
Ça commence à se savoir que sur Strasbourg il y a un hurluberlu qui photographie les concerts associatifs juste pour le plaisir.
C’est comme ça que j’ai été sollicité pour immortaliser une chorale en pleine action. Je l’ai déjà fait pour le Bon Tempérament à plusieurs reprises mais je ne vous cache pas qu’une chorale, ce sont des chanteurs immobiles en rangs d’oignons reprenant des tubes souvent sans musiciens. Bref ça ne m’emballe ni pour le visuel ni pour le sonore.
N’empêche j’ai accepté pour trois raisons :c’était demandé gentiment, la chorale reprenait du hard rock et ça se jouait au Palais de la Musique et des Congrès à Strasbourg, une très grande salle à l’esthétique des plus intéressantes où je n’ai été, jusqu’à présent, que spectateur.
Le concert commençait dimanche à 18h mais le chef de choeur préférait que je sois présent dès le début des répétitions à 13h30 pour photographier les coulisses du concert. Ça m’allait également car j’aime bien prendre mes marques dans une salle que je ne connais pas et si je peux en bonus prendre en cachette des photos des artistes en dehors du spectacle lui-même, je suis aux anges.
La salle est vraiment impressionnante pour un photographe habitué aux jauges de trois cent personnes. Elle peut accueillir jusqu’à mille huit cent spectateurs. Je dispose même une loge spacieuse pour ranger mon matériel et me poser. Par contre j’ai du mal à envisager la manière dont de vais pouvoir évoluer et shooter devant cent-vingt choristes, un chef et un groupe de rock avec chanteur.
Une équipe vidéo va capter le concert, quatre caméras fixes et deux mobiles avec qui il va falloir se partager la scène. Je peux naviguer dans la salle, monter sur scène, me placer derrière les choristes, autant dire que je vais beaucoup marcher.
Lorsque j’arrive, les musiciens règlent la balance avec les techniciens. Je reconnais le batteur et le chanteur du groupe Los Dissidentes Del Sucio Motel que j’ai eu l’occasion d’écouter en live.
Thomas, le chef de l’ensemble, ne tarde pas à envahir l’espace avec son choeur. Il n’est pourtant que 14h mais ils ont beaucoup de choses à mettre en place comme la rentrée sur scène, la sortie, les balances et une mini répétition.
Je mets ce temps à profit pour prendre mes marques, savoir où me placer pour tel ou tel cadrage et m’accoutumer aux éclairages de la salle.
A 17h tout est en place, les artistes rejoignent leurs loges pour faire un break avant le grand saut. A ce stade, j’ai déjà fait pas loin de 200 photos. Il va falloir que je me calme.
Vers 17h30 le public commence à rentrer dans la salle Erasme. Cela devient tout de suite plus impressionnant. L’équipe vidéo se prépare et je fais de même.

Au son des cloches de ‘Hell’s Bells’, dans une lumière rouge satanique, les chanteurs habillés en rouge et noir, s’installent sur les gradins, comme à la répétition. Thomas, le chef de choeur, vêtu d’une cape, descend au milieu du public pour rejoindre la scène et c’est parti pour deux heures de show.
L’ensemble enchaîne sans complexe des classiques de Deep Purple, Évanescence ou Black Sabbath. Certes, malgré l’énergie des choristes et la musique du groupe, l’ensemble n’a pas la même niake que les pièces originales, n’empêche, ça fonctionne plutôt bien. Si les choristes sont immobiles, sinon ça aurait un sacré bordel quand même, le chanteur de LDDSM et le chef de choeur se démènent pour occuper la vaste de scène de la salle Erasme.
Le public, acquis d’avance, est en liesse et chante parfois avec l’ensemble Catharsis. Toutes les générations semblent représentées dans la salle, il faut dire que beaucoup d’amis et membres des familles des choristes sont présents.
Comme les caméramans se promènent sans vergogne devant le public et que je suis le seul photographe, je commence moi aussi à grimper sur les planches pour me rapprocher des choristes, photographier les spectateurs et varier les angles de vue. J’essaie surtout de capturer le groupe avec les chanteurs ce qui n’est pas vraiment aisé. C’est assez physique, la salle est large et profonde , alors j’essaye d’optimiser mes déplacements.

Après deux heures de classiques de hard-rock et deux rappels, le concert prend fin sous les acclamations du public. Je suis déshydraté, affamé et j’ai plus de cinq cents photos exploitables dans les cartes mémoires des appareils. Je vais avoir beaucoup de travail une fois rentré à la maison.
Je ne vous cache pas que photographier une chorale de cent vingt chanteurs dans une grande salle de concert fut une expérience assez unique pour moi. Je be regrette pas d’avoir sacrifié un dimanche après-midi à l’exercice d’autant que j’ai sorti quelques belles images. Le chef de choeur a gardé les coordonnées, il est donc possible que je renouvelle l’expérience l’année prochaine.
Mais pour l’instant, mon prochain shooting aura lieu en extérieurs avec Toïtoïtoï place Kleber le 27 juin.


























