Solo

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Les dernières productions de la licence Star Wars n’avaient pas franchement soulevées mon enthousiasme (effet Disney ou vieillissement accéléré des neurones), alors, me rendre dans une salle obscure pour découvrir les aventures du jeune Yann (pardon Han, il n’est pas breton), ne m’emballais guère, surtout sans Harrison Ford.

J’ai tout de même acheté le Blu-Ray. Logique. C’est plus cher qu’une place de cinéma, on le regarde forcément sur un écran plus petit avec un son moins bon, mais c’est à la maison. Mais après tout avec deux mètres de diagonale Full HD en 5.1 c’est mieux que rien. Certains l’on vu sur un iPhone.

Je ne m’attendais à pas grand chose, à part revoir le Faucon Millénium, Chubaka jeune, Lando Calrissian sans sa mine et Han sans cicatrice sur le menton.

J’ai d’abord été agréablement surpris par Alden Ehrenreich (pas facile à porter comme nom) dans le rôle de Han Solo. Le jeune acteur a bossé la gestuelle et les mimiques du vieil Indiana Jones avec succès. Il nous livre un personnage crédible, dans la continuité des trois premiers Star Wars historiques (alors j’explique, les trois premiers Star Wars sont les épisodes IV, V et VI, c’est clair !).

J’ai ri, beaucoup ri, des gags potaches mais bons, comme celui Chewie sous la douche avec Hann, des deux manches du costume, je sais c’est con mais ça me fait rire. Le duo wookiee humain est décidément irrésistible. En parlant de duos, celui avec Woody Harrelson a également fait mon bonheur, un acteur que j’adore, et qui dans le rôle du contrebandier mentor est excellent. Même le couple improbable Lando L3-37 a redonné espoir à mon épouse, prouvant qu’une douce casse bonbons ayant besoin d’un petit coup de peinture peu séduire un beau gosse (toute notre histoire…), pardon chérie, je t’aime, en plus c’est toi qui l’a dit, enfin pas exactement comme ça mais c’était l’esprit non ? Pas taper !

Toujours en parlant des couples, je n’ai pas aimé celui qu’Emilia Clarke forme avec Alden Ehrenreich. Elle m’agaçait déjà furieusement dans Game Of Thrones, alors là… Mais bon ne peut pas plaire à tout le monde, même en brune.

Le film possède un bon rythme, l’histoire ne prend pas la tête, il y a de l’action, des vaisseaux, de l’humour, pas de sexe (ça c’est quand même dommage), de bons sentiments et un vrai salopard qui pour une fois n’a pas de sabre laser rouge (ok, ce sont deux poignards laser rouges).

Je l’ai vu seul, pendant que mon épouse écoutait un concert de piano et flûte (oui il faut savoir gérer ses priorités dans la vie), je l’ai revu le surlendemain avec elle, car entre les deux notre ado regardait le Simsons, osant bouder un Star Wars – mais quel petit con – et je compte bien me le refaire très bientôt, parce que le film me fait rire, et que j’y retrouve l’esprit de la première saga Star Wars, à savoir pour les gens qui seraient encore paumés, les épisodes IV, V et VI, ceux qui sont arrivés au cinéma en premier, avant le I, le II et le III (le meilleur des trois).

Donc finalement j’ai bien fait de ne pas aller au cinéma, l’achat est amplement rentabilisé. C’est tellement bon de voir le Faucon Millénium devenir une épave en quelques secondes grâce au pilotage tout en finesse de Han Solo.

Le chronophage

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Un ver solitaire invisible se terre dans ma demeure. 

Il se manifeste le plus souvent lorsque le rez de chaussée baigne dans des ondes fluctuantes. Tout d’abord ce n’est qu’un spectre vert qui scintille au niveau du sol, non loin de la prise ADSL, comme une luciole.

La créature silencieuse reste tapie à patienter dans le noir, attendant son heure, que je ne m’installe dans le salon, sa pièce de prédilection. Je sais qu’il est là, aux aguets quand j’allume mon ordinateur et que j’ouvre le navigateur Chrome. Il piaffe, il espère.

Dès que j’ouvre Gmail il en profite et se jette avidement sur moi, la gueule béante, me volant quelques minutes de vie, l’air de rien. Quand je réalise ce qu’il a fait, il est trop tard, il s’est caché, attendant dans l’ombre une nouvelle occasion. Elle ne tarde d’ailleurs pas, lorsque plongé dans la lecture des actualités de Facebook, je me réveille hagard, ayant perdu une demie heure de ma vie.

Mais ce qu’il préfère par-dessus tout, c’est lorsque que je dé-zippe un album de rock progressif et que je lance VLC sur la chaîne. Il peut alors dévorer plus de soixante minutes d’un seul coup de mâchoire.

Je ne sais où il se cache, mais dès que le Wifi inonde la maison, je le sens prêt à bondir, affamé. Alors pour sauver le peu de temps qu’il me reste à vivre, je coupe la Box le soir. Mais le monstre est plein de ressources, il se gave également d’ondes sonores et lumineuses. Outre la musique, il aime les rayons puissants du vidéo projecteur. Que je regarde une série TV ou un film, la bête, insatiable dévore goulûment mes heures de vie. Et plus elle mange, plus elle a faim. Son enveloppe ectoplasmique translucide regorge des secondes que j’aurai du passer à tondre la pelouse, nettoyer la cuisine ou terminer la salle de bain.

Pour lutter contre ce voleur de temps, j’ai décidé pendant les vacances de ne plus allumer Internet et la télévision, de ne pas prononcer à voix haute le nom de Sardaigne afin qu’il ne se cache pas dans nos bagages, afin de disposer de quelques instants pour lire, me promener, profiter du temps qui passe lentement, regarder les nuages bouger dans le ciel, les vagues moutonner sur la mer et le vent souffler dans les branches.

Hélas, à peine revenu à la maison, le chronophage affamé s’est jeté sur moi, plus avide de temps que jamais, se délectant du courrier et des messages en retard. 

Au moment où j’écris ces mots, je découvre avec horreur qu’il m’a encore dérobé quinze nouvelles minutes de mon existence, pourtant Internet est coupé et je ne regarde pas de film. Elle m’attaque presque tout le temps maintenant.

Prenez garde, la bête est sournoise et se reproduit vite. Coupez votre Box, éteignez votre  smartphone, n’allumez pas la télévision, installez-vous avec un livre, une bière et méditez sur le temps qui passe. Laissez l’ennui venir, c’est son pire ennemi, le seul capable de vous rendre quelques précieuses secondes de vie.

Hopla

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L’Alsace est une région magnifique, et croyez-moi quand je le dis, car je viens d’un pays encore lus enchanteur, la Bretagne.

Voici trente-trois années que l’Alsace est mon pays d’adoption. Quand je dis adoption, comprenons-nous bien, le temps qu’il faut pour arriver à l’age de la crucifixion, les locaux ne vous adoptent pas, c’est trop tôt, tout au plus, ils vous tolèrent.

Chaque fois que je marche dans Strasbourg, j’ai m’impression d’être un touriste au milieu de ces japonais, chinois, italiens, anglais, allemands, belges, français de l’intérieur. Sa cathédrale, sa Petite France vénérienne et ses winstubs.

Une région particulière avec deux départements qui jusqu’au nouveau dessin des régions françaises ne voulaient surtout pas être ensembles et qui depuis l’invention du Grand-Est, ne rêvent que d’une chose, se regrouper et faire cessation.

Ils sont attendrissants ces alsaciens. Conservateurs, un peu fachos, ils aiment l’ordre mais pas au point de ressembler à leurs voisins allemands. Alors, ils foutent un peu de bordel dans leur rangement. Grandes gueules, xénophobes, ils aiment bien la marine fluviale, parce que la mer est loin. Ils aiment la bière, le vin blanc, la saucisse, le cochon et le choux. Une région de rêve où le tour de poitrine est record, dommage qu’il n’y pas que de la poitrine de porc.

Ils vivent dans des maisons colorées en bois, sans fondations alors que leurs portes et fenêtres sont encadrées de grès des Vosges, parlent un étrange dialecte qui n’es compris que trente kilomètres à la ronde (et à condition de ne pas être trop près des frontières suisses, allemandes, luxembourgeoises ou françaises). Seul point commun à leur patois qu’il nomment langue, c’est la pair de knacks, non pas de claques encore que… Allez dans une charcuterie commander dix knacks, vous repartirez avec vingt saucisses… C’est comme les couilles, ça va par deux.

Il n’existe que trois saisons en Alsace, l’hiver avec ces -20°C et son vent de nord-est, l’été avec ses +35°C et 100% d’humidité et l’automne, la belle saison, parce que pour vendanger il faut un temps agréable et sec. Le printemps ? Oui, vous voulez dire la transition du -20°C au plus 35°C, c’est l’affaire d’une journée.

Depuis six mois, j’arpente l’Alsace profonde, des crêtes vosgiennes à la plaine, allant à la rencontre de vignerons, le paysans, d’instituteurs à la retraite, des gens méfiants vis  à vis de l’étranger que je suis, qui parlent entre eux un dialecte incompréhensible avant de me saluer en français. Des grandes gueules un peu hostiles, qui une fois qu’elles vous ont adopté, ne vous lâche plus.

J’adore cette région, ses paysages, ses habitants, même si je suis resté enfermé dans ma Clio à manger ma salade Sodebo au bord d’un lac sous des trombes d’eau, alors que depuis deux jours nous mourrions de chaud en plein mois d’avril.

Le presse citron

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Vous aimez les agrumes ? Je vous file mon presse citron.

Parce que voila, je suis tellement malin que j’ai décidé de réinventer l’appareil. C’est vrai quoi, pour quelle raison utiliserions-nous un ustensile aussi simple quand on peut se compliquer la vie ?

Imaginez donc un bras robotisé doté de caméras, capable de rechercher l’agrume, de le sélectionner en fonction de sa taille, sa qualité, sa maturité, de l’attraper avec ses pinces, de le rincer, oui mais attention, avec de l’eau que la machine aura au préalable purifiée, de lui enlever sa peau – pourquoi faire me direz-vous ? je ne sais pas mais c’était dans le cahier des charges – , de le découper en quartier – cessez de m’interrompre, c’était dans le cahier des charges également -, d’en prendre une photographie – c’est pour imprimer l’étiquette sur le verre – , de l’amener jusque la centrifugeuse, de récupérer le jus, de le verser dans un verre, d’imprimer la photo, de la coller sur le verre et d’envoyer un SMS, twitt, message, mail pour informer la personne qui vient de presser le bouton de machine, que le jus est pressé.

Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Ajoutons une balance pour peser le consommateur et un test de glycémie pour évaluer ses besoins nutritifs ainsi qu’une base de données des préférences gustatives avec reconnaissance faciale afin d’adapter la production du jus aux goûts de l’utilisateur. Nous pourrions également analyser sa consommation sur le mois, l’année, ajouter une application connectée sur smartphone pour gérer tout le processus,  qui posterait sur Facebook, Twitter et Instangram une photo de vous en train de boire le jus avec un commentaire du genre “je bois un jus de fruit frais”. Et pourquoi s’arrêter là et ne pas gérer les commandes d’agrumes depuis l’application, afin de ne jamais manquer de rien ? Et puis, puisque le presse agrume est connecté au bras, à la balance, aux caméras, à Internet, pourquoi ne pas faire de lui, quand il ne travaille pas, un système domotique de surveillance de l’habitation ? La balance comme détecteur de mouvement, les caméras comme outils de surveillance, le bras comme lance projectile (réutilisation intelligente des fruits périmés), internet comme système d’avertissement et envoi d’un post sur Facebook, Twitter et Instangram de la photo du cambrioleur alors qu’il se prend une orange avariée dans le visage.

Il y a quelques années, quand ils ont voulu améliorer mon presse citron, j’ai émis quelques réserves quand à la complexité de son successeur. Après des mois de spécifications, d’avant projet, de projet, de réunions, de discussions, de maquettage, ils ont confié sa réalisation à une société privée, jugeant le travail trop complexe en local. Après six mois d’échanges, après la signature des contrats, des conventions, après le choix de la technologie, de l’équipe, la société vient de jeter l’éponge sur le bras balance caméra centrifugeur base de données acide.

Personne de boira de jus d’orange pendant au moins un an, si ce n’est pas deux. Nous aurions pu simplement remplacer l’ustensile en plastique fatigué par un autre tout neuf. Certes il aurait fallu choisir le fruit, le couper en deux et user d’un peu d’huile de coude pour boire un bon verre de jus de fruit frais. Mais faute de bon sens, nous ne boirons que de l’eau pendant des mois.

Morphée taille L

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Alors que le monde s’effondre, je m’endors à Hawaii dans les bras de Cris. Le campanile de St Marc vacille, mais la guitare de Ray me berce dans un flot de passion. Dans l’obscurité, les phares de l’automobile veillent sur mon sommeil. Phallus dressé, le fils de Lancelot accomplit la quête commencée par Arthur.

Les nuits alsaciennes sont fraîches, tout particulièrement dans une demeure vieille de plus de quatre siècles. Couette épaisse, couverture chaude, ne suffisent pas à réchauffer le corps quand il fait 15°C dans la chambre. Il faut se couvrir.

Après une tenue de Capitaine America érotique comme un sandwich SNCF, des Simpsons brise amour, et face à l’abondance de tee shirts de musique dans mon armoire, j’ai opté pour ces parures progressives pour veiller sur mon sommeil.

Je dors avec Marcela Bovio, Anneke van Giersbergen et quand il fait très froid, c’est un groupe entier que je glisse sous ma couette. Batteur, bassiste, guitariste, claviériste, chanteur, Marillion, Dream Theater, Threshold, IQ, Arena, tous me tiennent chaud. Bien entendu, j’ai des préférences, certains grattent plus que d’autres. Mes doudous préférés, sont Cris Luna, Collapse et Ray Wilson, leur tissu est doux et chaud.

Qu’est-ce je porte en bas ? Vous ne voulez pas le savoir…

 

I want to ride my bicycle

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Bicycle bicycle bicycle
I want to ride my bicycle bicycle bicycle
I want to ride my bicycle
I want to ride my bike
I want to ride my bicycle
I want to ride it where I like

Après une jolie gamelle, quelques mois de récupération, je remonte enfin sur mon vélo. Il aura fallu du temps, pour récupérer physiquement et surtout psychologiquement. J’avais une trouille bleue à l’idée d’enfourcher mon deux roues. Alors, de novembre à mai, j’ai marché tous les jours pour me rendre au travail, 30 minutes le matin, 30 minutes le soir, usant mes semelles et puis un beau matin de juin, j’en ai eu mare de marcher, d’autant que la promenade n’est guère bucolique. J’ai regardé mon vélo poussiéreux, regonflé les pneus, redressé le guidon, vérifié les freins et suis monté sur la petite reine (oui je sais ça prête à confusion) pour un tour de pâté de maison. La première appréhension passée, me voila à nouveau arpentant les pistes cyclables mal foutues de ma ville, sans doute un peu moins rapide qu’autrefois, un peu plus prudent également. Les étudiants n’encombrent plus les trottoirs, la circulation est fluide, il fait jour à l’aller comme au retour. Le plus redoutable sera donc début septembre, lorsque ces jeunes abrutis seront de nouveau lâchés dans la nature, casque sur les oreilles, smartphone devant les yeux, une gamine collée à la bouche.