Le chronophage

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Un ver solitaire invisible se terre dans ma demeure. 

Il se manifeste le plus souvent lorsque le rez de chaussée baigne dans des ondes fluctuantes. Tout d’abord ce n’est qu’un spectre vert qui scintille au niveau du sol, non loin de la prise ADSL, comme une luciole.

La créature silencieuse reste tapie à patienter dans le noir, attendant son heure, que je ne m’installe dans le salon, sa pièce de prédilection. Je sais qu’il est là, aux aguets quand j’allume mon ordinateur et que j’ouvre le navigateur Chrome. Il piaffe, il espère.

Dès que j’ouvre Gmail il en profite et se jette avidement sur moi, la gueule béante, me volant quelques minutes de vie, l’air de rien. Quand je réalise ce qu’il a fait, il est trop tard, il s’est caché, attendant dans l’ombre une nouvelle occasion. Elle ne tarde d’ailleurs pas, lorsque plongé dans la lecture des actualités de Facebook, je me réveille hagard, ayant perdu une demie heure de ma vie.

Mais ce qu’il préfère par-dessus tout, c’est lorsque que je dé-zippe un album de rock progressif et que je lance VLC sur la chaîne. Il peut alors dévorer plus de soixante minutes d’un seul coup de mâchoire.

Je ne sais où il se cache, mais dès que le Wifi inonde la maison, je le sens prêt à bondir, affamé. Alors pour sauver le peu de temps qu’il me reste à vivre, je coupe la Box le soir. Mais le monstre est plein de ressources, il se gave également d’ondes sonores et lumineuses. Outre la musique, il aime les rayons puissants du vidéo projecteur. Que je regarde une série TV ou un film, la bête, insatiable dévore goulûment mes heures de vie. Et plus elle mange, plus elle a faim. Son enveloppe ectoplasmique translucide regorge des secondes que j’aurai du passer à tondre la pelouse, nettoyer la cuisine ou terminer la salle de bain.

Pour lutter contre ce voleur de temps, j’ai décidé pendant les vacances de ne plus allumer Internet et la télévision, de ne pas prononcer à voix haute le nom de Sardaigne afin qu’il ne se cache pas dans nos bagages, afin de disposer de quelques instants pour lire, me promener, profiter du temps qui passe lentement, regarder les nuages bouger dans le ciel, les vagues moutonner sur la mer et le vent souffler dans les branches.

Hélas, à peine revenu à la maison, le chronophage affamé s’est jeté sur moi, plus avide de temps que jamais, se délectant du courrier et des messages en retard. 

Au moment où j’écris ces mots, je découvre avec horreur qu’il m’a encore dérobé quinze nouvelles minutes de mon existence, pourtant Internet est coupé et je ne regarde pas de film. Elle m’attaque presque tout le temps maintenant.

Prenez garde, la bête est sournoise et se reproduit vite. Coupez votre Box, éteignez votre  smartphone, n’allumez pas la télévision, installez-vous avec un livre, une bière et méditez sur le temps qui passe. Laissez l’ennui venir, c’est son pire ennemi, le seul capable de vous rendre quelques précieuses secondes de vie.

Gag, pub

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Au début de la télévision, vous pouviez regarder une émission ou un film sans interruption publicitaire. Les années passant, les interludes commerciaux se sont fait de plus en plus nombreux et aujourd’hui, sur certaines chaînes, impossible de regarder un film sans passer plusieurs fois devant le frigo ou bien aux toilettes, le temps que les publicités se terminent.

Pour Internet, le même schéma se répète. Après une ère de gratuité absolue, les encarts publicitaires ont commencé à polluer les écrans, sous forme de bandeaux, puis de popup, voire de vidéo qui remplissent tout l’écran pendant quelques secondes.

Inévitablement, les réseaux sociaux s’y sont mis à leur tour, Facebook avec son bandeau droit dédié aux annonces, Twitter avec l’insertion d’un twitt sponsorisé sur dix en moyenne. Le bandeau Facebook, je l’ai rapidement oublié, pour Twitter, j’ai passé de longues heures à bloquer des centaines d’annonceurs. Mais aujourd’hui Facebook passe de nouveau à l’offensive, utilisant le modèle de son concurrent, il pollue votre page avec un post de publicité sur cinq en moyenne, et là pas question de bloquer quoique ce soit, tout au plus vous pouvez masquer la publicité, moyennant une opération assez laborieuse.

Je sais, les pauvres, ils vous offrent un outil gratuit, puissant, performant, permettant de se faire plein d’amis, alors il faut bien qu’ils vivent les malheureux, qu’ils nourrissent leurs enfants. Car manifestement le pillage de nos informations personnelles vendues à prix d’or à leurs partenaires (oups désolé, nous nous sommes fait pirater) ne suffit plus à payer leurs villas luxueuses.

Mais font-ils le bon calcul ? Pour ma part je suis hermétique à la publicité. Elle m’agace. Fut un temps, à la télévision, elle était impertinente et drôle, comme le racontait si bien Frédéric Beicbeder dans 99 francs. Aujourd’hui elle manque cruellement d’humour. Elle est même irritante. Du coup, j’ai de moins en moins envie de parcourir les posts et les twitt. A force de matraquage publicitaire, ils finiront par dégoûter quelques irréductibles de naviguer sur les réseaux sociaux et perdront des utilisateurs, donc de l’argent.  

Du métal et du blues

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La veille de partir en vacances, deux disques arrivèrent à la maison,  Redemption de Joe Bonamassa et Dhyana de MaYan. 

Il ne s’agissait pas forcément de la musique que j’écoute ordinairement, mais depuis quelque temps déjà, mes oreilles réclament de nouvelles émotions sensations.

Pour MaYan l’explication est simple, l’arrivée de Marcela Bovio dans le groupe, m’a donné envie de découvrir leur dernier album.

Pour Joe Bonamassa, l’histoire trouve son origine de mon inculture blues et dans le talent évident de l’artiste. J’avais écouté plusieurs titres de cet américain avec plaisir et Redemption me donnait l’occasion de mieux connaître ce guitariste et de m’initier un peu plus au blues.

Alors, dans mes bagages, coincé entre un Eschach et un Paul Auster, je glissais les deux albums. 

Car les vacances, outre le dépaysement, le tourisme, la bonne bière, c’est aussi l’occasion de se poser pour lire et écouter de la musique, rien que pour le plaisir. 

Entre un village nuraghique, une calanque azur, un expresso, un gelatto, un récit d’alchimiste et la vie d’un chien, résonnait entre mes oreilles du rhythm and blues et du dark metal mélodique. En évitant les trous de la chaussée, en nageant dans la Méditerranée, en écoutant le guide expliquer dans un anglais chantant la naissance d’une civilisation de l’âge de bronze, je songeais à la guitare de Joe et à la voix de Marcela.

Le vent de nord-est déchainant la mer, la vague explosant sur les rochers, le soleil brulant les yeux, le sel collant à la peau, la pastèque fondante dans ma bouche, la bière Ichunosa rafraîchissant le gosier, les biscuits Mulino Bianco pour patienter jusqu’au retour, les moutons sur la route, le tombeau des géants dans la campagne, le dolmen dans la montagne, le nuraghé se dressant au milieu des chênes lièges, le soleil rougeoyant à l’horizon, la lune se reflétant sur les vagues, le parfum du maquis… du métal et du blues pour tous les sens.

La grande braderie

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Mise à jour, 30 viennent de partir…

Conséquence directe de la mise en place de ma bibliothèque et ma Cdthèque idéale, je dispose d’une importante collection de livres de science fiction grands formats dont je désire me séparer. Des livres que j’ai aimé mais que je ne relirai sans doute plus, faute de temps. Je n’ai conservé quelques ouvrages que je juge essentiels. Alors avant de prendre en grand carton et de tout monter au grenier, je vous propose une grande braderie.

Voici la liste des ouvrages, vendus de 3 à 5 € selon l’état et le format plus frais d’expédition (la liste sera mise à jour bien entendu).

Pour tout renseignement contactez-moi en message privé sur Facebook ou par mail.

François BARANGER
Dominium Mundi Livre I – Pocket
Dominium Mundi Livre II – Pocket

Ayerdhal
Bestards – Au diable Vauvert

Graham JOYCE
En attendant l’Orage – Bragelonne

Robert Charles WILSON
A travers Temps – Denoël
Blind Lake – Denoël

Terry Prachett
La Huitième Couleur – L’Atalante

Hugh Howet
Silo Origines – Acted Sud
Silo Générations – Acte Sud

Karl Schroeder
Permanance – Denoël

Paolo BACIGALUPI
La Fille Automate – J’ai Lu

Ken Follet
Le Chute Des Géants Le siècle 1 – Robert Laffont

Raymond E. FEIST
Magicien l’Apprenti – Milady

David Zindell
Inexistance – espace infini

Suzanne COLLINS
Hunger Games I – Pocket Jeunesse
Hunger Games II – Pocket Jeunesse
Hunger Games III – Pocket Jeunesse

Joe HALDEMAN
La liberté éternelle – millénaires

James LOVEGROVE
Days – Bragelonne

Richard Paul RUSSO
La Bef des fous – Le Bélial

Johan Heliot
La Harpe des étoiles – Imaginaires

Jules Verne
Paris au XX sciècle – Hachette

Robert Zubrin
On a marché sur Mars – Presses de la cité

Robert SILVEBERG
Ciel Brulant de minuit – Robert Laffont

Hao JINGFANG
L’insondable Profondeur de la Solitude – Outrefleuve

Ben BOVA
Mars – Fleuve Noir

Nicolas BOUCHARD
L’Empire de Poussière livre I – Mnémos
L’Empire de Poussière livre II – Mnémos
L’Empire de Poussière livre III – Mnémos

Deborah INSTALL
Il y a un robot dans le jardin – Super 8 Editions

Lily Brooks-Dalton
Good Morning, Midnight – Presses de la Citée

Antonin VARENNE
Trois mille chevaux vapeur – Albin Michel

Connie WILLIS
All Clear -Bragelonne

Robert A HEINLEIN
L’ages des étoiles – Terre de Brume
Sixième Colonne – Terre de Brume

Philippe CURVAL
En souvenir du futur – Robert Laffont

Charles HARNESS
L’anneau de ritournel – Robert Laffont

John VARLEY
Gens de la Lune – Denoël

La Cdthèque idéale

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Un jour de folie ordinaire, j’ai décidé de ranger mes livres de science fiction et classer ceux que je relirai peut-être un jour, ceux dont je ne peux me séparer et ceux, qui même s’ils m’ont procuré beaucoup de plaisir,  ne reviendront plus jamais sur la table de chevet. J’ai ainsi dégagé quelques kilos papier de ma bibliothèque, laissant une grande étagère vacante.

La nature a horreur du vide…

Un nouveau jour de crise, j’ai contemplé cet espace inoccupé avec agacement et me suis demandé si j’allais redescendre quelques ouvrages stockés un peu partout dans la maison. Et puis finalement j’ai eu une autre idée : me constituer la Cdthèque idéale.

Qu’est-ce que la Cdthèque idéale pour moi ? Dans le couloir, qui mène à l’étage, contre un mur, se dresse une étagère Ikea de 1.50 m de large par 2.20 m de haut, remplie à craquer de compact disques de rock progressif. Même s’ils sont classé par ordre alphabétique, il est parfois difficile d’y retrouver un album et lorsque l’envie me prend d’écouter une vieillerie, le temps passer à la trouver est souvent dissuasif.

D’où l’idée, de me constituer, dans l’étagère libre de la bibliothèque, non loin de la chaîne, la Cdthèque idéale. Mais que contiendrait-elle ? Il faut tout d’abord que son contenu puisse évoluer en fonction de mes humeurs, car le plaisir musical dépend pour beaucoup de l’état d’esprit du jour. J’en exclue d’emblée les grands anciens, ces albums dinosaures qui ont inventé le rock progressif et que je connais par cœur: Yes, Genesis, Pink Floyd, Camel et les autres. Dans cette Cdthèque, je voulais mettre des albums avec lesquels je me sens bien, des disques que j’ai plaisir à écouter de temps en temps, pas forcément des chefs d’œuvres universels, juste des CDs qui me touchent.

Dans cette collection temporaire, je voulais ajouter également quelques sorties récentes, sur lesquelles je n’ai pas eu le temps de me poser suffisamment pour décider de la place qu’ils prendraient dans mon cœur et sur mes étagères. Une fois à portée de main, il me serait plus facile de revenir dessus à l’occasion.

Une Cdthèque pas exclusivement progressive, car au fil des années, il m’est arrivé d’écouter de la pop, du rock, du blues, du hard rock, assez rarement je l’avoue, mais quelques un de ces disques m’ont suffisamment marqué pour qu’ils deviennent des classiques à la maison.

Alors vous vous demandez sans doute, qu’est-ce qu’un chroniqueur de rock progressif, qui écoute jusqu’à dix nouveaux albums par semaine, peut-il mettre dans sa Cdthèque idéale n’est-ce pas ? Vous ne serez pas surpris par la plupart des groupes, mais peut-être plus par les albums.

Il y a un bien entendu un Marillion, mais devinez lequel ? Non ce n’est pas Script, ni Misplaced ou Fugazi, c’est Anoracknophobia. Pour Pain of Salvation, il y a Scarsik et Road Salt One, pas forcément les plus populaires, pour Pendragon, c’est Pure, qui reste de loin, l’album que je préfère de toute leur discographie. Vous trouverez un Muse, mais là tout le monde sera d’accord avec moi, il s’agit de Origin Of Symetry, un Queensrÿche, Operation Mind Crime bien sûr, un Arena, The Visitor, cela va sans dire. Pour Anathema, c’est le sublime Weather Systems, pour Anneke j’ai fait fort avec le coffret A Dat After Yesterday que j’adore mais il se pourrait que son prochain live le remplace bientôt. Il y a également des choses moins connues comme Home Grown de Marc Atkinson, Klone en acoustique, Song For A Friend de Ray Wilson. Vous trouverez aussi un Sting, The Soul Cages, Unprecedented de Marcela Bovio, un Ayeron, The Theory Of Every Thing, un Ben Harper, un David Bowie, un Radiohead, un Placebo, un Coldplay et même un Evanescence.

Un peu moins de quatre vingt albums qui suffisent à mon bonheur avec les vinyles entreposés dans la même pièce. Le danger de cette démarche serait d’oublier les disques rangés dans le couloir et qu’ils finissent comme la collection de livres de science fiction, mis en vente sur le Bon Coin et Priceminister. L’avenir le dira, mais je ne crois pas.

Les disparus

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Combien de groupes sont nés d’une bande de copains, plein d’envies, plein d’espoirs ? Installés dans un garage, un grenier, un salon après avoir poussé les meubles, ils ont improvisé, composé, répété, enregistré. Avec leurs économies, il se sont offert quelques heures de studio et un pressage de compact disque à cinq cent exemplaires, réalisant leur rêve de gosses, sortir un album.

Comme tout les autres, ils ont ouvert un compte Facebook, Twitter, Youtube, Soundcloud, Bandcamp afin de promouvoir leur groupe et leur album sur la toile, postant des photographies de répétitions, des événements, des affiches, des extraits sonores.

Un concert dans au café du coin, une prestation à la fête de la musique et les voila qui rêvent déjà du festival de la Lorely. Ils cherchent vainement, de longs mois durant, un  label, un tourneur, des salles qui les accueilleraient, même pour une première partie sans défraiement. Ils envoient leur album à des radios, des magazines puis à des webzines, espérant ainsi se faire connaître un tout petit peu. Les radios jettent le CD sans l’écouter, les magazines font de même. Quelques webzines jettent une oreille à leur création, certains la chronique et le groupe se prend à rêver de gloire.

Les albums se vendent peu ou pas, la famille et quelques copains en achètent pour leur faire plaisir, une ou deux personne à la fin d’un concert, pas de quoi rentrer dans la mise de fonds initiale, à peine de quoi payer l’essence de la voiture. Pourtant la musique est belle, le groupe a du talent et l’envie de faire vivre leur musique.

Désespérés, certains tombent sous les griffes de maisons de disques ou promoteurs peu scrupuleux, qui leur promettent monts et merveilles, empochent leur argent et ne font rien ou pire disparaissent avec la cagnotte. Au sein du groupe d’amis, les tensions deviennent palpables, les conjoints crient à l’argent dépensé en vain, au temps perdu loin de la famille. Les musiciens se rejettent les responsabilités, les mauvais choix, ne veulent plus rouler toute la nuit pour trente minutes de concert dans une salle minable, perdue au milieu de nulle part. Certains se fâchent et quittent le groupe, il faut trouver un nouveau bassiste, un chanteur ou un guitariste et plus rien n’est alors pareil. L’envie n’est plus là. Reste l’amertume. Le rêve s’est brisé.

Certains de ses groupes survivent encore, le temps d’un EP, parfois d’un second album qu’ils ne finiront jamais. Sur les réseaux sociaux, ils deviennent de plus en plus silencieux jusqu’au jour où leur compte disparaît, sans un mot.

Le monde de la musique est impitoyable, très rares sont les élus qui finissent par se faire connaître et par atteindre l’équilibre financier. Nous découvrons des merveilles, et plein d’espoir nous les mettons en avant, mais nous savons bien que très peu d’entre eux survivront au premier album. Et parfois ceux qui restent ne sont pas les meilleurs. Telle est la dure loi du business musical en France.

Youpi, c’est la rentrée !

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Vous vous souvenez tous certainement de cette fébrilité quelques jours avant la rentée des classes, lorsque nous partions avec notre maman, acheter un nouveau sac, un bic quatre couleurs, une ardoise, une éponge, des cahiers, des buvards. Vous vous souvenez certainement de la douce odeur de ces fournitures, de l’impatience d’essayer tout ce matériel magique, de connaître notre nouvelle maîtresse et notre voisin de pupitre.

Pour mes garçons, c’est aussi la rentrée, l’un en prépa, l’autre en école d’architecte. Ils n’ont plus besoin de cartable ni d’ardoise, juste de frais d’inscriptions, d’ultra portables, de chambres d’étudiant, de repas, de titres de transport, d’assurances, de forfaits téléphoniques…

Pourquoi n’ont-ils pas choisi un C.A.P. électricien, boulanger ou maçon ? Ils bosseraient déjà et ramèneraient deux salaires à la maison. Là nous signons  pour sept ans de plus, dans le meilleur des cas. Sept années d’études, d’hébergement, de transport, de nourriture, de frais divers, de voyages.

Cela signifie sept années sans changer de boitier photo, d’ampli audio, d’ordinateur, de piano, de violoncelle, de voiture. Sept années sans partir en voyage à l’étranger, sans acheter de nouvel objectif. Nous sommes fauchés pour sept ans.

Nous espérons bien entendu un retour sur investissement après autant  de sacrifices. Car après tout, un enfant est un placement pour l’avenir, pour payer nos maisons de retraite par exemple. Sinon à quoi serviraient les enfants sérieusement ?

Je viens d’acheter un ultra portable plus performant que mon propre portable pour l’un de mes gamins et l’autre reçoit le tiers de mon salaire tous les mois pour survivre loin de ses parents chéris. Comment vais-je m’offrir un Mac Book Pro ou un Tamron SP-AF 70-200 mm ouvert à 2.8 pour Noël ?

Il étaient si mignons avec leurs petits cartables Pokemon à trente euros, quand ils partaient à l’école primaire, main dans la main tout heureux. Ils jouaient avec leur papounet les dimanches après-midi pluvieux à Magic, Descent, X Wings. Ils regardaient Star Wars ou Indiana Jones le samedi soir sur le canapé et jouaient à Bomberman et Mario Kart devant la WII.

Aujourd’hui, ils font la gueule, sont exigeants, nous trouvent débiles, ne disent plus merci et consomment plus de cinquante pour-cent des ressources financières durement gagnées par le foyer dans lequel ils ne vivent même plus, sauf le weekend pour leurs lessives. C’est désolant.

Chérie ? Les garçons sont grands tu sais maintenant. Et si on remettait le couvert, deux petites filles cette fois pour changer. Tu en pense quoi hein ? Chérie ?

Morceaux choisis

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La salle de bain au rez-de-chaussée est réservée.

Des pâtes, du riz, de la semoule. Tous les cinq ans une visite chez le colonel.

Ne mange pas de figue, n’approche pas du raisin, pas de salade de tomates, mange ton riz nature ! Quatre jours ! 

Pour la douche, passe demain, la pièce est prise ! Pas de collocation, même pour se brosser les dents.

Pas de fruits, pas de fromage, pas de lait. 150 ml à boire d’une traite puis deux litres d’eau. Ration militaire : viande maigre bouillie et biscuits secs.

4, 3, 2, 1, partez ! Les chutes du Niagara. « Chéri, c’est la poubelle qui sent comme ça ? ». Purge du soir, espoir, purge du matin, chagrin.  On patauge, juste habillé de bottes, dans les égouts de Paris.

Dans la salle d’attente, serre les fesses. Dieux ! Il y a du retard ! Pourvu qu’ils aient de la peinture pour recouvrir ces beaux murs blancs.

Le plafond bouge puis tout se fige. Aille, ça pique ! Perfect ! Dodo.

« Moi je n’arrête pas de dépenser tout le temps. ».

Bip !

« Et vous n’avez pas de remords par rapport à votre femme ? ». « Nan pourquoi ? ». « Ben quand même… ». « Je gagne bien ma vie. ». Tu m’étonnes…

Deux filles se racontent leurs histoires de fesses. La tête dans le gaz, en parlant de gaz… « Tu fais comment pour mettre une vidéo sur WhatsApp ? ». « Attends, je te montre. ». Tension toutes les quinze minutes.

Bip bip !

Un colocataire émerge, « Vous voulez un café ? ». « Oui, on lui a trouvé un polype. ».

Bip bip bip bip !

« Bonjour, réveillé ? ». Un ange passe. « Tout s’est bien passé. ».

Le conduit se dégonfle, ce n’est pas vraiment classe. « Redressez vous. », « ça tourne un peu ? c’est normal. Vous allez pouvoir manger. ».

Vapeurs de croissant et miettes de café tournoient autour des yeux désorientés, première collation depuis vingt quatre heures.

Deux cent dix euros la chambre simple. Une passe à l’hôtel façon gueule de bois. Sourire : « On se revoit dans cinq ans ? ».

Gotham

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Vous aimez les super héros, aimez-vous les super méchants ? La série Gotham, dont la première saison sortait en 2014, nous raconte la genèse de Batman, du Pingouin, de Enigma et de bien d’autres personnages colorés de la ville de Gotham. Le petit Bruce orphelin est protégé par un majordome garde du corps pendant que les parrains de la ville se livrent à une guerre sans merci au milieu de laquelle naissent quelques psychopathes qui deviendront vite célèbres.

L’histoire est centrée sur un couple, deux flics, le ripou et le rigide, qui mènent des enquêtes criminelles toujours plus ou moins liées à la mafia locale ou à quelque déréglé du cerveau.

Si le début de la saison 1 fonctionne bien, elle s’embourbe rapidement quand Kiss s’exile. Les personnages les plus crédibles sont le majordome et les deux flics, pour le reste, la future Catwoman est navrante et Kiss tape sur le système. Le pingouin, personnage également central de la saison 1 s’en tire avec les honneurs, heureusement car on le voit partout, faisant à la fois pitié et horreur. 

S’il y a bien un truc épouvantable dans cette saison, ce sont les plans éloignés de transition sur la ville éclairée de Gotham, façon carton pâte, qui émaillent plusieurs fois chaque épisode.

Si la dernière scène de la saison 1 donne envie de continuer, je ne pense pas aller plus loin avec Gotham.  Pas la peine de me spoiler les saisons 2, 3 et 4 pour me donner envie. L’idée est bonne mais l’histoire s’éternise et il y a trop de bonnes séries à regarder dans les médiathèques de Strasbourg.

La planète se meurt

Un idéaliste prit un jour la parole, entouré de notables cyniques. « La planète se meurt. » dit-il, « Nous devons réagir ! ». Son discours enflammé fut suivi de quelques applaudissements sporadiques et de nombreux regards désabusés. « Revenons au prix du baril de pétrole, si vous le voulez bien messieurs, mesdames. » continua le maître des lieux.

Mais que faisait-il dans cette assemblée ? Pourquoi avait-il accepté de les suivre, de se compromettre ? Croyait-il réellement qu’il pourrait influer sur la trajectoire de l’immense bulldozer économique en marche depuis des mois ?

Les espèces disparaissent, les températures augmentent, la banquise se fracture, l’eau potable vient à manquer, des catastrophes écologiques secouent la planète et Gaïa se meurt.

Populaire ou non, son message n’a pas été entendu, ou si peu. Qui accepterait de changer radicalement ses habitudes dans l’espoir d’influer un temps soit peu sur la hausse d’un mercure excellente pour les hôteliers ? Après des millénaires, pourquoi la planète, notre éternel refuge, serait-elle sur le point de mettre en péril nos existences. La septième extinction ? Foutaises !

Le petit homme idéaliste, écoeuré par ses compromis, a rendu son tablier. Il croyait qu’il serait écouté, il n’a été en réalité utilisé que pour donner bonne conscience à un gouvernement. 

Le petit homme vient d’être remplacé. La planète va-t-elle se porter mieux pour autant ? J’en doute, mais en attendant, j’ai un nouveau patron.