fear To Speak, un nouvel album de dix titres dont une reprise de Chris Isaak et cinquante six minutes trop vites écoutées. Et si leur précédent opus Starlight And Ash manquait de contraste, celui-ci corrige le tir car ici growl et chant clair s’affrontent ouvertement sur des compositions blockbusters.

Entre le piano de Dobber et la voix de Cammie il y a déjà matière à se mettre sous l’oreille mais comme le prouve le précédent album, cela ne suffit pas forcément et le retour en force de la basse de Semir, les guitares des deux Chri, la batterie de Dobber et le growl de Cammie redonnent toute sa puissance au metal prog des américains.

Progressif car chaque morceau est une histoire à tiroirs. Des forts contrastes allant du piano à la guitare acoustique jusqu’au chant acapella qui s’illustrent tout particulièrement sur le titre ‘Don’t Come Back From Hell Empty-Handed’ long de plus de huit minutes.

Métal car ça poutre quand même sauvagement par moment comme dans le titre qui donne son nom à l’album ‘Where Gods Fear to Speak’.

Les ouvertures des morceaux sont particulièrement inventives, du chant acapella de ‘Wish’ au piano de ‘I Will Break The Pride Of Your Will’ en passant par les sons électros de ‘The Given Dream’ où les claviers de ‘The Impermanence Of Fate’.

La colère des dieux semble s’exprimer par le growl caverneux de Cammie. Des dieux qui soumettent les fidèles et qui promettent du vent. Un album où la chanteuse règle ses comptes avec la religion dans laquelle elle a baigné toute son enfance. Sa mère était Témoins de Jéhovah.

Inutile de dire que j’adore cet album. Mes coups de cœur vont au plus long morceau ‘Don’t Come Back From hell Empty-Handed’ à la construction des plus progressives ainsi qu’au plus court, ‘The Given Dream’ à l’émotion à fleur de peau. Mais je salue également au passage ‘Wicked Game’, la magnifique reprise de Chris Isaak.

De là à en faire un des candidats à l’album de l’année, il n’y a qu’un pas, que je ne franchirai pas, car cela fait des mois que mon choix est fait, et il faudrait vraiment un tsunami pour que je change d’avis.

A mon ami hater

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Bonjour toi ! C’est quoi ton petit nom ? Parce que t’as beau ne pas m’aimer, tu t’inflige quand même chaque semaine mes vidéos pour cliquer sur le pouce vers le bas. 

T’es abonné copaing ? Non parce que c’est important pour mon référencement. J’aimerai bien que tu fasses plus souvent des commentaires pour donner ton avis (c’est aussi très bon pour mon référencement). Parce que signaler que t’aime pas c’est un peu restrictif. Qu’est-ce tu n’aimes pas ? Moi, la musique, la vidéo, mon avis, tout ? Je ne demande qu’à m’améliorer et aimer ce que tu aimes comme ça on s’aimera.

Après, je te le dis gentiment, comme hater, tu es clairement un petit joueur. Il y a quelques années, un autre m’avait pourri sur Facebook et fait tomber l’audimat du webzine de 50% pendant quelques jours quand même. Toi c’est juste un j’aime pas même pas systématique. C’est assez décevant.

J’imagine ton profil. Tu es un prog head nostalgique des seventies qui ne jure que par Pink Floyd, Yes et Ange. Tu es encore en gilet jaune près des ronds points et tu crois toi aussi aux chemtrails mais tu as voté RN aux européennes. C’est pas grave, je suis certain que nous avons plein de points communs comme celui d’écouter de la musique. Tu fais de la photo aussi ou bien tu préfère construire des tour Eiffel en allumettes ? Je demande ça pour apprendre à te connaître.

Tu sais, on se dis tu hein ? Dieu est amour. Alors je t’aime quand même va ! Bisous !

Tout plein de musique

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Depuis une grosse quinzaine je ne sais pas ce qui m’arrive, mais j’écoute tout plein de musique. 

D’ordinaire je survole deux à trois albums par semaine, là c’est plutôt le nombre de disques que je commande, quand à ceux dont j’écoute des extraits, j’en ai perdu le compte.

J’ai presque l’impression d’être revenu à la période de forçat du magazine Neoprog, sauf que là je le fais principalement par curiosité et plaisir.

Il y a bien entendu la rentrée de septembre  qui se profile avec toutes ses nouveautés mais je me penche également beaucoup sur des sorties plus anciennes, proposées par des blogueurs et mes contacts sur Twitter, pardon, X.com.

Le contenu de ces musiques est relativement éclectique : rock progressif, metal, metal progressif, djent, art-rock, synthwave, post-rock… Bref un peu tout le temps la même chose au final.

Il faut dire qu’avec Bandcamp c’est facile de découvrir de la musique, encore plus de la commander ensuite. Du coup j’ai acheté des albums de Amarok, de The Resonance Project, de Marek Arnold, de Ne Obliviscaris, de Pendragon, de Quadrivium, de Voyager, de Illuminated Void, de Atomic Symphony, de Aisles, de Karmamoi, de AVKRVST ou encore de Nine Skies sans parler de Peter Gabriel avec son dernier titre ‘Olive Tree’.

Je commande en édition physique les trucs introuvables sur Bandcamp comme AVKRUST, le label Inside Out n’ayant toujours pas créé un compte sur cette plateforme, et également quelques albums qui sont tellement bons qu’il me faut un support car sinon le digital va s’user (vous savez ces petits 0 et 1 émoussés à force de les passer dans un microprocesseur) comme pour Voyager ou Einar Solberg. Du coup mon disque dur se remplit plus vite que mes étagères ce qui n’est pas plus mal pour la planète.

Je ne vais pas tout chroniquer bien évidemment, avec deux à trois achats par semaine et une chronique le lundi, il n’y a pas de place pour tout le monde. Je rédige beaucoup plus de brouillons de critiques que je n’enregistre de vidéos. Du coup, le vendredi, jour de l’enregistrement le plus souvent, je pioche parmi les textes déjà finalisés pour réaliser la Chronique en Images.

Alors je ne parlerai peut-être pas du très bel EP de Pendragon, des morceaux de I/O avant la sortie de l’album de Peter Gabriel, de Ne Obliviscaris ou de Bahamut de Aisles pour vous faire découvrir à la place Quadrivium, Amarok ou The Resonance Project. L’idée c’est de vous présenter de nouvelles choses même si ce sont les groupes mainstream qui sont plébiscités sur mes vidéos : Lazuli et Marillion en tête.

Kite Parade – Retro

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Vous souvenez-vous de Kite Parade ? Je vous en avais parlé l’an passé avec son premier album The Way Home.

Andy Foster est de retour avec Retro, accompagné de nombreux artistes comme Nick D’Virgilio, Joe Crabtree ou Steve Thorne. Un album six titres de cinquante minutes dont un long format final d’un quart d’heure.

La pochette, aux couleurs vintages, présente une pièce bleue dans laquelle trone un mannequin de couture en robe rouge au visage de femme près duquel une pile de vinyles est posée sur une chaise d’un autre temps. Un décor où les murs déformés rejoignent les portes et les plafonds ornés d’étranges tableaux rouges.

L’album aborde des thèmes de société comme la surconsommation, les choix qui guident notre existence ou le libre arbitre sur des morceaux à guitares dans lesquels se glissent des bruitages et des voix enregistrées.

La longueur des morceaux comme l’écriture d’Andy ou le choix des artistes présents sur ce second opus prouvent, s’il était besoin, le virage progressif qu’à pris Andy et j’avance peut-être ici, mais je pense que personne ne s’en plaindra.

On perd sans doute un peu de spontanéité là où on gagne en complexité musicale. Du coup, Retro se rapproche un peu plus de It Bites, Lonely Robot et de Frost.

‘Shadows Fall’ fait un peu exception à la règle. Le titre de neuf minutes s’ouvre de manière acoustique après des cloches d’église et s’embarque ensuite sur un long solo de saxophone.

‘Merry-Go-Round’ qui clôture l’album en un quart d’heure est dans la plus pure tradition progressive. Il s’ouvre sur une section instrumentale à la guitare de plus de deux minutes avant d’attaquer le premier couplet. A mi-chemin, le thème du début revient sur une voix enregistrée façon commentaire politique avant de repartir de plus belle dans le prog.

Kite Parade perd en originalité et en fraîcheur avec Retro mais va clairement toucher un public plus progressif en s’éloignant de la pop. Pour ma part, il est encore trop tôt pour déterminer lequel de Retro ou de The Way Home aura ma préférence. Les albums sont assez différents mais tous deux excellents. Alors allez les découvrir sur Bandcamp et plus si affinités bien entendu.

Aisles – Beyond Drama

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Je vais vous parler d’un très sérieux candidat à l’album de l’année, ils ne sont pas si nombreux en fait.

Aisles est un groupe chilien d’art rock progressif qui m’avait ébloui, n’ayons pas peur des mots, en 2016 avec leur concept album Hawaï.  Si j’avais bien aimé 4:45 am en 2013, Hawaï constitue un vrai virage dans leur carrière en proposant un univers sonore original sans parler de l’histoire.

Et puis les chiliens ont changé de chanteur et pour tout vous dire, les premières reprises de Israel Gil ne m’ont pas convaincu outre mesure, mais l’expérience de Marillion l’a amplement prouvé, il n’est pas aisé de changer de lead singer dans un groupe. Le premier single, ‘Thanks to Kafka’, m’avait peu emballé à sa sortie en 2021. Le phrasé d’Israël m’avait quelque peu dérangé comme son look adolescent pré pubère face aux cinq autres vieux barbus quadra du groupe. Cela ne m’a pas empêché d’écouter les titres suivants au gré de leurs publications sur Bandcamp comme le génial instrumental ‘Game Over’ qui conclut en beauté l’album.

Lorsque la pré commande fut disponible, je me suis encore lâché et cette fois, je ne le regrette aucunement. Beyond Drama raconte en neuf morceaux la pandémie de COVID-19 et la crise politique qu’a traversé le Chili ces dernières années. Aisles joue d’un rock progressif latino à la rythmique turbulente, aux claviers aux sonorité eighties et aux guitares omniprésentes sans donner pour autant dans le gilmourish. Bref c’est un groupe à part dans le paysage progressif.

Pour parler chiffres, l’album dure pas loin d’une heure avec des morceaux allant de deux à onze minutes. Pas d’édition vinyle pour l’instant et c‘est bien dommage car la pochette, cet écorché vif aux couleurs très glauques est plutôt réussi. Je me suis donc contenté du digipack et du tee shirt qui ont traversé l’océan Atlantique à la nage, passant entre les mailles des douaniers.

Dans Beyond Drama je retrouve beaucoup l’univers musical coloré de Hawaï ce qui n’est pas pour me déplaire évidemment. Il y a toutefois moins de bruitages et un seul monologue dans ce dernier album.

La pièce de choix n’est pas forcément la plus longue de l’album. C’est en effet ‘Megalomania’, un titre de seulement 6 minutes 25 qui a ma préférence ici avec l’instrumental ‘Game Over’. Et si j’ai eu du mal au début avec ‘Thanks to Kafka’, je trouve aujourd’hui qu’il s’intègre bien à l’album. ‘Megalomania’ au tempo relativement apaisé, brille par ces notes quasi aléatoires, façon Game Boy Advance, sur lesquelles se pose la voix plaintive d’Israël. Un texte, qui, il me semble, parle des personnes transgenres.

Certains grincheux pourraient reprocher la proximité de Beyond Drama avec Hawaï, d’ailleurs peut-être avaient-ils quelques enregistrements à recycler malgré le précédent double album. Pour ma part je trouve que Aisles a assis son style et que ce nouvel album est un des meilleurs de leur discographie. Vous pouvez l’écouter sur Bandcamp ou l’acheter en digipack au même endroit. Ne passez pas à côté, il rentre de ce pas dans mon top 2023, au sommet de la pile.

Shores of Null – The Loss Of Beauty

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En 2019, le groupe Shores of Null m’avait fait très forte impression avec Beyond The Shores, un titre album de trente-huit minutes accompagné d’un film qui racontait les étapes du deuil. Alors, lorsqu’ils ont annoncé leur nouvel album studio The Loss Of Beauty, je n’ai pas hésité une seconde et j’ai commandé la totale.

Quand je dis la totale, c’est la totale. L’enregistrement numérique, le digipack, le tee shirt et deux éditions vinyles différentes limitées respectivement à 100 et 300 exemplaires. Oui des fois je déconne complètement, surtout ici, parce que je n’avais pas vu qu’il y avait deux fois le même vinyle sorti de la couleur.

Et pour tout vous dire, je regrette un peu la dépense. The Loss Of Beauty ne possède pas la puissance évocatrice de Beyond the Shores. Il faut dire que cette fois, nous avons à faire à onze morceaux de une à six minutes avec seulement deux instrumentaux et pas de violon ni de chant féminin en contrepoint du growl.

Il s’agit d’un album doom gothique et sombre on ne peut plus classique au final qui manque de caractère. The Loss Of Beauty parle de la beauté que l’on découvre dans tous les petits moments éphémères et imparfaits de la vie. Un thème à l’image de la pochette minimaliste , ces branches dépouillées où ne subsistent que quelques fruits rouges.

Au milieu de ce doom post-metal hurlé, deux titres brisent la monotonie ambiante : l’instrumental ‘The First Son’ où pointe un violoncelle et du piano et ‘Nothing Left To Burn’ où la voix de Davide sort un peu du registre habituel. Chant clair un tantinet théâtral et growl se partagent les paroles sur des guitares électriques mandolines, riffs chargés et double pédale trépidante. Une musique qui se rapproche plus du post metal que du doom du fait de son tempo infernal.

Je serai tenté de dire que cela manque de nuances et que sans la voix de Davide qui sait m’émouvoir parfois comme dans ‘Darkness Won’t Take Me’, j’aurai été vraiment déçu. Il est vrai que dans le cas ‘Beyond The Shores’, le support visuel du clip contribuait pour une bonne moitié à la fascination de cet album. En plus la musique flirtait nettement plus avec un doom qui convient mieux à ma mélancolie naturelle.

J’aurai aimé un peu plus de ‘The First Son’ et un peu moins de ‘Destination Woe’ dans ce nouvel album même si à gré des écoutes, un titre comme ‘A Nature In Disguise’ se détache agréablement de l’ensemble.

Bon, ça m’apprendra à acheter sans lire la composition sur l’étiquette. Mais si je ne vous ai pas dégoûté, vous pouvez l’écouter sur Bandcamp.

ArcAnica – Elemental

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Cette chronique annule et remplace celle de Riverside bloquée sur Youtube pour des raisons de droits d’auteur. Ceci dit, à mon avis, vous gagnez au change.

Quatre titres, à peine vingt minutes d’écoute, je vous présente l’EP Elemental du groupe ArcAnica. Un quintet de metal progressif venu de Philadelphie, enfin, je crois. A priori, il s’agit de leur premier effort et honnêtement, je ne me souviens plus où j’ai entendu parler d’eux.

Toujours est-il qu’Elemental m’a suffisamment intéressé pour que je lui consacre cette chronique. 

Une basse, une batterie, trois guitares, un micro et peut-être quelques samples de claviers constituent l’attirail de ces chevelus qui louchent du côté du sludge, du black et du metal prog avec un petit air à la Opeth, Tool ou Haken. Les titres vont de quatre à cinq minutes. Ce n’est donc pas sur la durée qu’ils s’inscrivent dans la mouvance progressive mais nettement plus dans l’écriture.

Le chant clair omniprésent qui côtoie un growl assez rare a certainement éveillé tout d’abord mon intérêt pour cet EP.

Il s’agit encore d’un album ayant pour thème les éléments, ici dans l’ordre, l’eau, l’air et le feu, une thématique qui revient un peu trop souvent à mon goût dans les œuvres de jeunesse des groupes. Au moins, pour une fois, ArcAnica n’a pas composé un double concept album.

L’EP semble développer en dix-neuf minutes une histoire cataclysmique et mystique. Tout un programme… Si les paroles des quatre morceaux sont liées, il se pourrait que ArcAnica parle ici d’un exode pour échapper à un déluge purificateur. Vu comme ça, ça a l’air complètement fumé du paillasson et comme la musique flirte avec le psyché violent, tout est possible.

La production est clairement perfectible, le son manque de mordant et les aiguës bavent un peu, surtout sur les crashs de batterie. Mais après tout, c’est un premier effort et avec un casque pas trop pointilleux, cela passe très bien.

‘Black Fire’ est certainement le plus black des quatres morceaux. Il use d’une voix démoniaque et de notes de guitares angoissantes. C’est aussi mon morceau préféré même si tout l’EP tient parfaitement la route.

Outre le black metal progressif, il y a quelque chose de théâtral cinématique dans leur musique comme en témoigne le début de ‘Against the wind’. Il faut également souligner ces guitares torturées qui se déchaînent dans ‘The Fool’s Garden’ sur une batterie qui cogne les fûts sans ménagement.

Pour un premier EP, Elemental de ArcAnica, fait preuve d’originalité. Les quatre morceaux sont de très bonne facture et les musiciens maîtrisent leur sujet. En plus le dosage entre metal et prog est finement dosé pour séduire un large public. Il s’agit assurément d’un groupe prometteur et leur EP mérite amplement le détour. Alors n’hésitez pas à les découvrir sur Bandcamp, vous m’en direz des nouvelles.

Hypno5e – Sheol

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Un samedi après-midi ensoleillé, alors que le groupe français Hypno5e allait se produire à la Laiterie, j’ai téléchargé leur dernier album Sheol avant d’aller au concert, histoire de mieux connaître leur musique.

Je dois une fois encore, la découverte de ce quatuor à Stéphane Gallay qui avait parlé à plusieurs reprises de leurs albums et écrit un live report sur leur passage à Genève. J’avoue que comme lui, je n’étais pas à 100% convaincu par leur musique jusqu’à Sheol, mais un concert de post metal atmosphérique près de la maison, cela ne se refuse pas.

J’ai fait tourner Sheol à plusieurs reprises dans le salon et me suis dit que finalement, la soirée pourrait être plus intéressante que prévue.

Sheol est un album six titres d’un peu plus d’une heure avec trois morceaux de plus douze minutes où se mélangent metal, post-rock, instruments à cordes, extraits audios, growl et chant clair. Un savant mélange de genres et de langues puisque vous pouvez y entendre du français, de l’anglais ainsi que de l’espagnol dans les textes.

Hypno5e joue de contrastes avec leur musique, de l’éthéré au gros poutrage se succèdent comme le chant clair et le growl. Une écriture qui me fait songer parfois aux jeunes années de Haken.

Pour vous donner une petite idée, le titre ‘Sheol’ se joue à la mandoline sur un poème de César Vallejo déclamé en espagnol et se poursuit par une charge de growl et du chant clair mélancolique avant de donner dans le djent post-rock.

Vous me suivez ?

Tant mieux, parce que ‘Tauca’ ressemble à s’y méprendre à du Genesis avec sa guitare acoustique et son chant à la manière d’anasazi. Et puis, il y a des morceaux qui soufflent le chaud et le froid comme ‘The Dreamer and his dream’ qui alterne chant délicat et growl dévastateur. En plus de tous ces mélanges de genres, Hypno5e n’est pas avare de sonorités, instruments classiques, bruitage, extraits de film comme celui des ‘Enfants du Paradis’ ou de poèmes avec ‘Heces’.

Sheol va au-delà du simple album de post-metal. C’est une exploration sonore d’une infinie richesse, cinématique, violente et poétique.

A ma propre surprise, je suis tombé amoureux de cet album et il rentre de ce pas dans mon top 2023. N’hésitez pas à les écouter. Leur discographie est à découvrir sur Bandcamp sans modération, et en live, c’est vraiment excellent.