Lazuli – Etre et ne plus être

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Depuis des années, nos amis de Lazuli racontent sur scène et toujours avec le sourire, la dépression qui nous habite en ces temps de réchauffement climatique, de connerie humaine, de guerre, de montée du fascisme et de violence ordinaire.

Être et ne plus être, leur dernier album, paru le 30 janvier, le groupe ne va pas déroger à la règle, bien au contraire. En douze titres, Dominique raconte notre société en posant un regard souvent pessimiste sur l’humanité.  Et plus que jamais, Être et ne plus être est un album à texte. 

D’ailleurs la musique se fait plus discrète, usant de nouvelles sonorités, délaissant les grandes envolées de guitares et de léode pour mieux laisser entendre les paroles. 

Certes, il y a Romain qui se prend pour Rachmaninov dans ‘Quel dommage’, Arnaud qui joue quelques notes de blues, la léode qui miaule occasionnellement et la guitare acoustique solitaire de Dominique dans ‘L’instant’, n’empêche, cet album est différent.

D’abord, je n’aime pas vraiment la pochette avec ces trois bustes de glace qui fondent dans une flaque d’eau.

Ensuite les paroles me paraissent moins légères qu’à l’accoutumée. Elles sont empreintes de tristesse, de désolation, j’irai même jusqu’à dire déprimées.

Tout n’est pas désespéré bien sûr dans les mots de Domi, il y a encore de l’amour comme dans ‘Chaque jour que soleil fait’ et de la nostalgie dans ‘L’instant’ mais vous entendrez surtout beaucoup de désillusion et d’amertume comme dans ‘Quel dommage’.

Citons par exemple ‘Etre et ne plus être’ qui nous rappelle notre insouciance face au désastre climatique comme dans ‘Une chanson Cherokee’, l’humour noir de ‘Sourire’, le retour de la colère dans ‘Matière Première’, la mal bouffe de ‘Mon body se meurt’, des états d’âmes que résume bien le dernier morceau de l’album ‘Au bord du précipice’.

Ce sont les titres ‘Quel dommage’, ‘Être et ne plus être’ et ‘Matière première’ qui m’ont immédiatement interpellés par leurs paroles comme la musique.

J’ai eu plus de mal avec ‘Les 4 raisons’ et ses chœurs. Et que dire de la musique très épurée de ‘Au bord du précipice’ qui m’a tout d’abord surprise.

Il me faudra peut-être plus de temps que d’habitude pour adopter Etre et ne plus être, car il est très différent des autres albums de Lazuli (ce qui est toujours une bonne chose d’après-moi). 

Mais je suis certain qu’il va entrer dans la liste des albums que j’écouterai très régulièrement cette année.

Alors, foncez l’acheter, c’est un album que j’aime beaucoup, garanti sans IA, réalisé par des êtres humains laborieux, sensibles et faillibles.

Ils seront Chez Paulette vendredi 3 avril à Pagney derrière Barine près de Toul, pour l’anniversaire de l’association ArpegiA et joueront en première partie de Marillion sur la tournée française du groupe. Surtout ne les manquez pas.

Caviardage

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Publier des chroniques musicales sur une plateforme vidéo mainstream ne possède pas que des avantages. 

Déjà, lors que vous mettez des extraits sonores, les maisons de disques vous tombent dessus pour faire valoir leurs droits. Par exemple, lorsque je mets vingt secondes d’un morceau de Royal Sorrow, de Avkrvst ou de Dream Theater, ma vidéo est interdite dans certains territoires. Une fous, j’ai même dû retirer un extrait de la chronique pour pouvoir la mettre en ligne.

Il y a également la limite d’âge imposée par l’algorithme, le fameux « cette vidéo est-elle destinée aux enfants ? » qui va réduire drastiquement ma maigre audience.

Enfin, certains mots sont proscrits sur la chaîne. Il faut rester politiquement correct, ne pas parler de sexe, de suicide et que sais-je encore. J’ai expérimenté pour la première fois cette censure avec le groupe Suffocate for fuck sake dont le nom contient un mot interdit. « Cette vidéo est soumise à une limite d’âge. Les spectateurs doivent être âgés d’au moins 18 ans pour la visionner. ». Autant dire que la chronique de to rest in the trust, that creates the world a réalisé un score pitoyable puisqu’il fallait avoir un compte sur la plateforme pour la visionner.

Le problème c’est que je me complets souvent dans les albums sombres, violents ou glauques. Du coup, je suis contraint de m’auto censurer pour éviter la classification 18 ans et plus. Je m’interdis les mots grossiers, les allusions scabreuses et tout ce qui pourrait traumatiser les parents d’adolescents connectés sur le Darknet.

Mais des j’oublie et je me lache. Dernièrement, alors que je venais de terminer l’enregistrement de la chronique de please, du groupe The Reticent, j’ai réalisé que le mot ‘suicide’ était prononcé à trois reprises dans la vidéo. Je me suis aussitôt dit que cette chronique allait être censurée par l’algorithme. Alors comme pour le rapport Ebstein, j’ai caviardé l’enregistrement, remplaçant le mot coupable d’incitation au suicide par un bip disgracieux.

Je n’en suis pas fier. J’ai cédé à la pression du système. Mais que voulez-vous, avec trois cents abonnés et une quarantaine de vues par vidéo, je ne peux pas me permettre d’être censuré.

HamaSaari – Pictures

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Le premier album de l’année 2026 est français, enfin pour moi. Il s’agit de Pictures du groupe HamaSaari.

J’avais découvert le groupe en live l’an passé au P8 à Karlsruhe et je suis tout de suite tombé amoureux de leur premier album Ineffable. Du coup j’attendais avec impatience la sortie de Pictures. Mais comme c’est souvent le cas chez moi, lorsque j’ai trop d’attente, je suis souvent déçu à l’arrivée.

Pictures n’a pas dérogé à la règle. Ma première impression fut des plus mitigée.

Pictures, se sont sept morceaux de cinq à six minutes pour moins d’de trois quarts d’heure de musique.

Sur cet album il n’y a plus de claviers (enfin il me semble), juste des guitares et une section rythmique. Les morceaux se partagent équitablement entre acoustique et électrique, certains sont épurés (‘Under the Trees’), d’autres nettement plus nerveux, un peu comme dans Ineffable mais en moins contrasté.

L’album s’inspire des mythes et légendes, des civilisations disparues, des rêves, de la réalité comme de la fiction. Enfin, c’est ce qu’écrit le groupe, car sans les paroles, je n’en sais pas vraiment plus.

Vous entendrez des références appuyées aux guitares de Porcupine Tree dans ‘Below the Lightnings’, ‘The Wild Ones’ ou encore ‘Home’, du Marillion sur ‘Lost In Nights’ (‘Ocean Cloud’),  ainsi qu’un peu Pink Floyd saupoudré partout ou encore de Karnivool. Bref des touches de rock progressif et de post rock sur une écriture très alternative.

Je n’ai pas aimé la brusque entrée en matière de Pictures avec la guitare qui ouvre ‘Below the Lightnings’. Je trouve cette approche trop directe. Le morceau aurait été plus à sa place un peu plus loin dans l’album.

Je n’ai pas non plus retrouvé la fraîcheur qui me plaisait tant dans Ineffable et plus j’écoute l’album, plus je lui trouve trop de points communs avec Porcupine Tree. Après, ce n’est pas forcément un défaut.

J’ai également trouvé que le titre acoustique ‘Under the Trees’ tournait un peu en rond avant d’en goûter toute la saveur.

Il m’a fallu du temps pour apprivoiser les sept morceaux. J’ai tout d’abord accroché aux titres les plus énervés composés par HamaSaari : ‘The Wild Ones’ et ‘Our Heads Spinning’ par exemple.

‘Frames’ est celui que j’ai adopté immédiatement, peut-être grâce à la présence de la bassiste et chanteuse malgache Christelle Ratri du groupe Kristel qui accompagne Jordan au chant. Je me suis réconcilié tardivement avec l’entrée en matière de ‘Below the Lightnings’, même si à chaque fois que j’écoute l’album, je suis surpris par son absence d’ouverture.

Je n’ai pas immédiatement adopté Pictures contrairement à son prédécesseur Ineffable, Il m’aura fallu pas mal d’écoutes pour rentrer dedans et je lui préfère toujours leur premier album sorti en 2024.

La proximité de plusieurs morceaux avec Porcupine Tree n’est sans doute pas étrangère à ce désamour. C’est souvent quelque chose qui m’agace. J’aime bien que les groupes prennent leurs distances avec leurs modèles.

N’empêche, j’ai hâte de revoir le groupe en live et je vous recommande quand même fortement la découverte de leur second album Pictures.

Sic Mundus – Universum

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Après pas mal de chroniques de métal, je reviens vers vous avec un jeune groupe de rock progressif, polonais qui plus est. Sic Mundus a été fondé en 2021 par Andrzej et Artur, respectivement claviériste et bassiste.

Et Universum est leur second album après Illusions sorti en 2023. Neuf morceaux de quatre à onze minutes, sans parler de l’instrumental bonus qui dépasse les dix-huit minutes.

Vous-vous doutez bien de la raison qui m’a poussé à écouter Universum, c’est sa pochette évidement. La couverture et les peintures signées Jarosław donnent vraiment envie de s’offrir l’édition vinyle ou CD. Un paysage hanté par les ruines corrodées d’une ancienne civilisation disparue.

Même si le projet s’est largement étoffé depuis ses débuts avec maintenant trois autres musiciens sans parler des invités, la musique de Sic Mundus est fortement marquée par la présence de ses deux membres fondateurs.

En effet, dès le premier morceau ‘The Road To Nowhere’, la section rythmique impose son tempo dansant sur des claviers très présents. Pour le reste, il y a beaucoup d’instruments sur cet album, outre les claviers parfois très symphoniques. Vous entendrez par exemple du saxophone et de la trompette en plus des instruments habituels d’un groupe de rock progressif.

Mais commençons par ce qui fâche :

Le titre bonus, présent sur le deuxième CD, n’est absolument pas raccord avec le reste de l’album. Il fait penser à du Lunatic Soul ou du Ozric Tentacles mais sans réel contenu. Je l’ai écouté deux fois et il n’y aura pas de troisième tentative.

Par chance, tout l’album n’est pas du même tonneau.

Pour situer Universum dans la sphère progressive, je vais faire des comparaisons, qui bien entendu, n’engagent que moi. Le chant de Mikolaj comme la musique (particulièrement dans ‘The Wheels Of Time’ et ‘Digital Slave’) me font penser au groupe Pain of Salvation lorsque l’ensemble de l’album me ramène plus vers le travail de The Ancestry Program, sans doute pour la richesse des compositions.

Mais le premier morceau assez bondissant, ‘Road To Nowhere’, dont j’ai parlé au début, me rappelle beaucoup le groupe brésilien Aisles.

Il y a même un titre très symphonique qui termine l’album (avant le morceau bonus). Il s’agit de ‘Argatha’ long de onze minutes. Il possède un petit air de Rondo Veneziano (et venant de moi ce n’est pas forcément un compliment). Vous y entendrez une orchestration numérique superposée à de la batterie, de la guitare et de la basse sans parler d’une trompette qui s’invite sur quelques soli. La pièce hésite entre le mauvais goût et le rock progressif de haut vol (la limite étant toujours difficile à discerner entre ces deux exercices).

Mais dans l’ensemble Universum est un bon album qui réussi presque à être original sans être révolutionnaire.

Je n’irai pas jusqu’à acheter le vinyle ou le CD malgré son artwork plutôt réussi et j’oublierai rapidement le disque, n’empêche, je vous recommande d’y jeter une oreille à l’occasion, il pourrait vous plaire.

D’ici là portez-vous bien, achetez vite vos billets pour Lazuli, Airbag et Big Big Train Chez Paulette.

The Reticent – please

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J’ai découvert le groupe The Reticent en 2020 avec l’album The Oubliette qui parlait d’une personne souffrant de la maladie d’Alzheimer.

Le trio de Caroline du Nord, devenu duo avec l’album please, se complet manifestement dans les thématiques glauques comme le suicide dans On The Eve A Goodbye sorti en 2016.

Leur dernier album parle d’une personne souffrant d’une maladie mentale, un récit autobiographique, ce qui le rend encore plus sombre. please se sont dix titres de deux à huit minutes dont quatre interludes instrumentaux comprenant une narration qui débutent par une étude statistique sur les suicides.

Chant clair et growl se percutent sur un rock alternatif et progressif parfois musclé qui vous fera inévitablement songer à du Porpupine Tree en nettement plus torturé.

please est l’appel désespéré à l’aide d’une personne souffrant de dépression et que personne ne veut écouter. Une souffrance en silence qui le pousse au bord du précipice. Et si vous lisez l’anglais, prenez le temps de vous imprégner des paroles du livret, elles sont terribles !

Seulement deux musiciens œuvrent ici, James Nelson aux guitares et de Chris Hathcock pour tout le reste. Vous entendrez également Brian Kingsland au growl sur ‘The Bed Of Wasps’  et Vienna Gloom pour la narration. Mais malgré le faible nombre d’artistes présents, l’album se révèle d’une grande richesse comme d’une noirceur insondable.

‘The Bed Of Wasps’ est certainement le morceau le plus difficile à aborder de l’album. Il n’est que hurlé, et pas qu’un peu, ensuite il ressemble plus à du death metal que du progressif, enfin, les textes sont complètement flippants. Si nous ne saviez pas ce que vit une personne en pleine dépression, lisez et écoutez.

Mais tout n’est pas aussi violent heureusement, même si l’album reste du noirceur sans fin.‘The Riptide’ est justement un bon exemple de morceau calme et sombre, très wilsonien d’ailleurs comme ‘The Chance’ qui suit juste après), dans lequel notre personnage se noie au fond de sa dépression.

Je pourrais reprocher à The Reticent de ne pas avoir beaucoup évolué dans sa formule. Du prog alternatif à la manière de Porcupine Tree mâtiné de growl racontant des histoires absolument terribles. J’y retrouve beaucoup les intentions et la forme de the oubliette mais j’avoue que malgré ce peu d’évolution depuis ses débuts, le projet m’impressionne toujours autant. 

Et autant vous prévenir tout de suite, the oubliette était easy listening comparé à please qui touche vraiment le fond. N’empêche, je ne peux que vous recommander ce magnifique album après avoir demandé un avis médical bien entendu.

Monkeys On Mars – Monkeys On Mars

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Après le voyage sans retour de la chienne Laïka dans l’espace, ce sont maintenant des singes que l’on va envoyer sur Mars. Ils ne savent plus quoi inventer.

C’est Stéphane Gallay qui m’a fait découvrir Monkeys On Mars, la compression de deux groupes de stoner, Mars Red Sky et Monkey 3.

Je ne vais pas vous mentir, je ne suis pas un inconditionnel de ces deux formations françaises et suisses. Pourtant, lorsque j’ai écouté cet EP, symbiose de leurs deux démarches musicales, j’ai immédiatement accroché.

L’EP Monkeys On Mars ne comprend que trois titres pour vingt-huit minutes de musique, deux grands formats et un petit morceau de trois minutes qui n’est autre que la version edit du premier morceau. Les pièces empruntent principalement au psychédélique et au space rock avec des sonorités vintages pour faire bonne figure. Un EP majoritairement instrumental chantées par Julien Pras du groupe Mars Red Sky.

Le premier titre, long de dix minutes, s’intitule ‘Seasonal Pyres’, les bûchers saisonniers. Un long texte empreint de multiples connotations religieuses, qui reste, après plusieurs lectures, relativement ésotérique. Libre à vous de l’interpréter comme il vous plaira. La pièce prend son temps pour se mettre en place sur des claviers space rock avant l’arrivée de la basse et de la guitare. Le chant quasi féminin de Julien, prend alors la relève sur un rock progressif où les guitares ont le beau rôle.

‘Hear The Call’, le titre le plus long de l’EP du haut de ses treize minutes instrumentales,  baigne dans de fortes influences orientales. Un titre en trois grandes parties qui débute par une longue section space rock cinématique avant de nous guider en Orient puis de nous plonger dans du psychédélique au solo de guitare hallucinogène.

Bien évidemment, vingt-huit minutes, c’est bien trop court, surtout lorsque trois de ces minutes reprennent le premier morceau en version edit. Mais voilà, c’est très bon, alors pourquoi bouder notre plaisir ?

Le groupe passera au P8 à Karlsruhe en Allemagne le 25 avril, la dernière date d’une longue tournée européenne, je vais essayer d’en être.

Je vous engage fortement à découvrir cet excellent EP, il est à petit prix sur Bandcamp, alors ne vous privez pas.

Unprocessed – Angel

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Ce n’est pas la première fois que je vous parle du groupe Unprocessed ici. J’ai chroniqué leur précédent album …and everything in between et j’ai même vu le groupe en première partie de Tesseract l’an passé. Et, oui, j’aime ce métal progressif écartelé.

Le quatuor allemand vient de sortir Angel, leur sixième album en dix ans. Treize titres au format radio alternant growl caverneux, voix d’ange et même slam sur du djent électro qui frise parfois le gros poutrage et part dans toutes les directions. Et des fois, ça n’est pas facile à suivre.

Cette fois, j’ai eu du mal. J’ai acheté l’album à sa sortie fin octobre 2025 et ce n’est qu’aujourd’hui que j’ose m’y attaquer. Car attaquer est le bon terme.

Ne nous mentons pas, le quatuor ne s’est pas vraiment assagi sur Angel. Une musique cyberpunk où le growl vomito rencontre le djent tabassé sur de l’électro à haute tension dans laquelle se glissent régulièrement de courtes accalmies de chant clair. Et tout ça comprimé dans des morceaux de trois à cinq minutes.

Ça n’en reste pas moins excellent et épuisant à la fois. Si vous redoutez les hurlements comme de djent tabasseur, cet album n’est clairement pas pour vous, et si vous en doutez, écoutez ‘Terrrestrial’, un titre génialement terrifiant.

Par chance, tous les morceaux ne sont pas aussi extrêmes. Il y a quand même ‘Where I left My Soul’, ‘First Tongue’ ou ‘Perfume’ au démarrage anathémien qui lèvent le pied dans cet enfer métalcore, mais cela ne dure jamais très longtemps.

Sur Angel, vous trouverez des invités, comme c’est d’usage chez Unprocessed. Le plus marquant est certainement Jason Aalon Buttler du groupe de metal californien Fever 333 qui mélange punk et hip hop dans sa musique. Il prête sa voix à l’avant-dernier morceau ‘Head in the Clouds’. Le second se nomme Marc Zellweger alias Zelli du groupe de hardcore helvète Palace Swiss. Lui, il hurle son slam dans ‘Solara’.

Angel avec ses cinquante minutes au compteur est nettement plus long que …and everything in between et également plus écartelé ce qui le rend relativement indigeste. Disons que pour aller jusqu’au bout de Angel, il faut vraiment s’accrocher.

L’album est très bien, on y retrouve d’ailleurs les recettes qui m’ont séduites chez Unprocessed, mais je crois qu’il est un peu too much pour moi.

Feather Mountain – A Liminal Step

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L’album que je vais vous présenter aujourd’hui aurait pu figurer dans mon top 2025. J’ai même hésité à repousser d’une semaine la publication de mon classement pour vous le faire découvrir. Mais j’avais envie de plus de temps pour l’écouter. 

Le groupe s’appelle Feather Mountain, vient de Copenhague et sort ici, avec Liminal Step, son troisième album depuis 2019. 

Huit titres de métal progressif de deux à sept minutes qui ne sont pas sans rappeler les cadors du genre comme Leprous ou Vola.

Dans Liminal Step le growl et la voix claire se partagent les parties chantées d’agréable manière. Lorsque l’on commence à saturer de sucreries, la râpe amère vient nettoyer les papilles et relancer l’envie de douceurs. Un très bon équilibre pour les personnes qui craignent les hurlements.

L’album nous guide pendant trente-neuf minutes vers la compréhension de nous-même alors que le monde qui nous entoure sombre dans le chaos. Une invitation à plonger dans l’abîme de la vie, dans nos traumatismes et les structures sociales qui nous paralysent, à l’image de la magnifique pochette signée Arie Fasant, cet homme qui fait un pas en avant dans le vide. 

Je vous l’avoue, c’est cette couverture, façon tatouage, qui m’a tout d’abord interpellé. Un personnage sur un éperon rocheux, les cheveux au vent, qui s’apprête à se jeter dans le vide. Cela ne ressemble pourtant pas à un acte désespéré, bien au contraire. 

Le côté enragé de l’album est particulièrement frappant sur les deux premiers morceaux, ‘Sigil’ et ‘Rope Me In’. Dans ‘Lantern’, même si Mikkel Lohmann lève le pied sur growl, il pousse ses cordes vocales dans ses retranchements à la manière d’un Einar Solberg tordu de douleur.

La musique, elle emprunte beaucoup à du cinématique tabassé de djent avec souvent des éléments électroniques. Certains y entendront du Porcupine Tree, du Oceansize, personnellement, je les trouve plus près des danois de Vola, en plus pêchus. 

J’aime beaucoup la grandiloquence du titre ‘Prayer Wall’, un des titres les plus longs avec l’excellent ‘Lantern’ et le final ‘The Hedonist’. Un titre qui mélange B.O. façon Interstellar, électronique et chant clair, choeurs et voix très haute le tout avec une puissance émotionnelle rarement atteinte.

Le bref ‘Grid’ rappelle inévitablement l’ami Wilson dans ‘Arriving Somewhere But Not Here’ avec sa guitare acoustique, ses effets vocaux, cette guitare électrique en second plan ainsi que les sonorités choisies pour les claviers. Le titre semble presque à un hommage au travail de Porcupine Tree.

Si j’avais eu plus de temps, j’aurais chroniqué A Liminal Step en 2025 et il aurait certainement figuré dans mon top de l’année, car je ne m’en lasse pas. Il possède sans doute le défaut de ressembler à beaucoup d’autres albums dans la veine de Vola et Leprous mais c’est tellement bon qu’on leur pardonne.

Je vais essayer de trouver du temps pour écouter ‘Nidus’ sorti en 2019 et ‘To Exit A Maelstrom’ arrivé trois ans plus tard pour voir si j’accroche autant et découvrir l’évolution du groupe depuis ses débuts.

En attendant, je vous recommande chaudement A Liminal Step. A consommer sans modération.

Le bilan de l’année 2025

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Meilleurs voeux à tous et à toutes, et merci pour votre fidélité. Je vais vous présenter mon bilan de l’année 2025.

J’ai publié une vidéo de Chroniques en Images toutes les semaines avec plus ou moins de succès. Celle de The Young Gods a été vue plus de sept cent cinquante fois, un beau succès ! Hélas, généralement, les vidéos atteignent péniblement cinquante vues. Pas de quoi pavoiser, d’autant que le nombre d’abonnés stagne toujours sous la barre des trois cents. Certains dirons que c’est lié à mon air constipé et de la platitude de mes chroniques. Je n’irai pas les contredire. Des fois je songe à me faire remplacer par mon épouse qui est très à l’aise devant un prompteur et une caméra. Le monde est vraiment trop injuste.

J’ai publié trois articles de blog par semaine et là encore, la moyenne des visiteurs quotidiens est d’une petite vingtaine si j’exclue les spammers fous et de quelques publications, comme le live report de Mystery, qui ont cartonné. Bon là encore, je plaide coupable. Mes billets partent dans tous les sens, racontant souvent n’importe quoi et n’apportent rien de plus que des sites spécialisés, mais c’est ça mon blog, et je n’ai pas l’intention de changer son contenu.

Une quinzaine de mes photographies présentées sur Flickr ont eu les honneurs de la galerie Explore et ont connu ainsi un beau succès. Sachant que je propose trois photos par semaine cela donne un taux de réussite d’environ dix pour-cent, c’est déjà pas mal. Évidemment, ce n’est jamais la photo dont je suis le plus fier qui sort du lot. Je suis clairement incompris.

J’ai couvert neuf concerts comme photographe, c’est à dire nettement plus que les deux années précédentes. Ceci s’explique par la reprise des soirées Chez Paulette mais pas que. J’ai maintenant mes entrées dans plusieurs salles de la région comme au P8 à Karlsruhe ou bien au Grillen à Colmar et également lors de festivals. J’essaye d’améliorer ma technique, de rendre mes photos plus dynamiques et de remplir moins les cartes SD de clichés inutiles.

J’ai couvert également deux spectacles de la troupe ToïToïToï dont une journée marathon avec six concerts. Je porte maintenant leur teeshirt lors de leurs évènements et je me fais plein de nouvelles amies sur Facebook. Ma femme est jalouse…

J’ai lu dix-neuf romans (un record) et une seule BD, par contre je ne compte plus les séries que j’ai regardé, chez Amazon d’abord puis chez Netflix. Je passe clairement trop de temps devant les écrans, d’ailleurs, la lampe du vidéo projecteur n’a pas survécu à cette addiction.

J’ai passé également de nombreuses nuits sous les étoiles et réalisé une trentaine de photographies du ciel profond avec la lunette de 72 cm principalement. Ma pratique de l’astro photographie se perfectionne comme mon matériel et parfois je suis presque satisfait du résultat, même s’il me reste une belle marge de progression. Évidemment, je suis très tributaire du temps alsacien et je passe mon temps à scruter les modèles météorologiques, regarder les webcams et surveiller l’application Météo-France quand je ne harcèle pas mes collègues prévisionnistes. Je travaille maintenant en imagerie HOO (hydrogène, oxygène, oxygène) qui m’offre une nouvelle palette de couleurs des plus intéressantes. Cela complique tout, mais c’est ça qui est drôle.

J’ai joué avec pas mal de réseaux sociaux, YouTube, Flickr, Facebook, BlueSkye, Mastodond, Instagram et dernièrement RedIt histoire de varier les plaisirs. J’ai rapidement dégagé Instagram et mes followers sur Mastodon ne réagissent plus à mes publications (uniquement des photos). Par contre RedIt m’amène de nouveaux visiteurs donc je porte plus mon effort sur cette plateforme pour l’instant.

Niveau santé, malgré de nombreuses nuits blanches et concerts, je souffre nettement moins de migraines et aucune ne m’a clouée au lit une seule fois cette année. Un vrai miracle ! La prostate poursuit lentement son chemin vers une opération certaine et les reins fonctionnent bon an mal an. En surveillant de très près mon alimentation et en buvant des litres d’eau qui gonflent ma vessie, j’arrive à tromper la mort. Mais pour combien de temps encore ?

La famille, c’est compliqué, mais pour qui cela ne l’ai pas ? Pour les orphelins célibataires sans frères et sœurs ? On fait avec.

Quant au travail, je me rapproche chaque jour de la retraite (bon encore quatre années avant d’en profiter). N’empêche, j’essaye de lever le pied ce qui n’est pas toujours facile.

Question finances, certains se demandent sans doute combien me rapporte toute cette activité médiatique. Zéro euros. Elle me coûte par contre beaucoup d’argent. Hébergement internet, matériel photo, ordinateur, matériel astro, kilomètres en voiture, place de concert, bières, c’est un puits sans fond, mais c’est surtout beaucoup de plaisir. Alors je crois que je vais continuer un peu. Même s’il n’y a pas grand monde à réagir à ma folie.

C’est donc reparti pour un an, désolé pour vous (après vous n’êtes pas obligé de me lire).

A très vite.

JC

L’album de l’année 2025

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Vous l’attendiez tous, voici l’heure de mon album de l’année. Alors allons-y.

Déjà commençons par la présentation des albums qui m’ont marqués cette année.

Un des premiers est Admist The Ruins de Saor, un groupe que j’ai eu l’occasion d’écouter au festival Zone 51 à Sélestat. Du folk métal sombre qui m’a fait forte impression.

Ensuite, il y a eu la sortie du premier album instrumental d’anasazi. Autant dire un événement. Je suis un fidèle du groupe grenoblois depuis des années et j’ai adoré cette nouvelle écriture sans parole.

Shards, le dernier Dim Gray, m’a fait forte impression également, et malgré quelques imperfections, il mériterait bien une place sur le podium.

Mais mon premier gros coup de cœur est arrivé avec Abur du groupe belge Pothamus conseillé par Alice et Stéphane. Un groupe que j’ai eu la chance de voir en concert au P8 en Allemagne.

D’ailleurs, cette année, j’ai fait pas mal de concerts pour une fois, mais ça je vous en reparlerai tout à l’heure.

Pas de chance pour Pothamus, Abur a été très vite éclipsé par The Spin de Messa, le disque que j’ai certainement écouté le plus souvent cette année. Cerise sur le gâteau, j’ai pu photographier la belle italienne et son groupe au Grillen peu de temps après la sortie de l’album. The Spin est pour moi leur meilleur album à ce jour et ce n’est pas un secret, j’adore le groupe Messa.

Pour le rétro progressif, il y a eu Brass Camel avec l’album Camel. Un coup de cœur sur le moment, mais que j’ai rapidement oublié, je l’avoue.

Mais c’est encore Stéphane qui m’a fait découvrir une des grosses claque de 2025, Akallabeth de Anfauglir, une histoire dans l’univers de Tolkien racontée par deux musiciens qui jouent du métal symphonique. C’est un album sur lequel je reviens assez régulièrement depuis sa découverte.

L’album World Maker de Psychonaut s’est tout de suite classé dans mon top 2025 et celui-ci, je l’ai trouvé tout seul. Le groupe propose un psyché post-rock métal furieusement contrasté qui fonctionne à la perfection. Un véritable coup de cœur qui ne s’est pas démenti.

Pour le prog, le dernier Gazpacho, Magic 8 Ball, s’est immédiatement imposé à mes oreilles comme un mets de choix. Je ne l’ai toujours pas commandé en vinyle, mais ça ne saurait tarder, ce qui est un signe chez moi. Le signe que cet album rentre dans le top du classement 2025. Après, c’était relativement prévisible.

Et voilà, c’est tout. Mais ce n’est pas la peine de hurler, je n’ai pas tout écouté et je ne le ferai certainement pas. Il s’agit du best of des albums que j’ai écoutés cette année.

J’aurais bien ajouté Hamasaari, The Young Gods et Returned To Earth dans le classement, mais leurs albums ne sont pas sortis cette année, alors je m’abstiens.

Avant de passer au classement final, j’aimerais vous parler des concerts auxquels j’ai assisté cette année, car il y en a eu pas mal : Greenleaf au Grillen, Mystery Chez Paulette, Hamasaari au P8, Messa au Grillen, King Buffalo au P8, Saor au Tanzmatten, Weather Systems Chez Paulette, Pothamus au P8 et Mostly Autumn chez Paulette.

Le pire fut assurément celui de Weather Systems, parce que franchement Daniel Cavanagh fut imbuvable et le concert pas terrible. Pour le meilleur, j’hésite encore entre Greenleaf et Hamasaari. Deux dynamiques quasi opposées, mais deux concerts absolument fabuleux. Sur toutes ces dates j’ai pu rentrer dans la salle avec mon matériel photo ce qui est vraiment cool, donc merci aux groupes comme aux organisateurs.

Mais revenons à mon classement 2025.

Il n’y a que trois places sur le podium et pas mal de groupes sélectionnés.

Le choix est difficile…

Je ne conserve que Dim Gray, Pothamus, Messa, Anfauglir, Psychonaut, Gazpacho pour la présélection.

Et dans le trio de tête, je vais placer Gazpacho, Psychonaut et Messa, trois albums très différents.

À la troisième place, je place Psychonaut avec l’album World Maker.

À la seconde place, Gazpacho avec Magic 8 Ball.

Et au sommet du podium, le groupe italien Messa avec The Spin, mais ça je le savais dès la première écoute de ce magnifique vinyle.

Pourquoi The Spin ? Parce que j’adore la voix et la présence de Sara, leur chanteuse, en studio comme en live. Ensuite, cet album raconte une histoire et sa musique possède une atmosphère vraiment particulière dans laquelle j’aime me plonger. Ce n’est sans doute pas un disque révolutionnaire, mais le groupe suit une trajectoire que je trouve très prometteuse. Je ne pensais pas qu’ils pourraient faire mieux que leur précédent album Close, et j’avais tord.

Vous ne serez certainement pas d’accord avec ce classement, vous allez me citer tout plein d’albums de prog que je n’ai pas écouté et vous aurez certainement raison, mais je ne les écouterai probablement jamais, alors laissez tomber. Il s’agit juste du classement de mes découvertes de l’année, alors pas la peine de vous énerver.

Merci encore pour votre fidélité. On se retrouve en 2026 pour une nouvelle année musicale.

Passez de bonnes fêtes.