Un jour sur six

Image

Un jour sur six je suis malade. En moyenne cinq jours par mois, soixante par an, bien plus que mes jours de congé ou mes droits annuels à l’arrêt maladie. Je n’ai pas de pourcentage de handicap, je dois vivre comme tout un chacun.

Un jour sur six en moyenne, parfois deux sur quatre, tout dépend.

Cela commence souvent la vieille, par une forte agitation, une sensibilité exacerbée. Cela continue le matin par un vague à l’âme, un état nauséeux et un mal de tête qui s’installe, pulsant dans le lobe frontal gauche.

Sans médicament, la crise s’intensifie, je ne supporte plus les odeurs, le bruit, la lumière. La douleur augmente, les nausées arrivent et la bombe explose dans la tête, pendant douze à soixante-douze heures selon la crise.

Je ne connais aucune douleur de ce genre, la rage de dent en comparaison est un bonheur. Par chance les triptans, pris à temps, quatre fois sur cinq, étouffent la crise et après une à deux heures, je peux recommencer à vivre presque normalement.

Presque… Je ne mange pas, reste cotonneux, lent, je ne peux plus conduire, réfléchir.

Imaginez-vous ainsi, un jour sur six, parfois au travail, en vacances, le WE, en voyage, chez des amis.

Le stress augmente le risque de crise, rendez-vous important, concert, déplacement, fatigue. Et la crainte de la crise augmente la fréquence des crises. Un cercle infernal. Aujourd’hui, chaque concert provoque une migraine le lendemain. Son trop fort, lumières stroboscopiques, fatigue, excitation, un cocktail explosif. Regrettable pour un chroniqueur de rock mais c’est ainsi, je n’ignore pas que chaque belle prestation de rock se payera le lendemain au prix fort.

Mes proches connaissent les symptômes, voient souvent avant moi la tempête arriver et m’aident à leur manière à la traverser. Alors je ne me plains pas. D’autres personnes souffrent de maladies qui les conduiront assurément dans une caisse de sapin plus vite que moi.

J’ai mes triptans. La morphine quand je peux rester couché à délirer dans le noir.  Lorsque j’étais adolescent et déjà malade, les triptans n’existaient pas et les médecins connaissaient mal cette maladie, ils bricolaient avec des molécules dangereuses ou paniqués vous injectaient une ampoule de morphine. Bien des personnes pensent encore que les migraines c’est un truc de filles, que c’est ‘psychologique’. « Pas ce soir chéri, j’ai la migraine. ». Permettez moi de lâcher un « connards » bien pesé à ces gens qui ne comprennent rien, un jour sur six…

Une personne sur cinq souffre de migraines.

Un jour sur six, une personne sur cinq en France, deux millions de malades tous les jours, à raison de douze comprimés par boite, cela fait beaucoup de doses de triptans vendues.

Je me demande parfois pourquoi la recherche sur de vrais traitements de fond n’avancent pas plus rapidement dans le domaine. Pensez donc, je suis un consommateur régulier, dans un marché de près de deux millions d’euros par jour, rien que pour notre hexagone. Alors pourquoi chercher à soigner la maladie quand on peut calmer la crise et commercialiser des doses ?

Qu’est-ce qu’une journée par semaine après tout ?

Dans mon iPhone n°20

Galerie

Cette galerie contient 12 photos.

Un peu de ménage et de nombreuses chroniques plus tard, mon iPhone se retrouve légèrement moins encombré que d’ordinaire. Les deux semaines à ponts m’ont laissées de temps pour écouter de nombreux albums et même de m’offrir le luxe de … Continuer la lecture

Dix minutes

Image

Mon petit devait passer un entretien pour rentrer dans une école d’architecture à Marseille. A la base, je n’imaginais même pas qu’il serait convoqué, malgré de bonnes notes. Il sortait d’un bac pro…

Nous nous disions qu’au pire l’entretien se déroulerait via Skype comme le propose d’autres écoles.

Mais vendredi, c’était le 13 avril, 13 comme numéro le département de Marseille, 13 comme un vendredi 13. Pas d’entretien Skype, grèves de la SNCF vendredi et samedi, il fallait que notre petit sorte du nid pour se rendre chez les sudistes. Pas de train, pas d’avion aller-retour, une Logan pour tout véhicule, il faillait improviser. Jeudi soir, ma femme, mon fils et moi étions sur nos ordinateurs et smartphones à la recherche de la bonne combinaison à pied à cheval, en voiture : avion, trottinette, nage, train, cheval, voiture, stop, marche à pied, téléportation, vélo, fusée, bateau…

Après moultes recherches, contacts, la solution viendra de Blablacar et Airbnb.

  • Vendredi 13 – Illkirch – Strasbourg 15 min
  • Vendredi 13 – Strasbourg – Manosque 8h00
  • Samedi 14 – Manosque – Marseille 1h30
  • Samedi 14 – Marseille Prado – Ecole nationale supérieure d’architecture de Marseille 50 min
  • Samedi 14 – Ecole nationale supérieure d’architecture de Marseille – Boulevard de Font Ségune 40 min
  • Dimanche 15 – Boulevard de Font Ségune – Gare Saint Charles 35 min
  • Dimanche 15 – Marseille – Strasbourg 8h00
  • Dimanche 15 – Strasbourg – Illkirch 15 min

Trois jours dont vingt heures de transport pour dix minutes d’entretien.

C’était le plan. Mais voila. Le Blabacar Marseille – Strasbourg fait le mort, du coup nous réservons un billet de train retour pour le dimanche en espérant que le train circulera. Ensuite l’hôte de la chambre Airbnb validée, nous informe qu’elle est en vacances pour deux semaines, que son compte a été piraté. Du coup réclamation auprès Airbnb et recherche d’une nouvelle chambre dans le coin. Une vraie galère : les chambres annoncées disponibles ne le sont pas ou les propriétaires sont absents, bref l’horreur. Quatre réservations Airbnb, deux annulations, un remboursement, une réclamation, trois réservations Blablacar, un changement de point de départ, une annulation. Les voyages 2.0 ne forment pas la jeunesse, ils cassent les c…… des parents. Vivent les hôteliers, Air-France et la SCNF !

Notre tout petit (1m85) à peine sorti du nid (18 ans) et qui ne s’est jamais aventuré très loin de la maison, partait tout seul à l’aventure, à Marseille, la ville du sud, de la violence, du crime, des règlements de comptes, de la mafia, des hommes politiques véreux.

Biomasse

Image

Le bio envahit tous les rayons de nos magasins. Fruits, légumes, viandes, il est de bon ton de manger bio, c’est bien pour la planète, c’est bien pour notre corps. Le commerce équitable est également à la mode, faire en sorte que le producteur perçoive une juste rétribution pour son travail. Des concepts inventés par les riches pour se donner bonne conscience alors que la masse se noie dans la mal bouffe faute de moyens ou de sensibilisation au sujet.

Le bio c’est bien. Moins de pesticides, une culture raisonnée, mais le bio acheté à plus de mille kilomètres est-ce bien écolo ? Les tomates qui poussent au Maroc en hiver, même si elles sont bio, n’est-ce pas un peu du foutage de gueule ? Déjà les tomates en hiver, sérieusement. Mais des tomates poussant dans des serres chauffées sur des terres quasi désertiques et transportées par avion pour arriver dans vos assiette, est-ce bien raisonnable tout ça ? Bio peut-être, mais pas écolo. Quant à parler d’équitable, là…

L’idéal serait le circuit court. L’agriculteur du coin, proposant ses produits bios de saison, fruits et légumes, fromages, lait, viandes aux consommateurs proches de chez lui. Une sorte de retour au temps anciens quelques part, quand j’allais chercher les œufs et le lait à la ferme. Sauf que, pour distribuer, il faut transporter ou vendre sur le marché. Si tout le monde prend son 4×4 diesel pour aller à la ferme, le circuit court devient soudain très long, si l’agriculteur fait le tour de ses clients avec des paniers garnis, c’est un peu la même chose. Et puis, aujourd’hui, il y a des restrictions sanitaires, le lait ne se vend plus ainsi, ne parlons pas de la viande, restent les fromages, les fruits et les légumes, mais pour combien de temps ?

Ce qui me fait hurler de rire, ce sont ces pâtes à tartiner bio préparées avec des produits issus du commerce équitable. De la pâte à tartiner, sérieusement… De l’huile de palme oui mais bio et raisonnée. Attention, ça change tout. Bio ou pas, équitable ou non, raisonnée ou pas, de la pâte à tartiner au chocolat reste un concentré de sucres et de graisses avec un peu de cacao et quelques noisettes, une usine à obèses.

Le commerce équitable est un concept très bobo. Même si cela part d’une bonne intention, acheter du café ou du cacao dont l’argent profite réellement au producteur. Il ne faudrait pas toutefois perdre de vue que ceux qui contribuent à ce système en oublient ce qui se passe en France avec la filière laitière, bovine ou ovine. Certains de nos agriculteurs ne vivent même plus de leur production au vingt et unième siècle. Cherchez l’erreur.

Vous voulez un vrai circuit court bio équitable ? Cela s’appelle un jardin potager, votre potager. Le printemps est là, au boulot !

Aliénation

Image

Qu’il soit illégal ou du nord, l’alien reste un alien.

Chef d’oeuvre de Ridley Scott en 1979, la licence se déclina ensuite en « Alien, le retour » (1986), « Alien 3 » (1992), « Alien la Résurection » (1997), des continuations plus ou moins réussies, du moins nettement inférieures au premier film.

Puis en 2012, sortait « Promotheus », un préquel qui redonnait ses lettres de noblesse au genre, une réelle réussite visuelle et même scénaristique. C’est avec donc impatience que j’attendais la suite de cette histoire prometteuse. En 2017 je loupais le coche (je vais rarement au cinéma) et ce n’est qu’une année après que j’ai pu regarder, au chaud dans mon salon, « Alien Convenant ».

Le vaisseau de colonisation Convenant reçoit de plein fouet une émission de neutrinos venus d’une étoile mourante et doit stopper ses machines par réparer les avaries. Lors de l’EVA, pour tendre la voile solaire, un des astronautes reçoit un message dans son casque, un message humain venant d’une planète proche.

A quelques semaines de vol, une planète idéale pour l’homme leur tend les bras. Plutôt que retourner au congélateur pour sept années, pourquoi ne pas faire un petit détour vers ce monde paradisiaque. Piège ? Bien entendu, sinon ce ne serait pas drôle.

Il faut croire que les continuations ne sont pas le fort du bon Ridley. Scénario affligeant, images décevantes, personnages grossièrement esquissés à part David, l’androïde, l’histoire, prévisible à souhait, ne fait pas peur, est à peine gore et exploite assez mal le magnifique « Promotheus ». Le Point y voyait un alien biblique, j’y vois une daube cinématographique abyssale, une de plus.

La langue de Molière

Image

J’expliquais à mon fils à table, un soir, que la langue française est riche en subtilités alors qu’il utilisait le mot tiroir pour placard. Pour l’exemple, car il ne semblait pas convaincu par la différence et également pour faire rire la galerie, je lui demandais : « Tu préfère te faire tirer ou te faire plaquer ? ». Je pense que cette leçon est retenue pour cette fois.

Notre belle langue use de nombreuses expressions fleuries pour éviter d’aborder frontalement un sujet délicat :

  • « Vous la portez à droite ou à gauche ? » demande le tailleur lorsque vous vous faites tailler un costume sur mesure (j’ai bien dit un costume).
  • « La secouer plus de trois fois c’est pécher mon fils. », du moins c’est ce que qu’affirmait le prêtre aux yeux caressant lorsque nous nous attardions trop longtemps aux toilettes lors des cours de catéchisme.
  • « Vous avez fait votre petite toilette ? » me demandait chaque jour l’aide soignante à l’hôpital alors que je n’avais pas le droit de bouger le petit orteil. Petite toilette, de quoi voulait-elle parler ? De ça ? petite petite…
  • « Et le monsieur, il fait pipi sur ses chaussures ? » demande à chaque fois notre vénérable médecin du travail aux agents qui ont dépassé la cinquantaine. Ben oui, ça arrive, quand je suis bourré…

Tout ça pour dire que les mots sont précieux, ils peuvent être très précis comme élusifs. Trouver le juste mot, l’adjectif approprié, éviter les « faire », les « être », les « on » embellit les textes et nous oblige à enrichir un vocabulaire parfois très pauvre. Je m’efforce, autant que faire se peu, à donner du style aux chroniques et aux articles, de varier, de trouver les mots justes. Mais ce n’est pas chose aisée. J’aime les mots, les phrases, j’aime lire, même me relire (oui, c’est narcissique je l’avoue) quand les phrases possèdent une belle tournure. J’enquiquine les rédacteurs du webzine en proposant de nouvelles tournures de phrases pour leur chroniques quand Lolo lui corrige l’orthographe défaillant et je m’énerve à chaque fois des tags HMTL mal fichus noyés dans le texte (les pauvres). Dans mes rêves les plus fou je voudrais atteindre la perfection de Marguerite Yourcenar (prétentieux en plus), des phrases courtes, musicales et ne contenant que l’essentiel.

Peut-être qu’un jour, je me lancerais dans l’écriture d’un roman, ce ne serait que le troisième tentative. Bien évidement, il s’agirait d’un roman de science-fiction, du moins pour le premier et une fois que le prix Hugo ornerait ma cheminée, je pourrais commencer les mémoires d’un chroniqueur de rock progressif ou une anthologie du prog de 1969 à 2050 qui sait ?

En attendant je noircis ce blog, encore un billet inutile… Heu et pourquoi cette illustration ? le billet parlait de la langue de molière et évitait soigneusement le mot bite, alors j’ai recherché les mots clefs Molière et bite sur Google. Molières 2015, l’acteur Sébastien Thiéry montre sa bite lors de la cérémonie.

La journée de la femme

Image

Hier, c’était la journée de la femme et mon épouse a découvert mon blog. Je l’avoue, je ne suis pas très malin, je lui parle du buzz qu’a fait de l’article sur la désaffection des concerts en France et elle me demande si elle peut le lire, alors je lui donne le lien du blog, logique non…

Elle a tout d’abord ri un peu puis m’a regardé bizarrement. J’étais très mal. Alors pendant qu’elle parcourait les articles fébrilement, je me suis hâté d’effacer les plus compromettants dans son dos.

Le sex toy l’a fait hurler de rire, comme toi tout arrive, mais c’était avant de tomber sur sa photographie en grand format. Je ne suis pas certain de pouvoir la photographier de sitôt maintenant, ou alors en cachette. J’espère qu’elle n’est pas encore arrivé à l’histoire de la salle de bain sinon je vais me prendre un sérieux savon.

Elle a voulu partager ma prose avec nos ados et là j’ai hurlé « STOP ! ». Imaginez que mes gosses découvrent le père indigne que je suis réellement. Ensuite elle m’a demandé pourquoi je ne faisais pas plus de publicité autour de mon oeuvre. Comment lui avouer que ce blog est avant tout une thérapie,  et qu’avec ce qu’elle dépense pour la musique, je n’ai plus les moyens de me payer des séances chez un spécialiste. En plus, si mon employeur le lit, je me ferai virer.

Arrivé à ce ligne de l’article, vous vous rendez bien compte que je n’avais aucun billet à poster aujourd’hui et que ces quelques mots s’adressent presque exclusivement à mon épouse que j’aime et qui, je l’espère, va cesser rapidement de lire les inepties couchées dans ce blog.

Hier, c’était la journée de la femme…

Persil, poivre et basilic

Image

Vous voyez le pic à droite sur le graphique juste en dessous ?

Cela se nomme l’effet Franck Carducci. Un truc comme les suites de Fibonacci. Tout a commencé par un innocent coup de sang sur un blog anonyme connaissant une dizaine de visiteurs les bons jours, un article partagé par un artiste sur Facebook et qui a rapidement été partagé à nouveau et commenté. Le « Pourquoi Ducros il se décarcasse » à fait un modeste buzz dans l’infosphère des musiciens et des amateurs de rock, avec près de  quatre cent lecteurs hier. Quand je disais que les gens passaient plus de temps sur internet et devant la télévision qu’aux concerts… Avec quatre cent personnes, Blind Ego aurait fait salle comble.

Je suis quand même content que cet article est rencontré un bon écho mais j’espère que ces lecteurs occasionnels n’iront pas plus loin dans l’exploration du blog, car ils pourraient prendre peur très rapidement.

Vous avez beaucoup de chance, tous mes billets commencent par des brouillons. Et régulièrement, je jette ces brouillons à la poubelle, soit parce qu’ils sont trop mauvais, soit parce qu’ils sont trop agressifs, soit parce que ce sont des torchons ou qu’ils sont franchement politiquement incorrects.

Il faudrait que le crée un second blog pour ces articles là, ce serait la Poubelle de Neoprog.

Que vous ai-je donc épargné ?

  • Mes fesses, tout d’abord, des auto portraits réalisés dans la plus stricte intimité dévoilant les fondements de ma personnalité.
  • Une longue diatribe sur l’athéisme suite au projet de loi tunisien sur la religion, des fois il y a des sujets qui m’agacent.
  • Mes états d’âme sur un aveu candide de bisexualité.
  • Un truc épouvantable reliant la souffrance et les amateurs de rock progressif.
  • Des poèmes d’amoureux transi écrits lorsque que j’étais puceau.
  • De nombreux billets sur la fonction publique moribonde que mon devoir de réserve m’empêche de publier.
  • Une compilation des retours de mon fan club, il faut dire que l’article ne contenait que le titre.
  • Des textes que j’ai imaginé en m’endormant et oublié le matin au réveil.
  • Mes diverses et hasardeuses expérimentations médicamenteuses pour soigner les migraines.
  • Un best of des doux messages envoyés par les artistes qui n’ont pas appréciés nos chroniques.
  • Le roman de science-fiction que j’ai écrit étant étudiant.
  • Une compilation des photos de concert ratées (faudrait que je le fasse celui là en fait)
  • Un billet sur les trucs que je vous ai épargné… ah ben non, celui-la je l’ai publié.
  • Les univers de jeu de rôle que j’ai imaginé, les suppléments pour Bitume MK5, les campagnes de Légendes Celtiques et autre œuvres majeures qui traînent dans le grenier.
  • La fois où j’ai gardé une sonde urinaire pendant une semaine.
  • Un nouveau billet qui vous expliquerait qu’écouter du mp3 sur un baladeur ou une chaîne de merde, c’est mal, parce que, j’ai beau l’écrire, j’ai l’impression que les gens ne comprennent pas.

À quoi ça sert que Ducros se décarcasse ?

Image

Sérieusement, je suis en colère.

À quoi ça sert que Ducros se décarcasse ?

Samedi dernier j’étais à un concert, à 200 km de la maison, pour voir un groupe de rock qui ne faisait qu’une seule date en France au cours de leur tournée.

Trois passionnés de musique, consacrent leur temps libre à organiser des concerts, faire venir des groupes, qui sinon ne joueraient jamais dans l’hexagone. Ils se démènent, ne comptent pas leurs heures, prennent d’importants risques financiers et le public n’est pas souvent au rendez-vous.

Une centaine de personnes seulement, dans une salle qui peut en contenir plus du triple. Une perte financière sèche pour leur association, une perte qui pourrait mettre en péril leurs prochains événements.

Ils ne gagnent rien, si ce n’est le plaisir d’accueillir les artistes qu’ils aiment dans une petite salle de concert conviviale mais les gens ne viennent pas.

Après ça j’entends les amateurs de rock se plaindre que les groupes ne se produisent pas en France, qu’il n’y a pas de concert près de chez eux, qu’en France, le rock c’est la misère.

Oui c’est la misère, le public ne vient pas aux concerts. Elle est là la misère… Le français va au concert comme à la messe, pour aduler son dieu, pas pour découvrir de nouvelles musiques, pas pour passer un moment convivial entre amis en écoutant un groupe et en buvant une bière comme en Allemagne. Si les artistes ne sont pas de leur paroisse, les français frileux restent au chaud chez eux à regarder la télévision ou à zombifier sur Facebook au lieu de découvrir de nouveaux horizons musicaux.

Ceux qui ne sont pas venus samedi aurait mieux fait de bouger leurs fesses. Le concert était fabuleux, même avec une audience réduite, le groupe a fait le show. Nous nous sommes retrouvés entre amis et passionnés de rock, fous furieux émerveillés, à écouter un groupe qui ne repassera probablement de sitôt en France, préférant d’autres contrées où le public répond présent.

Et ne me dites pas qu’un concert c’est cher. Au lieu de vous rendre un fois par an au Zénith écouter un Johnny ou un Polnareff en fin de vie, vous pourriez vous rendre cinq fois, pour le même prix, dans une petite salle afin de découvrir un jeune groupe talentueux.

Lorsqu’il arrive que des artistes me contactent pour organiser une tournée, je leur conseille des salles en Allemagne, en Suisse, en Belgique et très rarement en France. Pourquoi pas en France ? Parce qu’il est très compliqué, voir impossible, sans passer par un réseau professionnel, de réussir organiser un concert, et lorsque l’on y arrive, le public ne se déplace pas.

L’unique option, ce sont justement ces associations, celles qui louent les salles pour organiser des événements. Elles sont très sollicitées. Mais si personne ne vient à leurs concerts, elle finiront pas jeter l’éponge. Nous n’aurons plus qu’à nous rendre à l’étranger pour assister à des concerts ou bien nous convertir à la chanson française et au bal musette.

Les gros niqueurs

Image

En préambule, je voudrais avertir le lecteur : je suis très seul, je passe ma vie sur un blog et je recherche des amis. J’espère que cet édifiant article m’ouvrira de nombreuses amitiés dans l’univers impitoyable de la musique…

Les chroniqueurs seraient-ils tous des musiciens ratés ?

Prenons mon cas à moi qui parle de moi moi moi et qui est une bonne extrapolation de la population moyenne des chroniqueurs, parce que c’est moi quoi, encore que je me classe plutôt au sommet du tableau.

Clairement je suis un musicien raté. Tout jeune, je rêvais d’être Armstrong et Gabriel. Non pas Louis et l’ange mais Neil et Peter. Oui les deux à la fois, l’astronaute qui pose le premier pied sur la lune en chantant « Oh Biko, Biko, because Biko » habillé tout de blanc devant des millions de téléspectateurs. Contradictoire ? Franchement, je ne vois pas pourquoi…

Tout petit déjà je faisais de la musique sur un piano électrique, avec un Commodore 64 comme synthé. Je composais, j’écrivais des textes et je chantais : « la la lolo lili lu la la… ». Mes voisins étaient des saints. Inutile de vous le dire, j’étais très mauvais, surtout sur deux claviers, lançant des loops sur le C 64 pendant que je plaquais des accords mineurs sur mon piano. C’est à cette époque que j’ai composé un air inoubliable en trois accords septièmes, « Bouffer, boire, baiser ». Il a résonné dans la résidence universitaire les soirées de beuverie. Pathétique aurait dit Beethoven.
– Quoi ? qu’est-ce qu’il dit ?
Bref… Je me croyais musicien.

Un jour j’ai épousé une pianiste, la plus grave erreur de ma vie… (enfin bon pas tant que ça puisque cela dure depuis 25 ans). Dès lors j’ai compris que je ne serais jamais chanteur, encore moins claviériste de groupe de progressif, à leur rigueur dans une formation punk.
– Mais y a pas de clavier dans le punk ?
– Justement…

Je connais hélas nombre de chroniqueurs qui ratent de la guitare, pardon tâtent (putain de correcteur orthopédique), massacre du clavier, et cassent du petit bois à la batterie. Il y en a même qui chantent, enfin qui crient comme des gorets que l’on égorge. Musiciens ratés, ils sont devenus chroniqueurs. Mais pourquoi chroniquer lorsque l’on est incapable de faire le centième de ceux que l’on critique ? Pour se venger bien sûr !

Lorsque l’on est un musicien contrarié ou raté, quoi de plus jouissif que de mettre en boite ceux qui possèdent du talent et essayent d’en vivre ? Une fausse note, un quart de temps de retard, un accord un peu convenu, un emprunt à un des monstres sacrés et paf, c’est la sanction. « Heu l’autre il est trop nul, il ne sait même pas tenir à 4/7 sans se vautrer, quel bouffon, moi je suis sûr que si ma maman m’avait laissé aller au conservatoire et qu’à Noël, au lieu des playmobils j’avais reçu un Steinway, j’aurais fait mieux que lui. ». Mais oui bien sûr…

Les chroniqueurs détestent les musiciens, ils sont jaloux de leur aura, de leurs folles nuits sex drug & rock & roll, c’est à dire six cent kilomètres de voiture, tassés à cinq avec les claviers, les guitares, la batterie, les câbles et les sandwichs jambon beurre pour trente minutes de set dans un salle déserte et un cachet de cinquante euros les bons jours.

Plutôt que d’écouter la musique, le chroniqueur cherche la faille, l’enregistrement à bas prix, le manque d’inspiration. « Comment ça c’est dur de se renouveler ? Tu es un artiste non ? ».

Pour le chroniqueur, la critique est aisée. Pour l’artiste, elle est cruelle… Quelques mots piquants peuvent mettre à bas le travail de plusieurs mois. Il ne s’agit pas de cirer les pompes ni de porter aux nues les musiciens, il s’agit d’être juste, d’exprimer son ressenti sur la musique, de mettre en avant des coups de cœurs et expliquer pourquoi vous ne serez jamais capable d’être aussi inspirés qu’eux. Car pour la plus grande part, les musiciens sont des artistes, pas des commerçants. Ils vendent pour vivre et non l’inverse. Nous les chroniqueurs, nous ne sommes que vautours qui profitons de leur talent pour parler de nous, des artistes ratés, qui, avec nos mots dissonants, parlons de symphonies.