Les groupes de rock ont leur chanson maudite, le tube que tout le monde connaît, l’incontournable d’un concert, mais que les musiciens ne veulent plus jouer. Peter Gabriel a son ’Solsbury Hill’, Eagles son ‘Hotel California’, les Rolling Stones leur ‘Angie’, les Scorpions, le sirupeux ‘Still Loving You’.
Ben en photo c’est la même chose. De temps en temps nous publions un cliché sympa qui soudain fait le buzz, éclipsant complètement les images dont nous sommes vraiment fiers. En discutant avec d’autres photographes, je me suis rendu compte que je n’étais pas un cas isolé, loin de là. Nous aussi, nous avons nos photos maudites.
Une photographie n’est pas juste là pour faire joli. Elle peut raconter quelque chose, être représentative d’un style, d’une manière de penser, d’un instant. Je pense avoir trouvé, après de longues années d’errances et d’échec, un style photographique qui me correspond. Une image noir et blanc où le sujet ressort fortement dans un décors sombre et contrasté.
Bien sûr toutes mes photos n’épousent pas cette charte graphique mais c’est ce que mon instinct me pousse à créer. Evidemment, ce n’est pas du goût de tout le monde, les commentaires vint de trop sombre, trop noir, pas de couleur, trop accentué, déprimant jusqu’à moche. Mais moi j’aime.
Exceptionnellement, quelques une de ces images trouvent leur public. Mais dans mes plus grands succès, il y a principalement des couchers de soleils et des canards (les photo animalières dans le langage de mon épouse toujours impitoyable).
Le public lui plébiscite principalement les ‘jolies’ images de lieux qu’ils connaissent. Jolie signifiant plein de couleurs chatoyantes et des lignes douces pour ne pas heurter le regard.
Lorsque j’étais en Bretagne avec mes deux amis, j’ai fait de nombreuses photos souvenirs genre paysages ou coucher de soleil. Des photos sans grande recherche, juste pour le plaisir d’immortaliser un moment.
Mais comme je ne photographie que les étoiles et les concerts depuis quelques temps, je publie ces photos de vacances sur Flickr faute de mieux. C’est ainsi qu’un coucher de soleil sur la plage de la barre d’Etel a terminé sur mon Flickr. Des vagues, du sable, quelques nuages et un soleil couchant, rien de bien extraordinaire.
Mais voilà, cette photo a matché et a très vite dépassé les cinq mille vues accompagnée de plein de commentaires bienveillants. Le succès de cette image m’agace tellement que j’ai envie de la supprimer de Flickr. Mais bon, étant donné que je n’ai pas tant que ça de photos qui dépassent les vingt favoris (mon seuil de suppression), je vais la conserver probablement un peu.
Ce qui m’a fait nettement plus plaisir, c’est que la photo ci dessous, a été élue photo de la semaine, dans la communauté Flickr Social. Ça ne l’a pas rendue pour autant célèbre, mais ça m’a fait vraiment plaisir, parce que celle là, je l’aime vraiment.
Spirit in Black est le festival de metal de l’association Headbang à Colmar. Trois soirées sous le signe du forgeron qui se déroulaient au Grillen à Colmar et aux Dominicains à Guebwiller.
A l’affiche, un seul groupe connu pour moi, et encore, pas un dont je sois franchement fan. Pourtant j’ai pris des jours de congés et je suis allé dans le Haut-Rhin avec mon matériel photo, spécialement pour couvrir le festival.
Je croyais aimer le metal, mais j’avais tord. Cris de cochon que l’on égorge, bruits de marteau piqueur, pogo du diable, flaque de bière et de liquides plus douteux, décibels sataniques, Spirit in Black est clairement un festival de l’extrême réservé aux initiés. Même les bénévoles de l’association Headbang, pourtant habitués du genre, se mettaient parfois à l’abri dehors.
La première soirée fut des plus éprouvantes. Je sortais d’une journée en montagne à observer l’éclipse solaire et j’enchaînais par une après-midi caniculaire entouré de métaleux. Le festival était sold out, les deux salles de concert bouillantes et la musique des plus violente. Et lorsque vous êtes plaqué contre la scène par des hordes de vikings transpirants, fouettés par des cheveux longs et bousculé sauvagement par des pogoteurs, réaliser de bonnes photos n’est pas une mince affaire.
Malgré toute cet étalage de violence, quelques groupes ont titillé mon oreille, en l’occurrence Decider et Spleen qui se produisaient sur la petite scène. Par contre, je ne vous cache pas que j’ai détesté la prestation de Gutrectomy. Il faut dire, avec un nom pareil, on pouvait s’attendre au pire.
Le second soir, ce fut nettement plus ma came. Il s’agissait encore d’une programmation de six formations de black metal relativement extrême, mais bizarrement ça parlait plus à mes oreilles.
Disons qu’au lieu de burinage gratuit, il y avait plus de musique. J’ai même eu un coup de cœur pour le trio français Sordide. Les photos ont été tout aussi sportives entre le public qui se jette dans la fosse, les pogos et les musiciens aux cheveux mouillés qui faisaient tournoyer leur tignasse.
Généralement, après deux trois morceaux, les photographes s’avouaient vaincus et sortaient boire, manger et photographier les festivaliers. J’ai retrouvé quelques têtes connues dans le public, des personnes que j’avais déjà photographiées lors d’autres festivals. Il y a des têtes que l’on oublie pas.
Le dernier soir, le dimanche, le festival s’exilait aux Dominicains à Guebwiller, dans une abbaye avec son cloître. Au programme, seulement deux groupes sans parler d’un DJ et d’une projection de film assez déprimante. La tête d’affiche était Alcest tout de même, clairement rien à voir avec les deux précédentes soirées. Je ne suis pas un grand fan du groupe mais je peux les écouter sans me tordre de douleur. J’ai même acheté pour l’occasion leur dernier album. Verdict, je ne suis toujours pas fan.
Mais photographier Alcest dans la nef d’une église au coucher du soleil, c’est quand même pas mal. Des colonnes immenses, des fresques à moitié effacées, des lumières incroyables et un son vraiment soigné, l’aventure méritait d’être vécue au moins une fois.
Après trois jours de festival et un millier de photographies de qualité discutables, je finissais ce marathon d’astronomie et de black metal où la meilleure photo aura été sans doute celle de l’éclipse.
Je l’avoue, je suis allé à Spirit in Black plus pour réaliser des photographies que pour écouter de la musique. J’y ai rencontré plein de gens sympas, j’ai écouté quelques groupes qui m’ont intéressés, j’ai mangé de délicieux burgers et bu des litres de cola tiède. Le staff et les bénévoles de l’association ont été aux petits soins avec les photographes, l’organisation était au top, alors un grand merci une nouvelle fois à Headbang d’organiser de tels événements pas loin de chez nous et à l’année prochaine.
Vendredi dernier se déroulait la Nuit des Étoiles dans toute la France et j’étais aux commandes à Strasbourg. Des astronomes amateurs investissaient le Jardin Botanique alors que moi et Christophe nous nous installions sous la coupole de la grande lunette.
Malgré une répétition générale deux jours plus tôt, je n’en menais pas large. Parler en public ne me fait pas peur, mais manipuler un monument historique assez capricieux, c’est une autre paire de manches.
Le personnel du Jardin des Sciences s’occupait de canaliser le public venu nombreux pour l’événement. Ils guidaient des groupes de quinze personnes jusqu’à la coupole et nous les prenions en charge ensuite, pendant une trentaine de minutes.
Nous avions prévu de leur montrer la nébuleuse annulaire de la Lyre. Une seule cible, assez facile, pour éviter de passer notre temps à chercher des objets devant des personnes impatientes de mettre l’oeil à l’oculaire. Nous avons fait nos premiers réglages sur la planète Vénus qui se couchait à l’ouest. Une cible facile à pointer, d’autant quelle est visible à l’oeil nu.
C’est après que les choses se sont compliquées. Avant l’ouverture des portes au grand public, un petit groupe de personnes est venu nous rendre visite, du personnel du Jardin des Sciences et des journalistes des Dernières Nouvelles d’Alsace, notre presse locale. Alors que nous étions en pleine préparation, il a fallu se prêter au jeu des questions réponses et des photos qui nous empêchaient de travailler dans le noir.
Du coup Messier 57, notre cible dela nuit, s’est fait désirer. Impossible de trouver l’objet dans un ciel encore clair à cause de la pollution lumineuse citadine. Lorsque le premier groupe est arrivé à 22h30, nous n’avions qu’une poignée d’étoiles à leur montrer dans la grande lunette.
Alors nous avons meublé en présentant l’instrument, ses caractéristiques, son histoire avant de leur laisser voir, pendant quelques secondes, des étoiles faiblardes de la constellation de la Lyre. Un vrai four, mais le public semblait satisfait. Après quelques selfies devant le vénérable instrument, le premier groupe a laissé place au second et nous n’avions toujours que quelques étoiles à montrer.
Pendant que Christophe parlait au public, je me suis battu avec les cadrans gradués, la lunette guide, la coupole et la grande lunette pour chercher encore une fois cette petite nébuleuse pâlichonne. Et miracle, alors que Christophe avait épuisé les sujets autour de la lunette, son âge, ses caractéristiques, sa construction, sa motorisation, son usage, je lui ai glissé à l’oreille que nous avions la nébuleuse de la Lyre dans l’oculaire.
À partir de là, nous avons pu être nettement plus serein. Les personnes sont passées les unes après les autres admirer la nébuleuse dans la lunette et nous avons eu enfin du temps pour répondre à plein de questions sur de nombreux sujets.
Pour le troisième et dernier groupe de la soirée, ce fut nettement plus facile. Notre présentation était maintenant bien rodée et si la rotation de la coupole nous a donné pas mal de fil à retordre à cause d’engrenages capricieux (la chose pèse quand même trente-quatre tonnes), nous avons réussi à montrer la nébuleuse et à répondre aux questions posées.
Une fois les derniers visiteurs partis, vers une heure du matin, nous avons voulu viser la planète Saturne. Hélas, les problèmes de rotation de la coupole nous ont fait renoncer rapidement à notre projet, au grand dam de plusieurs personnes qui auraient bien aimé l’observer.
Après avoir refermé la coupole et chassé les derniers astronomes des jardins, je suis rentré me coucher, fort du devoir accompli. Sauf que mercredi, je signais à nouveau pour l’éclipse solaire au Champ du Feu.
Comment visser un tube de 42 mm de diamètre au filetage femelle dans un tube de 48 mm au filetage femelle tout en respectant précisément une longueur totale de 94 mm ? C’est le genre de défis que nous pose régulièrement le matériel de photo en astronomie.
Mettre une caméra au bout d’un télescope requiert des compétences de plombier. Il y a les diamètres, les filetages et les longueurs à respecter. Et chaque instrument est différent, sans parler des caméras.
Prenez un télescope Celestron 8 couplé à un réducteur et à un porte filtre. Ben vous partez d’un filetage de 54 mm mâle pour arriver en 42 mm mâle avec une longueur de tube de 104 mm à respecter impérativement. Et là dedans vous devez caser un porte filtre de 20 mm et un adaptateur Celestron long de 49 mm. L’enfer !
Lorsque vous avez trouvé la solution à l’équation, acheté les pièces qui vont bien et tout assemblé, vous réalisez que pour le setup suivant, il va falloir procéder tout autrement.
J’ai aujourd’hui trois instruments et deux caméras pour photographier les étoiles. Chacune des combinaisons me permet de sélectionner un champ différent, c’est à dire de grossir plus ou moins ce que je veux capturer. C’est la combinaison instrument caméra qui détermine la zone de ciel visible.
J’ai un télescope pour les petits objets comme la nébuleuse du Crabe, une première lunette pour photographier la chaine de Markarian et une toute petite pour capturer la galaxie d’Andromède. Chacun de ces télescopes requiert une distance spécifique entre le porte oculaire et le capteur de la caméra, donc des bagues adaptées pour chacun des setups.
Jusqu’à présent je travaillais avec une seule caméra. C’était relativement simple. Avec l’arrivée de la seconde, qui possède une meilleure définition, l’équation se complique avec trois nouvelles inconnues.
Cette caméra possède un pas de vis femelle alors que la première est dotée d’un filetage mâle. Pourtant il s’agit d’un équipement de la même marque, de la même gamme et elles sont prévues pour fonctionner avec les mêmes accessoires.
Du coup j’avais besoin de huit configurations différentes de tubes d’allonge en fonction de la caméra, de l’instrument et du réducteur utilisé. Et pas question de me tromper, sinon je ne pourrais pas fixer la caméra ou réaliser la mise au point correctement.
Après des heures d’essais, d’assemblage et la commande d’un second porte filtre, j’ai réussi à n’avoir que quatre configurations pour huit combinaisons. Sur une caméra, j’ai vissé une bague femelle 42 mm vers femelle 42 mm sur laquelle j’ai fixé le porte filtre en 48 mm. Mes deux lunettes présentent maintenant la même allonge en 48 mm et pour le télescope j’ai assemblé un tube de 66.5 mm de long et de 48 mm de diamètre qui s’adapte sur les deux caméras.
Vous n’avez rien compris à ce billet de blog ? Normal… Quand je disais que ça devenait compliqué.
Je vous en parle souvent (trop souvent ?), un de mes nouveaux loisirs consiste à photographier les étoiles. Voila quelques temps que je me perfectionne à cette technique et je voulais vous en toucher deux mots, car la photographie astronomique est très différente de la photo classique, même si elle peut se faire avec un appareil photo des plus ordinaire.
Pour photographier le ciel profond (les nébuleuses, les galaxies ou les amas d’étoiles) il est nécessaire d’utiliser un temps de pose long et quand je dis long, on ne parle pas de secondes mais plutôt de minutes, de une à dix minutes en moyenne pour chaque photographie.
Et que voit-on au bout de cinq minutes sur la pellicule ? Ceci :
Ceci est une photographie d’une nébuleuse avec un temps de pose de 300 secondes. Que voyez-vous ? Juste quelques malheureuses étoiles en plissant les yeux. Pourtant la photographie n’a pas été réalisée avec un appareil photo posé sur simple un trépied. Tout simplement parce que les étoiles auraient beaucoup bougé dans le ciel au bout de cinq minutes de pose et que nous aurions des traits à la place des points, comme si vous photographiez une voiture de course passant devant vous avec votre smartphone. Il y aurait du flou de mouvement.
La photo que vous voyez a été réalisée avec une lunette (l’équivalent d’un téléobjectif de 300 mm de focale) installée sur une monture qui compense le lent mouvement de rotation de la terre. C’est ce que l’on appelle une monture équatoriale. Sans ce déplacement, le temps de pose raisonnable sur un trépied pour ne pas avoir de bouger aurait été d’une seconde au maximum.
Pour les photographes qui connaissent cette notion, l’histogramme de notre image ressemble à ceci :
L’histogramme est une courbe qui représente la répartition du signal lumineux enregistré par les photosites de notre capteur sur un graphe, du signal le plus faible à gauche, au plus fort à droite.
Vous voyez à petite courbe à gauche ? C’est le signal reçu par la caméra, à gauche ce sont les lumières sombres, à l’extrême droite, les lumières vives. En photographie classique, un cliché idéal aurait un histogramme en forme de cloche partant de la gauche et terminant à droite. Quelque chose comme ceci :
On en est donc très loin.
A l’aide d’outils assez sophistiqués, ici Pixinsight, il est possible de booster l’histogramme de notre image et enfin voir la nébuleuse. Mais cela augmente le rapport entre le bruit et le signal de votre photographie.
Voici la même image que tout à l’heure, 300 secondes de pose, mais dont l’histogramme à été étiré vers la droite. La magie opère et la nébuleuse commence à apparaître. Son histogramme est totalement différent vous voyez ?
Mais en astronomie, il est rare que l’on fasse une seule photographie. Généralement, on en prend plusieurs dizaines. Cela permet d’ajouter du détail et de réduire le bruit aléatoire généré par le capteur. Sans cette accumulation d’informations, les images resteraient terriblement bruitées, donc très moche.
On procède donc à des dizaines de photographies identiques pendant des heures. 300 secondes cela peut sembler long, alors que direz vous de 36 images de 300 secondes, trois heures de photographie sur la même cible. Et j’écris trois heures, mais c’est bien le minimun syndical. Certains astronomes cumulent des centaines d’heures d’images sur le même objet. Bon évidemment pas au cours de la même nuit bien entendu.
Mais que fait-on de toutes ces images, hé bien on les moyenne avec des algorithmes très sophistiqués qui alignent les étoiles, ajustent les niveaux et extraient le signal du bruit.
Voici le résultat de 26 images de 300 secondes moyennées :
Tout ça pour ça ? Attendez, nous allons à nouveau booster l’histogramme avec nos outils magiques, regardez :
Et la lumière fut ! Outre les couleurs, on commence à voir des détails dans la nébuleuse. Notre histogramme ressemble maintenant à ceci :
Chacune des courbes représentent les composantes rouge, vert et bleu d’une image RGB.
C’est à partir de cette image que l’on appelle un master, ici une accumulation de 26 images de 300 secondes, soit un peu plus de deux heures de photographie dans le froid, que l’on va commencer un long traitement pour en tirer toute la quintessence.
Pour les traitements je vais faire simple.
Tout d’abord on calibre les couleurs de l’image à l’aide des étoiles présentes dessus (certaines étoiles sont bleues, d’autres jaunes, d’autres blanches, d’autres rouges) ce qui permet d’ajuster les couleurs de l’ensemble de la photographie.
Ensuite on retire le gradient de lumière souvent présent sur l’image, un dégradé du à la pollution lumineuse, la lune mais également à l’évolution de l’obscurité au cour de la nuit.
Ensuite on affine les étoiles, on peut les rendre plus rondes car certains défauts optiques ont tendance à les transformer en patates sur les bords de l’image.
Une fois que nos étoiles sont belles, on les sépare du reste du ciel pour ne garder que le nuage de gaz.
C’est magique et surtout cela va permettre de traiter le nuage de gaz indépendamment des étoiles, un peu comme photoshop le fait avec ses calques, c’est le même principe.
Ensuite on va réellement s’atteler à étirer notre fameux histogramme correctement pour obtenir les lumières et contrastes désirés. C’est une étape délicate où il faut user de doigté et de bon goût pour ne pas tout gâcher.
Après divers traitements cosmétiques, usages de masques et une nouvelle calibration liée au filtre utilisé (ici un filtre trois bandes qui ne laisse passer que le signal de l’hydrogène, l’oxygène et le souffre), on obtient cette nouvelle image assez différente. C’est ce que l’on appelle un traitement HOO.
Maintenant il s’agit de rajouter les étoiles. Les voici après avoir boosté finement l’histogramme.
Mais comme il y en a beaucoup et que cela va nuire à la visibilité de la nébuleuse, on va en enlever quelques unes. Ce n’est pas obligatoire, mais j’aime bien.
Il ne reste plus qu’à superposer le calque de la nébuleuse avec celui des étoiles pour obtenir l’image finale.
Magique ! Voilà, nous avons une image qui revient de bien loin, souvenez-vous du début. Mais la vérité c’est que nous n’avons pas fini le travail. La dernière étape demande un logiciel photo classique comme Lightroom ou Photoshop pour peaufiner l’esthétique de l’ensemble. Donc on exporte le travail au format tiff et on part sous Lightroom.
Et voici l’image finale dans sa totalité. Les couleurs ont gagné en saturation, en contraste, les détails en texture et clarté, certaines couleurs ont été renforcées et l’image a été exportée au format jpeg pour être affichée sur les réseaux sociaux. Plusieurs heures de travail pour obtenir une photographie cosmétique mais pas du tout scientifique de la nébuleuse de la flamme.
Ça commence à se savoir que sur Strasbourg il y a un hurluberlu qui photographie les concerts associatifs juste pour le plaisir.
C’est comme ça que j’ai été sollicité pour immortaliser une chorale en pleine action. Je l’ai déjà fait pour le Bon Tempérament à plusieurs reprises mais je ne vous cache pas qu’une chorale, ce sont des chanteurs immobiles en rangs d’oignons reprenant des tubes souvent sans musiciens. Bref ça ne m’emballe ni pour le visuel ni pour le sonore.
N’empêche j’ai accepté pour trois raisons :c’était demandé gentiment, la chorale reprenait du hard rock et ça se jouait au Palais de la Musique et des Congrès à Strasbourg, une très grande salle à l’esthétique des plus intéressantes où je n’ai été, jusqu’à présent, que spectateur.
Le concert commençait dimanche à 18h mais le chef de choeur préférait que je sois présent dès le début des répétitions à 13h30 pour photographier les coulisses du concert. Ça m’allait également car j’aime bien prendre mes marques dans une salle que je ne connais pas et si je peux en bonus prendre en cachette des photos des artistes en dehors du spectacle lui-même, je suis aux anges.
La salle est vraiment impressionnante pour un photographe habitué aux jauges de trois cent personnes. Elle peut accueillir jusqu’à mille huit cent spectateurs. Je dispose même une loge spacieuse pour ranger mon matériel et me poser. Par contre j’ai du mal à envisager la manière dont de vais pouvoir évoluer et shooter devant cent-vingt choristes, un chef et un groupe de rock avec chanteur.
Une équipe vidéo va capter le concert, quatre caméras fixes et deux mobiles avec qui il va falloir se partager la scène. Je peux naviguer dans la salle, monter sur scène, me placer derrière les choristes, autant dire que je vais beaucoup marcher.
Lorsque j’arrive, les musiciens règlent la balance avec les techniciens. Je reconnais le batteur et le chanteur du groupe Los Dissidentes Del Sucio Motel que j’ai eu l’occasion d’écouter en live.
Thomas, le chef de l’ensemble, ne tarde pas à envahir l’espace avec son choeur. Il n’est pourtant que 14h mais ils ont beaucoup de choses à mettre en place comme la rentrée sur scène, la sortie, les balances et une mini répétition.
Je mets ce temps à profit pour prendre mes marques, savoir où me placer pour tel ou tel cadrage et m’accoutumer aux éclairages de la salle.
A 17h tout est en place, les artistes rejoignent leurs loges pour faire un break avant le grand saut. A ce stade, j’ai déjà fait pas loin de 200 photos. Il va falloir que je me calme.
Vers 17h30 le public commence à rentrer dans la salle Erasme. Cela devient tout de suite plus impressionnant. L’équipe vidéo se prépare et je fais de même.
Au son des cloches de ‘Hell’s Bells’, dans une lumière rouge satanique, les chanteurs habillés en rouge et noir, s’installent sur les gradins, comme à la répétition. Thomas, le chef de choeur, vêtu d’une cape, descend au milieu du public pour rejoindre la scène et c’est parti pour deux heures de show.
L’ensemble enchaîne sans complexe des classiques de Deep Purple, Évanescence ou Black Sabbath. Certes, malgré l’énergie des choristes et la musique du groupe, l’ensemble n’a pas la même niake que les pièces originales, n’empêche, ça fonctionne plutôt bien. Si les choristes sont immobiles, sinon ça aurait un sacré bordel quand même, le chanteur de LDDSM et le chef de choeur se démènent pour occuper la vaste de scène de la salle Erasme.
Le public, acquis d’avance, est en liesse et chante parfois avec l’ensemble Catharsis. Toutes les générations semblent représentées dans la salle, il faut dire que beaucoup d’amis et membres des familles des choristes sont présents.
Comme les caméramans se promènent sans vergogne devant le public et que je suis le seul photographe, je commence moi aussi à grimper sur les planches pour me rapprocher des choristes, photographier les spectateurs et varier les angles de vue. J’essaie surtout de capturer le groupe avec les chanteurs ce qui n’est pas vraiment aisé. C’est assez physique, la salle est large et profonde , alors j’essaye d’optimiser mes déplacements.
Après deux heures de classiques de hard-rock et deux rappels, le concert prend fin sous les acclamations du public. Je suis déshydraté, affamé et j’ai plus de cinq cents photos exploitables dans les cartes mémoires des appareils. Je vais avoir beaucoup de travail une fois rentré à la maison.
Je ne vous cache pas que photographier une chorale de cent vingt chanteurs dans une grande salle de concert fut une expérience assez unique pour moi. Je be regrette pas d’avoir sacrifié un dimanche après-midi à l’exercice d’autant que j’ai sorti quelques belles images. Le chef de choeur a gardé les coordonnées, il est donc possible que je renouvelle l’expérience l’année prochaine.
Mais pour l’instant, mon prochain shooting aura lieu en extérieurs avec Toïtoïtoï place Kleber le 27 juin.
Rendez-vous compte, le groupe Airbag faisait un détour à Pagney derrière Barine avec Lesoir en première partie pour se donner en spectacle. J’avais rechargé les batteries des mes appareils photos, fait le plein d’essence de la voiture, réécouté les derniers albums de Airbag, bref j’étais paré.
Mais en parlant de Lesoir, le jour précédent je m’étais couché à 5h du matin. Et plus embêtant encore, le ciel était à nouveau bien dégagé le samedi du concert. Où allais-je aller ? Allais-je écouter Airbag, faire dodo ou me lancer dans une nouvelle nuit astro ? Un vrai choix cornélien. Je pouvais même aller écouter The Young Gods à La Laiterie à Strasbourg avec mon ami Sébastien.
Mais ma décision fut vite prise. Le mercure avait grimpé jusqu’à 30 degrés dans l’après-midi et c’est avec le soleil brûlant en pleine figure que j’ai pris la route après un repas consistant. Il faut des forces pour tenir le coup.
Il y avait pas mal de monde stationné sur ce parking perdu au milieu de nulle part. Le soleil se couchait sur les Vosges mais j’étais encore à l’avance. Laurent était déjà sur place et me cherchait dans la salle.
Sur mon Whatsapp de nombreux messages se télescopaient « Salut JC, Airbag ce soir ? », « Qui monte alors ? », « Je vois pas par quel miracle ce truc va disparaître en 1h15 », « Je suis arrivé depuis longtemps en fait. bises »…
J’ai sorti le matériel du coffre et me suis préparé pour la soirée. Pas mal d’amis étaient présents, des habitués et une vieille connaissance que je n’avais pu vu depuis un bon moment. Nous étions trois photographes mais nous avions largement assez de place pour ne pas nous marcher sur les pieds.
Comme à chaque fois que je sors avec mon téléobjectif de 1500 mm de focale, je n’ai que des problèmes techniques. Ce soir là n’a pas échappé à la règle. Mais il faut savoir sortir de sa zone de confort.
Avant l’extinction des lumières, je discute avec mes voisins tout en me préparant, mais dès que le show commence, il n’est plus question de papotages. Il faut shooter. Je suis là pour ça.
Dans le silence surnaturel, sous un projecteur lunaire, je pointe la galaxie du tournesol avec mon Celestron 8. Antoine vise le duo Messier 81 et 82 et mon voisin la nébuleuse du coeur. Il fait doux à 1100 m d’altitude, presque frais, et je ne regrette pas d’avoir renoncé à la salle bondée de Pagney derrière Barine chauffée par les éclairages pour le parking du Champ du Feu.
Quelques heures plus tard, alors que Eliott est parti depuis longtemps, et que Antoine dort dans sa Tesla, je me rentre doucement à la maison en slaloment entre les biches. Je n’aurais pas profité du groupe Airbag en live, je ne les aurais pas photographié non plus, mais on ne peut pas être partout et dimanche prochain j’ai un autre concert à couvrir.
Après une journée entièrement dédiée à la préparation des photos, chroniques et billets de blog pour quinze jours, nous voilà à l’aéroport international de Strasbourg-Entzheim (cinq vols par jour), pour décoller vers la Crète.
Manifestement certaines compagnies ont encore des réserves de kérosène. Le retour se fera peut-être à la nage.
Ce sont nos premiers jours de congés payés depuis Noël et notre premier voyage depuis septembre, autant dire que nous sommes impatients.
Il fait nuit lorsque nous arrivons à Heraklion et nous avons encore 1h30 de route pour atteindre Rethymnon, notre destination finale. Le loueur se trouve à près d’un kilomètre à pied de l’aérogare, la carte bleue refuse de bloquer la caution pour la voiture et une fois sur la route, impossible d’allumer les feux de la voiture. Ça commence fort !
A 23h, après avoir tourné en rond et emprunté une ruelle où la voiture touche presque les murs latéraux tant elle est étroite, nous arrivons enfin à destination, une peu éreintés.
Le lendemain, après avoir rempli le frigo de produits improbables comme des cookies au yaourt grec, nous visitons Rethymnon, son port vénitien, sa mosquée, ses ruelles touristiques, une longue promenade matinale à pied au soleil qui épuise nos dernières forces.
L’après-midi, nous tentons bien d’aller découvrir l’unique lac d’eau douce de l’île, mais le cœur n’y est pas et l’endroit manque d’intérêt pour un alsacien qui vit entouré de rivières et de lacs. Par contre, vers 18h, nous posons enfin nos fesses sur le sable de la plage bétonnée recouverte de transats et de parasols à 20 mètres de notre appartement, et c’est magnifique. Par un incroyable miracle, sur le sable, nous n’entendons plus la circulation ni la foule huilée.
Notre logement se situe dans une sorte d’improbable bidonville touristique fait d’immeubles inachevés, de baraques bricolés, de chantiers et de terrains vagues où résonne de la musique de 20h jusqu’à 2h du matin. Ce n’est pas très sexy comme paysage mais l’appartement est agréable, calme, propre et dispose d’une place de parking, ce qui dans le coin est une denrée précieuse.
Le lendemain nous partons pour le monastère d’Arkadi, un incontournable de Crète semble-t-il vu le nombre de cars qui vomissent leurs touristes, et Eleftherna, la grande cité antique devenu un village paumé aujourd’hui, où se cache un musée archéologique et plusieurs sites dont une nécropole.
Après une longue promenade en plein soleil de ruine en ruine dans un vallon, nous rentrons cuits mais heureux. En soirée, une fois l’estomac rempli et remis de nos brûlures, nous repartons explorer la citadelle de Rethymnon qui domine la ville et la mer.
Le jeudi matin, nous retournons voir les morts à Armeni. Un vaste site ombragé où des tombes ont été creusées profondément dans la roche il y a 3000 ans, des centaines de couloirs étroits en pente à ciel ouvert descendent vers des chambres mortuaires. Le soir, après une sieste, nous partons visiter le village des potiers, Margaritte, non pas parce que nous comptons ramener en avion une jarre mais pour visiter des ruelles plus authentiques que le front de mer de Rethymnon.
Le vendredi, nous sommes partis au sud, vers Palm Beach, non pas celle de la série américaine, mais une plage de Crète. En passant, nous avons fait un petit détour par le monastère de Preveli, une destination pour le moins touristique. L’antique monastère, qui domine la mer de Lybie, était en pleine effervescence avec une célébration religieuse qui avait remplie le parking des voitures des fidèles. Nous nous sommes faits tout petits pendant l’homélie retransmise par des hauts parleurs.
Après quelques sermons pour le moins orthodoxes, nous avons cherché un chemin pour rejoindre la plage aux palmiers située en contrebas, sans pour autant se détruire les genoux avec les 459 marches partant du monastère. Nous avons visité la palmeraie sauvage qui remonte le long d’une rivière qui se jette dans la mer.
Après cette belle promenade, nous sommes rentrés par le village de Spili où la faim a guidé nos pas dans un agréable restaurant situé au dessus des fontaines. Le soleil, le repas, le verre de vin blanc et de digestif sucré à base de fleur d’oranger ont achevé le chauffeur et sa passagère. Nous sommes rentrés faire la sieste à Rethymnon…
Le samedi, nous partions pour la ville d’Hania avec un détour par la ville antique d’Aptera et le monastère de la Sainte-Trinité des frères Zargaroli. Un gros détour, beaucoup de route et de chaleur pour découvrir d’incroyables citernes romaines, un théâtre greco romain de -300 avant JC et des bains, un monastère perdu au milieu des oliviers qui ressemble à celui d’Arkadi et une grande ville balnéaire avec son port vénitien et sa vielle cité. Vous avez déjà essayé de vous garer dans un parking souterrain crète avec un SUV Volkswagen ? N’essayez pas. Rien que négocier les virages entre les murs et les piliers m’a donné des sueurs froides par 26 degrés. Alors se glisser dans la place de stationnement entre deux autres SUV, je ne vous en parle même pas. Heureusement que lorsque nous sommes partis, le parking était presque vide. Hania ressemble à Rethymnon en beaucoup plus grand. Plus de maisons, plus de bruit, plus de touristes, plus de restaurants autour du port vénitien. Bon pas terrible le restaurant comparé à celui de la veille, mais nous avions faim. Après 9h de balade, nous sommes enfin allés piquer une tête dans la mer Méditerranée glacée. Il fallait être motivé, mais c’était agréable.
Dimanche. Trois options s’offraient à nous : faire de la route pour découvrir de nouveaux sites archéologiques, revoir nos endroits préférés autour de Rethymnon ou bien visiter des lieux de seconds choix pas trop loin de la location.
Nous avons opté pour le troisième choix. Au programme les cascades de Argyroupoli et sa mosaïque puis le village de Roustica et ses rues ombragées. Bon, les cascades étaient en fait quatre ou cinq chutes d’eau d’un mètre de haut dans un endroit sympa et frais en contrebas du village. Après avoir vu la mosaïque un peu plus haut, nous avons roulé vers Roustica et ce fut la plus belle partie de cette matinée de second choix. Les paysages vallonnés et verdoyants entre Argyroupoli et Roustica étaient magnifiques. Tant mieux parce que Roustica ne méritait pas vraiment le détour. Nous avons terminé l’après-midi par une nouvelle promenade dans les anciens quartiers de Rethymnon qui est décidément une très belle ville.
Ne restait qu’un dernier jour en Crète avec un décollage prévu à 21h. Alors direction Heraklion, le palais de Knossos et le musée archéologique avant d’embarquer dans l’avion.
A 14h00 nous arrivons au centre-ville d’Heraklion pour visiter le musée archéologique. L’occasion de tester pour la première fois de notre vie un parking robotisé vertical dont le logiciel mal fichu va mettre plus de vingt minutes à retrouver notre voiture.
Suite un mauvais pilotage GPS nous-nous sommes en plus garé à 15 minutes à pied du musée alors qu’il y a plein de parkings à proximité. Nous marchons en plein soleil dans la capitale Crète pour rejoindre des merveilles vieilles de 4000 ans. Car ce musée conserve de véritables trésors sur près de deux millénaires de civilisations. Bronze, poteries, amphores, coffres, parures, épées, boucliers, casques, mosaïques, fresques, il y a tant à lire et à voir qu’il faudrait y passer deux journées.
Nous le quittons à contrecœur vers 15h30 car avant de partir, pas question de louper le site archéologique majeur de cette île, le palais de Knossos. Sauf que c’est la course : l’embarquement de notre avion débute à 20h et nous devons d’abord rendre la voiture. Alors c’est presque au pas de charge que nous visitons cet immense palais de plus de mille pièces.
Hélas, mille fois hélas, les ruines ont été restaurées avec force de reconstitutions douteuses en béton et il est parfois difficile de savoir ce qui est vrai de ce qui a été inventé. Aptera et Armeni avaient beaucoup plus de charme. A Knossos nous ne savons pas vraiment ce que nous visitons. Du coup la visite est écourté et nous arrivons à temps pour nous enregistrer.
A 21h nous décollions pour Strasbourg. Il faisait 27 degrés à l’ombre au décollage et 10 à l’atterrissage !
Nous avons vu dans un précédent billet qu’avec un simple trépied et un appareil photo, il était déjà possible de réaliser des images du ciel. Mais nous avons vu également que le temps de pose était fortement contraint par la focale de l’objectif utilisé et la rotation de la terre.
Il existe une solution pour s’affranchir du mouvement de rotation de la terre, la monture équatoriale. Il s’agit d’un équipement, souvent motorisé, qui va compenser le déplacement apparent de la voute céleste. La monture se fixe sur un trépied et appareil photo ou tout autre instrument, comme un télescope, sur la monture.
Il existe de nombreuses montures équatoriales prévues pour supporter des équipements plus ou moins lourds. Les montures sont généralement lourdes et relativement encombrantes, il est donc important de bien la choisir avant de se lancer dans un achat.
Le critère le plus important à prendre en compte est la charge supportée par la monture. Si le constructeur annonce X kilos, appliquez un facteur 2/3 pour l’astro photographie. Donc si notre monture supporte 9 kg, votre matériel ne devra pas dépasser 6 kg. Ne comptez pas le poids des contre-poids dans ce calcul. Car oui, il faut souvent ajouter des contre poids pour équilibrer une monture équatoriale.
Un appareil photo pèse 0,5 à 1 kg avec un objectif qui peut aller jusqu’à 3 kg. Donc pour une monture équatoriale supportant juste un appareil photo, tablez sur un poids de 3 kg, soit une monture qui supporte une charge théorique de 5 kg comme une monture Skywatcher Star Adventurer par exemple.
Comprenez bien que cette ‘petite’ monture pèse déjà ses 7.5 Kg avec le trépied et le contrepoids. Ne comptez pas partir en randonnée avec un tel matériel ou alors musclez-vous avant.
Monture équatoriale Star Adenturer
L’installation d’une monture équatoriale va demander plus d’efforts qu’un simple trépied photo. Vous allez tout d’abord devoir orienter le trépied vers le nord (pour l’hémisphère nord) et le mettre à niveau. Ensuite vous allez installer la monture dessus et réaliser un alignement polaire. Cette procédure consiste à aligner finement la monture sur le nord géographique. L’étoile polaire se trouve très proche du nord, donc un centrage de la monture sur celle-ci est suffisant pour de l’observation visuelle, pour la photographie, il faudra prendre en compte le petit décalage entre l’étoile polaire et le NCP, le pôle céleste nord. Généralement cette opération se fait avec un viseur polaire fixé dans l’axe de la monture mais il existe d’autres manières de le faire.
Télescope sur une monture équatoriale
Une fois la monture mise en station, l’appareil photo fixé dessus, pensez à équilibrer votre setup en positionnant l’appareil photo correctement et en plaçant les contrepoids sur la monture. Un mauvais équilibrage peut-être la cause d’un mauvais suivi.
Lorsque vous aurez réalisé la mise au point sur une étoile, il ne restera plus qu’à orienter votre appareil vers la zone du ciel que vous désirez photographier et mettre en route la monture (il vous faudra une batterie ou des piles selon le modèle).
Là, comme précédemment avec la photo sur un simple trépied, vous aller pouvoir lancer des poses longues, mais cette fois sans être limité par la focale de votre objectif. Votre limite de temps sera fonction de la bonne mise en station de votre monture et de la qualité de celle-ci. Selon le matériel et votre savoir faire, vous pourrez réaliser des poses unitaires de 30 secondes à 2 minutes.
M 82, Galaxie du Cigare, focale 400 mm, f/d 9.5, 67 secondes de pose
Mais tant qu’à faire, pourquoi ne pas réaliser plusieurs photographies que vous allez pouvoir cumuler ? L’intérêt d’accumuler des images est d’augmenter les détails et de réduire le bruit présent sur l’image. Pour ce faire vous pouvez utiliser un intervallomètre au lieu d’appuyer sur le déclencheur photo après photo. Certains boîtiers photo sont dotés d’un intervallomètre intégré.
Intervallomètre
Mais qu’allez-vous faire avec toutes ces images ensuite ? Vous allez les empiler à l’aide d’un logiciel comme Siril, DeepSkyStaker ou Sequator pour ne citer que ceux qui sont gratuits. Pour ma part j’utilise PixInsight qui est payant ou Siril, mais c’est parce que je fais plus qu’empiler les images.
M 27, Nébuleuse Dumbbell, 19 images de 30 secondes empilées sous SIRIL, focale 2000 mm
Ces deux photographies sont relativement affreuses, car je n’ai utilisé une monture équatoriale avec un appareil photo qu’à mes touts débuts et très rapidement je suis passé à du guidage et une caméra astro au lieu d’un APN. Mais cela fera l’objet d’un prochain article.
Moins quatre degrés, une belle couche de neige fraîche au sol, garé sur un parking désert à plus de mille mètres d’altitude, j’écoute Stéphane Gallay raconter ses derniers concerts.
Le sol est blanc, le ciel est noir. Une lune gibbeuse projette mon ombre sur le goudron glacé à côté de celle de ma lunette.
Eliott est rapidement rentré chez lui frigorifié, Luc est assis sur le siège chauffant de sa voiture et moi j’ai une couverture, trois couches de vêtements, un bonnet, deux thermos tièdes et les mains glacées.
Je photographie un sapin de Noël dans une Licorne. Je sais, les licornes n’existent pas et Noël est passé depuis trois mois. Pourtant c’est ce que je fais. Des photos de NGC 2264, dite nébuleuse du Cône ou du Sapin de Noël dans la constellation de la Licorne. Un minuscule triangle sombre surmonté d’une étoile, à la base d’un vaste nuage de gaz rouge. Une nouvelle cible difficile que j’avais envie de capturer avant qu’elle ne soit trop basse sur l’horizon avec l’avancement de l’année.
Dans quelques semaines il n’y aura plus que des galaxies dans le ciel, il faut que je termine mon catalogue automne hiver avant d’attaquer les robes légères de la belle saison.
Du givre se forme sur le pare brise dans la voiture, le capteur de ma caméra indique -12.6 degrés alors que le système de refroidissement est à l’arrêt. Malgré des chaussettes épaisses, des semelles chauffantes et des bottes grands froids, j’ai les pieds gelés.
Un beau ciel, ça se mérite. L’objectif est d’accumuler trois heures d’images sur cette nébuleuse peu lumineuse avant de redescendre me glisser sous la couette. En attendant je suis à moitié allongé sur le siège passager de la voiture avec une couverture jusqu’au menton à regarder les photos de concert de Stéphane Gallay sur Youtube.
Parce qu’il est impossible de lire dans la voiture, à cause de la lumière qui perturberait le télescope. Je pourrais à la rigueur écouter de la musique pour passer le temps mais je suis assez exigeant quant à la qualité des hauts parleurs. Je pourrais observer aussi sous les étoiles mais Eliott est redescendu il y à longtemps et il fait vraiment trop froid dehors.
Heureusement qu’il y a de la 4G au Champ du Feu. Enfin pas toujours. Mon MMS pour prévenir mon épouse que je suis bien arrivé vivant n’est jamais parvenu en plaine.
Luc a sorti la Rolls Royce des lunettes, une magnifique Takahashi posée sur une monture harmonique pour photographier la nébuleuse Messier 78 dans la constellation d’Orion. L’objet est de plus plus bas sur l’horizon, ce qui lui laisse encore moins de temps que moi pour accumuler des images. La partie sombre de l’objet ressort bien sur son écran de contrôle, il devrait en sortir une belle photographie.
Peu après minuit j’avais mes 36 images et moins de douze heures plus tard, après cinq heures de sommeil agitées une photographie traitée de la nébuleuse. L’astronomie, ça se mérite.