La fille de Debussy

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Le saviez-vous, Debussy avait une fille ? Certes ce n’est pas sa fille qui restera dans les mémoires, mais la musique du maître. Il s’agit pourtant du thème de Damien Luce pour son petit roman intitulé, devinez comment : La Fille de Debussy.

Je suis un grand admirateur de la musique impressionniste… NON ! Défense d’utiliser ce terme, Debussy le détestait. Bon alors disons que j’aime beaucoup la musique composée à l’époque de peintres impressionnistes, même si elle n’a rien de commun avec leurs toiles. C’est mieux ?

Debussy, Ravel, Poulenc, Scriabine pour ne citer que les plus célèbres, une musique qui parle à mon âme et à mon cœur depuis que mon épouse pianiste m’a initié à ces compositeurs. Une musique qui me touche bien plus que les grands classiques, de Mozart en passant par Beethoven.

Alors un roman parlant de Debussy sous la plume imaginaire de sa fille, l’idée était tentante. Claude vient de mourir, c’est la guerre, Claude-Emma pleure son père et joue du piano.

Le livre est un journal, écrit par l’enfant, qui débute peu avant la mort de Debussy. L’idée du roman, à la base séduisante, est celle de Claude-Emma passant l’été 1918 à déchiffrer les partitions de son défunt père, sur le piano avec lequel ils composa ses œuvres. Dans son journal, elle raconte les artistes qui viennent présenter leurs condoléances, son amourette avec un garçon qui rêve de bateaux, ses escapades nocturnes, ses laborieuses leçons de piano, et ses déchiffrages, pièces après pièces.

J’espérai retrouver dans les phrases, un peu de la musique de Debussy. Même si le style de Damien est agréable, le roman devient rapidement un catalogue dénué de poésie. L’histoire de la petite Emma qui se meurt (elle décède le 14 juillet 1919) ne touche guère le lecteur sans cœur que je suis et la pirouette de l’auteur consistant à trouver le journal de l’enfant dans un tronc d’un arbre creux est un peu facile.

Bref, le roman ne tient pas ses promesses et ne donnerait pas envie d’écouter du  Debussy à quelqu’un qui ne connaîtrait pas l’oeuvre du compositeur. Passez votre chemin.

Une course éperdue en avant

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Des milliers d’albums, vinyles, compact disques, fichiers mp3, Alac, Waw, dorment dans les étagères et l’ordinateur de la maison.

Chaque jour qui passe voit son lot de nouveaux arrivants. La collection enfle démesurément, une croissance quasi exponentielle.

De purs chefs d’œuvres délaissés faute de temps pour les écouter. A quoi bon cette course effrénée en avant ?

Et si j’arrêtais le temps, me posais dans le salon, et dégustais une de ces merveilles qui chavira mon âme, me fit verser des larmes ?

Je pense avoir largement de quoi passer une centaine de jours et de nuits ininterrompus à n’écouter que du rock progressif.

Parfois je ressors mon iPod où se cachent mes artistes préférés, je m’installe dans le canapé, au coucher du soleil, une bière dans la main, et j’écoute religieusement quelques morceaux arrivant au hasard, replongeant dans ces émotions toujours aussi puissantes. Lorsque je dispose de plus de temps, je pose un vinyle ou glisse un CD, façon vieux con nostalgique, m’immergeant dans un concept album devenu aujourd’hui référence.

Il y a tant de musique à écouter que je me demande parfois pourquoi courir après les nouveautés, et puis je tombe sur un bijou, original, encore confidentiel qui pourrait devenir le classique de demain, un album qui fait battre mon cœur malgré toutes les années et les titres écoutés, alors je recommence, je scrute les sorties, dans l’espoir de découvrir une nouvelle perle rare et j’oublie les milliers d’albums sublimes qui dorment sous mon toit.

Respectez nos oreilles !

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Pourquoi faut-il qu’un live, le son soit si fort ? Pourquoi faut-il mettre des bouchons dans une salle étudiée pour un public de trois-cent personnes ? Pourquoi faut-il s’exploser les tympans avec vos basses ?

C’est pour faire plus rock ? Pour couvrir les braillards buveurs de bière ? Pour masquer les imperfections de votre équipement ?

Il existe des salles à l’acoustique épouvantable où l’ingé son pousse le volume pour donner le change, faisant trembler les verres bières, vibrer le sol et saigner les oreilles. Il existe également des lieux acceptables qu’un bon technicien réussit à sonoriser agréablement.

J’ai entendu le pire dans un auditorium classique, le meilleur dans un immense hall en béton et d’honnêtes résultats sous un plafond de deux mètres.

Dans mes meilleurs souvenirs il y a eu Peter Gabriel au Zénith de Strasbourg, un son parfait, sans bouchons, Ray Wilson Chez Paulette, avec un équipement tip top et une équipe très pro. Dans mes pires cauchemars – j’en rêve encore -, Leprous à La laiterie, un mur de basses dans une petite salle pour cacher les faiblesses vocales du chanteur ce soir là et Marillion au Noumatrouff à Mulhouse où les parois en tôle ondulée de la salle servaient de caisse de résonance à tous les instruments. Entre ces extrêmes quelques saignements de nez au Grillen à Colmar et maux de tête à Substage à Karlsruhe.

A qui la faute ? A ces ingés sons vieille école, à ces artistes voulant que ça fasse du bruit ? A ces salles sans acoustique ? A des soundchecks effectués à l’arrache ?

Quand je vois des enfants au premier rang, près des murs d’enceintes, là je fais les photos, qui se mettent les mains sur les oreilles, j’ai peur pour eux. En concert, je porte toujours des bouchons en silicone, -15 Db, moulé à la forme de mon oreille, et même ainsi, il m’arrive d’avoir des sifflements le lendemain de live.

Respectez nos oreilles, ne gâchez pas la musique, pas la peine de pousser le son comme des malades, nous ne sommes pas sourds, enfin pas tous.

Et vous les amateurs de rock, protégez-vous, mettez le préservatif des oreilles.

Favoritisme (Dans mon iPhone n°28)

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Samedi matin, en préparant les publications de la semaine, en mettant en forme le numéro trois du magazine, j’ai également parcouru le contenu de mon iPhone afin de sélectionner des albums que je serai susceptible de chroniquer. Malgré une humeur … Continue reading

Un peu de lecture

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J’ai pris la décision de lire plus régulièrement nos confrères musicaux, histoire de voir ce qui se chronique ces temps-ci et de découvrir leur perception des albums et concerts que nous avons nous également écoutés.

Bien évidement, je ne lis rien, tant que nous n’avons pas nous même publié quelque chose, sinon ce serait tricher, cela pourrait biaiser mon jugement, encore que.

Jusqu’à présent, je me contentais de passer sur le site de Chromatique que je trouve de bonne très tenue et avec lequel je suis le plus souvent en phase. Je vais plus rarement sur Music Waves qui ratisse large mais qui constitue une excellente base de connaissance musicale comme ProgArchives où je vais très souvent piocher des informations (oui je sais c’est mal).

Mais après être tombé sur des extrais de chroniques et live reports sur le net, des articles avec lesquels j’étais en total déphasage, j’ai voulu comprendre pourquoi nos avis divergeaient autant. Et j’ai été horrifié.

A quoi sert un article dithyrambique ? A lécher les bottes, semer le trouble, faire de la pub ? Parler d’une production exemplaire ou d’un sound check de haut vol alors que ce qui sort des enceintes est une bouillie informe, c’est mentir et ne pas rendre service. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, le domaine est forcément subjectif, mais la qualité sonore, l’enregistrement, la technicité, cela se quantifie, à condition d’avoir des oreilles. Soit celui qui chronique a les oreilles remplie de sable, soit il a passé toute sa vie dans des salles de concert avec un plafond à deux mètres du sol où l’on ne joue que du death metal à 99 dB, soit sa stéréo est bonne à jeter par le fenêtre, soit il est fan de punk.

A quoi sert une chronique musicale ? A se faire des amis dans le groupes de rock, à se faire inviter aux concerts, à recevoir des CDs gratos pour commencer une collection, à coucher avec la roadie tatouée pleine de piercings ?

A priori, une chronique donne un avis sur un album, un concert, un avis qui essaye d’être un temps soit peu objectif sur quelques critères, production, technique, son, subjectif inévitablement sur le feeling ressenti même si certains s’en défendent.

Je dois avouer que la tendance lèche boules très en vogue chez certains me tape furieusement sur le système mais je vais essayer de faire un effort et les lire. Je comprends l’envie de faire plaisir aux artistes, de mettre en avant des événements, mais un peu de lucidité ne fait pas de mal. A quoi sert une chronique si elle dit du bien de tout ? Ce n’est plus une chronique, c’est une publicité gratuite.

Record battu (Dans mon iPhone n°27)

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On pourrait imaginer que l’été signe la trêve des labels, que tout le monde part gentiment bronzer ses fesses sur les plages bondées de la Côte d’Azur. Mais non, pas de repos pour le musicien, la saison des festivals et … Continue reading

Overloaded (Dans mon iPhone n°26 je crois)

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Comment vous dire, entre mon déplacement à Besançon, la fête de la musique, le concert de Galaad et de Lazuli, le développement de photographies, le bac pour mes deux garçons et trois migraines en sept jours, je n’ai pas eu vraiment le temps de vider ma boite mail, d’écouter les promotions, de chroniquer, de relire la prose de mes confrères, de lire des bouquins ou de même de regarder des séries TV. Sans compter que j’ai reçu pas mal de musique : le vinyle d’Alco Frisbass, les deux CDs de Fleesh, le dernier Apogee et que je reviens de Chez Paulette avec Mon Grand Amer de PYT.

Alors qui y a t-il dans mon iPhone ? En fait la même chose que la semaine dernière. Je n’ai pas eu le temps de convertir les nouveaux CDs sur iTunes en ALAC, d’importer les promotions mp3, d’écouter autre chose que Fleesh, Apogee, PYT et Alco Frisbass (c’est déjà pas mal), du coup aucun changement. Avec un peu de chance, entre deux déplacements cette semaine, je trouverai le temps de faire une mise à jour.

Dès que j’aurai un peu de temps, je rédigerai le live report de vendredi soir et transcrirai l’interview ‘exclusive’ de Lazuli, réalisée dans la campagne (enfin derrière la salle du pub rock).

Finalement ma vie professionnelle et privée se résument à ceci : quatre à cinq heures de conduite, deux à trois heures étouffantes, épuisantes et passionnantes sur place, une douzaine d’heures de coma sous médocs très forts, puis de nouvelles heures devant l’ordinateur à traiter les informations recueillies, les analyser, les mettre en forme.

Parfois je ferme les yeux et je ne fais rien pendant quelques minutes. Vous n’avez pas idée comme c’est bon… de recommencer juste après à bosser. Et tout ça pour quoi ? Pour cent-cinquante lecteurs les bons jours. J’adore ma vie !

 

Obésité (Dans mon iPhone n°25)

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Quelques achats, quelques promos, des écoutes en retard et mon iPhone déborde à nouveau. Je me suis offert California de Marco Ragni qui était réédité, L’Albatros de Seven Reizh pour découvrir ce concept album livre intrigant. Nous avons reçu Galasphere … Continue reading