Drowning Steps – The Bravery of a Tireless Mind : Book One

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Cela fait longtemps que je suis le groupe brésilien Drowning Steps, mais lorsqu’est arrivé le moment de leur tout premier concept album, j’ai hésité.

Il faut dire qu’avec l’accroche inspiré de « The Dark Third » by Pure Reason Revolution, « Misplaced Childhood » de Marillion, « Children of E.L.B ». de Soup, « Scenes from a Memory » de Dream Theater, « The Perfect Element » de Pain of Salvation, et « The Wall » de Pink Floyd, Caio et Tiago plaçaient sans doute la barre très haut.

Parce que dans la liste précitée, il y a quand même pas mal de chefs d’œuvres du genre et que, disons-le tout de suite, The Bravery of a Tireless Mind: Book One ne les rejoindra pas au panthéon des grands albums progressifs.

L’album propose cinq morceaux de deux à quinze minutes et autant le dire tout de suite, Drowning Steps ne brille pas par sa maîtrise des formats longs. Ils ressemblent plus à des patchworks sonores qu’à des pièces pensées du début jusqu’à la fin en essayant de garder une certaine cohésion musicale.

Le premier titre, long de quinze minutes et quarante-cinq secondes, en trois sous parties, mélange allègrement prog vintage génésissien et métal progressif à la Dream Theater. De très grands écarts, à la limite du caricatural, sans réelle transition et joués sans forcément la maîtrise des groupes précités.

Les trois pièces les plus brèves sont probablement les meilleures, car nettement moins chaotiques que les deux grands formats. ‘Fragments of a Lifetime’ et ‘Life Handed Me the Map’ sont mes préférés.

L’album raconte l’histoire du narrateur qui revient chez lui après des années d’errance et qui retrouve les lieux où il a vécu ainsi que ses amis.

Pour la pochette, peut mieux faire, mais elle a le mérite de ne pas être générée par IA (ça y est, je fais mon Stéphane Gallay). The Bravery of a Tireless Mind: Book One est un album que l’on oublie aussitôt écouté. 

Il s’inspire bien trop, et de manière plutôt maladroite, de chefs-d’œuvre du genre pour ne pas foncer droit dans le mur. Bref, je ne vous le recommande pas.

Giant Sky – Giant Sky III

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Le groupe Giant Sky est né sur les cendres de Soup en 2020. Leur premier album éponyme m’avait laissé dubitatif à l’époque, sans doute parce que je n’y retrouvais pas Soup dont le dernier effort m’avait ébloui. 

J’ai laissé passer le second opus de Giant Sky mais lorsqu’il a fallu trouver un album pour la prochaine chronique, je suis tombé sur Giant Sky III, et cette fois, j’ai totalement adhéré à leur musique.

Giant Sky se caractérise par des voix masculines et féminines, de nombreux instruments acoustiques dont deux violons, un violoncelle et un bandjo, pas mal de claviers ainsi que du piano et un rock progressif pas si éloigné que ça des canons du genre. Le groupe flirte du côté de l’art rock et du folk.

Mais des titres comme  ‘Limerence’, ‘Sun World’ ou ‘Lifting Apples’ possèdent clairement un air de Genesis et de Big Big Train. Et si vous tendez l’oreille, vous trouverez peut-être vous aussi des ressemblances avec Vangelis par moment comme dans ‘Whose Life Am I Leading’.

J’ai tout de suite été séduit par l’atmosphère qui se dégage de ce troisième opus, enfin surtout par sa première partie.  Car Giant Sky III est sorti sous forme d’une première partie de quarante-sept minutes et de The Further We Go The Deeper It Gets qui ne dure que trente-quatre minutes. Au final cela donne quand même une heure vingt de musique.

Qu’est-ce qui distingue ces deux parties, sorti de la dernière pochette qui rompt avec la tradition de la trilogie ?  Je n’en sais rien, peut-être cette impression que The Further We Go The Deeper It Gets essaye de boucler la boucle alors Giant Sky III était libre d’évoluer comme bon lui semblait ? 

The Further We Go The Deeper It Gets me semble un peu plus hétérogène que Giant Sky III avec de l’électro comme dans ‘Repeating Trope’ ou de l’acoustique dans ‘Compassion With Worms’ sans parler des trois personnes qui passent devant le micro. Et puis, je dois l’avouer, le dernier morceau ‘Throw it Off The Bridge’, ne m’emballe pas vraiment.

Du coup, revenons à Giant Sky III si vous le voulez bien. En fait ce qui m’a beaucoup séduit sur cette album, c’est son écriture prog symphonique à la Genesis agrémentée de folk et de petites touches art-rock. Beaucoup de cordes, de claviers, de piano, une grande douceur dans le chant et une pochette magnifique.

Je vous recommande chaudement la découverte de cet album qui se suffit à lui-même et qui est, à mon avis, le meilleur de la trilogie.

Mother of Millions – T

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T, le nouvel album de Mother of Millions, a quelque peu bousculé mon programme musical. Je ne l’attendais pas et lorsque j’ai appris sa sortie sur les réseaux sociaux, je me suis empressé de l’écouter. C’était le 11 septembre dernier, tout un symbole, et depuis je l’écoute quatre à cinq fois par jour.

Mother of Millions est un groupe grec que j’apprécie beaucoup et leur précédent album Magna Mater, sorti il y a deux ans, compte parmi mes préférés. Alors cette fois, je me suis offert T en édition vinyle. Hélas, je ne le recevrais que début octobre, donc pour l’instant, je me contente d’écoutes numériques.

T est un album de trois quarts d’heure et dix morceaux de une à huit minutes. Il commence très fort avec un ‘The wound’ métal progressif pour terminer par un ‘Death’ des plus folk.

Entre les deux, le groupe mélange les genres avec de l’électro-métal dans ‘The War’, des voix masculines et féminines, des violons dans le court ‘As One’, un peu de growl comme dans ‘The Sun’ ou des chœurs à la Evergrey dans ‘The Aftermath’. Cela fait de T un album easy listening assez varié bien que metal progressif dans l’âme qui nous parle des troubles qui secouent notre planète aujourd’hui.

On pourrait reprocher à Mother of Millions de s’inspirer d’un peu tous les groupes de metal progressif de la planète comme Voyager, Evergrey, Leprous ou Soen. Mais franchement, ne serait-ce pas ici une des forces du groupe puisque ces artistes réussissent à proposer un album assez unique en son genre malgré des ressemblances ?

La pochette du disque a été une autre source de plaisir pour moi. Ces drapeaux déchirés qui pendent comme du linge mis à sécher au soleil, avec en arrière-plan, la silhouette d’un homme qui regarde vers l’horizon.

Presque tout est dit dans l’image.

Mon titre préféré est l’avant-dernier de l’album, ‘The Sun’ avec ses huit minutes et vingt secondes, parce que, j’aime beaucoup que l’on prenne le temps pour développer une idée musicale. Son intro comme son final sont superbes et entre les deux ce n‘est pas mal non plus.

Si je me suis offert T en vinyle, vous vous doutez bien de ce qui va suivre. Le nouveau Mother of Millions va rejoindre la petite liste des albums susceptibles de rentrer dans mon top 2026.

Donc évidemment, je vous le recommande sans réserve.

Odd Logic – Mortal Heirloom

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En me promenant sur Bandcamp, je suis tombé complètement par hasard sur le groupe Odd Logic et son dernier album Mortal Heirloom.

Je n’avais jamais entendu parler de ce duo de Tacoma qui depuis 2004 a sorti neuf albums, mais en les écoutant, j’ai tout de suite pensé au groupe québécois Mystery.

Plusieurs de leurs disques sont téléchargement gratuit sur la plateforme numérique et pour les autres, vous pouvez décider du montant à donner.

Odd Logic joue d’un rock progressif qui vire parfois au métal sur un chant qui n’est pas sans rappeler celui de Jean Pageau et même celui de James Labrie comme dans le premier morceau ‘Critical Minutiae’.

Sean Thompson chante et joue de tous les instruments sauf la batterie tenue par Pete Hanson. Et si le duo ne réinvente pas la poudre, leur album fait tout de même de belles étincelles.

En six morceaux de six à dix minutes Sean et Pete construisent un album de trois quarts d’heure à la frontière du métal progressif à la Dream Theater et du néo-progressif de Mystery.

L’album comporte des passages très mélodiques comme dans ‘Unequal Lies’ et du metal prog djent à la manière de ‘Permanent Guest’. Et tout cela fonctionne très bien ensemble.

Je ne sais pas vraiment de quoi parle l’album, ni même s’il s’agit d’un concept. Les textes sont suffisamment énigmatiques pour qu’à la fin de leur lecture, je n’en sorte pas plus avancé qu’au début. Ils possèdent clairement des inspirations fantastiques, mais ils semblent également évoquer des personnes du monde réel.

Dans les morceaux que j’adore il y a ‘Droid’ parsemé de bruitages et qui est l’exemple le plus réussi du mariage du mélodique et du métal progressif. Le titre s’articule autour d’un refrain des plus vendeur et d’éléments plus épais qui racontent les questionnements d’un androïde de compagnie sur sa raison d’être.

Lorsque j’ai commencé à écouter Mortal Heirloom, je me suis dit, tiens voilà un album sympa à chroniquer. Après un nombre incalculable d’écoutes, je me dit qu’il pourrait s’agir finalement d’un sérieux candidat au titre d’album de l’année.

Alors n’hésitez pas à y jeter une oreille ou deux et à me dire ce que vous en pensez vous aussi.

Crown Lands – Apocalypse

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Comme beaucoup des sorties très attendues n’arrivaient pas à éveiller mon intérêt, je veux parler de Port Noir, Bruce Soord ou Devin Townsend par exemple, j’ai décidé d’écouter un album assez éloigné de ma zone de confort. Je veux parler du groupe de heavy prog vintage canadien Crown Lands qui se réclame de Led Zep et de Rush. Une grosse prise de risque pour moi qui n’aime pas Rush et ne connais que quelques tubes de Led Zepplin.

Apocalypse est un album sept titres dont un de presque vingt minutes. Il sonne des plus seventies et est joué par le duo formé de Cody et Kevin. Cody chante très haut à la manière de Rush en jouant de la batterie et de la flûte quand Kevin fait tout le reste, basse, guitare et claviers.

On ne va pas se mentir, l’album possède un côté enthousiaste, approximatif, brut d’enregistrement et un peu à côté du diapason, comme si le passage en studio s’était fait dans une cuisine. Cela lui donne aussi une certaine fraîcheur que certains artistes semblent avoir perdu au fil des années.

Apocalypse donne dans le rétro prog à la frontière des sixtes et seventies sans la moindre recherche de modernité ce qui me l’a rendu immédiatement sympathique. Par moment, c’est même à la limite du kitch.

La musique de Crown Lands est rock, dynamique et rythmée avec force de guitares. Il faut attendre l’avant dernier titre, ‘The Revenants’ pour que l’album se calme un peu avec un morceau quasi acoustique.

La pièce de choix est le tout dernier morceau de l’album, une pièce de presque vingt minutes intitulée ‘Apocalypse’. On y retrouve de nombreuses inspirations allant du néo-progressif à la Marillion au prog symphonique à King Crimson et Yes. Certes, le titre ne réinvente pas la poudre, il ressemble presque d’ailleurs à un medley de best of des seventies, mais cela s’écoute quand même avec bonheur. En plus Cody torture un peu moins sa voix dans les dernières minutes du titre ce qui repose mon oreille qui a été bien malnenée pendant tout l’album.

Je ne vais pas vous sur vendre Apocalypse ni le placer dans mon top de l’année. Mais si comme moi, vous aviez une envie soudaine de prog vintage, vous pouvez y jeter une oreille, on ne sait jamais, sur un malentendu.

RPWL – World Through My Eyes Live

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Je sais, j’ai dit que je ne chroniquerai plus les promotions venant des artistes ou des labels. D’ailleurs j’ai largement communiqué dans ce sens depuis la fin du magazine auprès des intéressés, jusqu’à me rendre injoignable sur les réseaux sociaux.

Mais Gentle Art Of Music ne veut rien entendre et je reçois toujours leurs albums par la poste. Par chance, il n’y en a pas souvent. Du coup, je considère ces disques comme des cadeaux, et plus des promotions, c’est main n’est-ce pas ? Ne prenez pas ce prétexte pour m’envoyer des disques, de toute façon je ne vous donnerai pas mon adresse postale.

Bref, tout ça pour dire que je vais vous parler aujourd’hui du double live de RPWL, World Through My Eyes Live. Oui encore un live, on aurait préféré un nouvel album studio. Mais bon, c’était un cadeau.

World Through My Eyes Live reprend en live l’album World Through My Eyes sorti en 2005 et revisité l’an passé. Deux CDs et dix-huit morceaux, largement de quoi occuper vos longues soirées d’hiver d’autant qu’il y a pas mal de titres à rallonge. Le premier disque reprend l’intégralité de l’album et le second reprend des tubes de RPWL comme ‘Hole In The Sky’ ou ‘What I Really Need’.

En 2005 Ray Wilson chantait dans RPWL au côté de Yogi Lang, on se souvient tous de ‘Roses’ que l’ex chanteur de Genesis joue régulièrement en live. Personnellement, dans les anciens albums du groupe allemand, j’ai une préférence pour Trying To Kiss The Sun sorti en 2002, mais bon, puisque c’était gratuit…

Un live reste un live, donc je ne vais pas vous faire la retape des morceaux. Par contre je vais vous parler du son et du jeu des musiciens et pas forcément pour être très gentil.

Commençons par le jeu. Je trouve que tout ça manque de mordant. D’accord, les musiciens ne sont plus tout jeunes mais on s’ennuie un peu par moment. Il y a bien quelques digressions à la guitares ou aux claviers mais franchement rien de vraiment tripant.

Pour le son, ben c’est un peu le même problème, ça manque de relief. La captation est pourtant précise, limite ciselée, mais il faut pousser les potentiomètres pour profiter pleinement de l’ambiance live.  Après c’est un live, ce n’est pas toujours facile de bien faire ressortir le son.

World Through My Eyes Live n’est pas mon live préféré de RPWL. Il n’arrive pas à la hauteur du magnifique A New Dawn ou de God Has Failed Live & Personnal, mais bon, c’était cadeau, alors je ne vais pas me plaindre.

Karmamoi – Eternal Mistake

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Karmamoi est un groupe italien que je suis l’album Odd Trip en 2013. J’ai même leur premier album éponyme que vous aurez peut-être du mal à trouver aujourd’hui.

Il s’agit d’une de ces multiples formations que j’ai découvert du temps du magazine Neoprog et que j’ai continué à suivre alors que je ne faisais plus la promotion des groupes. Car Karmamoi a tout d’un grand, même s’il n’a toujours pas rencontré le succès qu’il mérite.

Le groupe est né de la rencontre entre le batteur Daniele Giovanni et le guitariste Alex Massari autour desquels se sont greffés plusieurs chanteurs et musiciens au gré des albums. Il y a beaucoup de turn over derrière le micro mais depuis 2021, Valerio Sgargi impose sa voix et son style à la musique de Karmamoi.

L’album Eternal Mistake parle d’une histoire d’amour entre un humain et une machine dans un monde au bord de l’effondrement, la rencontre entre l’amour et la raison, la chair et le code. Un concept album qui joue avec les frontières floues du rock progressif, hésitant entre symphonique et rock.

Aux côtés de Danielle, Alex, Valerio et Alessandro vous entendrez également les contributions de célébrités du prog comme Adam Holzman et Randy McStine ainsi que deux voix moins connues, celles de Susanna Brigatti et de Gabriele Giovannoni.

L’album est ambitieux avec ses dix morceaux sans parler du titre bonus offert à ceux qui ont précommandé Eternal Mistake. Plus d’une heure de musique, avec trois titres dépassant joyeusement les huit minutes.

Mais croyez-moi, il n’y a aucune longueur dans Eternal Mistake. L’album est varié tout en restant d’une grande cohérence, bref un concept album très bien composé.

Eternal Mistake est un savant mélange de Blade Runner, de Pink Floyd, de prog, de symphonique et de rock.

Par exemple ‘The Question – We Are Going Home’ rappellent Vangelis et Pink Floyd alors que ‘No Fucking Way’ est presque punk et que ‘The Mirror – No Soul‘ donnent dans le symphonique sans parler de ‘HERO’ qui joue d’un prog alambiqué et de ‘I’m Not On Your Side’ qui démarre de manière très rock.

Si je ne devais retenir qu’un titre de l’album, ce qui serait bien réducteur, ce serait ‘We Are Going Home’, où la voix de Susanna rencontre celle de Valerio dans une ambiance de film de science-fiction.

Après Woodcut et Amnesia, Eternal Mistake est mon troisième coup de cœur de l’année et le second compact disk que je m’offre en 2026.

Je ne peux que vous le recommander chaudement, que ce soit pour la musique, les voix et les paroles. Et si vous aimez, allez donc écouter les précédents disques de Karmamoi, ils méritent plus qu’un détour.

Neal Morse Band – L.I.F.T.

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Neal est de retour avec sa bande et je n’ai pu m’empêcher de monter dans l’ascenseur avec eux. Soixante-huit minutes de musique, quatorze morceaux et un long format de plus de onze minutes, le Neal Morse Band fait toujours dans la démesure et j’aime ça.

L.I.F.T. raconte l’histoire d’un homme qui renoue avec le monde qui l’entoure après s’être perdu en chemin. Bref un concept album à la Neal Morse, dieu en moins, encore que…

Avec Neal Morse, c’est toujours la même histoire. Je me dis que je vais arrêter, mais je n’y peux rien, à chaque fois, je replonge.

Il faut dire que les gars savent vraiment y faire. Des musiciens d’exception, un art de la composition consommé et une grandiloquence assumée. Le défaut, c’est que les musiques et les histoires se ressemblent beaucoup d’un album à l’autre.

Par chance, le Neal Morse Band n’en compose pas un tous les ans, ce qui laisse le temps d’oublier et de retrouver le plaisir d’en écouter un nouveau.

L.I.F.T. est un album comprenant de longues parties instrumentales grandiloquentes. On aime ou on déteste, mais c’est la signature de The Neal Morse Band. Du prog symphonique assez pompier avec plusieurs voix (principalement Neal et Eric) qui se croisent et se mélangent  Il n’y a que Randy qui ne pousse pas la chansonnette sur cet album, même Mike y va de sa voix de canard.

Neal Morse puise son inspiration musicale un peu partout, ce qui donne à L.I.F.T. une impression de grande familiarité dès la première écoute. Vous allez y entendre du piano à la Supertramp et des touches de SAGA dans ‘Fully Alive’, du Genesis dans ‘Shattered Barricade’, des cordes et des cuivres dans ‘Fully Alive, Pt 2’ (enfin des synthés) sans parler des figures de styles classiques de Neal.

Que vous dire de plus sur cet ascenseur ? (oui lift en anglais c’est un monte charge ou un ascenseur en anglais). Ben franchement, pas grand chose.

J’ai eu beaucoup de plaisir à l’écouter mais ça reste du Neal Morse alors il ressemble énormément aux autres albums du pape du prog. Les fans apprécieront certainement ce nouvel opus, les détracteurs de Neal le jetteront à la corbeille, c’est un peu comme un Dream Theater, on est fan ou pas.

Il n’y a pas de juste milieu. Moi j’aime. Et ça ne se discute pas.

Big Big Train – Woodcut

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Je crois que je tiens mon premier candidat à l’album de l’année, le nouveau Big Big Train.

En écoutant l’avant-dernier morceau ‘Counting Stars’, mon cœur avait immédiatement chaviré et lorsque j’ai enfin pu écouter les seize titres de l’album, j’ai tout de suite su que j’allais adorer Woodcut.

Il est vrai que j’écoute de moins en moins de concept albums et encore moins de rock progressif. Avec les années, je suis devenu de plus en plus forgeron. N’empêche, un album de prog symphonique rempli de cuivres, de cordes, de guitares, de piano et de claviers vintages, quand c’est bien écrit, cela fonctionne toujours.

Si j’avais eu du mal avec l’arrivée d’Alberto Bravin au chant, lorsqu’il essayait encore de faire du David Longdon, sur Woodcut, je trouve sa performance fabuleuse.

Les compositions hésitent entre du Big Big Train très british et la grandiloquence d’un Transatlantic ou d’un Neal Morse Band, ce qui est un peu la même chose. Les claviers ont gagné en emphase, les guitares se lâchent sur de magnifiques soli et la richesse instrumentale du groupe rajoute une couche épique à une partition déjà bien fournie.

Woodcut, c’est la gravure sur bois, cette technique qui permet d’imprimer des estampes à partir de l’encre retenue dans les sillons creusés sur la planche. L’album parle de l’artiste et de sa relation à son travail, des ciseaux à bois qui creusent la matière, de l’oeuvre qui se dessine en négatif, du monde qui se dévoile en noir et blanc.

L’idée de cette histoire est venue à Alberto Bravin et Gregory Spawton en visitant le musée Munch de Oslo, lorsqu’ils découvrirent le travail de l’artiste. A partir d’une gravure sur bois, ils écrivirent un concept album sur, je cite, l’exploration de l’universel à travers la lumière et l’obscurité des espoirs artistiques et des rêves contrariés.

L’album sort régulièrement de la zone de confort prog symphonique pour prendre son envol comme dans l’instrumental totalement débridé ‘Cut and Run’ aux multiples soli de guitares et de claviers ou dans le brillantissime ‘The Artist’ qui voyage entre Genesis et pur rock, au passage un des titres phare de cet album.

Je pourrais citer également l’excellent ‘Albion Press’ aux tonalités très US avec sa basse et ses claviers qui me rappellent la musique de Spock’s Beard, oui encore Neal Morse décidément…‘Warp and Weft’ va encore une fois en surprendre plus d’un, que ce soit par ses harmonies vocales ou sa musique tout sauf british.

Mais rassurez-vous, si vous n’aimez pas le changement. Big Big Train donne également dans le classique avec le folk ‘The Sharpless Blade’, l’acoustique ‘Chimaera’, ‘Arcadia’, ‘Dead Point’ et bien sûr le magnifique ‘Counting Stars’.

C’est l’avantage de proposer plein de morceaux sur une même galette. Il y en a pour tous les goûts.

On aurait pu s’attendre à des titres à rallonge pour un concept album de plus d’une heure, mais Big Big Train a choisi au contraire de composer de nombreux morceaux relativement courts, allant de trente sept secondes à sept minutes seize. On est bien loin des longs formats tels que ‘East Coast Racer’, ‘Beneath the Masts’ ou ‘Underfall Yard’ par exemple.

Nous ne sommes qu’en février, mais je vous préviens, il va falloir que 2026 me réserve de sacrés surprises pour détrôner Woodcut du titre tant convoité d’album de l’année. Il s’agit pour moi du meilleur album de Big Big Train depuis leur débuts et dieu sait qu’ils en ont déjà composé de fabuleux à ce jour.

Et vous savez quoi, ils seront en plus chez Paulette le 4 octobre, autant dire que je vais tout faire pour être au rendez-vous.

Mardi prochain je serai au Grillen à Colmar pour mon premier concert de l’année avec du lourd, à savoir Omnium Gatherum, Fallujah et In Mourning, du très lourd quoi.

Il y a des chances que je ramène quelques photos en plus de m’exploser les tympans.

Lazuli – Etre et ne plus être

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Depuis des années, nos amis de Lazuli racontent sur scène et toujours avec le sourire, la dépression qui nous habite en ces temps de réchauffement climatique, de connerie humaine, de guerre, de montée du fascisme et de violence ordinaire.

Être et ne plus être, leur dernier album, paru le 30 janvier, le groupe ne va pas déroger à la règle, bien au contraire. En douze titres, Dominique raconte notre société en posant un regard souvent pessimiste sur l’humanité.  Et plus que jamais, Être et ne plus être est un album à texte. 

D’ailleurs la musique se fait plus discrète, usant de nouvelles sonorités, délaissant les grandes envolées de guitares et de léode pour mieux laisser entendre les paroles. 

Certes, il y a Romain qui se prend pour Rachmaninov dans ‘Quel dommage’, Arnaud qui joue quelques notes de blues, la léode qui miaule occasionnellement et la guitare acoustique solitaire de Dominique dans ‘L’instant’, n’empêche, cet album est différent.

D’abord, je n’aime pas vraiment la pochette avec ces trois bustes de glace qui fondent dans une flaque d’eau.

Ensuite les paroles me paraissent moins légères qu’à l’accoutumée. Elles sont empreintes de tristesse, de désolation, j’irai même jusqu’à dire déprimées.

Tout n’est pas désespéré bien sûr dans les mots de Domi, il y a encore de l’amour comme dans ‘Chaque jour que soleil fait’ et de la nostalgie dans ‘L’instant’ mais vous entendrez surtout beaucoup de désillusion et d’amertume comme dans ‘Quel dommage’.

Citons par exemple ‘Etre et ne plus être’ qui nous rappelle notre insouciance face au désastre climatique comme dans ‘Une chanson Cherokee’, l’humour noir de ‘Sourire’, le retour de la colère dans ‘Matière Première’, la mal bouffe de ‘Mon body se meurt’, des états d’âmes que résume bien le dernier morceau de l’album ‘Au bord du précipice’.

Ce sont les titres ‘Quel dommage’, ‘Être et ne plus être’ et ‘Matière première’ qui m’ont immédiatement interpellés par leurs paroles comme la musique.

J’ai eu plus de mal avec ‘Les 4 raisons’ et ses chœurs. Et que dire de la musique très épurée de ‘Au bord du précipice’ qui m’a tout d’abord surprise.

Il me faudra peut-être plus de temps que d’habitude pour adopter Etre et ne plus être, car il est très différent des autres albums de Lazuli (ce qui est toujours une bonne chose d’après-moi). 

Mais je suis certain qu’il va entrer dans la liste des albums que j’écouterai très régulièrement cette année.

Alors, foncez l’acheter, c’est un album que j’aime beaucoup, garanti sans IA, réalisé par des êtres humains laborieux, sensibles et faillibles.

Ils seront Chez Paulette vendredi 3 avril à Pagney derrière Barine près de Toul, pour l’anniversaire de l’association ArpegiA et joueront en première partie de Marillion sur la tournée française du groupe. Surtout ne les manquez pas.