Ça coule de source

Les grandes manœuvres viennent de débuter, un nouvel Ayreon arrive le 28 avril. Impossible de passer à côté d’une telle sortie, le webzine doit être de la partie.

Première étape déjà lointaine, commander l’album, car je suis un inconditionnel. Seconde phase, essayer de sortir une chronique avant la date de parution.

Pas si simple, Arjen Lucassen vient de changer de label, de Inside Out il a rejoint les rangs de Mascot, et nous n’avions aucun contact chez eux.

  • Nouer des relations avec Mascot, check
  • Contacter Mascot pour obtenir une promo en avance de phase, check.
  • Quand le son arrive, écouter, réécouter et écouter encore les 1h30 du concept album. Check.
  • Lire l’imposant livret numérique de 28 pages en anglais, binaire, arabe et langue inconnue, afin de comprendre l’intrigue, check.
  • Recevoir la promo en CDs quelques jours plus tard d’un promoteur et recommencer l’écoute en profitant d’un son honorable, check.
  • Trouver la solution à l’énigme de TH-1 présente dans le premier morceaux “01110100 01110010 01110101 01110011 01110100 01010100 01001000 00110001”, check.
  • Dégager un créneau horaire pour une interview avec Arjen via Skype, check.
  • Préparer des questions pas encore posées avec un temps limité à 25 minutes, check.
  • Commencer la rédaction de la chronique pour qu’elle soit prête à temps, check.
  • Faire les courses, aller bosser, dormir, ne pas stresser, check.

Mais qu’est-ce que j’ai pu oublier ?

  • Bosser mon anglais
  • Saisir les méta-données relatives à l’album dans la base de données du webzine
  • Bosser mon anglais
  • Vérifier ma config Skype, l’enregistreur Skype
  • Bosser mon anglais
  • Préparer la vidéo promotionnelle de l’interview
  • Bosser mon anglais
  • Se renseigner sur la prononciation du prénom de Arjen
  • Bosser mon anglais
  • Ecouter vraiment l’album et dégager ses temps forts
  • Bosser mon anglais

La troisième étape, la plus longue, consistera en ceci :

  • Relecture de la chronique et corrections puis mise en forme
  • Transcription de l’interview en anglais
  • Traduction de l’interview en français
  • Relecture des deux versions
  • Saisie des deux versions
  • Obtenir des visuels pour illustrer l’interview
  • Tout mettre en forme
  • Et publier

N’importe quoi

Pendant mes longues heures passées dans les salles d’attente des médecins, radiologues et laboratoires, j’ai un peu de temps pour me cultiver en me plongeant dans de passionnants romans.

Je ne sais plus où j’ai lu du bien de cet ouvrage, Le Grand N’Importe Quoi de J.M. Erre, mais force est de constater, arrivé à la moitié de l’ouvrage en question, que je ne suis pas du tout de l’avis du chroniqueur. Vous me direz, “tu n’as pas encore fini le livre”, c’est vrai, et d’ailleurs, je me demande si je vais le finir, mais avec un peu de chance, ce soir mon rendez-vous chez le gastro entérologue va me fournir deux heures pour boucler l’affaire.

Pour l’instant,  Le Grand N’Importe Quoi, est à mi chemin du Guide Du Routard Galactique et d’Un Jour Sans Fin. Génial non ? Non… J.M. Erre ne manie pas l’humour comme Douglas Adams et les ficelles de l’histoire sont tellement grosses que l’on ricane avant même que la chute arrive. Le style n’étant pas des plus élégants non plus malgré de nombreuses citations littéraires niveau première scientifique, le récit d’une fête culturiste dans un village paumé de France où d’étranges événements se produisent, manque cruellement de sel. Bref pour l’instant, l’ennui est complet.

Deux heures de retard chez le spécialiste m’ont permis d’achever l’oeuvre. Si comme moi vous n’accrochez pas sur les deux premières pages, n’allez pas plus loin.

Le martien

Derrière ma visière fumée, s’étend une terre rouge désolée où quelques touches de givre matinal persistent encore. Vales Marineris, Olympus Mons, des noms qui résonnent comme des invitations au voyage dans mon âme. Mariner, Viking, Pathfinder, Curiosity, des missions que j’ai suivi jour après jour m’abreuvant des images des sondes et des rovers.

D’où vient cette passion pour Mars la Rouge ? Tout petit déjà, j’étais fasciné par l’espace, les étoiles, les planètes, les fusées. En sixième je découvrais le fabuleux roman de Ray Bradburry, The Martian et plus tard je m’abreuvais de nombreux livres dont la trilogie martienne de Kim Stanley Robinson, Mars de Ben Nova, Mars Blanche de Brian Wilson Aldiss ou Le Projet Mars de Andreas Eschbach. Combien de livres parlent de Mars dans notre bibliothèque sans parler des BD ? Je n’ai pas compté. Il suffi que le titre d’un bouquin, d’une BD ou d’un film contienne le nom magique, pour que je me jette dessus. Combien de nanars ai-je vu et lu, histoires moisies de rescapés de mission foireuses vers la planète rouge !

Carl Sagan n’est pas étranger à cette passion. Responsable du programme Viking à la NASA, il consacra une partie de sa fabuleuse émission télé Cosmos à Mars et la recherche de vie sur cette planète voisine. Le rêve d’envoyer un homme sur la planète rouge s’est un peu éloigné, trop cher, trop compliqué, trop long, trop risqué. La fin de la Guerre Froide a mis un terme aux voyages spatiaux habités au-delà de notre orbite terrestre, retardant d’autant une hypothétique exploration martienne par l’homme. Elon Musk de Space X semble vouloir faire cavalier seul et annonce le début des hostilités pour 2018 et un homme sur Mars pour 2024. La NASA n’a pas encore totalement renoncé mais avance à petits pas. Les chinois sont également dans la course avec un voyage habité pour 2040. Quand aux européens, l’envoi d’un homme dans l’espace n’est pas encore d’actualité, alors Mars…

Tous les deux ans, le dieu de la guerre se trouve en position favorable pour que l’on s’y rende à moindre frais. 180 jours de voyage, 550 jours sur place et 180 jours pour revenir soit une mission de presque trois ans ! Autre solution, partir et ne pas revenir, encore plus insensé. Pourtant, certains y songent très sérieusement, des volontaires se sont déjà inscrits pour le projet nommé Mars One avec un départ prévu pour 2031. En utilisant des propulseurs ioniques, nucléaires et autres curiosités pas encore opérationnelles, la durée du voyage pourrait être notablement raccourcie. Mais cela reste encore de la science fiction.

Les risques de catastrophes lors d’un tel voyage spatial sont innombrables : éruption solaire, micro météorite, panne, pétage de plomb, toilettes bouchées, mauvaise injection orbitale, crash à l’arrivée, tempête martienne, rencontre du troisième pauvre type, élection de Trump (non ça c’est déjà fait), dépressurisation de l’habitacle, météorite (de plus en plus rare mais qui sait), panne sèche au décollage (y a pas de pompes là bas), cannibalisme (rien ne vaut un bon steak). Bref ce n’est pas gagné. A côté, une mission lunaire est une promenade de santé, sauf que, si on devait lancer une mission pour Lune à ce jour, nous n’en serions plus capable. Alors Mars…

Malgré tout ça, si on me proposait d’aller sur Mars, là aujourd’hui, est-ce que je dirai oui ? J’ai un boulot, une maison, une femme et deux ados, c’est le genres d’arguments qui motivent clairement à partir dans l’espace, quitte à ne pas revenir. Après je suis un peu asocial, et 910 jours avec les mêmes têtes, ça risque d’être dur, sauf s’il s’agit de 5 jeunes top modèles pas trop exigeantes et partageuses. Car un équipage, ça se construit intelligemment. C’est là que le bat blesse avec mon hypothétique participation au projet. C’est vrai je suis un climatologue, je pourrais travailler à la compréhension de l’atmosphère martienne et à la prévision de ses tempêtes redoutables. Sauf que j’ai déjà du mal à gérer le climat alsacien, alors martien…

Je ne pars pas battu, bien au contraire, d’ailleurs je suis en pleine négociation salariale avec Elon en ce moment. Mais en attendant mon ordre de mission, qui ne saurait tarder, je vais me revisionner Seul Sur Mars, Mission To Mars, John Carter, Planète Rouge, Total Recall, La Guerre Des Mondes, The Martians Chronicles, histoire de me préparer physiquement et mentalement.


Mars Panorama – Curiosity rover: Martian solar day 2