Iotunn au Grillen

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Mercredi 15 avril, le groupe Iotunn jouait au Grillen à Colmar, une date que j’attendais avec beaucoup d’impatience et pour laquelle j’avais été accrédité par l’association Headbang.

Mais voilà, la veille il faisait beau et je n’ai pu résister à l’appel des étoiles. C’est donc après 3h30 de sommeil et deux grosses réunions de travail que je suis parti avec Sébastien et Jean-Nicolas à Colmar. Au moins je n’avais pas besoin de tenir le volant.

Iotunn jouait avec In Vain et Nephylim, deux groupes qui poutrent nettement plus que les gars de Copenhague. C’était donc une grosse soirée métal.

Je ne connaissais pas Nephylim mais j’avais déjà écouté In Vain sans jamais aller jusqu’au bout d’un album. Par contre Iotunn, je les avais découvert avec leur dernier album Kinship.

Après une bière, du saucisson provençal, du pain et du fromage alsacien sans parler de trois expressos et un coca tout sauf light, j’étais fin prêt pour le concert.

Nephylim démarre à 19h30 et ne fait pas dans la dentelle. Ça tabasse, ça growle et déjà le public pogote au premier rang. Je fais mes photos, protège mes oreilles et attends que l’orage passe. J’en profite pour régler un vieux problème de hautes fréquences LED qui perturbe mes deux boîtiers photo. C’est un truc qui provoque des bandes horizontales sur la photo dans certaines conditions et gâche les clichés. 

In Vain arrive très vite. Et là c’est nettement mieux. Chant clair et growl se mélangent, et la musique relativement imprévisible me change du mur de son précédent. En plus, les norvégiens se donnent en spectacle et sur scène ça a de la gueule. C’est bien mais ce n’est pas trop ma came. Les morceaux sont souvent accrocheurs pourtant, limite commerciaux, à moins qu’ils n’aient joué que des tubes.

Niveau chant c’est assez décevant, principalement parce que sorti du growl, ben c’est toujours un peu à côté du diapason. Et ça, ça me dérange beaucoup. Alors je fais des photos. Sebastien et Jean-Nicolas eux sont à fond, la bière aidant. Moi une fois de plus, je carbure à l’eau plate. Il faut dire qu’il fait très chaud dans la salle bien remplie.

Et puis c’est le tour d’Iotunn. Cinq musiciens dont deux guitaristes jumeaux bouclés et un chanteur et habit de cérémonie. Son micro façon tour de Barad-dûr avec la LED qui lance un faisceau vers le plafond de la salle est du plus bel effet, d’ailleurs je vais passer mon temps à photographier cet accessoire. Le batteur dispose quant à lui d’un énorme set et domine tout le monde du haut de sa plate-forme.

Le groupe démarre sur leur dernier album Kinship qui sera mis en avant ce soir là, avec ‘Twilight’ et poursuit avec ‘Mistland’. Et ça dépote, même s’il y a beaucoup de chant clair. Je suis hypnotisé par Jon Aldara vêtu de blanc avec son spectre lumineux. Alors je shoote. J’arrive de temps en temps à me poser au fond de la salle pour écouter un peu la musique, tout particulièrement pour le titre ‘Kinship Elegiac’ que j’aime beaucoup. Vocalement, ici rien à dire, Jon assure au chant clair comme pour le scream. Dommage que le son soit trop fort comme souvent au Grillen. 105 dB c’est abuser.

Sur scène il se passe tout le temps quelque chose et j’ai l’embarras du choix pour photographier. Je passe navigue de droite à gauche de la scène, parfois en fond de salle même si j’ai commencé juste devant le chanteur grâce à un aimable allemand qui m’a fait une place à côté de lui.

Le concert s’achève avec ‘Laihem’s Golden Spit’ tiré de l’album Access All Worlds vers 23h30, quatre heures et cent fous plus de photos emmagasinées plus tard. 

Si Sébastien et Jean-Nicolas ont préféré la prestation de In Vain, moi j’ai vraiment adoré Iotunn, d’autant que leur rendu live ne transforme pas leur metal progressif en rouleau compresseur comme Fallujha par exemple.

Et une fois n’est pas coutume, je vous livre au moins une partie de la set list de Iotunn : Twilight, Mistland, Safe Across The Endless Night, I Feel The Night, Kinship Elegiac, The Tower Of Cosmic Nihility, The Anguished Ethereal et Laihem’s Golden Spit.

Merci encore à Headbang pour son accueil, nous on se retrouve dans une semaine au P8 à Karlsruhe pour écouter Mars Red Sky.

Marillion à Strasbourg

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Photo Laurent Regnard pour le magazine Neoprog

Oui, vous ne rêvez pas, Marillion revient à la Laiterie à Strasbourg. C’est énorme ! Quand ? Je ne sais plus trop, en novembre je crois, parce qu’en réalité, je n’ai pas vraiment envie d’y aller.

Moi qui ai été un fan de la première heure du groupe, qui possède tous leurs albums déclinés pour certains en plusieurs éditions, qui collectionne leurs tee shirts, mugs, sacoches, oui, ce moi n’a plus envie d’aller les écouter.

Je ne suis pas de ceux qui vénèrent la période Fish et détestent Steve Hogarth. En fait j’ai arrêté d’être un fan après l’album Sounds That Can’t Be Made. J’ai continué à acheter leurs disques, mais je n’ai plus retrouvé le souffle épique de ‘The Invisible Man’, ‘This Is The 21’st Century’, de ‘Jigsaw’ ou de ‘Kayleigh’. Je me suis lassé.

En live, j’avoue que les minauderies de Steve Hogarth m’ont toujours agacé et le somnolant Steve Rothery m’endort même s’il joue divinement bien. En plus, à chaque fois, les salles étaient bondées à se marcher sur les pieds et ça n’est pas trop pour me plaire.

J’ai quand même hésité à prendre mon billet. Déjà parce c’est rare que je puisse assister à un concert sans prendre la voiture, ensuite et surtout parce que Lazuli assurera la première partie du show et que j’aime bien Lazuli

Quoiqu’il en soit le concert est sold out maintenant, donc pas de regret. Au pire je dégotterai une accréditation photo si je me décide à venir, car je n’ai jamais shooté Marillion en live.

Bon pour être tout à fait honnête avec vous, je manquais d’idées pour le billet du samedi, je n’ai pas terminé de série ni de bouquin, je ne vais pas vous parler de les sorties astro toutes les cinq minutes, la crise pétrolière m’importe peu et pour la lune on va d’abord s’assurer que les quatre astronautes reviennent en un seul morceau avant d’en parler.

Donc Marillion…

Les quinze ans d’ArpegiA

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Le 3 avril 2026, l’association ArpegiA soufflait ses quinze bougies. Ils invitaient pour l’occasion le groupe avec qui ils avaient débuté l’aventure, à savoir  Lazuli.

Le vendredi matin, j’avais décidé de partir les mains vides pour profiter de la musique. A treize heures, j’ai tout de même préparé un boitier photo avec un petit objectif photo 24-200 mm passe partout. A quinze heures, je le remplaçais par un objectif 70-200 mm plus professionnel. A dix-heures, juste avant de partir, j’ajoutais une batterie et un second boîtier photo avec un 24-70 mm pro. 

Car Lazuli jouait Chez Paulette, à Pagney Derrière Barine, pour les quinze ans de l’association ArpegiA. Et pour rien au monde je n’aurais voulu manquer ça. 

Plein d’amis et connaissances patientaient devant la porte du Pub Rock en attendant l’ouverture. Bisous, accolades, poignées de mains, c’est ça les concerts d’ArpegiA, une grande famille qui se réunit trois fois par an pour autour de concerts de rock progressif.

A l’intérieur, une rétrospective en images, retraçait quinze années de concerts organisés par l’association, de belles affiches avec notamment Lazuli, premier groupe à avoir fait confiance à Michel, Christophe et Patrice, Pendragon, RPWL, Fish, Franck Carducci, Arena, Mostly Autumn, Peter Carlsen, Blind Ego, Ray Wilson, UPF et bien d’autres. Je n’étais pas présent pour toutes ces dates mais j’en ai vu beaucoup.

A 20h30 Lazuli monte sur scène pour un set en deux parties dont la première donnait la part belle à leur dernier album Etre et ne plus être. Le groupe est manifestement fatigué après une longue tournée, d’ailleurs Dominique nous raconte, non sans humour, les petits problèmes de santé que lui, Claude et Arnaud , ont eu ces derniers jours.

Ils sont fatigués mais voilà c’est Lazuli et ils donnent tout ce qu’ils ont dans la bonne humeur. Le public, venu nombreux retrouver nos amis troubadours, se pressent au premier rang pour les écouter. Comme bien souvent, les titres sur lesquels j’avais moins accroché sur leur dernier album ont trouvé tout leur sens en live. Et j’ai particulièrement aimé de retrouver les morceaux‘Triste Carnaval’ ou ‘Mon body se meurt’, peut-être aussi parce que je posais l’appareil photo quelques minutes pour mieux les écouter.

La seconde partie arrive très vite, trop vite à mon goût, alternant anciens et morceaux plus récents, saluant la mémoire d’Anne Gaëlle, partie il y a quelques jours, la chanteuse du groupe Monnaie de Singe, avec qui ils ont partagé l’affiche il y a quelques années dans cette même salle. Ils saluent également les trois mousquetaires de l’association ArpegiA ainsi que les petites mains qui font vivre le rock progressif dans ce village perdu de Lorraine. 

Après le duo d’improvisation éblouissant de Romain et Vincent, Dominique revient tout seul sur scène pour nous jouer un titre acoustique. Un rappel plus tard et une marimba à neufs mains, et ils nous laissent orphelins pour un dernier salut avant de nous retrouver peu après dans la salle pour quelques dédicaces et discussions à bâtons rompus. 

J’ai trouvé le concert vraiment trop court mais en réalité il était minuit passé lorsque les lumières se sont rallumées, je n’avais pas vu le temps passer. Plus de quatre cents photos s’étaient accumulées dans ma pellicule. Après plein de bisous, d’accolades et de poignées de main, j’ai repris la route de l’Alsace, les oreilles et les yeux remplis de musique et de sourires.

Une superbe soirée comme toujours avec Lazuli.

Merci à Lazuli, Arpegia et Chez Paulette pour cette magnifique soirée. On se revoit très prochainement à Pagney derrière Barine pour écouter Airbag !

Prochains concerts Iotunn au Grill le 15 avril, Monkeys on Mars a P8 le 25 avril, Airbag Chez Paulette le 24 mai et après on verra.

Toutes les photographies du concert sont ici.

Nuits blanches à Illkirch-Graffenstaden

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On dit souvent qu’un sommeil régulier est essentiel à une bonne santé. Se coucher à une heure raisonnable, avoir ses sept heures de repos, ne pas changer de rythme, etc etc.

Je n’ai manifestement pas compris le message, surtout la semaine dernière, d’ailleurs je me demande encore comment j’ai tenu le coup.

Dans mon agenda prévisionnel j’avais deux soirées de prises : un concert mardi soir et une conférence sur l’astronomie planétaire le vendredi. Rien d’insurmontable.

Mais lundi, le président de notre association a ajouté un conseil d’administration surprise le jeudi soir et moi, lorsque j’ai vu le ciel, j’ai proposé à quelques copains de partir dans les Vosges, pour photographier les étoiles le soir même.

Lundi à 16h, après le travail, j’ai filé faire les courses et une fois arrivé à la maison, j’ai déchargé les sacs pour mettre à la place lunette et télescope dans le coffre. Ensuite je suis parti vers Grendelbruch et à 18h j’installais mon setup dans la nature.

A 1h30 j’étais dans mon lit. A 6h30, je repartais travailler.

Mardi à 18h, après une journée de travail chargée, je prenais la route de Colmar pour 4h de concert de metal et cinq cent photos. Je me glissais sous la couette passé minuit, encore agité par l’énergie déployée par Omnium Gatherum.

Mercredi était une journée de télétravail bienvenue, en robe de chambre devant mon ordinateur, je récupérai au calme des deux soirées intenses. En soirée je m’attelais au développement des photos de concert et commençais à traiter la nébuleuse de la méduse photographiée lundi soir. A 21h30 je dormais à poings fermés.

Jeudi, après une grosse réunion de travail et quelques sujets épineux, je me rendais à l’observatoire de Strasbourg pour mon premier conseil d’administration de la SAFGA, l’association d’astronomie dans laquelle j’ai pris un peu plus de responsabilités récemment. A 0h30 j’étais enfin au lit.

Vendredi, après trois cafés et une ultime journée de travail qui m’a semblé très longue, je suis reparti à l’observatoire à vélo, pour une conférence passionnante sur la photographie planétaire. Evidemment, je ne me suis pas couché avant 0h30.

Samedi c’était enfin jour de repos, une vidéo à enregistrer, deux articles de blog à écrire, trois photos à sélectionner et un ciel qui se dégageait le soir. Allais-je repartir en montagne installer mon matériel et tenter une nouvelle fois la nébuleuse de la méduse ? Vous auriez fait quoi à ma place ? Vous seriez monté n’est-ce pas ? Même malgré la poussière venue du Sahara ?

Alors je suis monté avec plein de copains et nous sommes rentrés à 2h du matin. A 7h j’étais réveillé, à 9h je me préparais à traiter ma nouvelle image de la nébuleuse de la méduse. 

Pour couronner le tout, ce week-end là, se déroulait, comme tous les ans, à Rosheim, un magnifique carnaval vénitien. Allais-je partir là bas faire quelques photos ? 

Et bien non, je me suis contenté d’une promenade bucolique à la campagne. Il faut dire que je tenais à peine debout.

Greenleaf au Grillen

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Vous le savez sans doute, je ne suis pas stoner. Le groupe Greenleaf ? Connais pas. Pourtant dimanche soir, je suis allé au Grillen à Colmar les écouter.

Alors non, ce n’était pas une invitation du groupe ou du label, je ne fais plus ça depuis longtemps. C’était une proposition de mon copain Seb qui lui, connaît un peu la discographie du groupe.

J’ai consulté mon planning du lundi pour vérifier qu’il n’était pas trop chargé et j’ai dit ok. Ensuite j’ai écouté la musique de Greenleaf avec l’album Revolution Rock. Ben c’était vraiment stoner et je ne suis pas allé jusqu’au bout.

Du coup j’ai demandé une accréditation photo à l’association Headbang qui organise l’événement, histoire d’avoir quelque chose à faire pendant le concert si je n’accrochais pas trop à la musique.

C’est le groupe local Coma qui ouvrait la soirée, un jeune quatuor de stoner français qui essaye de trouver sa place. Bon comme dit plus haut, je ne suis pas amateur de stoner et Coma n’est pas une formation pro. Le groupe manque d’une identité vraiment affirmée comme de charisme en live et je n’ai pas entendu leur fibre psychédélique.

Il arrive que les premières parties de concert soient de belles surprises, là disons le, la demi-heure qu’a duré leur prestation m’a paru un peu longue. Mais ma patience a été récompensée par une bonne bière offerte par Seb !

Après une communication de l’association Headbang et un gâteau d’anniversaire, c’était au tour de Greenleaf de monter sur scène. Et dès les premiers accords de guitare, j’ai su que ça allait être du lourd.

Greenleaf ne joue pas à proprement parler du stoner. Je parlerai plus de hard rock blues à tendance soul, le genre de truc qui prend aux tripes sans se prendre pour autant vraiment au sérieux. Il sera par exemple question d’odeur d’aisselles en fin de tournée.

Tommi, le chanteur, possède une manière bien à lui d’arpenter la scène avec sa démarche voûtée très particulière, sa main droite souvent pointée vers le ciel et ses yeux un peu fou. Il dégage une incroyable énergie comme son batteur, liquide après deux morceaux. Le bassiste est tout sourire quand le guitariste corpulent se cache dans sa tignasse dégarnie. Ils sont furieusement bons et leur musique me semble étonnamment familière tout en restant très éloignée de ma zone de confort. Je ne comprends pas ce qui m’arrive.

Le public est également conquis. Il bouge, danse, reprend en chœur les refrains, l’atmosphère est chaude bouillante. Pendant un peu moins d’une heure et demie, Greenleaf va mettre le feu au Grillen.

Cela peut sembler court mais le groupe ne s’économise pas une seconde. Pendant qu’ils jouent je shoote comme un fou pour essayer d’obtenir la bonne image qui traduira la dynamique de cette soirée, et ce n’est pas facile d’autant que j’ai également envie de bouger avec la musique.

Après deux rappels nos quatre musiciens tirent leur révérence pour retrouver le public au stand de merch. N’ayant ni payé l’essence, ni la bière ni ma place, sans parler du joli cadeau offert par l’association Headbang, je me suis offert leur dernier album en vinyle, principalement parce la pochette est vraiment magnifique. Et bonne surprise, une fois l’euphorie du concert passé, j’ai vraiment aimé ce que j’ai entendu sur la galette.

Merci à Seb de m’avoir sorti un dimanche soir, merci à Headbang qui fêtait ses dix ans et merci à Coma et Greenleaf pour la musique. Ce fut une soirée mémorable.

Photos sous licence CC BY-NC-ND 4.0

HamaSaari – Ineffable

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Désolé, j’ai trou de mémoire, je ne me souviens plus qui m’a recommandé le groupe français HamaSaari, mais j’ai tout de même ma petite idée sur le sujet, ça doit être moi…

Bon, toujours est-il que j’ai mis leur album Ineffable dans un coin et que j’ai bien noté qu’ils passaient en concert le 22 octobre au P8 à Karlsruhe. J’ai écouté l’album et j’ai pris la route du P8.

Ineffable, sorti en 2023, est leur premier album. Sept titres pour trente-neuf minutes de musique prog/alternative à tendance acoustique. Le prochain arrivera début 2026. Mais HamaSaari est né sur les cendres du groupe Shuffle que j’avais découvert du temps du webzine Neoprog.

Le quatuor joue de guitares, de batterie et de basse. Leur musique me fait penser à des groupes comme Klone, Lag I Run ou encore Wolve. Et si vous avez lu quelques-unes de mes chroniques sur ces groupes, vous comprendrez vite pourquoi j’aime HamaSaari.

Les morceaux sont majoritairement softs avec quelques poussées plus électriques sorti de ‘White Pinnacle’ qui donne clairement dans le metal prog énervé avec même du growl.

Ineffable est un album à l’écriture classique et très originale à la fois. J’en suis tombé amoureux dès la première écoute.

Le chant clair un peu fragile associé à ces guitares électro-acoustiques qui de temps en temps durcissent le ton, rappellent Porcupine Tree sans les plagier comme dans le titre ‘Old Memories’.

Il y a quelques claviers, mais juste en trame de fond. On pourrait s’en passer, d’ailleurs, en live, il n’y en avait pas.

‘Crumbs’ joue de l’américana pour nous parler de la révolte quand ‘Lords’ revisite notre catéchisme, d’abord en douceur avec ses délicieuses notes de guitares avant de hausser légèrement le ton et finir sur un instrumental tout en délicatesse.

Une des merveilles de cet album (il y en a plein) s’appelle ‘Prognosis’. Le dernier morceau de l’album, d’un peu plus de quatre minutes, me transporte à chaque écoute. Il est joué tout en retenue dans des tonalités électro acoustiques fragiles, avec un court texte en forme de conclusion.

J’adore également la bombe thermonucléaire de ‘White Pinnacle’ qui met sens dessus dessous tout l’album. Il faut dire que les paroles ne font pas dans la dentelle puisqu’elles évoquent à demi-mots de ces curés qui abusent du corps des enfants au lieu de sauver leur âme.

Ineffable serait sorti cette année, il figurerait dans mon top 2025, car j’en suis tombé amoureux.

J’attends le prochain album de HamaSaari avec une impatience teintée d’inquiétude mais les premiers extraits que j’ai entendus en live me donnent de l’espoir. C’est toujours compliqué un second album.

Allez écouter Ineffable, aller écouter HamaSaari en live, ce groupe est plus que prometteur.

La rançon de la gloire

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Fin octobre j’ai assisté à deux concerts. Celui de HamaSaari au P8 à Karlsruhe et celui de Mystery Chez Paulette à Pagney derrière Barine. Et j’ai eu le bonheur d’être accrédité photo pour les deux dates.

Bien souvent je publie les photos dans la plus grande indifférence générale sur ma page Facebook Chroniques en Images. Mais cette fois ci, les publications ont été abondamment relayées par les groupes ainsi que par l’association ArpegiA et j’ai eu de nombreux retours. 

Du coup, le blog a connu une petite effervescence à laquelle je n’étais plus habitué depuis des années et lorsque j’ai publié les live reports, mon audimat a littéralement explosé, je veux dire par là que je suis passé de vingt à soixante, Louis quatre-vingt et enfin trois-cent visiteurs quotidiens, presque au niveau de la grande époque du magazine Neoprog.

Étrangement, la chaîne YouTube n’a pas bénéficié de cette courte euphorie médiatique pas plus que mon compte Flickr de photographie de concert. D’ailleurs la chaîne Chroniques en Images est en pleine Bérézina avec des vidéos qui dépassent péniblement les cinquante vues, à croire que pour me vendre, je devrais me prostituer à parler de groupes main stream. 

J’ai bien conscience que cette notoriété ne fera pas long feu mais cela fait quand même plaisir d’assister à un pic de visites qui n’est pas généré par un bot russe qui va spammer tous les commentaires du blog.

Cerise sur le gâteau, le samedi, pour conclure en beauté, une photo de paysage corse, a connu elle aussi son petit moment de gloire sur Flickr.

Ce qui va être nettement plus difficile, ce sera la redescente après ce shoot de gloire, d’autant qu’en ce moment ce n’est pas la grande forme.

J’ai bien peur d’être avide de reconnaissance, de notoriété même si j’ai du mal à le reconnaître. Quoiqu’il en soit, merci d’être passé lire le blog et n’hésitez pas à revenir.

Mystery Chez Paulette

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Nos amis canadiens de Mystery jouaient Chez Paulette samedi dernier. La seconde date de leur tournée européenne après le Spirit et avant d’attaquer le Z7. 

C’était la troisième fois que l’association ArpegiA les invitait. Et cette année, ils fêtaient les dix ans de l’album Delusion Rain. Un évènement à ne pas manquer. D’ailleurs le public l’avait bien compris puisque la salle était quasi comble.

ArpegiA m’avait convié à la fête, et donc dès 15h j’étais Chez Paulette, à Pagny Derrière Barine, après deux heures de route depuis Strasbourg. Le temps de saluer tout le monde sans céder au bisou lorrain de rigueur – j’avais un bon rhume et je n’étais pas le seul loin de là – Mystery débarquait dans le petit village, transformé le temps d’une nuit, en temple du rock progressif.

C’était la première fois que je rencontrais le groupe en civil et que j’assistais à leurs balances. De biens belles personnes, très professionnelles avec une bonne dose d’humour, qui une fois le boulot terminé se mêlèrent naturellement aux personnes présentes dans la salle cet après-midi là pour discuter. Le temps de faire quelques photos, parler à droite et à gauche, de Bretagne, de photographie, de Danny Cavanagh, il était temps de passer à table avec les artistes.

Une grande table en L où artistes, organisateurs, techniciens et invités se retrouvaient pour le dernier break de la soirée avant l’ouverture des portes.

Sylvain qui a vécu longtemps en France, retrouve de la famille et sa maîtresse de CP venue l’écouter jouer ce soir. On évoque à plusieurs reprises le mémorable passage de Weather Systems Chez Paulette, je discute de photographie et de réglages avec Andres qui s’attelle à produire des images de com pour Mystery depuis peu.

A 20h, les portes s’ouvrent et la foule impatiente envahit la salle. Je retrouve plein de têtes connues que je salue à distance faute de pouvoir m’en approcher. Et puis Mystery arrive et le travail commence pour moi : photographier. On dira ce que l’on veut, mais réaliser des photos de concert acceptables reste un travail, très physique d’ailleurs lorsque l’on trimballe cinq kilos de matériel pendant plusieurs heures.

J’avoue qu’il ne me reste peu de souvenirs de la première partie du concert. Je me souviens d’un titre de Rédemption, leur dernier album et c’est presque tout. Le son est fort, trop fort à mon goût, par contre il est de qualité. D’ailleurs les membres du groupe salueront le travail de l’ingé son et lui proposeront même de les suivre sur la tournée.

Mystery semble en grande forme. Leur envie de partager la musique avec leurs cousins francophones est palpable. Jean et Sylvain bougent beaucoup, Jean-Sébastien, malgré un bandage au coude gauche, assure derrière les fûts, il m’offre même quelques poses pour l’objectif. Et si Antoine n’est pas là, congé paternité oblige, il trouve en Johnny un digne remplaçant.  Ce n’est pas non plus la première fois qu’il tourne avec le groupe. François, à la basse est un peu caché au fond à droite, assis le plus souvent sur son tabouret. Il jouera tout de même debout de temps en temps en duo avec Sylvain. Reste la guitare d’or du groupe, Michel, tout à gauche de la scène, que je n’aurais hélas pas souvent l’occasion de photographier faute de vrai mobilité dans la salle vue l’affluence.

Après être resté plus d’une heure sous les enceintes à photographier le groupe, je m’éloigne du premier rang pour profiter de la seconde partie du show. Mystery nous rejoue Delusion Rain pour mon plus grand plaisir, alors je ne vais pas m’en priver. Un album clé dans la carrière du groupe, puisque c’était le premier avec leur nouveau chanteur Jean Pageau qui est avec eux depuis cette date. Inutile de dire que je me délecte du titre album, de ‘The Willow Tree’ long de vingt minutes, et du final ‘A Song For You’. Car je trouve que Mystery brille particulièrement dans la forme longue.

Vers la fin du concert, pendant les incontournables rappels, Andrés me tombe dessus genre catastrophé, son boîtier Canon a un problème et il doit réaliser la photo du final avec le groupe et le public. Il m’entraîne sur la scène, derrière la batterie, pour immortaliser cet ultime moment du concert. J’avoue que j’adore ça, j’ai honte mais j’adore le faire, monter sur scène et photographier le public et les musiciens (qu’on se le dise). 

À la fin du concert, je m’offre Rédemption en édition vinyle et je retrouve pas mal de connaissances et d’amis pour une dernière discussion de prog-heads.

Il est trois heures du matin lorsque je retrouve la couette douillette de mon lit. Deux heures en fait, puisque nous passons à l’heure d’hiver. Je ne dormirai pas beaucoup puisque j’avais promis à Andrés de développer la photographie finale rapidement pour que Mystery puisse en disposer pour sa com. Du coup j’ai continué avec les images du live. À midi, tout était en ligne.

Ce fut un très beau concert et une nouvelle fois de belles rencontres. Merci à Mystery, aux Enfants de Paulette et à ArpegiA de rendre possible ce genre d’événement. On se retrouvera Chez Paulette le 3 avril 2026 pour Lazuli et puis le 23 mai pour un concert encore surprise.

Vous pouvez regarder toutes les photos sur Flickr.

HamaSaari au P8

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À votre avis, qu’est-ce que cela fait de se retrouver tout seul en Allemagne en milieu de semaine dans une petite salle de concert pour écouter un groupe que vous connaissiez à peine ?

Ben rien, c’est ma routine, mais pour HamaSaari j’ai fait fort. Une tempête menaçait de balayer la France cette nuit, je bossais le lendemain et samedi je partais à 200 km de la maison pour écouter Mystery Chez Paulette. J’allais être sur les rotules.

HamaSaari est un groupe français que j’ai découvert par hasard sur Bandcamp et lorsque que j’ai vu qu’ils jouaient au P8 le mercredi 23 octobre, j’ai contacté le tenancier de la salle pour obtenir une accréditation photo.

Arrivé sur place,à l’avance comme toujours, j’ai pris une bière, pas un panaché cette fois (je progresse même si la bibine ressemblait affreusement à une Heineken), et je me suis installé dans un coin en attendant la musique. 

Je ne sais pas si c’est l’appareil photo qui a provoqué ça, toujours est-il que deux allemands très sympathiques sont venus taper la discute avec moi en faisant l’effort de parler en français et en anglais. Du coup, le concert est arrivé très vite et je me suis senti moins seul (mon pote Seb profite d’une lune de miel au soleil).

On ne va pas se mentir, il n’y avait pas grand monde à assister au concert, tout au plus une trentaine de personnes rassemblées plus près du bar que de la petite scène.

La première partie, était assurée par le groupe allemand VELDT VOID que j’ai rapidement écouté en streaming. Un quatuor de hard rock psyché assez classique. Leur musique n’a pas inventé la poudre mais j’ai bien aimé certains de leurs morceaux comme ‘The Son of Man’ tiré de leur premier album du même nom.

Sur scène par contre c’est affreusement statique et le chanteur, en col romain, va rester pendant tout le set dans l’obscurité.

Le quatuor français HamaSaari prend la suite des opérations vers 21h30. Ils sont également quatre. Une basse, une guitare rythmique et chant, une lead et la batterie.  D’emblée l’énergie n’est pas la même. Si leur musique est relativement acoustique, Jordan ne reste pas statique devant son micro, loin de là, il vit la musique. Et malgré le peu de public, le groupe donne tout. Leur album Ineffable, que j’ai écouté en boucle avant de venir, rend encore mieux en live. Les quelques nouveaux titres qui figureront sur leur prochain album, me semblent plus musclés sans atteindre la tension de ‘White Pinacle’ toutefois, certainement le titre le plus agressif de leurs compositions.

Jordan s’adresse aux spectateurs en anglais, salue l’incarcération de Nicolas Sarkozy, parle d’écologie, des sujets qui me touchent comme leur musique. Bref c’est un énorme kiff, genre coup de foudre.

Ils finissent leur performance après un dernier rappel, le public chauffé à blanc en redemande, c’était trop court.

Je retrouve le groupe au stand de merch comme une groupie, on discute quelques minutes avant que je ne craque pour un teeshirt et leur vinyle. Le principe c’est paye ce que tu veux (à condition d’être raisonnable tout de même), et j’ai du l’être puisqu’ils m’ont offert en bonus le vinyle WontTheyFade? de leur précédent groupe Shuffle que j’avais chroniqué fin 2018. C’est en écrivant ces lignes que j’ai fait le rapprochement entre les deux groupes… La vieillesse est un terrible naufrage.

Cette petite soirée au P8 est sans doute un de mes meilleurs concerts de l’année, plein d’émotions, de chouettes rencontres dont Stephan, un des gérants de la salle avec qui j’ai également discuté avant de partir.

Merci au P8 de permettre ce genres de concerts, merci à HamaSaari d’exister et de nous offrir leur musique, j’espère les revoir très bientôt avec plus de public cette fois.

Les photos de VELDT VOID sont ici : https://flic.kr/s/aHBqjCypJ7

Celles de HamaSaari ici : https://flic.kr/s/aHBqjCysPT

Messa au Grillen

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Mardi 7 octobre, le groupe italien Messa jouait au Grillen à Colmar.

J’ai déjà eu l’occasion de les écouter en live au P8 il y a deux ans et je vous ai récemment parlé de leur excellent album The Spin sorti cette année, un vinyle qui a de fortes chances de figurer dans mon top 2025.

J’adore cette chanteuse brune vêtue de noir chaussée de talons hauts sur scène qui m’ensorcèle avec sa voix fabuleuse. Et j’adore leur musique psyché stoner qui se bonifie d’album en album. Bref, j’adore ce groupe.

J’allais au concert avec deux compères, Sébastien et Jean-Nicolas, bien décidés à ne pas conduire pour profiter des bières du Grillen. Du coup, j’ai transporté deux alcooliques anonymes. 

J’avais demandé une accréditation photo quatre jours auparavant, mais je n’ai reçu la réponse positive que le jour J à 15h, alors que j’étais au travail. J’avais rendez-vous avec mon kiné en sortant du boulot et les portes du Grillen s’ouvrait  à 19h ce qui m’a laissé un petit quart d’heure pour préparer mon matériel photo et manger quelque chose avant d’aller récupérer mes deux zozos. Autant dire que j’étais à cran.

Le trio de doom stoner colmarien Supertzar ouvrait le bal avec un son musclé et une batterie déchaînée. Si j’ai bien compris, ce concert sera l’un de leurs derniers, d’après que qu’a dit Bruno le chanteur guitariste du groupe. Dommage, parce que leur musique fonctionne bien et ils assurent en live. Je dis ça, mais bon, après trois morceaux, j’avais ma dose, ce genre de compositions restent relativement répétitives pour un proghead habitué aux morceaux alambiqués.

Installés au bord de la scène, les trois chevelus faisaient face au public venu nombreux ce soir-là. Bruno à gauche, Jules au milieu derrière sa batterie et Jonas à droite avec sa basse. Gros sons graves, batterie explosive, guitare chargée et chant clair, le groupe a livré un set assez long, jouant des morceaux de plus de sept minutes. Honnêtement, passé la moitié du set, j’ai commencé à trouver le temps long, déjà parce que j’avais mes photographies, ensuite parce que la musique ne m’emballait pas plus que cela.

Mais après un dernier titre et une rapide mise en place, c’est Messa qui s’installe. Bon et je crois que vous l’avez compris, je suis amoureux de leur chanteuse et de leur musique. Le groupe va jouer un large répertoire, avec une belle place au dernier album The Spin, mais pas que. Sara, entre deux gorgées de bière, chante comme une déesse sur ses talons aiguilles. Alberto, le guitariste timide, au look de Ringo Starr, nous livre des merveilles sonores tout en discrétion alors que Marco, à la basse, installé presque en face de moi, est nettement plus démonstratif sur scène. Reste Rocco, au fond de la scène, quasiment dans l’obscurité, qui donne le tempo au quatuor italien.

Le public est chaud bouillant. Un bonhomme torse nu et ventripotent aux cheveux blancs s’agite comme un diable au premier rang (il trinquera avec Sara amusée par tant d’enthousiasme), un photographe hésite entre hurler et prendre des photos (je suis un peu dans le même cas) et mes compagnons de route boivent des bières. Pour ma part j’arrive à me faufiler dans la foule mouvante pour changer d’angle de vue, m’éloigner du gros son du premier rang pour mieux profiter de la voix près de table de mixage.

Je serai plusieurs fois en galère avec mon appareil photo. Comme dit plus haut, je n’ai pas eu le temps de le préparer avant de partir et certaines limitations que je m’impose en concert au matériel sautent pendant cette soirée. Souvent, je monte beaucoup trop haut en sensibilité, ce qui donnera des image quasi inexploitables pour certaines. Je n’ai pris qu’un boîtier, faute de temps pour préparer celui qui me sert principalement pour réaliser les vidéos des chroniques. Cela va m’obliger à des changements d’objectifs acrobatiques en plein salle de concert. Mais malgré toutes ces galères, je suis assez content des photos de Messa même si je me suis un peu trop focalisé sur la chanteuse.

Le son n’était pas génial devant la scène, trop de basses et les voix qui étaient noyées dans les décibels. Mais en allant au fond de la salle, le rendu était nettement meilleur, surtout pour le Grillen qui est une salle qui ne brille pas par son acoustique. C’est près de la porte de la sortie que j’ai profité de la fin du concert de Messa, histoire d’écouter de la musique et ne plus faire de photographies.

Le concert se termine vers 22h30, soit trois heures après son début. Cela tombe bien, car demain, je travaille et il faut que je ramène mes deux passagers à domicile avant de me coucher (c’est sur la route). La prochaine date programmée dans mon calepin est le 25 octobre Chez Paulette avec Mystery et si je peux, le 17 octobre avec Antimatter à Karlsruhe, mais pour l’instant j’ai d’autres obligations astronomiques.

Merci à Headbang et à mes deux passagers qui ne m’ont même pas offert une bière.

Toutes les photos de Messa sont ici.

Et les photos de Supertzar sont ici.