Arch voices

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Imaginez quatre blondes platines plus vraiment toutes jeunes jouant du manche sur la scène du Grillen. Je suis certain que ça vous émoustillerait.

Et bien non, désolé de vous décevoir pour les photos, je ne suis pas allé shooter un spectacle burlesque à Colmar mais le groupe filandais Omnium Gatherum.

En vérité j’y allais surtout pour écouter les ricains de Fallujah que je connais un peu mieux, mais au final, le groupe qui m’a fait forte impression venait de Finlande.

Je ne vous cache pas que je n’étais pas au mieux de ma forme. La veille je photographiais les étoiles près de  Grendelbruch avec les copains et nous sommes rentrés tard. Qu’importe, je suis parti à Colmar un peu avant 18h, le réservoir et le ventre vide, avec quelques heures de sommeil depuis la veille.

L’association Headbang m’avait accrédité pour la soirée, donc c’est avec mon lourd attirail photo que je suis allé écouter In Mourning, Fallujah et Omnium Gatherum. Une soirée placée sous le signe du growl, car si ces trois groupes usent également de chant clair en studio, en live, ils gueulent, et fort.

La salle du Grillen est bien remplie et il faut jouer des coudes pour se déplacer. Le public va de vingt à soixante-dix ans, du coup je me situe dans la moyenne haute. Des métalleux embourgeoisés qui boivent encore des bières, mais avec modération.

Pas de cervoise pour moi, je suis fatigué, je fais des photos et surtout je conduis.

In Mourning, que j’avais déjà eu l’occasion d’écouter avec l’album The Immortal, est un groupe de métal progressif suédois. Pour une première partie, ce fut plutôt une bonne surprise même s’ils n’ont pas joué très longtemps. Un quatuor de métal prog très mélodique avec chant clair (enfin en studio) et du growl caverneux. N’ayant pas vraiment d’attente, j’ai été agréablement surpris par leur musique comme leur présence sur scène.

Pour Fallujah ce fut l’exact opposé. J’avais de grosses attentes et j’ai été déçu. Les hurlements du chanteur ont dominé leur set et franchement la prestation scénique était des plus pauvres. Je n’ai pas réussi à faire une seule photo un temps soit peu sexy. C’est sans doute les frappes en Iran qui les perturbaient.

Et puis les six gars de Omnium Gatherum sont arrivés et là il y a eu du spectacle. J’avais écouté leur dernier album avant de venir (je vous en parlerai mardi), et surprise, j’avais bien accroché.

En live, ça fonctionne également plutôt bien. Quatre guitares au premier rang tenues par des blondes platines secouant leur crinière, un batteur métronomique à la moustache genre Village People et enfin un claviériste (le premier de la soirée, Fallujah jouait au click), la petite scène du Grillen était bien remplie comme la salle.

Les quatre blondes jouent à tour de rôle à Guitar Hero, enchainant les soli démonstratifs, secouant leur crinière platine et hurlant dans les micros. 

Moi qui suis le plus souvent près des caissons de basses, je suis pris de violents spasmes provoqués par la batterie de Atte et la basse de Mikko. Ça fait mal ! Lorsque je m’éloigne pour réaliser des plans d’ensemble je respire un peu plus. Mais ça cogne quand même très fort !

Après trois morceaux de rappel (c’est leur dernier soir alors ils se lâchent), les finlandais nous abandonnent abasourdis, surtout sourdis en fait. Cela fait tout de même quatre heures que la fête bat son plein, j’ai cinq cents photos principalement ratés dans les boîtiers photos, il n’y a plus qu’à rentrer à la maison trier tout ça.

Je reviendrai certainement le 15 avril pour écouter Iotunn, In Vain et Nephylim histoire de changer du métal. Un grand merci encore à l’association Headbang pour son accueil.

Le prochain concert de mon agenda 2026 bien chargé sera le 3 avril pour un tout autre genre de musique puisque j’irai écouter Lazuli Chez Paulette.

Le canasson

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Je n’aime pas les chevaux et ils me le rendent bien. Mon cauchemar hebdomadaire était d’emmener mon petit dernier au poney le mercredi parce qu’il fallait sceller Jordy (l’affreux petit poney blanc au gros bide) qui prenait un malin plaisir à gonfler son ventre histoire de m’emmerder.

Mais si il y a bien une nébuleuse qui me fascine depuis mon enfance, c’est la Tête de cheval dans la constellation d’Orion. Un nuage obscur qui possède la forme d’un hippocampe ou d’un buste de cheval selon votre imaginaire. 

La constellation d’Orion n’est visible à nos latitudes qu’en hiver et elle recèle de nombreux objets à photographier. Du coup il ne faut pas louper le coche et les opportunités ont été des plus rares cette année.

20 minutes de capture avec des images de 120s

J’ai photographié la nébuleuse tête de cheval à cinq reprises. La première photo, vous ne la verrez pas, je l’ai jeté tellement elle était moche. J’ai retenté ma chance à l’arrache un matin avant le lever d’une comète, une troisième fois avec un peu plus de temps de pose, une fois avec une grande focale pour zoomer sur le cheval et la dernière fois, presque par accident.

Le ciel était enfin beau après une vingtaine de jours perturbés mais bien entendu la lune était de la partie. Je suis monté au Champ du Feu avec tout le matériel, prévoyant de refaire la nébuleuse de la méduse, IC 443 pour les intimes. Pas un nuage de rodait à l’horizon, l’air était sec malgré les dernières neiges et la température était des plus douce pour un mois de février. S’il n’y avait pas eu la Lune, la nuit aurait été parfaite.

65 minutes de capture avec des poses unitaires de 30s

Sauf que ce soir là, elle était au zénith, juste à côté de la méduse et même avec des filtres, le résultat s’annonçait catastrophique. Alors j’ai cherché un objet éloigné de notre satellite et compatible avec le champ de mon instrument et je suis tombé sur IC 434 (juste une permutation de deux chiffres au passage), la fameuse nébuleuse à tête de cheval.

Lancer une session photo astro avec la lunette de 72 est devenu une routine tranquille. Cela se passe maintenant sans accroc ce qui me laisse du temps pour profiter du ciel avec un autre instrument conçu pour l’observation visuelle. J’ai quand même hésité dans mes réglages entre des images unitaires de cinq et dix minutes. Après deux passages de satellites dans mon champ, j’ai opté pour la sécurité, c’est à dire cinq minutes.

Pendant que la caméra travaillait, j’ai installé le télescope pour observer la Lune, Jupiter et la nébuleuse M 42. Des classiques mais bon, les galaxies et nébuleuses un soir de lune, c’est assez difficile à repérer en visuel. C’est pourtant ce que s’acharnait à faire Eliott à côté de moi. Il a tout de même trouvé M81 et M82. 

60 minutes de capture avec des poses unitaires de 120s

Enzo nous a rejoint vers 20h30 avec son tube tout neuf, un Maksucov Newton 152/731 bradé moitié prix, une bonne affaire ! Sauf qu’il ne possède pas encore de monture équatoriale alors nous k’avons installé sur celle du Celestron pour procéder à quelques essais. Nous avons quelque peu galéré à obtenir une ilage nette dans un premier temps car l’instrument est conçu pour la photographie. Pour faire du visuel il faut visser des bagues d’allonges afin d’avoir suffisamment de distance focale.

Eliott me tannait depuis le début de la soirée pour que l’on pointe la planète Uranus. J’avais vainement essayé de la trouver sous les Pléiades avec son télescope Dobson alors une fois le Maksutov opérationnel, j’ai refait une mise en station du setup et nous avons pu observer la planète bleue distante de trois millards de kilomètres. Eliott était heureux.

Uranus a annoncé le départ de mes deux compagnons. Il était minuit passé, j’étais en montagne depuis quatre heures et j’avais accumulé trois heures trente d’images et je n’avais plus rien à grignoter. Alors j’ai remballé tout l’attirail et je suis redescendu en plaine pour développer le canasson.

3h25 de capture avec des poses unitaires de 300s

Le troisième âge

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Le jour de mes soixante ans, le ciel a décidé de m’offrir un beau cadeau : du soleil ! C’est vrai qu’en février en Alsace, nous avons toujours un ou deux jours de douceur ensoleillée avant le retour du grand froid grisâtre et humide qui persiste jusqu’au mois de mai.

Dès le réveil, j’ai déballé mon premier cadeau. Je suis parti au bord du Rhin chasser la galinette avec un téléobjectif. J’avais manifestement perdu la main car mes approches furtives des volatiles se sont toutes soldées par l’envol de la cible avant même que je ne puisse appuyer sur l’obturateur. 

Alors j’ai sorti la grosse artillerie, le doubleur couplé au 500 mm et le passage du capteur plein format en mode APS-C pour obtenir une focale équivalente à 1500 mm à f/d 11. Pas facile à manier, surtout avec peu de lumière. C’est avec ce bazooka que j’ai photographié une aigrette en plein décollage à plus de 150 m de distance. Quatre images de l’échassier les pied dans l’eau jusqu’au cliché en noir et blanc de don envol que j’ai finalement sélectionné. 

Pourquoi en noir et blanc ? D’abord parce que j’aime le monochrome, ensuite parce ce que cela change des habituelles photos animalières, enfin parce que l’oiseau était blanc et les arbres plutôt sombres. Ça me semblait être le bon choix.

De retour à la maison, j’ai découvert mon improbable gâteau d’anniversaire fait avec amour avant de partir me promener avec mon épouse à la campagne, sous les rayons d’un soleil quasi printanier.

Une fois rentré, comme la marque Lego n’avait toujours pas sorti le set Minas Tirith à 650 € qui aurait fait un joli cadeau d’anniversaire, je me suis lancé dans la construction de la cité blanche, capitale du Gondor. A l’aide de gravures d’époque et de photographies de Peter Jackson, bref Google Images, j’ai empilé les briques, commençant par les remparts pour continuer par le rocher et enfin assembler toutes les parties.

C’est pendant ces heures laborieuses que j’ai été interrompu par un message Whatsapp d’un copain astronome. Il me proposait de sortir en plaine. Le ciel était toujours clair, défiant toutes les prévisions alors qu’en montagne de nombreux nuages décourageaient une quelconque expédition nocturne.

J’ai laissé là la construction inachevée, j’ai chargé le chariot, rempli le coffre, abandonné femme et enfants, et je suis parti retrouver mon observateur étoilé sur une coline, à un quart d’heure de la maison. Et j’ai pointé la nébuleuse d’Orion que je m’étais juré de refaire cette année. De toute manière, c’était l’une des rares constellations épargnée par la pollution lumineuse de Strasbourg, de l’aéroport d’Entzheim et d’Obernai.

Lorsque la lunette fut prête à shooter, je l’ai laissé travailler toute seule comme une grande et j’ai chassé les amas d’étoiles et les galaxies avec la lunette de mon compagnon d’un soir. Ne croyant pas que le ciel clair se maintiendrait (j’avais pourtant étudié les prévisions et consulté les modèles consciencieusement), je n’avais pas pris la peine de m’équiper pour une longue nuit. Résultat, à 23h, j’étais frigorifié.

J’avais déjà emmagasiné plus de 160 images (avec la nébuleuse d’Orion les photos unitaires ne dépassent pas 30s sous peine de surexposer le coeur de la nébuleuse), alors j’ai remballé le matériel trempé par l’humidité et je suis rentré à la maison me réchauffer.

Mon épouse m’avait abandonné pour aller manger avec une copine, oui, le jour de mes soixante ans, une honte ! Alors j’ai mangé la dernière part de gâteau expérimental et j’ai attendu que ma chérie rentre pour me glisser sous la couette avec une bouillotte vivante.

Je venais de rentrer dans le troisième âge des Terres du Milieu comme dans celui de mon existence. A soixante ans je jouais encore au Lego, chassais les canards et rêvais de poussières d’étoiles.

Lumineuse pollution

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Nous vivons au siècle des lumières. Pas celui de Voltaire mais celui des éclairages urbains, des enseignes publicitaires, des voitures, des avions, des satellites…

Il est certes rassurant déambuler la nuit dans des rues éclairées ou de conduire avec les feux allumés, mais a-t-on besoin de laisser les vitrines allumées, de jouer aux sports collectifs la nuit dans les stades et d’avoir autant de satellites en orbite basse ?

Essayez de trouver un endroit plongé dans le noir où seule la lueur des étoiles vous offre quelques points de repères. Vous verrez toujours un halo jaunâtre à l’horizon, le lointain dôme de lumière d’une ville endormie, les feux clignotants des avions dans le ciel et les panneaux solaires des satellites Starlink qui brillent dans la nuit. 

Vous me direz, pour la poignée d’illuminés qui sortent la nuit observer les étoiles, pourquoi faire des efforts ? Principalement parce qu’il y n’a pas que ces illuminés, il y a les animaux que nos éclairages urbains perturbent.

J’habite en ville, au bord de la rue principale bardée d’éclairages LED, les pires. Mais étrangement, ce ne sont pas les lampadaires qui me dérangent le plus, ce sont les projecteurs munis de détecteurs de présence qui s’allument dès qu’une feuille bouge dans un buisson. Il y en a tout autour de moi, au nord, à l’est, et au sud. Seul l’ouest est abrité par notre maison. Si un piéton passe ou une voiture se gare à proximité, c’est un flash blanc qui illumine la nuit. Résultat, de mon jardin, je ne peux photographier qu’un quart du ciel nocturne, gêné par les toits, les arbres et bien entendu les lumières. 

A l’œil nu, je distingue à peine à constellation de la Grande Ourse, je peine à trouver l’étoile polaire et la Voie Lactée est invisible.

Lorsque j’ai une cible intéressante et que je peux photographier assez longtemps par cette étroite fenêtre, j’obtiens le plus souvent une image décevante, peu contrastée et faible en signal, même avec des filtres très restrictifs qui s’affranchissent d’une partie de la pollution lumineuse. Les lumières ainsi que la pollution atmosphérique sans parler des vibrations du sol dégradent considérablement le signal.

Pour illustrer le problème, je vous présente deux photographies traitées de l’objet Messier 45, l’amas ouvert des Pléiades, ce petit point d’interrogation que l’on peut voir à l’œil nu dans le ciel d’hiver et qui intrigue souvent les profanes en astronomie.

La première photo a été prise depuis mon jardin avec des poses unitaires de trois minutes pendant deux heures et demie.

La seconde photographie a été prise avec le même matériel à la campagne, des poses unitaires d’une minute et un temps total de deux heures et quart.

La différence saute aux yeux, les nébulosités sont nettement plus visibles sur la deuxième image alors que la première devrait être nettement plus détaillée si on considère uniquement les critères photographiques. C’est cela l’effet de la pollution lumineuse sur le ciel.

Alors, si vous voulez faire quelque chose pour lutter contre la pollution lumineuse, parlez-en à vos élus, invitez-les à observer le ciel en ville et à la campagne, éteignez les éclairages inutiles et lorsque que approchez d’astronomes amateurs en plein travail, coupez vos feux, éteignez vos lampes, vous serez les bienvenus pour observer le ciel.

En complément je vous mets quelques liens :

La carte de la qualité du ciel en France : https://lightpollutionmap.app/fr/

L’Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturnes : https://www.anpcen.fr

Ananas

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Certains estiment que disposer des tranches d’ananas sur de la sauce tomate et du fromage est une hérésie, moi j’aime bien. En plus l’ananas est juteux et bourré de vitamines, sont seul défaut c’est d’être un fruit exotique assez pénible à découper.

Bon pourquoi je vous parle d’ananas ? Parce que c’est le petit nom que j’ai donné à un équipement informatique que je viens d’acheter, en l’occurrence un NAS. 

Vous vous souvenez peut-être que j’ai changé d’ordinateur, passant d’un iMac 27 pouces 2 To à un MacBook Pro 14 pouces et 1 To. A l’usage j’ai vite constaté que j’étais à l’étroit devant l’écran et pour le stockage, surtout pour la photographie qui est mon activité principale sur le Mac.

Un ami m’a prêté un écran 28 pouces 4 K pour travailler de manière plus confortable, restait à résoudre le problème du stockage. Parce que avec 500 Go de photos, 500 Go de musique et 1.5 To d’images d’astronomie, j’avais un problème. 2.5 To ne tiennent pas dans 1 To. J’ai d’abord travaillé avec des disques externes, branchant et débranchant les câbles USB C en fonction de mon activité du jour, mais je n’avais plus de sauvegarde de mon travail. Et ça je n’aime pas trop. 

Une des solutions possibles était d’utiliser un système de sauvegarde en réseau qui assure lui-même le backup en temps réel. Un équipement que l’on appelle un NAS. Nos services informatiques en utilisent au travail et j’ai plusieurs amis, photographes et geeks, qui ont adopté cette solution. Vous utilisez un petit ordinateur sous Linux ou Androïd relié au réseau local, qui pilote un ou plusieurs disques de grande capacité et qui est vu, via le réseau comme un disque dur.

Suivant les conseils avisés de mon entourage j’ai opté pour la marque Synology, un partage Samba compatible Apple, Linux et Windows ainsi que deux disques durs mécaniques de 6 To.

L’installation n’est pas compliquée pour quelqu’un qui connaît un peu l’informatique, surtout en suivant les conseils de quelques amis plus expérimentés. Une fois les partages Samba réalisé, j’ai transféré les données sur le NAS, une opération laborieuse qui a pris quelques heures tout de même. 

Une fois terminé, j’ai voulu lancer le logiciel Lightroom qui me sert pour le développement photo. Et là, patatras ! Lightroom n’accepte pas d’accéder à son catalogue via un disque réseau. La guigne !

J’ai rapatrié l’énorme fichier sur le Mac et ré indexé tout le catalogue des photos présent sur le NAS. Apparemment tout s’est bien passé. Enfin j’espère mais j’ai eu très peur, c’était quand même la raison de l’achat du ce NAS. Ensuite j’ai configuré la Time Machine pour sauvegarder le MacBook (la première sauvegarde de la machine a duré une après-midi tout de même). 

Maintenant je vais voir si je monte de nouveaux services comme un Cloud personnel au lieu de m’appuyer sur Google et compagnie. J’ai transféré toute ma musique numérique pour pouvoir la jouer indifféremment de la tablette, de mon téléphone ou du Mac à condition d’avoir un casque sous la main et je mets également en place un album de photos consultable d’après où je le désire. Après il va quand même falloir que je blinde là sécurité de ma box pour éviter les problèmes.

Mais je réalise déjà que je risque d’être rapidement à l’étroit dans 6 To. Et dire que lorsque j’ai débuté en informatique, je ne disposais que des 5 Ko de mémoire vive du Commodore Vic 20. Effrayant !

Le panier de crabes

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Le 26 décembre 2025, l’application Météo-France annonçait une froide journée ensoleillée avec une petite bise de nord-est. Le temps rêvé pour grimper en montagne installer son télescope. Oui, ça c’est ma vision de la vie, et je la partage avec moi-même.

Sauf que l’après-midi fut nuageuse et la nuit incertaine. Vous savez quand au début de journée le soleil est prévu pour briller et que heure après heure, à chaque nouvelle mise à jour des prévisions, un nuage gris occupe toute la case de l’heure courante et que les suivantes sont ensoleillées.

J’ai quand même chargé la voiture avec le Celestron, un thermos de soupe, un de thé vert et un de nouilles japonaises. Trois couches de vêtements plus tard, j’étais en route pour la montagne. 

Des nuages élevés noyaient le coucher de soleil rose et des stratus déchiquetés s’accrochaient aux sommets. Là haut, des bancs de cirrus voilaient le ciel, de la neige  fraîche recouvrait le sol et un vent glacial balayait le parking déserté. 

Il était 18h et j’étais tout seul. Aucun des fondus d’astronomie n’était là pour me tenir compagnie. Le ciel n’était pas des plus prometteurs et il faisait diablement froid. Mais j’étais monté, alors j’ai patienté un peu, assis dans la voiture, histoire de voir si le ciel allait se dégager comme annoncé.

Au bout d’une heure d’attente, les nuages se sont dissipés au nord-est, là où je voulais pointer le télescope, vers la nébuleuse du Crabe dans la constellation du Taureau. Messier 1, comme on l’appelle entre nous, est le résidu d’une supernova qui a été observée en 1054 par les astronomes chinois. Une étoile qui a explosé et dont la lumière resta visible en plein jour. Certainement un sacré spectacle !

J’ai sorti le matériel du coffre, mis en place le trépied, la monture, le télescope, la batterie, la lunette guide et les multiples câbles. 

J’ai allumé le matériel et le logiciel a demandé à réaliser une mise à jour de l’Asiair, l’ordinateur de pilotage, une muse à jour obligatoire je précise. Je déteste ce genres de surprises, elles annoncent toujours des problèmes en cascades.

Une fois l’update terminée, j’ai réalisé la mise au point, pointé l’étoile polaire, aligné la monture, lancé la calibration de l’autoguidage puis j’ai pointé le télescope vers la nébuleuse. C’est là que le logiciel a planté. J’ai tout arrêté et j’ai du toyt recommencer. L’alignement n’avait pas bougé, par contre la procédure crashait après une rotation du tube du télescope de 60 degrés, servant calcul de l’écart  du tube à l’étoile polaire. Et ce, à chaque tentative. Après plusieurs arrêts marche, le setup a bien voulu aller jusqu’au bout de l’opération.

C’est là qu’à commencé le balais des kékés sur le parking. Une voiture s’est garée face à mon matériel tous feux allumés, le moteur allumé pour profiter du chauffage et de la radio. Agaçant, d’autant que j’étais en plein réglages. Alors j’ai été saluer le conducteur, une vielle connaissance qui m’a déjà fait le coup (le monde est petit). Quand il m’a reconnu, il s’est excusé et a tout coupé, enfin ça lui a pris au moins cinq minutes pour trouver comment faire, passant des codes aux anti brouillard jusqu’au pleins phares. Ensuite d’autres énergumènes sont venus tenter des dérapages sur le parking, tous feux allumés. Pas de chance pour eux, la chaussée ne glissait pas. Mais bon, lorsqu’une voiture passe à toute pompe près de votre matériel, vous éblouissant au passage, des fois ça énerve.

Vers 20h, malgré tous ces désagréments, j’obtenais enfin ma première image de la nébuleuse du crabe. Par contre j’étais toujours tout seul sur le parking sorti de quelques visiteurs venant se garer en plein phares devant mes yeux maintenant bien accoutumés à la nuit noire. Pour occuper le temps, j’ai commencé à gribouiller ce billet sur le bloc note du téléphone. Alors si vous trouvez que cet article fait dilué, vous savez maintenant pourquoi. Les heures sont longues à veiller dans le noir.

C’est plus de deux heures plus tard, alors que je regardais un live stream de Radio Erdorin sur YouTube emmitouflée dans une couverture, installé au chaud dans la voiture, que j’ai vu une lumière rouge qui s’agitait un peu plus haut. La lumière rouge est le signe de ralliement des astronomes, une lumière qui éclaire sans éblouir et qui permet d’installer son setup et de ne déranger personne. Julien, un astronome amateur que je croise de temps en temps, venait lui aussi observer au Champ du Feu après avoir tenté sa chance un peu plus bas dans les nuages. 

Je n’étais plus seul mais je n’allais pas tarder à partir. J’avais déjà emmagasiné soixante-dix images de deux minutes de la rémanente de supernova qui dévoilait maintenant ses couleurs cyan et magenta à l’écran. Le ciel était magnifique. La lune allait bientôt se coucher en compagnie de la planète Saturne, la Voie Lactée scintillait et le vent soufflait un peu moins fort.

Julien voulait immortaliser la fameuse comète 3i/Atlas (C/2025 N1) pour les puristes, un objet interstellaire atypique de magnitude 13.1, autant dire difficile à trouver. Il testait également de nouveaux accessoires comme le plate solving (la reconnaissance  de la position du télescope dans ciel via une caméra et un atlas numérique) et le pilotage de sa monture en wifi via son smartphone.

Le temps qu’il installe son télescope, il était 23h passées et j’avais un peu plus de trois heures d’images dans la carte micro SD de l’Asiair. La batterie de mon setup commençait à donner des signes de faiblesse, il était temps pour moi de remballer.

Mais avant de partir, je voulais avoir une chance de voir cette fameuse comète.  Une fois le matériel rangé dans le coffre, je suis remonté une dernière fois voir Julien qui cherchait toujours la comète. Après plusieurs essais, dont un reflet d’étoile qui ressemblait à une queue, il est tombé sur le minuscule noyau cométaire suivi d’une queue à peine plus grande, la fameuse 3i/Atlas. Il était aux anges. Moi aussi.

Lorsque je suis parti vers 0h30, il commençait ses premières photos. Je suis redescendu dans les nuages, suivi de près par un kéké en pleins phares et zigzagant sur la route, désireux sans doute d’en découdre sur les petites routes sinueuses. Mais hélas pour lui, je roulais calmement, indifférent à son manège, préférant surveiller de près les allées et venues du gros gibier sur le bord de la route. Il m’a dépassé dans une ultime ligne droite avant Klingenthal, histoire de se prouver qu’il allait gagner la course. Bravo ! La plaine d’Alsace était endormie dans le givre blanc et je ne tardais pas à retrouver la couette chaude en rêvant de supernovae.

Le bilan de l’année 2025

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Meilleurs voeux à tous et à toutes, et merci pour votre fidélité. Je vais vous présenter mon bilan de l’année 2025.

J’ai publié une vidéo de Chroniques en Images toutes les semaines avec plus ou moins de succès. Celle de The Young Gods a été vue plus de sept cent cinquante fois, un beau succès ! Hélas, généralement, les vidéos atteignent péniblement cinquante vues. Pas de quoi pavoiser, d’autant que le nombre d’abonnés stagne toujours sous la barre des trois cents. Certains dirons que c’est lié à mon air constipé et de la platitude de mes chroniques. Je n’irai pas les contredire. Des fois je songe à me faire remplacer par mon épouse qui est très à l’aise devant un prompteur et une caméra. Le monde est vraiment trop injuste.

J’ai publié trois articles de blog par semaine et là encore, la moyenne des visiteurs quotidiens est d’une petite vingtaine si j’exclue les spammers fous et de quelques publications, comme le live report de Mystery, qui ont cartonné. Bon là encore, je plaide coupable. Mes billets partent dans tous les sens, racontant souvent n’importe quoi et n’apportent rien de plus que des sites spécialisés, mais c’est ça mon blog, et je n’ai pas l’intention de changer son contenu.

Une quinzaine de mes photographies présentées sur Flickr ont eu les honneurs de la galerie Explore et ont connu ainsi un beau succès. Sachant que je propose trois photos par semaine cela donne un taux de réussite d’environ dix pour-cent, c’est déjà pas mal. Évidemment, ce n’est jamais la photo dont je suis le plus fier qui sort du lot. Je suis clairement incompris.

J’ai couvert neuf concerts comme photographe, c’est à dire nettement plus que les deux années précédentes. Ceci s’explique par la reprise des soirées Chez Paulette mais pas que. J’ai maintenant mes entrées dans plusieurs salles de la région comme au P8 à Karlsruhe ou bien au Grillen à Colmar et également lors de festivals. J’essaye d’améliorer ma technique, de rendre mes photos plus dynamiques et de remplir moins les cartes SD de clichés inutiles.

J’ai couvert également deux spectacles de la troupe ToïToïToï dont une journée marathon avec six concerts. Je porte maintenant leur teeshirt lors de leurs évènements et je me fais plein de nouvelles amies sur Facebook. Ma femme est jalouse…

J’ai lu dix-neuf romans (un record) et une seule BD, par contre je ne compte plus les séries que j’ai regardé, chez Amazon d’abord puis chez Netflix. Je passe clairement trop de temps devant les écrans, d’ailleurs, la lampe du vidéo projecteur n’a pas survécu à cette addiction.

J’ai passé également de nombreuses nuits sous les étoiles et réalisé une trentaine de photographies du ciel profond avec la lunette de 72 cm principalement. Ma pratique de l’astro photographie se perfectionne comme mon matériel et parfois je suis presque satisfait du résultat, même s’il me reste une belle marge de progression. Évidemment, je suis très tributaire du temps alsacien et je passe mon temps à scruter les modèles météorologiques, regarder les webcams et surveiller l’application Météo-France quand je ne harcèle pas mes collègues prévisionnistes. Je travaille maintenant en imagerie HOO (hydrogène, oxygène, oxygène) qui m’offre une nouvelle palette de couleurs des plus intéressantes. Cela complique tout, mais c’est ça qui est drôle.

J’ai joué avec pas mal de réseaux sociaux, YouTube, Flickr, Facebook, BlueSkye, Mastodond, Instagram et dernièrement RedIt histoire de varier les plaisirs. J’ai rapidement dégagé Instagram et mes followers sur Mastodon ne réagissent plus à mes publications (uniquement des photos). Par contre RedIt m’amène de nouveaux visiteurs donc je porte plus mon effort sur cette plateforme pour l’instant.

Niveau santé, malgré de nombreuses nuits blanches et concerts, je souffre nettement moins de migraines et aucune ne m’a clouée au lit une seule fois cette année. Un vrai miracle ! La prostate poursuit lentement son chemin vers une opération certaine et les reins fonctionnent bon an mal an. En surveillant de très près mon alimentation et en buvant des litres d’eau qui gonflent ma vessie, j’arrive à tromper la mort. Mais pour combien de temps encore ?

La famille, c’est compliqué, mais pour qui cela ne l’ai pas ? Pour les orphelins célibataires sans frères et sœurs ? On fait avec.

Quant au travail, je me rapproche chaque jour de la retraite (bon encore quatre années avant d’en profiter). N’empêche, j’essaye de lever le pied ce qui n’est pas toujours facile.

Question finances, certains se demandent sans doute combien me rapporte toute cette activité médiatique. Zéro euros. Elle me coûte par contre beaucoup d’argent. Hébergement internet, matériel photo, ordinateur, matériel astro, kilomètres en voiture, place de concert, bières, c’est un puits sans fond, mais c’est surtout beaucoup de plaisir. Alors je crois que je vais continuer un peu. Même s’il n’y a pas grand monde à réagir à ma folie.

C’est donc reparti pour un an, désolé pour vous (après vous n’êtes pas obligé de me lire).

A très vite.

JC

La galaxie du Triangle

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La galaxie du triangle au Champ du Feu

Samedi, le brouillard noyait la plaine d’Alsace dans un épais coton gris. Quatre cents mètres plus haut, le soleil brillait sur les sommets vosgiens, et ce malgré quelques nuages élevés.

Le chariot, chargé de trois mallettes, n’attendait plus que la nuit tombe pour être transbordé dans le coffre de la voiture.

Bonnet, gants, sous gants, pantalon de ski, anorak, sous vêtements thermiques, semelles chauffantes, bottes, thermos, j’étais armé pour les grands froids.

La lune se levait après minuit ce qui me lassait plusieurs heures pour photographier la galaxie du Triangle, un objet que je n’avais jusqu’ici capturé que depuis mon jardin, en plein centre ville.

La galaxie du Triangle au centre ville

Nous approchions du maximum des géminides et pourtant le parking du Champ du Feu était désert sorti d’Eliott qui avait déjà installé son matériel. Mais qui s’intéresse aux étoiles filantes hormis lors des nuits d’été, lorsque l’on peut les contempler allongés en amoureux dans l’herbe ?

J’ai installé la lunette à côté du télescope Newton d’Eliott, et comme cela arrive de plus en plus souvent, toutes les étapes de la mise en station se sont déroulées sans anicroche.

Orientation au nord et mise à niveau du trépied, installation de la monture, de la lunette, des résistances chauffantes et des câbles, allumage, mise au point sur les étoiles, alignement sur l’étoile polaire, ciblage de la galaxie, étalonnage du guidage, nouvelle mise au point, test de différents temps de pose et lancement de l’acquisition des images.

À 21h j’obtenais déjà mon premier cliché de cinq minutes de la galaxie du triangle. Trop facile ! Mais ça n’a pas toujours été le cas.

C’est là qu’une famille est arrivée pour assister au magnifique ballet des étoiles, ce sera la seule de la nuit. Le père viendra nous trouver pour savoir dans quelle direction regarder le spectacle. Oui parce que tant qu’à faire une heure de route pour voir les étoiles filantes, on ne se renseigne pas avant sur ce que l’on va regarder.

La famille part rapidement après un pique-nique dans le noir et le passage de quelques bolides. Eliott, qui cumule des problèmes avec sa monture et la collimation de son instrument, jette l’éponge, dégouté. Saturne est dédoublée et floue dans son oculaire et malgré toutes nos tentatives de réglages, l’instrument reste myope, sans parler de sa monture EQ4 qui souffre d’un jeu la rendant quasi inutilisable.

C’est ainsi que je me retrouve seul sur l’immense parking désert en compagnie des animaux sauvages, du froid et de ma lunette, sous un magnifique ciel étoilé.

La Voie Lactée barre d’Est en ouest la voûte céleste, de la constellation d’Orion jusqu’au Cygne. La galaxie d’Andromède est bien visible à l’œil nu comme le double amas de Persée, les Pléiades, la nébuleuse d’Orion ainsi que les planètes Saturne et Jupiter.

Pendant que la caméra travaille, je contemple aux jumelles ou à l’œil nu le ciel rayé de temps à autre par une étoile filante. Le spectacle est juste incroyable !

Après avoir accumulé trente six images de trois cents secondes unitaires, c’est à dire trois heures de photographie, je range le matériel dans le coffre, enlève ma combinaison spatiale et reprend le chemin de la plaine, toujours noyée dans le brouillard et le crachin.

Difficile de faire plus triste. J’aurais pu rester et photographier une nouvelle cible mais j’ai perdu l’entraînement des longues nuits blanches d’été. Le temps de tout ranger dans la maison, il est déjà deux heures du matin lorsque je me couche.

À peine six heures plus tard, je suis debout devant un café et le MacBook pour inaugurer son premier traitement photo astro. J’avais bien installé Pixinsight (le logiciel de traitement astro) sur la machine toute neuve mais j’avais omis de remonter quelques processus comme RC Astro et le catalogue GAÏA.

Une heure plus tard, je peux enfin lancer l’empilement des photos et traiter l’image brute. La galaxie du Triangle se dévoile enfin, infiniment plus riche en détails que lorsque je l’avais photographiée en ville (merci à la pollution lumineuse), ses bras spiralés, ses étoiles mouchetées, une crème fouettée comme dirait Gribouille, notre astro-dessinateur officiel de l’association.

Il est midi passé lorsque ma photographie commence à prendre forme. Il m’aura fallu pas loin de sept heures pour capturer les images (route et réglages compris) et trois heures pour les développer. Tout ça pour une photographie de galaxie que j’avais déjà réalisée depuis mon jardin et capturée des milliers de fois par d’autres passionnés.

Le jeu en vaut-il la chandelle ? Pour moi, oui assurément ! Ce fut une nuit magique.

Le jour où mon Mac mourut

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Un jour comme un autre, Adobe sorti la version 15.0 du logiciel Lightroom, la lampe du vidéo projecteur explosa en plein épisode d’une série TV passionnante et je crevais le pneu avant de mon vélo. Il y a des jours comme ça…

Bon, une lampe de vidéo projecteur ne coûte qu’une centaine d’euros et la réparation d’un pneu ne prend dix minutes. Par contre la version 15.0 de Lightroom elle, risquait de me coûter un mois de salaire.

Oui parce que mon iMac a plus de sept ans de bons et loyaux services et que Apple ne le met plus à jour. Et la dernière version de Lightroom ne fonctionne pas avec mon OS. La guigne !

C’est pourtant une super machine qui fait parfaitement le taf : écran rétina 27 pouces, processeur i7 quadricoeur, 32 Go de RAM et un SSD de 2 To sans parler de sa carte graphique. Ne plus mettre à jour une telle machine, cela s’appelle l’obsolescence programmée et c’est le genre de gâchis qui m’exaspère.

Car je vais devoir inévitablement changer de machine si je veux profiter des évolutions du logiciel Lightroom. Même le soft CleanMyMac me signale que sa nouvelle mouture ne peut pas tourner sur ma machine. Quelle guigne !

J’avais la bénédiction de mon épouse pour claquer plus d’un mois de salaire dans un nouvel ordinateur, mais je ne vous cache pas que je n’avais pas envie de franchir le pas. J’envisageais plutôt de m’offrir une nouvelle caméra pour l’astronomie.

Et puis changer pour quoi ? Un iMac, un MacBook Air, Pro, un Mac Mini ? Le MacBook Pro en 14 pouces me permettait d’être nomade et de développer mes photos sur le terrain comme le font bon nombre de photographes de concert que j’ai croisé. Mais bon 14 pouces c’est petit après avoir travaillé sur un 27 pouces.

L’iMac était la solution la plus raisonnable avec son écran 24 pouces même si question processeur, ce n’est qu’un M4.

Ma config actuelle est clairement hors norme, j’en suis bien conscient : 32 Go de RAM 8 Go de vidéo avec 2 To sachant que j’utilise en plus un SSD externe de 2 To pour la photographie astro (oui ça prend de la place ces images).

Figurez-vous que Apple ne propose aucune configuration aussi musclée en standard. Il faut une machine personnalisée à 750 € le To. Ça calme…

D’après Adobe, Lightroom tournerait de manière optimale avec 16 Go et un processeur M4, ce qui signifie que je pouvais revoir ma copie à la baisse en multipliant les SSD externes pour stocker toutes mes images (mon catalogue Lightroom fait presque un To et je ne conserve que l’indispensable).

Mais bon, le fait est que mon iMac fonctionne très bien et que je n’avais pas envie d’en changer. J’avais décidé d’entrer en résistance, de ne pas changer de machine, d’attendre pour voir combien de mois encore j’allais tenir sans craquer, combien de versions et mises à jour de Lightroom allaient être déployées avant que je ne sois obligé d’acheter une nouvelle machine.

Mais voilà, j’ai fait l’erreur d’installer Lightroom sur mon petit ThinkPad sous Windows 11, j’ai vu la nouvelle version tourner, et comme j’ai une grande force de caractère, j’ai foncé à la boutique Apple. Me voilà donc avec un McBook Pro M5 de 14 pouces de 1 To et 24 Go flambant neuf.

C’est ça la force de caractère, oui monsieur !

Toy Story

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Samedi, l’association musicale Toïtoïtoï fêtait ses dix ans au Pavillon Joséphine à Strasbourg. Une journée remplie de musiques et de conférences autour du handicap. 

Les festivités débutaient à 11h pour finir après 22h, avec au programme six concerts et trois conférences. 

Et le photographe officiel, c’était moi…Arrivé à 10h par un froid glacial, j’ai pris mes marques dans la salle de concert, installant une table et un Mac pour traiter mes images au fil de l’eau, histoire de gagner du temps et m’occuper entre les concerts.

En parlant de concerts, il y avait au programme du chant lyrique avec le Duo Absinthes et un violoniste invité, un récital classique, des polyphonies, un concert de blues, le groupe folk parisien Beneath My Sins et pour finir la troupe de Toïtoïtoï. Oui tout ça quand même !

J’ai commencé les photos à 11h avec Illuminations, des œuvres de Benjamin Britten, Samuel Barber et Philip Glass joués au piano et violon avec Clarissa au chant. J’avais déjà eu l’occasion d’écouter le Duo Absinthes dans une église à Strasbourg il y a quelques années avec mon épouse. J’ai été cette fois, particulièrement soufflé par la beauté du récital. La pianiste Motoko accompagne à merveille Clarissa et l’arrivée de Ferdinand au violon dans l’ensemble ajoute de la matière aux œuvres interprétées. Par contre la salle ne se prêtait guère à la photographie avec sa lumière crue et ses murs blancs. J’ai fait comme j’ai pu.

J’ai manqué le concert classique pour des raisons alimentaires. Le food truck Ma chouette crêperie qui proposait des crêpes et des galettes, délicieuses au passage,  était pris d’assaut et lorsque j’ai eu terminé d’engloutir la galette complète, la crêpe à la confiture de mandarine avec un expresso serré, c’était la fin des Polyphonies chantées par les voix de Toïtoïtoï. J’ai quand même pu faire quelques photographies à l’arrache.

Peu après 15h, démarrait le concert Blue Toï dans la salle de concert. Un set en deux parties avec tout d’abord des compositions originales de la chanteuse Elise Kocer (ma voix préférée de Toïtoïtoï, mais chut !) et ensuite l’histoire du blues, racontées par une partie de la troupe.

Elise s’accompagnait au piano sur des textes en français. Des textes durs et sombres qui tranchent avec sa voix envoûtante. Quatre courtes chansons sur une musique assez blues qui m’ont laissé relativement mal à l’aise. Un univers aux paroles crues et très noires sur quelques accords au piano. N’empêche, c’était beau.

Le blues band prend la suite avec une demie heure de musique et de chant revisitant des classiques de Presley jusqu’aux Blues Brothers. Rien de tel pour réchauffer l’atmosphère.

Le temps de transférer mes photos sur le Mac, et Beneath My Sins, avec qui j’ai inévitablement sympathisé, puisqu’ils ont honteusement squatté mon bureau pour se maquiller, sont montés sur scène pour nous livrer un set énergique et bondissant, entre folk et métal. 

J’ai adoré. J’ai aussi couru dans tous les sens pour essayer de capturer leur prestation, brûlant mes dernières cartouches d’énergie. Après ça, j’étais cuit.

Le quatuor, violon, flûtes, guitare, batterie court dans tous les sens, harangue le public (pas assez nombreux à mon goût), plaisante et joue un folk métal festif à reprendre en chœur. C’était très bon !

Puis vers 20h45, Toïtoïtoï est monté sur scène pour le dernier concert, le troisième de l’après-midi tout de même. Enfin ‘monté’. Clarissa et Eric ont remonté l’allée en direction de la scène en chantant, elle en mariée, lui en Barbe Bleue, avant de rejoindre les musiciens. Une magnifique pièce d’ouverture suivie d’un second duo encore plus émouvant. 

Les différents tableaux se sont succédés, entre émotion, rock, gaudriole et grand spectacle, ne laissant aucun répit au public venu en force. Le concert était sold out depuis la veille.

Malgré un micro capricieux, dans un spectacle comme Toïtoïtoï il y a énormément de micros à gérer, et des éclairages perfectibles, la troupe nous a livré un show de grande qualité, sans doute un des meilleurs auquel j’ai assisté, revenant sur dix années de travail et de passion. 

Des anciens et des nouveaux de Toïtoïtoï se sont joints à cette soirée, comme Marianne, la violoniste du groupe Beneath My Sins. Une grande réunion et une journée festive qui aura fait découvrir au public présent des genres musicaux très variés ainsi que des les sensibiliser aux problèmes liés aux handicaps.

Vers 23h, soit treize heures après mon arrivée, j’ai quitté le Pavillon Joséphine et traversé le Parc de l’Orangerie plongé dans le noir par moins cinq degrés sous abri, lourdement chargé de mes deux sacs et plus de huit-cents photos, totalement épuisé mais heureux. Le plus dur restait à faire, à savoir trier, développer et publier les images sélectionnées, activité qui a occupé toutes mes heures de loisirs jusque mercredi soir.

Bravo à Toïtoïtoï pour l’organisation de cette journée exceptionnelle, bravo à tous les artistes et les associations présentes et à dans dix ans, cette fois ci au Zénith.