Feeling of Presence – Of Lost Illusion

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Teeshirt : Ayreon – Actual Fantasy Revisited

Si vous connaissez les allemands de Frequency Drift, vous conviendrez sans doute que la beauté de leur musique tient beaucoup aux chanteuses qui se sont succédées sur les albums. 

Je crois que je suis tombé amoureux de chacune d’elles et tout particulièrement de la dernière, Irini Alexia qui chantait sur Letters To Maro, qui est à mon avis leur chef d’œuvre.

Mais Frequency Drift c’est aussi un post rock folk où la harpe de Nerissa Swartz, le violoncelle et les guitares d’Andreas Hack donnaient des teintes assez uniques.

Hélas, mille fois hélas, Frequency Drift n’est plus. Andreas a jeté l’éponge, préférant revenir à un projet instrumental sous le nom de Feeling Of Presence.

Je suis pas un grand fan d’albums instrumentaux mais j’ai beaucoup d’admiration pour le travail d’Andreas, alors quand il a annoncé Of Lost Illusion, le premier album de son nouveau projet, je l’ai suivi dans l’aventure et me voici avec le vinyle. Une édition ultra limitée à quatre-vingt exemplaires, un objet collector d’une qualité de pressage vraiment exceptionnelle.

Andreas joue aux côtés de Nerissa et de Wolfgang Ostermann. Autant dire Frequency Drift sans la chanteuse. Violoncelle, harpe, mellotron, batterie, basse, guitares, Of Lost Illusion ce sont six titres post rock folk atmosphériques cinématiques gravés sur une galette jaune poussin de quarante minutes.

Les photographies qui composent la pochette montrent des paysages urbains nocturnes, des perspectives et lumières, une rue éclairée par des lampadaires sous une averse de neige, un tunnel barré de néons verticaux, des images qui collent aux atmosphères sombres de l’album.

Si vous savez écouter Frequency Drift et vous abstraire du chant, Feeling Of Presence vous semblera certainement familier.

‘A Weird from of Darkness’ épouse des formes musicales classiques à Frequency Drift quand ‘Room 105’ s’apparente plus nettement à du post-rock. La troisième piste de la face A, qui s’intitule ‘Of lost illusion’ joue de cinématique au violoncelle et au piano avec une courte folie jazz.

La face B s’annonce plus électronique, débutant avec ‘Fluorescent detail’ à la forme très digitale pour continuer avec ‘Hollow innocence’, un cinématique peuplé de notes de harpe et s’achève sur ‘Transit Venus’ au beau final au piano.

Of Lost Illusion ferait une très belle bande originale de film. Il ne lui manque que la parole pour rejoindre la discographie de Frequency Drift. J’aurais préféré un album à chanteuse mais cette décision appartient à Andreas et si Feeling Of Presence poursuit sur sa lancée, je continuerais à les suivre avec plaisir.

Nine Skies – 5.20

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(c) Christian Arnaud

Teeshirt : Solstafir – Ota (2014)

Je m’en veux énormément. J’aurai dû participer au crowdfunding de Nine Skies.

Neoprog avait couvert leurs précédents enregistrements avec enthousiasme pourtant je n’ai pas commandé 5.20. 

C’est en tombant sur le clip de ‘Porcelain Hill’ avec Damian Wilson au chant, que j’ai regretté ma radinerie. Et quand j’ai voulu rattraper le coup c’était trop tard, l’édition CD était déjà épuisée. Alors c’est en ALAC que j’ai d’abord écouté le nouvel album de Nine Skies.

Le collectif niçois navigue sur des eaux progressives, entre Porcupine Tree, Opeth et Genesis. Ils chantent en anglais comme de trop nombreux artistes français sur des formats de deux à six minutes, s’offrant au passage les services de John et Steve Hackett ainsi que de Damian Wilson. De quoi attirer à eux un plus large public. Et ça semble marcher. Nine Skies est un des groupes montants de la scène progressive française.

La pochette, façon huile sur toile, représente un médecin du 14 siècle, un docteur peste avec sa robe noire, sa fraise blanche et son bec de corbin. Il tire une charrette transportant les bustes de présidents américains : Washington, Lincoln et un troisième que je n’ai pas identifié.

Sur les onze morceaux de 5.20, trois sont instrumentaux, ‘Beauty of Decay’, ‘Dear Mind’ et ‘Achristas’. Des pièces qui aèrent agréablement un album d’une cinquantaine de minutes. 

Le rock progressif de Nine Skies respire beaucoup grâce à ses touches folk, les guitares acoustiques, son piano, le violon et le saxophone, un disque plus acoustique qu’électrique ou seule la guitare de Steve Hackett densifie la trame.

Vous pourriez penser que mes titres préférés seraient ‘Porcelain Hill’ ou le ‘Wilderness’ génésissien étant donné ma passion pour Damian et Steve. Mais non, ce sont ‘Colourblind’ aux couleurs d’Opeth, ‘Golden Drops’ qui possède un je ne sais quoi de Wilson, ‘The Old Man in the Snow’ aux accents d’Harmonium et ‘Smiling Stars’, le titre le plus long avec six minutes et vingt secondes qui ont toutes mes faveurs sans parler des trois instrumentaux.

Parfois le chant en anglais sonne un peu franchouillard (‘Above the Tide’ ou ‘Godless Land’) mais pas de quoi fouetter un chat. Par contre en live comme dans celui de Prog en Beauce, ça pique un peu quand même.

Pas de doute, 5.20 est le meilleur des trois albums studio de Nine Skies. Le groupe a énormément progressé sur la composition et le chant, trouvant peut-être également leur identité musicale sur ce nouveau disque. Au moment où j’écris ces dernières lignes, le groupe a réédité le CD et je peux enfin l’écouter sans allumer mon Mac mais il est également sur Bandcamp.

Pendragon – Love Over Fear

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Love Over Fear est mon premier Pendragon en 33 tours. Cela lui confère inévitablement un rang tout particulier dans ma collection, d’autant que son illustration aux tons bleus que l’on doit à Liz Saddington est juste sublime. Je ne suis pas pour autant un adulateur du surfeur d’argent mais quelques albums de Pendragon restent pour moi de purs joyaux.

Les deux vinyles marbrés de bleus font échos au double volet sur lequel la terre rejoint la mer. Sous un ciel étoilé, au pied d’un arbre blanc, coule une rivière qui se jette dans un océan rempli de créatures marines. Une peinture façon art nouveaux aux codes très hippie.

Pendragon c’est la voix légèrement éraillée et la guitare inimitable de Nick Barrett. C’est aussi les claviers d’Arena, la basse du pasteur Gee et depuis quelques années la batterie de Jan-Vincent.  Ce sont également onze albums studio depuis The Jewel (1985) où Pure (2008) tient une place toute particulière chez moi. 

Pour tout vous dire, lorsque j’ai entendu l’ouverture de ‘Everything’ j’ai cru que Nick avait pété un câble et que j’allais devoir jouer au frisbee avec les galettes sur la plage. Et puis l’orgue et la batterie se sont tus pour laisser parler la guitare, une superbe métamorphose qui se poursuit au piano sur le bref ‘Starfish and the Moon’. Arrivé au bout de la face A, j’étais sous le charme, surtout avec la section instrumentale de ‘Thruth and Lies’.

La première pièce de la face B crée également la surprise avec son air country au banjo et violon. Ce n’est pas franchement le genre de choses auquel Pendragon nous a habitué et que dire de ‘Soul and the Sea’ composé de quelques mots scandés : “Breath, Lise, Lose, Leave, Believe, Lise…”. Et puis il y a ce ‘Eternal Light’ qui nous replonge avec bonheur dans le prog symphonique des seventies à la sauce Barrett. 

Le point d’orgue de l’album, c’est certainement lorsque Nick nous parle de son rapport à l’eau dans le magnifique ‘Water’ : “cos back on dry land is where all the trouble is”. Il poursuit crooner au piano avec ‘Whirlwind’ où Julian l’accompagne au saxophone puis enchaîne avec ‘Afraid of Everything’. 

Si ‘Who Really are We’ reprend beaucoup les schémas de Pendragon, la pièce est suffisamment développée pour réussir à me surprendre au final mais ce n’est pas ma favorite. Je lui préfère sa version quasi acoustique qui clôture l’album. Et que dire de ‘Quae Tamen Onrnia’ sinon que l’on a déjà entendu l’air au début de ‘Everything’…

Si Pure restera probablement mon album préféré de Pendragon, Love Over Fear devrait pouvoir atteindre une belle seconde place dans mon cœur même s’il a pu déstabiliser plus d’un fan. L’édition vinyle est indispensable tant elle est belle.

King Buffalo – The Burden of Restlessness

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Teeshirt : Galahad 25 ans

Aujourd’hui je vous propose de déguster une belle tranche de heavy psychédélique saignante avec son accompagnement de petits légumes doom alternatifs.  Bienvenue chez King Buffalo et leur nouvelle formule midi The Burden of Restlessness.

Le trio est né en 2013 au bord du lac Orlando dans l’État de New-York, plus précisément à Rochester que tout le monde connaît bien. 

J’aurai bien aimé vous présenter le superbe vinyle édité par le groupe, mais les frais de port exorbitants (doublant le prix de la galette) m’ont quelque peu refroidis pour cette première rencontre avec eux.

S’ils déclarent appartenir à la mouvance heavy psyché, droit que je leur reconnais, il faut tout de même souligner les composantes doom, stoner et alternatives de leur musique.

The Burden of Restlessness ce sont sept titres cumulant quarante minutes, des formats relativement courts pour le genre musical. Le psychédélique se retrouve dans les paroles mystico initiatiques totalement fumées de l’album, écoutez plutôt : “Je regarde les fissures dans le mur et me fond dans le néant”. La musique me fait songer à du Tool hallucinogène qui aurait décidé de mettre le paquet sur les guitares pour une fois. 

Outre la forte assise rythmique de la musique de King Buffalo, des notes courtes éparses et répétées constituent une des autres particularités du trio comme dans ‘Burning’, ‘Silverfish’, ‘Grifter’ ou ‘Loam’. Il y a également le phrasé quasi parlé de Sean McWay qui donne aux titres un côté incantatoire. De là à parler de desert rock il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement.

La guitare, lorsqu’elle n’est pas en phase avec le duo rythmique de Dan Reynolds et Scott Donaldson, livre des belles performances psychédéliques comme dans ‘Locust’, ‘Grifter’, ‘The Knock’ et ‘Loam’.

The Burden of Restlessness n’est pas le genre d’album qui me fait d’ordinaire grimper au rideau, mais c’est le genre de musique que j’aime bien écouter de temps en temps pour m’aérer la tête. Si vous aimez le psyché, le desert rock ou le stoner, jetez-y une oreille ou deux, il est sur Bandcamp.

Ray Wilson – The Weight of the Man

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Teeshirt : RPWL – Wanted (2014)

Mon histoire avec Ray a débuté sous une douche à Pagney Derrière Barine. Un grand moment de solitude alors que propulsé interprète du groupe, je lui indiquais l’endroit où il pouvait se rafraîchir quand il me demanda si je l’accompagnerai.

Ce n’est pas pour Calling All The Stations que j’apprécie Ray Wilson pas plus que pour ses excellentes reprises du répertoire de Genesis en concert, mais bien pour sa carrière solo, entouré de nombreux musiciens dont son frère Steve Wilson.

Depuis Genesis, Ray compose des titres pop rock et tourne en Europe de l’Est, mêlant à son répertoire celui de Genesis, de Stillskin et quelques autres reprises. 

Ces concerts sont à chaque fois extraordinaires et si vous voulez le découvrir, il sera le 10 novembre à la Laiterie à Strasbourg, enfin si d’ici là tout va mieux.

Ray est rentré dans ma discographie très progressive avec le disque Live At SWR 1 et s’est peu à peu imposé dans mes rayonnages avec ses albums studio pop rock. 

En 2020, lors du confinement, il nous jouait sur Youtube des reprises acoustiques à la guitare, depuis sa maison en Pologne. Une manière de se donner du courage en ces jours sombres. Rien que pour cela j’aurai commandé son nouvel album The Weight of Man. Maintenant qu’il est arrivé à la maison, je l’écoute en boucle. Tout simplement parce qu’il s’agit d’un très beau disque.

Cinquante minutes pour dix titres et une reprise des Beatles (‘Golden Slumbers’), The Weight Of Man c’est d’abord un magnifique single intitulé ‘Mother Earth’. C’est aussi le chant de Ray et la guitare de Ali Ferguson. A leurs côtés on trouve également Yogi Lang de RPWL aux claviers et chant mais pas trace de Steve sur cet album cette fois.

The Weight Of Man est un album COVID comme en témoignent le texte de ‘Mother Earth’ et peut-être celui de ‘Symptomatic’. Il raconte la vie à la manière mélancolique de Ray. 

Sting et Phil Collins se croisent sur ‘You Could Been Someone’ quand le blues s ‘installe sur ‘Mother Earth’. Les floyds et le Genesis de ‘Congo’ ne sont pas très d ‘Amelia’ et si la pop domine, Ray sait aussi composer des morceaux plus complexes comme avec ‘I Like You’. J’ai également une tendresse toute particulière pour ‘Symptomatic’ joué au piano et flûte traversière et pour le titre country ‘Cold Like Stone’.

Weight Of Man n’est sans doute pas le disque de l’année mais ceux qui comme moi apprécient Ray Wilson seront d’accord pour dire qu’il s’agit d’un de ses meilleurs albums studio. Alors rendez-vous le 10 novembre pour l’écouter en live.

Peter Gabriel – Plays Live

Teeshirt : Lazuli – Saison 8 (2018)

Cette chronique est dédiée à mon grand frère adoré Jean-Jacques, mort bien trop jeune des suites d’un long cancer. Je pense à toi tout le temps.

Je vais vous parler de l’artiste solo qui m’a certainement le plus inspiré et d’un album live qui reflète bien mon premier concert de rock. Nous sommes le 28 octobre 1983 à Brest et j’ai 17 ans. Mon grand frère m’a amené à la Penfeld pour écouter Peter Gabriel. Je suis un fan de Genesis depuis quelques années et me suis depuis peu plongé avec délectation dans la carrière solo de l’ex chanteur du groupe.

Pour ce voyage dans le temps, j’écoute la réédition vinyle de 2020, réédition à l’identique pour l’artwork mais au son remixé et remasterisé pour l’occasion, l’édition originale ayant souffert des outrages du temps, de ma passion pour l’artiste ainsi que d’une inondation pendant laquelle j’ai perdu toutes mes galettes.

Il s’agit d’un double vinyle 180 grammes accompagné de son téléchargement en 24 bits, de quoi ravir les audiophiles.

Jerry Marotta, Tony Levin, David Rhodes et Larry Fast étaient aux côtés de Peter pour cette tournée nord-américaine en 1992, avant de poursuivre leurs concerts en Europe pour mon plus grand bonheur. Peter vient de sortir Security et le tube ‘Shock the Monkey’ qui grimpe dans les charts après l’inoubliable ‘Solsbury Hill’. C’est la période africaine de Gabriel : percussions, basse très présente, chants ethniques et la quasi absence de cymbales dans la rythmique.

En 82, Gabriel n’offrait pas encore les shows spectaculaires qu’il mit en scène plus tard. A part le maquillage, une échelle, des barres parallèles et quelques éclairages, tout le spectacle repose sur le chanteur qui ose encore se jeter dans la foule.

Parmis les grands moment de ce live, je soulignerai le mystique ‘The Rhythm Of The Heat’, l’angoissant ‘Intruder’, les quatres tubes de la face C ‘San Jacinto’, ‘Solsbury Hill’, ‘No Self Control’ et ‘I Don’t Remember’ et enfin mes deux titres préférés de la face D, ‘On The Air’ avec la foule en délire et le déchirant ‘Biko’. Je ne mets pas ‘Shock The Monkey’ dans la liste, car désolé, je n’ai jamais été fan des tubes commerciaux du maestro sorti de ‘Solsbury Hill’ que lui, étrangement n’aime pas beaucoup.

Si je ne devais conserver aujourd’hui qu’un seul album de Peter Gabriel, ce serait assurément ce Plays Live dans sa réédition 2020.

Bruit – The Machine is burning and now everyone knows it could happen again

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Teeshirt : mon costume de mariage (1993)

Vous voulez bien faire du bruit avec moi ? Nous allons justement parler de Bruit, ce quatuor de post-rock toulousain qui vient de livrer un second effort. Un album au titre trop long pour tenir dans cette chronique.

Je ne vais pas vous mentir, le post-rock ça me saoule. Mais de temps en temps, je tombe sur la perle rare, comme ce Bruit que Stéphane Gallay a chroniqué dans Blog à Part. J’allais zapper sa prose quand j’ai lu “français” et “musique classique”. J’ai toujours été curieux de la scène locale et j’ai un penchant évident pour les instruments acoustiques. Alors, si le post-rock d’ordinaire me barbe, doté de ces deux ingrédients particuliers, il devenait tentant de s’y pencher quelques minutes.

Bruit est arrivé en 2018 avec un EP deux titres qui sortira bientôt en vinyle, deux titres oui mais proposant vingt minutes de musique tout de même. Cette année ils doublent la mise sur ce qui doit être considéré cette fois comme un album. Hélas, mille fois hélas, pas de CD ou de vinyle à l’horizon, juste du numérique livré avec quelques photographies.

Si j’ai craqué pour l’album, c’est surtout pour ses deux premiers morceaux, ‘Industry’ et ‘Renaissance’. Les deux autres, ‘Amazing Old Tree’ et ‘The Machine Is Burning’ se rapprochent nettement plus de l’idée que je me fais d’un cinématique post-rock convenu. Ceci dit, dans le convenu, il y a bien pire.

Moi qui ne suis pas fan de mur de basses, pas plus que d’électro, j’ai été scotché par ‘Industry’. Basse grondante, cordes, batterie explosive, le titre de neuf minutes trente prend aux tripes. De l’électro, post-rock, cinématique jusqu’à la voix de Albert Jacquard qui parle du « système de la lutte” vers la fin du morceau.

‘Renaissance’ se situe à la croisée des chemins entre Anathema et Nordic Giants. D’un côté une guitare acoustique à Danny Cavanagh, de l’autre des nappes de voix et cordes avec la très belle contribution d’une clarinette.

La pièce épurée ‘Old Amazing Tree’ traite de la déforestation. Une musique minimaliste qui porte un extrait sonore en anglais. Un titre plaisant mais qui manque d’ambition pour me satisfaire complètement.

Enfin ‘The Machine Is Burning’ propose douze minutes de musique de film plutôt convaincantes, rejoignant parfois ‘Industry’ avec ses cordes orientalisantes pour devenir quasi intimiste, le genre de musique qui conviendrait à la B.O. d’un film de science-fiction. 

Depuis que j’ai acheté ce The Machine is burning and now everyone knows it could happen again, je l’écoute au moins une fois par jour, en musique de fond, allongé sur le canapé, en support de lecture ou très fort quand je suis seul dans la maison. Que vous aimiez ou nous le post-rock, écoutez-le, il est sur Bandcamp.

Big Dead – Bones White Branches

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Teeshirt : Los Disidentes del Sucio Motel – Polaris (2021)

Big Dead n’a rien d’un groupe de death contrairement à ce que ce nom pourrait indiquer. Cette formation de Brisbane surfe sur la vague de l’art rock et du jazz.

Bone White Branches sorti en 2019 est leur premier effort si on oublie quelques singles publiés depuis 2009 entre trois EP. Après s’être longuement cherché, Big Dead trouve son style en 2016 avec l’EP cinq titres Shell qui pose les bases de Bone White Branches.

Piano, saxophone, clarinette, voix, guitares, basse, batterie et claviers se rencontrent sur neuf pièces brèves, fragiles et très instrumentales. Le chant n’est ici qu’un instrument parmi les autres, feutré, traînant, lancinant. Il ne vole la vedette à personne.

Dans cet album on retrouve la touche expérimentale de Radiohead, le nu jazz norvégien, le post rock de Tortoise et l’esprit de Sanguine Hum.

L’étonnante pochette couleurs, fusain et encre, représente des membres difformes accrochés à des corps, des mains pied, des bras jambes aux doigts recroquevillés. Un graphisme torturé peu engageant qui cache pourtant une musique d’une grande sensibilité. 

Ici pas de textes, juste une pochette et un vinyle, difficile de savoir ce dont l’album parle, à part qu’il est dédié à Marty, un ami disparu.

Pendant trente-quatre minutes vous entendrez du piano jazz avec ‘Prelude’, de l’art rock à la Pablo Honey sur ‘First/Last’, un ‘Ocean Cloud’ compressé dans ‘Heart and Brain’ et la pop de ‘Reside’.

Le piano, le saxophone et la clarinette basse donnent à la musique des tonalités toutes particulières qui rendent l’album quelque peu inclassable. Lorsqu’il était sorti, je n’avais pas su lui donner sa chance, me poser et l’écouter réellement. C’est en parcourant mes vinyles que j’ai redécouvert cette merveille atypique dont il fallait absolument que je vous parle, rien que pour me faire pardonner.

Progressif, jazzy, art rock et subtilement expérimental, Bone White Branches ne fera sans doute pas l’unanimité, mais écoutez-le avant de juger, il est sur Bancamp

The Central Heart – Inside This Dream

Aujourd’hui je n’ai pas de CD ou de vinyle à présenter. Inside This Dream est un EP que j’ai acheté sur Bandcamp. Pas du mp3 tout de même, restons sérieux, mais de l’ALAC, car ma bibliothèque est sur iTunes. Personne n’est parfait.

Par goût, je n’achète que rarement de la musique dématérialisée. Mais lorsqu’il n’y a que ça, ben je m’en contente et si le disque sort plus tard, ben je l’achète également. Parce qu’une fois la musique perdue dans ma collection numérique, j’ai tendance à l’oublier, alors que lorsqu’elle est gravée sur un compact disk ou une galette, j’y reviens régulièrement.

The Central Heart est un groupe qui mérite ce sacrifice digital. Il s’agit d’un projet solo dans la veine de Tool, proposant un metal progressif alternatif relativement posé.

J’ai découvert le groupe avec l’album Nothing But Sound sorti l’an passé, un disque qui sonnait plus pop progressif que ce dernier EP. 

Et soyons clair, Inside This Dream ne révolutionne pas le genre mais cet EP d’une demie-heure est superbement réalisé.

Une voix douce retravaillée survole des rythmiques tribales portées par une basse claire hypnotique. Entre les deux se glissent des guitares parfois psychées ainsi que de la programmation. 

En posant un casque sur les oreilles, vous entendrez mieux des éléments sonores, qui allègent une écriture doom alternative. Il est vrai, que sans cette écoute attentive, j’aurais tendance à me laisser porter par la rythmique et le chant, oubliant de me concentrer sur le reste, ce qui donne à l’EP une fausse impression d’uniformité.

Le morceau le plus nerveux se nomme ‘Inside This Dream’ et ‘Falling’ ressemble à un single accrocheur, un titre qui résonnait déjà dans la tête après la première écoute. Quant à la dernière pièce ‘Back Home’, elle possède un je ne sais quoi de The Cure, peut-être à cause de la ligne de basse. 

Je ne suis pas certain de vous avoir bien vendu cet EP, mais croyez moi si je vous dit que The Central Heart est un groupe à suivre de près. Espérons que prochainement un album physique verra le jour. En attendant, sa musique est sur Bandcamp.

Gojira – Fortitude

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Teeshirt : anasazi – 1000 yard stare (2013)

Avez-vous déjà entendu parler de la fuite des talents ? Il s’agit de ces chercheurs qui font leurs études dans les universités françaises et qui sont ensuite débauchés par les entreprises américaines.

En musique les exemples sont nettement plus rares, à croire que la francophonie ne fait pas recette aux states. A une exception près cependant, et non des moindres, les métalleux de Gojira. Ils ont traversé l’Atlantique et semblent s’en porter plutôt bien.

La nouvelle galette de Duplantier et Cie s’intitule Fortitude. Et si le groupe est étiqueté metal progressif, croyez-moi, ici ça poutre et ça crie. Comme la pochette le suggère, le metal de Gojira est tribal, rythmique et teinté de world, avec quelques titres comme ‘Another World’ qui s’extraient de la gravité pour tutoyer les étoiles.

L’édition que j’ai entre les mains est on ne peut plus basique. Une simple pochette, une feuille pour les paroles manuscrites et un vinyle brun translucide. L’artwork, signé par Joe est tout simplement magnifique et la production mitonnée aux petits oignons.

Avec ‘Born For One Thing’ comme entrée en matière, le groupe ne fait pas dans la dentelle, même si passé le premier choc, il dévoile ses finesses. L’album ménage cependant les métalleux comme les prog heads, histoire de ne pas s’aliéner une partie de la fan base. ben oui faut bien manger

Gojira sort même un single grand public intitulé ‘Another World’ vendu avec son magnifique clip animé. La grosse surprise vient de cet unique et bref instrumental qui débute la face B, ‘Fortitude’ et de sa continuation dans ‘The Chant’. Gojira sort ici clairement de sa zone de confort et ce n’est pas moi qui m’en plaindrait.

Fortitude véhicule de nombreux messages autour de l’écologie. Il y a autant de matières dans les textes que dans la musique. après faut savoir lire… Les metalleux ne le trouveront pas assez violent, les progeux, sans doute trop rugueux, pour ma part, je le trouve tout simplement parfait.