Dépendance

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Mercredi, sur l’autoroute entre Troyes et Reims, j’ai réalisé que mon iPhone perso était resté à l’aéroport de Barberey St Sulpice. Damned ! Je l’avais branché pour une recharge d’urgence avant de reprendre la route. Sauf qu’au moment du départ, je l’ai oublié, chose qui ne m’étais jamais arrivé auparavant.

Comme je prenais le TGV à Champagne Ardennes peut après pour rentrer sur Strasbourg, je n’avais plus le temps de revenir le récupérer, alors j’ai demandé à mes collègues s’ils pouvaient me l’expédier à la maison.

Par chance mon billet de train se trouvait sur ma boîte mail professionnelle, dans mon téléphone du travail. Ouf !

Billet ? Train ? Damned, mon passe sanitaire, lui se trouvait dans mon application AntiCovid située dans l’autre portable et je ne disposais pas de la version papier du précieux sésame.

J’ai donc sollicité à nouveau mon collègue pour qu’il m’envoie une capture d’écran du QR Code magique par mail afin de pouvoir monter dans le TGV. Ce ne fut d’ailleurs pas simple. Allez expliquer les subtilités d’iOS à un utilisateur Androïd. L’enfer !

L’heure et demi passé dans le TGV fut très longue malgré un bouquin. J’ai pris la fâcheuse habitude de consulter Twitter régulièrement, de lire mes emails, de me balader sur Flickr pour regarder des photographie, d’aller sur Google Actualité savoir où nous en sommes de la troisième vaccination et prendre des notes pour mes prochains billets d’humeur.

Arrivé à la gare mercredi soir, je n’ai pas pu contacter mon épouse malgré mon second téléphone, je n’avais pas son numéro portable en tête et encore moins le fixe. J’ai donc pris le tram pour rentrer dans la nuit noire glaciale.

Le jeudi, au travail, je me suis senti tout nu sans mon smartphone, non pas qu’il me soit nécessaire pour travailler, mais sa présence rassurante dans ma poche droite me manquait. Alors j’ai ouvert des onglets Gmail, Twitter, Flickr, Google sur mon ordinateur, au milieu des applications web métier, rien que pour ma rassurer d’exister encore.

Le vendredi matin, Fedex aurait dû livrer le précieux iPhone à la maison.

Depuis mercredi, je me retrouvais sans compte bancaire, téléphone, mail, suivi de migraine, bibliothèque photo, tickets restaurant, GPS, télécommande Nikon, Analytics, actualités, messages, Twitter, musique et surtout mes brouillons d’articles pour le blog. Mon dieu ! Qu’aillais-je publier la semaine prochaine. J’étais perdu !

Perdu, parce que je n’utilise pas le Cloud et que les 16 Go de cet iPhone SE ancienne version contient une grande partie de ma vie numérique. 

Comment peut-on devenir aussi dépendant à un tel objet ?

Vendredi midi je recevais un message sur ma boite pro pour m’annoncer que mon paquet avait été déposé dans un point relais à deux kilomètres de la maison. La haine ! J’avais poireauté toute la matinée à attendre le colis dans le salon afin d’être certain de ne pas manquer le livreur. J’ai pris mon vélo et j’ai foncé dans la bises pour récupérer mon précieux. 

Hélas, le colis n’était pas là bas non plus. Mon téléphone doudou, lien indispensable avec mon univers numérique plus riche que le réel était-il perdu ? 

J’ai installé en catastrophe SnapBridge, Gmail, Flickr, Twitter sur l’autre smartphone histoire de survivre. Malgré ça, il me manquait encore une très grande partie de moi même. 

Heureusement, vers 16h, l’employé Fedex a terminé sa sieste et déposé mon paquet  vec six heures de retard au point relais. Je repris le vélo, foncé dans le froid, affronté la circulation du vendredi soir et retrouvé mon sex toy à qui il ne restait plus que 1% d’autonomie avant de mourir.

Il est au chaud, près de moi, à la maison, se gavant d’énergie nucléaire. C’est promis mon chéri, je ne t’oublierais plus sur une table  étrangère.

Demain, je commence une thérapie de désintoxication numérique, histoire de mieux gérer le jour où une éruption solaire créera un black out.

Genesis – The Last Domino ?

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Teeshirt : Porcupine Tree – Deadwing 2005

Vous connaissez la différence entre Isaac Asimov, Mike Rutherford, Phil Collins et Tony Banks ? Allez je vous donne deux indices, lisez bien : livre et disque. Alors vous avez trouvé ? Ben y en a pas. On les trouve tous les quatre dans le même magasin.

Des fois, je rentre dans une boutique pour m’offrir un truc, n’importe quoi, mais un truc. C’est ce qui m’est arrivé il y a peu, je suis rentré à Cultura et suis sorti avec Foundation, le bouquin d’Asimov et le coffret The Last Domino ? de Genesis.

Foundation, je n’avais jamais réussi à le lire mais la série Apple à relancé mon enthousiasme. Pour ce qui est de Genesis, j’ai déjà tous leurs albums et plus encore. 

C’est mon troisième amour musical après Johnny Hallyday et AC/DC. Preuve que l’on peut toujours s’améliorer avec l’âge.

Je n’écoute que rarement mes disques de Genesis aujourd’hui. Il faut dire que je les connais par cœur en fait. Alors pourquoi ce coffret ? Parce que je ne les verrai pas en live ? Même pas. S’ils étaient passés à Strasbourg, je ne serais pas allé les écouter. Pour la collection alors ? Sans doute un peu. Mais c’est surtout parce j’aime les vinyles, alors un coffret de quatre galettes 180 grammes, sorte de best of de la période Collins, comment résister ?

Je possède également Kdrive, la compile de 2014 qui ne sort jamais de son étagère. Mais The Last Domino n’est pas du même tonneau. C’est une compilation moderne du trio infernal, bourrée de tubes, un magnifique objet au son fabuleux. Depuis que je l’ai, j’écoute au moins un des vinyles chaque soir pour le plaisir.

Quatre pochettes reliées dans une couverture rigide protègent les vinyles glissés dans des étuis à l’effigie de chacun des musiciens et du trio, chaque fois avec une petite citation. Sans surprise, celle de Phil est la seule qui soit drôle : “It’s a democracy as long as we agree with Tony”.

De nombreuses photographies agrémentent cette compile, les trois vieux mais aussi leurs compagnons de tournées. En cherchant bien (il est caché au fond d’une pochette), vous trouverez un code de téléchargement  pour ces titres que vous avez déjà à la maison. Car n’espérez aucun inédit ou version déviante, ici, c’est de l’archi connu.

Vingt sept tubes remplissent le coffret : ‘Home By The Sea’, ‘No Son Of Mine’, ‘Abacab’ et quelques reliques du prog pour ne pas fâcher les vieux comme moi ‘Dancing With The Moonlit Knight’ ou encore ‘Firth Of Fifth’. La cohabitation de ces deux mondes peut perturber comme passer de ‘Carpet Crawlers’ à ‘Abacab’ sur la face B de la dernière galette mais ils ont évité de coller ‘The Knife’ avant ‘Congo’, c’est déjà ça.

The Last Domino ? est un super cadeau de Noël pour votre grand-père audiophile atteint de collectionnite aiguë et pour lutter contre son alzheimer inéluctable. 

Bref un truc pour les vieux riches qui ne savent pas quoi faire de leur fric.

X15

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Je n’ai jamais caché ici ma passion pour la conquête spatiale et vous découvrez depuis peu ma nouvelle névrose pour les Lego. Après avoir épuisé les éditions officielles Lego NASA, j’ai commandé des fusées sur LegoRocket puis j’ai commencé à construire mes propres véhicules spatiaux, capsules, rovers et même un astronaute d’Apollo 11 en combinaison spatiale.

Je viens d’achever une miniature du X15, l’avion fusée de l’US Air Force qui était une sorte de prototype de la navette spatiale. Un avion qui pouvait atteindre cinq fois la vitesse du son et frôler la frontière de l’espace.

Cette première tentative de 20 cm, qui a demandé tout de même trois prototypes, ne m’a pas totalement convaincu, tout particulièrement le nez et le cockpit. Alors je me suis lancé dans une version 2.0 bien plus grande afin d’espérer résoudre les problèmes de la version 1.0.

Mais cette fois, avant de me lancer dans une commande d’un millier de briques noires, j’ai voulu, comme pour mon boitier Nikon D 810, m’assurer de la faisabilité de certaines étapes de la conception. Et pour ce faire, j’ai utilisé le logiciel Studio.

L’outil gratuit est simple de prise en main et permet de modéliser en 3D l’objet que l’on désire réaliser. Il possède un catalogue des briques Lego et offre même la possibilité de bouger les pièces articulées. Son principal défaut est de ne pas autoriser les petites bidouilles qui permettent d’outre passer les limitations des Lego.

Studio permet de créer des groupes de pièces assemblées à réutiliser plus tard, il donne le décompte des pièces nécessaires à la construction et permet d’éditer un plan de montage très détaillé pour en faire profiter d’autres personnes. En plus ses fichiers .io semblent être un des standards pour la conception en Lego semble-t-il. Et une fois le plan terminé, il suffit d’un glisser déposer sur le site de BrickLink.com pour commander automatiquement les pièces, à condition quelles soient disponibles. Je trouve ça assez génial.

Pour l’instant j’en suis à 600 briques nécessaires pour construire mon X15 et je ne suis pas du tout satisfait du nez de l’appareil qui possède une forme zarbi. Une fois que j’aurai solutionné mes différents problèmes, ce que je fais sur l’outil mais également avec des briques dans le salon, il faudra commander les pièces, ce qui ne sera sans doute pas simple étant donné la rareté de certaines comme le cône 2 x 2 noir.

Exemple de prototype du nez avec l’assemblage au fuselage avec des crochets
Et une fois assemblé
Et enfin modélisé

En attendant j’ai commandé la fusée Soyouz WO sur LegoRocket pour commencer ma collection de lanceurs russes. Mon exposition au travail commence à être quelque saturée et je ne sais pas où je pourrai exposer un jour mon X15 de 50 cm de long si j’arrive un jour à le terminer. Mais chaque chose en son temps.

Bien vu l’aveugle !

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Au tout début de notre abonnement Apple TV+, nous avions commencé la série See avec Jason Momoa, vous savez la grosse brute de Stargate Atlantis. 

Si les visuels de cette série sont vraiment époustouflants, elle parle cependant d’un peuple aveugle… Un monde post apocalyptique où l’humanité a perdu la vue. C’est beau mais c’est chiant et nous avons arrêté rapidement.

Mais comme mon épouse fricote trois fois par semaine avec des musiciens, à moins que ce ne soit avec un alien en chaleur, je me retrouve tout seul devant l’écran une bonne partie de la semaine. Et pour éviter de lui voler des séries sympas, je regarde celles que nous avons abandonné en route. C’est beau l’amour.

J’ai donc repris See au sixième épisode après avoir fini la seconde saison de The Orville. L’histoire parle d’un clan d’aveugles où naissent deux faux jumeaux voyants, des enfants sorciers pourchassés par la méchante reine. Non ce n’est pas Blanche Neige.

Les épisodes oscillent entre post apocalyptique, heroic fantasy, dystopie et baston, oui faut bien donner quelque chose à faire à Jason. Un univers non voyant pas forcément très crédible, surtout les combats en aveugle, bâti sur les ruines de notre monde. 

Les personnages les plus fouillés sont la reine complètement dingue et son général pourchasseur d’hérétiques. Baba Voss, le père adoptif des jumeaux, incarné par Mamoa ne brille pas par son interprétation, son épouse Magra (attention spoiler, la soeur de la reine), est assez peu convaincante, Haniwa la jumelle est pas mal (interprétez ça comme vous voulez) et son frère Kofun est insipide.

Les épisodes se partagent entre marche, baston saignante et un peu de blabla. Comme dit précédemment, le plaisir de la série tourne autour des magnifiques paysages de la Colombie Britannique même si je l’avoue, l’ajout quasi systématique de flares (reflets du soleil) numériques sur la pellicule est particulièrement agaçant.

J’en suis maintenant à la saison deux qui n’a guère plus d’intérêt que la première même si un début d’intrigue politique voit le jour. Bref c’est joli et chiant mais c’est ça ou visionner à nouveau The Orville ou X Files.

EPs n°1

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Le crowdfunding est ici : Glagla

J’adore la routine, surtout pour la mettre à mal. Alors après vous avoir livré des brèves peu enthousiasmantes, je voudrais me racheter avec une nouvelle chronique de quelques EPs qui ne tiendraient pas le temps d’une vidéo.

Mais au fait, c’est quoi un EP ? 

EP, s’opposant à LP ou long play (un format musical de 45 minutes à une heure), signifie extented play, en gros plusieurs titres accompagnant un single, sorte de super 45 tours de ma jeunesse avec des faces A, B, C et D. Il s’agit souvent d’un disque intermédiaire entre deux albums ou bien un moyen de lancer un groupe sans pour autant prendre de gros risques financiers. Il s’agit aussi parfois pour le groupe de fourguer des morceaux sympas qui ne trouvaient pas leur place sur la précédente galette. 

Voilà pour la culture. Vous voyez, vous mourrez moins bête grâce à ces vidéos…

Commençons par les dames si vous le voulez bien avec Marjanna Semkina du groupe Iamthemorning.

Comme pour son projet avec Gleb, notre chanteuse russe vient de sortir un EP cinq titres que je me suis empressé d’acheter. J’avais été quelque peu déçu par le premier album solo de la petite rouquine. J’avais certainement trop d’attentes à son sujet car sa voix est à tomber par terre et ses compositions fort sympathiques. Peut-être y avait-il trop de folie dans les textes, je ne sais pas. Disillusioned ressemble pas mal au Counting The Ghosts de iamthemorning avec deux titres qui semblent tirés du répertoire traditionnel, les courts ‘Ne Hagyt Itt’ et ‘Land Mins Foour’. Du coup, sorti du l’absence du subtile doigté de Gleb Kolyadin au piano, on pourrait presque confondre les deux projets. Ici c’est un quatuor à cordes qui domine la partition avec la voix de Marjanna et Bela Bartok est à l’honneur sur la seconde pièce.L’EP, s’il est sans surprise, n’en reste pas moins délicieux à écouter, alors pourquoi se priver ?

Pour continuer, parlons de métal extrême si vous le voulez bien. Maladie est un groupe de black métal extrême allemand à la frontière de mon univers inaudible qui sortait le troisième volume de Symptoms cette année. Et Symptoms III n’a justement rien de metal en fait. C’est même plutôt cool à écouter, limite post floyd western écorché. L’EP est le plus souvent mélancolique et devient totalement torturé sur le second titre ‘Tenebrae – second pain’. Un morceau joué au saxo, piano et guitare, qui me secoue les tripes à chaque écoute.Chanté, parlé mais aussi instrumental, Symptoms III est varié, beau et sans être révolutionnaire. Il donne envie d’écouter les deux premiers opus, ce que je n’ai pas encore eu le temps de faire pour tout vous dire. Pour leurs LPs, à vous de voir, mais c’est du lourd, alors faites gaffe.

J’ai déjà dit pas mal de mal de John Mitchell ici mais au fond je l’aime beaucoup. La preuve j’ai le premier EP de son nouveau projet The Kite Experiments.

Aux côtés de John on retrouve Craig à la batterie et Chris Hargrave aux guitares. Comment ça John ne gratte pas les cordes ? Ben non, il semblerait qu’il ne fasse que chanter et jouer du piano, un rôle à contre emploi.Le premier titre ‘Temple Road’ n’apporte rien de neuf à la carrière de Mitchell et j’ai failli regretter ma dépense. Les bonnes surprises arrivent alors avec un ‘The Bridge’ tout en attente en mineur et le dernier morceau délicieusement folk irlandais ‘Long Roads’. ‘Alpha Omega’ rappellera à certains The Urbane et ‘Domus’ Lonely Robot. Atmospherics est un EP sympa qui ravira les fans de John.

Si vous ne deviez choisir qu’un des trois EPs présenté ici, je vous recommanderai Symptoms III, après, vous écoutez ce que vous voulez bien sûr.

La fuite

Les énergies fossiles nous conduisent tout droit dans le mur avec 1.5, 2.0 voire jusque 5.0 degrés Celsius de réchauffement moyen de l’atmosphère sur l’ensemble du globe si nous ne faisons rien tout de suite.

La grande idée est donc de passer à l’électrique pour les trains, les cars, les camions, les voitures, les scooters, les vélos, les trottinettes et pourquoi pas les exos squelettes tant que l’on y est. Pour les avions ça n’est pas gagné, pas plus que pour les paquebots à voiles. Quant aux fusées de Space X, Blue Origin et les autres, y a pas de problème, tout est nominal. L’ascenseur spatial d’Asimov est en chantier.

Mais pour cela il faut produire du courant, beaucoup de courant et on vient de s’apercevoir que placer une lumière devant un panneau solaire ne suffisait même pas à allumer l’ampoule, d’où problème.

Qu’à cela ne tienne, il suffit de bâtir des EPRs, cette centrale miraculeuse qui ne fonctionne toujours pas à ce jour en France. Du coup le concept de mini centrale nucléaire fleurit un peu partout, plus petites, plus sûres, plus nombreuses, elles nous promettent des mini Tchernobyl sur tout le territoire. En attendant, elles n’existent que dans les rêves humides de nos ingénieurs.

Alors le mythe de l’hydrogène vert refait surface. L’hydrogène, transformé via une pile à combustible, fabrique de la vapeur d’eau et de l’électricité, c’est magnifique ! L’eau c’est propre non ? On se lave avec… Oui mais la vapeur d’eau est un gaz à effet de serre (lisez Ravage de Barjavel), comme le CO2 où le méthane. Prout ! Oups, pardon ! 

Pour produire de l’hydrogène, à moins de le pomper directement dans une étoile, il faut de l’électricité, beaucoup d’électricité, oui mais attention, ici on parle d’électricité verte tout de même, ça change tout. On revient à l’ampoule qui éclaire le panneau solaire. Mais le pire c’est que l’hydrogène, en plus d’être explosif dans l’air (souvenez-vous d’un certain dirigeable allemand), est un gaz hautement volatile donc avec un fort potentiel de fuite. Et par malheur, l’hydrogène est un gaz à effet de serre indirect, c’est à dire que sa simple présence dans l’atmosphère favorise très fortement la création de gaz à effet de serre. Nous allons donc devoir faire très attention pendant le plein de notre SUV monoplace de deux tonnes à ne pas fumer ni à en verser à côté.

Nous continuons allègrement à nous gaver énergiquement alors que nous devrions commencer à nous serrer la ceinture. Mais quel homme politique aura le courage d’aller jusqu’au bout de la démarche ? Certainement pas la COP 26. L’Australie continuera de produire du charbon sous prétexte qu’il est plus propre que celui de ses voisins mais heureusement les chinois et les américains sont d’accord pour luter contre le réchauffement climatique. Comment ? Ils en discuteront en 2022… Nous voilà rassuré.

« Et dieu dans tout ça ? Il est dans les nues, c’est lui qui pète le plus. ». (Font et Val, Le Sport ).

 » Que faisiez-vous au temps chaud ?

Dit-elle à cette emprunteuse.

— Nuit et jour à tout venant

Je chantais, ne vous déplaise.

— Vous chantiez ? j’en suis fort aise.

Eh bien ! dansez maintenant. « 

Foundation

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Il y a bien longtemps, j’ai voulu lire l’œuvre majeure d’Isaac Asimov récompensée par le prestigieux prix Hugo, Foundation. J’avais dévoré ses nouvelles sur les robots et adoré le concept des trois lois de la robotique comme la manière dont ces machines intelligentes se trouvaient piégées par leur logique imposée.

Mais voilà, Foundation, son univers, sa politique, n’avait pas eu de prise sur mon imaginaire et j’avais abandonné le livre en cours de route.

Apple TV+ a lancé il y a peu la série inspirée du même roman et après avoir regardé quelques épisodes éblouissants, j’ai voulu me plonger à nouveau dans les mots de l’écrivain.

Une fois encore, j’ai failli abandonner. Rien à faire, mes paupières se fermaient à la lecture de la psychohistoire et des factions politiques en jeu. Je me perdais dans les personnages et les rares évocations planétaires m’indifféraient. L’ouverture du sanctuaire sur Terminus a relancé mon intérêt et j’ai réussi à terminer le livre, mais ce fut limite. 

Le livre se compose de nouvelles rythmées par les crises Seldon. Une écriture déstabilisante qui transporte le lecteur dans le temps et lui impose de nouveaux décors et personnages régulièrement. Si vous aimez les intrigues, le pouvoir, les magouilles et la politique, Foundation pourrait vous séduire. Si vous chercher de la hard science ou du space opéra, changez de livre.

La série TV Foundation ne joue pas franchement la carte de l’action avec de lents épisodes d’une heure où il se passe finalement assez peu de choses. Mais ses personnages possèdent beaucoup d’humanité et les visuels sont à couper le souffle. L’histoire, même si elle suit la trame de la psycho histoire qui prédit la chute de l’Empire, s’attarde plus sur les destinées des personnages dans la tourmente qu’à l’idéologie politique qui entoure les événements. La série s’inspire du roman, reprenant quelques uns des ses éléments principaux et en les traitant parfois très différemment. Elle enrichit l’univers avec des éléments comme les empereurs clonés, la grande prêtresse et s’embourbe nettement moins dans la promotion du nucléaire et les tractations politiques.

C’est assurément la meilleure série de science-fiction que j’ai regardé sur la plateforme Apple a ce jour et il y a pourtant eu For All Mankind, c’est tout dire.

The Watch – The Art Of Bleeding

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Teeshirt : UPF – Fall In Love With The World (2014)

The Watch est une formation italienne bien connue pour son excellent tribute band de Genesis. Mais pour ma part, je préfère toujours l’original aux contrefaçons, même celles qui viennent de Vintimille. J’ai vu Trick of The Tail et The Watch en live mais cela reste très éloigné du concert de Genesis à la Beaujoire à Nantes le 23 juin 1987.

Si j’aime The Watch, c’est pour leurs albums studio qu’ils ne jouent presque jamais en live hélas. Du rétro prog qui jette un pont entre les seventies et le vingt et unième siècle.

Je n’ai que leurs trois derniers disques à la maison. L’excellent Tracks From The Alps, le moins convaincant Seven et leur tout nouveau The Art Of Bleeding sorti il y a peu. Mais il existe cinq autres disques couvrant la période de 2001 à 2011 dans leur discographie.

Le vinyle en deux volets arrive avec un CD, un livret, une galette noire et un poster dédicacé par le groupe avec en prime un petit mot. L’artwork comme la musique nous ramène cinquante ans en arrière mais les sujets abordés sont bien contemporains.

Il ne s’agit pas d’un concept mais d’un album à thème. Plusieurs histoires sont racontées ici, des récits autour du sang : canibalisme, sorcellerie, suicide ou encore la proie d’un tueur. 

Ne faites pas comme moi, n’écoutez pas le CD pour découvrir l’album. Le compact disc est un sampler revisitant en sept titres la carrière de The Watch, rien à voir avec The Art Of Bleeding. 

Les musiciens milanais poursuivent l’œuvre de Genesis avec huit morceaux reprenant les sonorités de Nursery Crime jusqu’à A Trick Of The Tail avec toutefois de nombreux éléments modernes comme dans ‘Red’ ou encore ‘Hatred Of Wisdom’. Curieusement The Art Of Bleeding rajeunit un genre devenu poussiéreux après une cinquantaine d’années passées sur étagère.

Mellotron, orgue Hammond, flûtes, guitares six et douze cordes, batterie, percussions, bruitages et cris nous immerge jusqu’aux oreilles dans l’hémoglobine, un bain de jouvence progressif jubilatoire à ne pas manquer. Il s’agit de leur meilleur album à ce jour.

Police, au secours

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Samedi fut une journée compliquée. Je devais m’évader dans les Vosges pour capturer les couleurs de l’automne mais le destin en a décidé tout autrement. 

La voiture étant à sec, je suis passé à la pompe faire le plein. L’automate  agaçant refuse ma carte pour cause de piste magnétique illisible. Connaissant le problème, je me rends à une autre crèmerie où d’ordinaire ma carte passe bien. 

Mais la loi des séries est contre moi et je ne peux remplir mon réservoir. 

Je reprenais le volant pour passer à la maison voler la Visa de mon épouse quand je tombe sur une voiture arrêtée au milieu de la rue. 

Comme tout bon connard qui se respecte je m’apprête à klaxonner pour faire dégager l’emmerdeur quand j’entends la personne pleurer au volant. 

Je descends pour aller voir ce qui se passe et découvre une femme en pleine panique, les deux mains agrippées au volant, versant toutes les larmes de son corps. 

Après avoir tenté de la calmer, entre deux crises de larmes, la dame m’explique que pour éviter un chauffard, elle a foncé dans la bordure du trottoir. Un tour de la voiture me confirme en effet que trois des quatre roues sont à plat. 

Entre temps des voitures se sont accumulées derrière moi et les klaxonnes commencent à hurler. 

Je tente vainement d’apaiser la conductrice afin qu’elle gare sa voiture pour dégager la chaussée. J’aurais pu prendre sa place au volant si la dame n’était pas handicapée moteur et ne pouvait pas sortir simplement de son véhicule. Il faut la calmer pour qu’elle puisse manœuvrer. 

Arrive alors une dame pressée, prête à hurler sur la conductrice en larmes. Je dois la calmer avant qu’elle n’explose et aggrave la panique de la victime. Un homme furieux déboule à son tour et après lui avoir expliqué la situation, nous arrivons tant bien que mal à faire stationner la voiture accidentée sur le bord de la route. 

Je me gare à mon tour pour libérer la rue, laissant le chemin aux deux conducteurs pressés qui abandonnent la femme paniquée à son triste sort.

Je n’ai pas l’âme d’un sauveteur ni celle d’un bon samaritain mais je ne me vois pas abandonner cette personne seule sans aide.

Sa voiture ne peut plus rouler, la personne est handicapée et en pleine crise d’angoisse. Je me dis que le mieux serait d’appeler Police Secours. Mais le 17 n’en a rien à battre de cette petite dame accidentée et handicapée au bord de la crise de nerf. Elle n’est pas blessée ? Non. Appelez le 15 si elle pète un câble…

La pauvre dame est en larmes. Elle pense à ses courses rangées dans le coffre, à sa voiture dont elle a besoin pour se déplacer et au salop qui lui a coupé la route et s’est enfuit sans demander son reste.

Il faut un bon moment pour l’apaiser, trouver sa carte verte et appeler l’assurance. Contrairement au 17, la personne au bout du fil est nettement plus humaine et compréhensive. Une dépanneuse passera d’ici trois quarts d’heure et la conductrice sera prise en charge par un taxi. Heureusement que cette dame possède un contrat tout risques, sinon comment aurait-elle fait.

Reprenant un peu ses esprits, elle pense alors à appeler son fils. Celui-ci arrivera quelques minutes plus tard en voiture avec un voisin, car il se déplace à vélo. Je leur explique la situation : le chauffard est en fuite, l’assurance prévenue, la dépanneuse en route et la police avertie. Mon rôle s’arrête là.

Je remonte dans ma voiture et retourne à la maison chipper la carte bleue de mon épouse qui elle, miracle, fonctionne. Avec une bonne heure de retard je prends la route des Vosges pour une promenade écourtée.

A l’entrée de la quatre voies, la police effectue des contrôles au facies sur les conducteurs. Ils étaient donc là nos agents, à cinq cent mètres de l’accident…

Expl’Or

Pour qu’elle raison une photographie devient plus virale qu’une autre sur Flickr ? 

Je me pose cette question depuis un bout de temps. En fait depuis qu’un de mes clichés a dépassé les cent favoris. Car comme tous les artistes que je ne suis pas, je veux être aimé.

La première réponse, celle qui semble évidente, c’est que le cliché est meilleur que ceux précédemment publié. Il y a également le traitement noir et blanc que j’applique à la plupart de mes fichiers raw qui plaît à quelques personnes. Il y a aussi ces fidèles qui me suivent et qui ne manquent pas de saluer mes meilleures images. Généralement ces images sont mise une vingtaine de fois en favoris. C’est également le seuil que j’ai fixé pour garder une photo sur Flickr.

Mais cela n’explique pas les quelques rares photographies qui recueillent plus d’une centaine de favoris. Celles-la sont vues par des milliers de personnes en quelques heures. Elles deviennent virales.

Ces photos ont un point commun : elles ont été publiées dans le groupe In Explore de Flickr

Il est impossible de soumettre une image à ce groupe, ce sont les administrateurs qui vous invitent chez eux. Une fois que le cliché est visible dans Explore, il est regardé par des milliers de personnes, partagé dans des groupes et mis en favoris par les membres. Explore c’est la consécration garantie, enfin pour moi.

Maintenant, comment se retrouve-ton invité dans Explore ? Ça reste encore un process mystérieux, je l’avoue. Explore est un groupe non officiel mais c’est le compte Flickr pro qui m’annonce que je fais partie des heureux élus. À chaque fois, juste après il y a Michael qui m’envoie un message de félicitations de figurer dans Explore, à croire qu’il est le modérateur. 

J’avoue ne pas avoir vraiment creusé la question, je me réjouis simplement d’avoir été sélectionné même si ce n’est pas forcément cette image que j’aurais mis en avant. Mais bon, les goûts et les couleurs.

La photographie de couverture n’a pas eu la chance d’être élue dans Explore alors qu’elle est plutôt sexy. Malgré cela elle totalise une quarantaine de favoris, un excellent score dans ces conditions. Celle ci-dessous, également pas mal, a eu la chance d’être élue, avec 171 favoris et 8000 vues.