King Gizzard & The Lizard Wizard – Polygondwanaland

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Aujourd’hui, je vais vous parler d’un album qui a presque dix ans. Un album au nom improbable, jugez vous-même : Polygondwanaland, en un seul mot.

Le groupe King Gizzard & The Lizard Wizard vient d’Australie et a commencé sa carrière en 2011 avec l’EP Willoughby’s Beach. Les six musiciens jouent d’un rock progressif psychédélique alternatif que je trouve pour ma part très influencé par la musique médiévale.

Stéphane Gallay avait chroniqué leur dernière galette Phantom Island l’an passé et n’avait pas été franchement convaincu. Moi non plus, ceci dit au passage.

Mais Polygondwanaland est très différent de Phantom Island et il m’a tout de suite séduit.

L’album se construit sur des rythmiques ensorcelantes à la Tool, beaucoup d’harmonies vocales, pas mal de champignons fermentés et tout plein d’instruments majoritairement acoustiques.

Polygondwanaland propose dix morceaux dont un de presque onze minutes, l’exception de l’album puisqu’en moyenne, les titres durent moins de quatre minutes.

Il ne s’agit pas vraiment de pièces avec des rebondissements progressifs. L’écriture est relativement linéaire, répétitive diraient certains, et si la dominante semble acoustique, il y a bien des claviers vintages et des guitares électriques dans les compositions.

L’album est surtout impressionnant vocalement avec trois chanteurs qui se croisent sur les morceaux sans parler de Leah Senior qui dit quelques mots sur ‘The Castle in the Air’. Il y a aussi la présence de flûte, d’harmonica, de Mellotron et de percussions sur plusieurs morceaux comme ‘Crumbling Castle’ qui donnent une touche toute particulière à la musique du groupe.

Polygondwanaland ne sonne pas si vintage que ça. Il est juste différent. Une musique psychédélique pas trop fumée avec des influences surprenantes comme dans le premier titre ‘Crumbling Castle’ qu’on aurait presque pu entendre à la cour du roi Arthur.

Si vous voulez découvrir le groupe King Gizzard & The Lizard Wizard, je vous recommande de commencer par cet album nettement plus accessible que le très cuivré Phantom Island.

Demandez le programme !

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Cet été je ne mourrai pas d’ennui. Déjà parce que je travaille, ensuite parce que j’ai vraiment un planning chargé.

Les dimanches après-midi, je monte au Champ du Feu pour tenir la permanence d’une exposition. Certains vendredi soir, je donne des conférences devant un public clairsemé. Les nuits claires, je monte dans les Vosges pour ajouter des heures à des projets astronomiques. Et lorsque le soleil se lève, je retourne au travail, un peu fatigué.

Cette année, en plus de la traditionnelle Nuit des Étoiles que nous organisons au Jardin Botanique à Strasbourg, il y a l’éclipse partielle de soleil du 12 août. Un évènement très médiatisé qui risque d’attirer nombre de visiteurs.

Et je suis sur le pont pour ces deux évènements, dans la coupole de la grande lunette le 7 août et sur le parking du Vieux Pré au Champ du Feu pour l’éclipse solaire. Et pas de chance pour moi, il fait beau. Donc aucune des dates n’est annulée.

Pour l’éclipse, sorti de gérer la foule, il ne devrait pas avoir de problème majeur. L’association m’a confié un superbe instrument solaire pour l’occasion, il faudra juste canaliser le public et expliquer sans cesse les consignes de sécurité aux gens.

Cela risque toutefois d’être une grosse journée. Arrivée vers 14h au Chalet du Champ du Feu avec probablement beaucoup de monde, installation des instruments vers 17h sur le parking, éclipse de 19h à 21h et pour finir une conférence de nouveau au chalet. Et le lendemain, je pars pour trois nuits de métal comme photographe à Colmar et Guebwiller.

La nuit des étoiles m’angoisse nettement plus. Car c’est moi qui serai aux commandes de la grande lunette de l’observatoire. Je connais assez mal l’instrument et cette nuit là, il n’y aura pas de cible facile à pointer. Pas de lune, pas de planète, rien. Je devrais chercher les rares les objets bien visibles dans la lunette à l’aide de leur coordonnées, ascension droite et déclinaison. Tout ça en tournant de grosses roues et en vérifiant les graduations dans un oeilleton.

Une partie de rigolade. Si je ne trouve pas la cible, j’aurais 15 personnes devant moi qui risquent d’être assez frustrées. Pendant ce temps, mes copains seront dans les jardins à utiliser leur matériel alors que je jouerais avec un tube de 7 mètres et une coupole de 34 tonnes classée monument historique. La troisième plus grande lunette astronomique française et la seule encore en activité. Grosse pression quand même.

Je me plains mais, je ne suis pas peu fier en vérité.

Les inscriptions pour la Nuit de Etoiles sont complètes pour Strasbourg, donc vous n’aurez aucune chance de me voir me planter en manipulant la grande lunette si vous n’êtes pas déjà sur les listes.

Pour l’éclipse de soleil, il y aura probablement beaucoup de monde, donc préparez-vous au bain de foule et probablement à des embouteillages pour monter au Champ du Feu. Mais je serai là. Avec un peu de chance, il y aura plus de dix personnes pour la conférence du soir…

Namu – Wretched Spawns of Iniquitous Orders

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Ne nous mentons pas, c’est la pochette de l’album Wretched Spawns of Iniquitous Orders qui m’a donné envie d’écouter la musique. Un dessin et des couleurs à la manière de Bilal ou Moebius que l’on doit à Bruce Penningto et qui m’a tout de suite tapé dans l’œil.

La pochette montre trois vaisseaux spatiaux élégants survolant une exo-planète en fusion, autant dire tout ce que j’aime.

En plus, le projet de Namu coche les deux cases progressif et black métal. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour me mettre en appétit.

Évidemment, si vous ne supportez pas le growl, vous pouvez vous arrêter tout de suite. Car si Wretched Spawns of Iniquitous Orders comporte quelques passages de chant clair, c’est principalement le scream de ICanBeFree que vous allez entendre durant les sept morceaux. Des titres de quatre à huit minutes pour trois quarts d’heure de cruauté extraterrestre.

Namu, qui est aux commandes du projet et joue de tous les instruments, compose une musique puissante et complexe où le progressif trouve sa place avec même quelques passages aériens comme dans ‘Trypych’ ou cinématiques au début de ‘Catharsis in Stasis’.

Chaque morceau est une nouvelle racontant des enlèvements d’humains perpétrés par des extraterrestres. Vous savez lorsque que le contacté raconte que des petits gris l’ont kidnappé pour procéder à des expériences terribles sur ses parties génitales.Je me moque, mais oui, ça m’a toujours fait rire ces fantasmes sexuels transformés en rencontres de troisième type.

Quoi qu’il en soit, si je mets entre parenthèses les récits hurlés dans les morceaux, ben oui ça fait mal quand même, l’album est d’excellente facture, et ne perdons pas de vue qu’il s’agit d’un projet solo.

J’y entends quelques similitudes avec le travail de Devin Townsend, le chant en moins. ‘Ineffable Constructs’ est sans doute la pièce la plus frontale de l’album, que ce soit au growl ou bien à la musique. Une sorte de charge satanique avec petite une respiration inquiétante et un court passage cinématique qui se poursuit sur un rythme digne de Tool. A l’opposé, vous trouvez ‘The Fibre Prismatic’ qui fait très black post metal avec de nombreuses sections instrumentales dont un passage des plus space rock.

Tout cela pour vous dire que l’album est musicalement très varié et que l’on ne s’ennuie pas une seule seconde en l’écoutant. Si vous aimez les voix saturées, foncez écouter ce premier album de Namu. C’est du lourd.

Odd Logic – Mortal Heirloom

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En me promenant sur Bandcamp, je suis tombé complètement par hasard sur le groupe Odd Logic et son dernier album Mortal Heirloom.

Je n’avais jamais entendu parler de ce duo de Tacoma qui depuis 2004 a sorti neuf albums, mais en les écoutant, j’ai tout de suite pensé au groupe québécois Mystery.

Plusieurs de leurs disques sont téléchargement gratuit sur la plateforme numérique et pour les autres, vous pouvez décider du montant à donner.

Odd Logic joue d’un rock progressif qui vire parfois au métal sur un chant qui n’est pas sans rappeler celui de Jean Pageau et même celui de James Labrie comme dans le premier morceau ‘Critical Minutiae’.

Sean Thompson chante et joue de tous les instruments sauf la batterie tenue par Pete Hanson. Et si le duo ne réinvente pas la poudre, leur album fait tout de même de belles étincelles.

En six morceaux de six à dix minutes Sean et Pete construisent un album de trois quarts d’heure à la frontière du métal progressif à la Dream Theater et du néo-progressif de Mystery.

L’album comporte des passages très mélodiques comme dans ‘Unequal Lies’ et du metal prog djent à la manière de ‘Permanent Guest’. Et tout cela fonctionne très bien ensemble.

Je ne sais pas vraiment de quoi parle l’album, ni même s’il s’agit d’un concept. Les textes sont suffisamment énigmatiques pour qu’à la fin de leur lecture, je n’en sorte pas plus avancé qu’au début. Ils possèdent clairement des inspirations fantastiques, mais ils semblent également évoquer des personnes du monde réel.

Dans les morceaux que j’adore il y a ‘Droid’ parsemé de bruitages et qui est l’exemple le plus réussi du mariage du mélodique et du métal progressif. Le titre s’articule autour d’un refrain des plus vendeur et d’éléments plus épais qui racontent les questionnements d’un androïde de compagnie sur sa raison d’être.

Lorsque j’ai commencé à écouter Mortal Heirloom, je me suis dit, tiens voilà un album sympa à chroniquer. Après un nombre incalculable d’écoutes, je me dit qu’il pourrait s’agir finalement d’un sérieux candidat au titre d’album de l’année.

Alors n’hésitez pas à y jeter une oreille ou deux et à me dire ce que vous en pensez vous aussi.

Moonspell – Far From God

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Il y a quatre ans j’avais acheté l’album Hermitage de Moonspell sur les conseils de Stéphane Gallay. J’en avais rapidement parlé dans un épisode intitulé Compressé n°1 qui survolait plusieurs albums qui ne m’avaient pas complètement convaincus.

Mais en cherchant le prochain candidat pour la chronique du mardi, je suis tombé sur le dernier album du groupe, Far From God et j’ai décidé de m’arrêter dessus.

Moonspell est un groupe portugais né en 1989 sous le nom Morbid God avant de devenir Moonspell en 1992. Leur musique s’inscrit dans un metal à tendance progressive riche en claviers.

Le chant de Fernando me fait beaucoup penser à celui du chanteur allemand du groupe Traumhaus, sauf quand il s’énerve. Une voix médium grave qui nous change des tessitures haut perchées qui sévissent dans le genre.

Far From God est un album de moins de trois quarts d’heure et huit titres de quatre à six minutes.

Si les titres des morceaux semblent au premier abord très bibliques, Fernando y parle en réalité de l’histoire du groupe, des autels qui bordent les routes et des vampires, enfin c’est ce qui est écrit dans Wikipédia, car je n’ai pas les paroles.

Si une grande partie de l’album est relativement posée, monotone diraient les grincheux, les deux derniers titres s’énervent quelque peu, au chant comme dans la musique. Terminé la voix tranquille et l’écriture limite post-rock, les guitares se lancent dans des charges et le scream sature le micro.

Dans ‘Your Promise of Light’ et ‘Our Freedom to Fall’ j’entends du Paradise Lost et dans ‘For the Love of Mortals’ du Simple Minds quand la batterie de ‘Far From God’ donne dans le quasi disco. Et si Hermitage était floydien à sa manière, Far From God prend une toute autre direction  avec ses inspirations gothiques, même si dans ‘Biblical’ j’ai retrouvé quelques éléments sonores de The Wall.

J’ai trouvé le nouveau Moonspell très confortable à écouter mais pas franchement révolutionnaire non plus. Ce ne sera sans doute pas mon album de l’année mais je lui trouve tout plein de qualités, suffisamment du moins, pour vous le recommander sans réserve.

Messalina – Golden Wounds

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Il y a quelques années, je me suis fait agresser par le chroniqueur d’un magazine concurrent, pour avoir publié la pochette d’un album de métal sur les réseaux sociaux.

La pochette en question était d’une grande violence et ma publication tombait peu après l’attentat du 14 juillet à Nice. Mauvais timing.

Neoprog et moi-même avons été traîné dans la boue sur les réseaux sociaux avec en prime une magnifique campagne de diffamation à l’appui. Cerise sur le gâteau, je sortais d’un grave accident qui m’a cloué sur un canapé pendant six mois.

J’ai subi ces attaques sans vraiment être en état d’y répondre. Mauvais timing comme je le disais.

Je vais pourtant récidiver dix ans plus tard, en priant qu’il n’y ait pas de nouvel attentat à Nice, avec une pochette peu ragoûtante, le premier album du groupe niçois Messalina, histoire de rappeler aux âmes bien pensantes que nous vivons dans une démocratie (encore pour quelques mois) et que nous disposons encore de notre liberté d’expression.

L’album en question s’intitule Golden Wounds, six morceaux pour moins d’une demi-heure de rock alternatif post grunge.

Et en réalité cette chronique n’est pas vraiment d’un règlement de compte, c’est juste que la pochette de l’album et l’origine du groupe m’a rappelé ce fameux accrochage avec l’autre magazine.

Mais, parlons plutôt de musique. Le quatuor niçois Messalina existe depuis quelques années et sort ici son premier EP. Dans ses rangs, deux musiciens venus des groupes Igorrr et Svart Crown, autant dire pas franchement des tendres.

Pourtant, Golden Wounds ne donne pas dans le métal et encore moins dans le progressif, mais bien dans un rock alternatif à la violence froide contenue. Et c’est très bon.

Des invités viennent épicer l’écriture de Messalina, le groupe de sludge belge Doodseskader, le multi instrumentiste français Kabbel et le groupe de doom Néerlandais Dool. Autant dire, du beau monde venu d’univers très variés.

Sur la pochette en noir et blanc, on voit d’atroces cicatrices sur le corps d’une femme dénudé, les fameuses blessures dorées du titre. J’avoue que l’image peut choquer, c’est d’ailleurs sans doute le but visé, mais vous n’êtes pas obligé de regarder. Par contre, vous devez écouter.

Pour la musique, nous avons affaire à une écriture nerveuse avec des passages épurés sur un chant clair pas trop typé et agréable à écouter, qui vire parfois au scream. La production est limpide, laissant entendre tous les instruments sur lesquels la caisse claire ressort tout particulièrement.

Les guitares ne donnent pas vraiment dans l’esbroufe virtuose et assument leur héritage grunge. Messalina pourra faire songer à Klone, The Pineapple Thief ou encore Nirvana, mais son identité est déjà bien établie avec ces six morceaux. On ne parelera donc que de subtiles influences.

C’est certainement  ‘A Cross’ le morceau le plus nerveux de l’EP. Si les couplets restent posés, le refrain décrasse bien les oreilles et dynamise l’ensemble. Une recette simple et efficace adoptée pour la plupart des titres de Golden Wounds.

Je ne peux que vous recommander cet excellent EP. Messalina est un groupe qu’il va falloir surveiller de près, car il démarre sur les chapeaux de roues.

Prince of Failure

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Si vous connaissez le groupe Tesseract, vous avez probablement entendu parler de Daniel Tompkins. Chanteur du groupe depuis 2014 après un bref passage entre 2010 et 2012, il a également œuvré en solo.

Avec Paul Ortiz, il sort cette année Prince Of Failure chez le label Kscope, un album métal prog électro de douze titres pas franchement révolutionnaire.

Vous allez entendre du growl comme du chant clair dans Prince Of Failure. Mais ne vous y trompez pas, l’album est de facture nettement plus commerciale que le dernier Tesseract War Of Being. Je n’irai pas jusqu’à écrire que le duo a mixé de la soupe, mais, disons que je ne trouve pas beaucoup d’intérêt dans leur musique.

Sorti de deux brefs instrumentaux sans réelle matière, ‘The Glass Of Veil’ et ‘Palace Of Echoes’, les dix autres titres possèdent un format radio dans la durée, la forme et l’esprit. On dirait des tubes de boys band metal mis bout à bout.

Alors, bien évidemment, c’est Daniel qui chante et Paul qui joue, donc ça ne peut pas être totalement mauvais non plus. D’ailleurs Prince Of Failure se laisse écouter sans déplaisir.

Par contre, je ne reste concentré dessus que le temps de deux morceaux, après mon esprit n’est plus dans la musique, il fait autre chose.

Il y a tout de même ‘Heartless’ qui me réveille juste à temps avant la fin de l’album, un morceau bien gras après beaucoup de guimauve à la manière de ‘Moonlight’. J’aime également ‘Silent Throne’ pour son côté rythmique complètement pompé à Tool, mais bon, est-ce bien un compliment que je formule ici ? 

Je suis injuste, il y a tout de même ‘Phantom’ qui s’énerve bien, mais il ressemble trop à du Vola pour sortir du lot.

Quant au duo ‘Horizon’ avec Kristyn Hope, il semble conçu pour cartonner dans les charts britanniques avec son clip à la manière d’un Dune de Christopher Nollan, mais avec un tout petit budget.

Prince Of Failure manque vraiment d’identité, pêche par son absence totale de prise de risque, bref ne présente pas grand intérêt, sorti le fait d’écouter Daniel Tompkins.

Je ne vous le recommande pas, tout simplement parce qu’il y a tellement d’albums plus intéressants à écouter sur terre.

Ok Good Night – stop/go

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Décidément, j’ai vraiment du mal à écouter des albums ‘normaux’ en ce moment. Pour preuve, aujourd’hui je vais vous parler de stop/go du groupe Ok Goodnight.

Je l’ai trouvé en naviguant au petit bonheur sur Bandcamp. Mais je n’étais pas totalement en territoire inconnu puisque Stéphane Gallay, oui encore lui, avait présenté l’album The Fox And The Bird en 2023.

Ok Goodnight est un formation de Boston née en 2018 qui peut être classée dans la famille du rock progressif au sens large. Le groupe joue d’art rock fusion trip hop metal électro progressif décomplexé.

Autant dire que c’est pour le moins déstabilisant, d’autant que la chanteuse, Casey Lee Williams, ne calme pas le jeu.

stop/go est un album qui dure quarante-sept minutes avec dix titres au format radio. Cela ne le rend pas forcément plus facile à écouter, car la musique et le chant partent dans toutes les directions.

Le seul morceau qui ne soit pas complètement barré s’intitule ‘Call Me Away’. Un petit texte mélancolique, limite désespéré sur une musique des années trente. Le reste est nettement plus exotique.

C’est ce qui rend stop/go assez génial mais également difficile à écouter. Disons que ça n’est pas vraiment reposant.

La voix de Casey est assez bluffante. Sa tessiture lui permet de partir dans les aiguës pour revenir à des médiums puissantes, changeant sans cesse de direction.

Même si le titre ‘Top of the Bottom’ flirte avec le métal progressif, l’ensemble de l’album est clairement plus art rock, il n’y a qu’à écouter le saxophone fou dans le morceau suivant pour s’en persuader.

Les claviers de Martin produisent des petites notes étranges, la basse de Peter rebondit comme une balle de ping pong, la batterie ciselée d’Augusto est sans cesse en mouvement et les guitares caméléons, parfois pliniesque, parfois jazzy, parfois djent, parfois pop nous déstabilisent en permanence.

Mais vous savez ce que j’ai vraiment adoré sur stop/go ? Ben c’est la pochette et la photo du groupe. Oui c’est ça qui m’a décidé à écouter l’album…

Au final, il m’aura fallu de nombreuses écoutes pour apprivoiser leur musique.

C’est n’est sans doute pas ce que j’écouterai tous les matins en me brossant les dents où le soir sous la douche, mais l’album mérite tout de même la découverte.

Elder au P8

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Après avoir découvert avec bonheur le groupe Elder, j’ai eu envie de l’écouter en live. Et cela tombait bien puisqu’il jouait le 24 juin au P8 à Karlsruhe.

Sauf que nous subissions une forte canicule avec 36 degrés à l’ombre. Autant dire qu’il me manquait quelques heures de sommeil. Pour compliquer les choses, j’avais accepté de couvrir le concert pour le magazine allemand de musique Laut.de.

Assister à un concert en salle par 30 degrés c’est une chose, photographier les groupes dans ces conditions en est une autre. Mais j’avais déjà pris mon billet, proposé à Seb de m’accompagner et demandé une accréditation photo à Bert. Je ne pouvais pas me défiler.

Elder est un quatuor berlinois et leur dernier album Through Zero avait chatouillé mes oreilles. Leur musique est tout le temps en équilibre instable entre progressif et psychédélique. J’étais curieux de voir ce que cela pouvait donner en live.

Bert m’accueille à notre arrivée vers 19h et m’annonce, après m’avoir remis le pass crew du P8, que le journaliste de Laut.de est malade. Du coup je vais bosser pour mon compte, ce qui me simplifie la vie. Seb m’offre un coca durable alors qu’il ose la pills allemande avec cette monstrueuse chaleur. Puis non content de de rendre malade, il part se restaurer au Mal Bouffe local pour échapper à la saine nourriture végane du P8. Moi je prépare le matériel dans la fournaise en squattant le premier rang.

REZN ouvre le bal vers 20h. La musique du quatuor de doom de Chicago me laisse relativement indifférent, seul le claviériste saxophoniste geek qui joue avec une manette de console propose un spectacle amusant. La prestation du groupe est statique, leur musique relativement convenue, ce n’est ni bon ni mauvais mais il fait très chaud. Bref je m’ennuie et je dégouline.

Elder ne tarde pas à prendre leur place. Et malgré la foule, la chaleur et la fatigue, c’est immédiatement magique. Ils sont cinq sur scène, le bassiste au centre, les guitaristes de chaque côté dont le chanteur à droite, le batteur fou au fond et le clavier très discret, caché sur la droite. 

Le groupe joue principalement leur dernier album ce qui me va parfaitement puisque c’est le seul que je connais. Si le chant dérape sur quelques morceaux, la performance du groupe reste excellente et le son du P8 juste magnifique. Je retrouve les titres de Through Zero joués en live du coup j’en oublie un peu de photographier le groupe et la moisson d’images sera inversement proportionnelle au bonheur de les écouter.

En parlant de photo, je ne vous cache pas que j’en bave. Les boîtiers ne réagissent pas forcément bien à la chaleur et le gars aux commandes doit aller se rafraîchir régulièrement. En plus beaucoup de mes images sont sous exposées à 4000 ISO, sans doute à cause d’éclairages faiblards.

Après un coca, une bouteille d’eau et plusieurs douches au robinet sans parler du brumisateur installé dehors, le concert se termine dans une atmosphère brûlante. Malgré cela je trouve la force d’aller faire la queue au stand de merch pour m’offrir le vinyle de Through Zero version longue et un tee shirt vert pour faire bonne mesure. Seb fait pareil d’ailleurs, un vrai copieur, sauf pour la taille du tee shirt, parce que lui n’est pas un nabot.

Ce fut vraiment un excellent concert malgré les températures caniculaires. J’ai hésité à y aller mais je n’ai pas regretté l’aventure. Elder mérite vraiment la découverte.

Les photos de ELDER sont ici.

Elder – Through Zero

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Stéphane Gallay et moi sommes en phase en ce moment. Je me retrouve régulièrement à parler d’albums qu’il a déjà chroniqué.

Stéphane à souvent parlé du groupe Elder sur son blog, depuis 2015 en fait avec Lore, et ce n’est pas pour autant que j’ai acheté Lore, Omens et Innate Passage. Peut-être parce que j’écoutais déjà d’autres groupes de psychédélique à ce moment-là et que c’est quand même une musique que je goûte à dose homéopathique.

Quoiqu’il en soit l’album Through Zero est arrivé à point nommé dans un profond gouffre d’inspiration et une crise existentielle relative à mes habituels groupes de référence. Le groupe allait se produire dans une de mes salles préférées, le 24 juin alors j’ai foncé.

Elder est une formation de Berlin née en 2008 dans le Massachusset, un quatuor de rock progressif psychédélique avec quatorze albums et EPs à leur actif.

Through Zero, leur dernier bébé, pèse une heure et six morceaux dont trois de plus de neuf minutes.

N’attendez pas un disque de fumeurs de moquette. Through Zero trouve son équilibre entre progressif, stoner et psychédélique. Les transes sont légères, le prog est énervé et la musique variée. Ils sont nettement moins barrés que King Buffalo pour ne citer qu’eux.

Through Zero est un terme technique emprunté aux ingénieurs du son mais c’est ici, et je cite le groupe, “un point médian sur un chemin en grande partie invisible, où le voyage est la destination et où la réalité est moins linéaire que la plupart d’entre nous ne le concevons.”.

Ce qui m’a tout de suite plu dans cet album, en plus de sa pochette, c’est la proximité entre le rock progressif et le psychédélique sur les six morceaux. Vous aurez du mal à trouver le point de bascule entre les deux mondes tant leur musique réussit à la perfection cette étonnante symbiose. 

Lorsque l’on se laisse porter par les notes, on découvre soudain que le groupe à basculé de l’autre bord, sans vraiment comprendre comment il l’a fait. Même le titre ‘Strada’, qui abuse par moment de champignons, retombe à chaque fois sur la forme progressive.

Et le seul instrumental de l’album, ‘Sight Unseen’, long de presque neuf minutes quand même, joue plus du space rock que du space cake.

Through Zero est un excellent album hautement recommandable, et si vous êtes dans la région, n’hésitez pas à aller les écouter au P8 à Karlsruhe demain soir, ça devrait être un très beau concert.