Alcest – Les Chants de l’Aurore

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J’ai eu l’occasion d’écouter Alcest en live à deux ou trois reprises. La dernière fois, c’était aux Dominicains à Guebwiller pour le festival Spirit in Black.

Alcest est un groupe de post black métal français que je connais mal pour la bonne raison que je n’ai jamais franchement accroché à leur univers musical. Mais comme ils passaient aux Dominicains, je me suis plongé dans leur album Les Chants de l’Aurore sorti il y a deux ans. 

Et j’ai adoré… la pochette.

Les Chants de l’Aurore fait manifestement référence à la culture japonaise et au monde onirique. La musique n’a de black metal que l’étiquette. Et même si un peu de growl pointe son nez, c’est un shoegaze atmosphérique qui domine. Seule la batterie absolument fabuleuse de Winterhalter transmet son énergie aux sept morceaux de l’album. 

Des morceaux de trois à presque neuf minutes pour un album de moins de trois quarts d’heure que je trouve pourtant assez long.

Je n’aime pas beaucoup le timbre du chant clair, au choix je préfère le growl. D’ailleurs en écoutant l’album, j’ai bien été en peine de savoir dans quelle langue étaient chantées les paroles et il a fallu que je cherche sur Internet pour réaliser qu’elles étaient en français.

Pour la musique, sortie de la batterie et de quelques claviers décoratifs, les guitares ne font pas vraiment d’étincelles exception faite de ‘Flamme Jumelle’. Résultat, je manque de stimulations tout au long de l’album.

Il y a pourtant des idées que j’aime beaucoup comme les cris aiguës dans ‘Komorebi’, le growl de ‘L’envol’, le court ‘Réminiscence’ au piano et violoncelle soutenu par des choeurs, le texte en japonais au début de ‘L’Enfant de la Lune’ et le délicat titre final ‘L’Adieu’.

Comme vous pouvez le constater, dans l’ensemble je préfère les formats courts de Alcest aux pièces de huit minutes et quelques. 

Après avoir écouté et réécouté cet album sans parler de les avoir vus en concert, je ne suis toujours pas convaincu par l’univers du groupe même s’il possède une indéniable originalité. Ce concert et cet album furent l’occasion de découvrir un peu mieux ce groupe français.

De là à vous le recommander, c’est une autre histoire. Quoi qu’il en soit, vous pouvez vous faire votre propre opinion en l’écoutant sur Bandcamp.

Birth – Born

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Après une semaine de métal extrême, j’ai eu envie de reposer mes oreilles. Du coup, je suis allé du côté de mes premiers amours, voir si je pouvais trouver quelque chose qui me plaise. Et je suis tombé sur le groupe Birth et son unique album Born paru en 2022.

Le trio de San Diego voue un culte tout particulier au mellotron et aux sonorités vintages, proches de celles de In the Court of the Crimson King. On prend d’un coup six décennies dans les pattes, c’est violent. 

Si vous n’avez jamais entendu parler de Birth, vous connaissez peut-être Astra, un autre groupe de rétro prog qui a donné naissance à Birth en 2021.

Conor Riley et Brian Ellis, deux anciens membres de Astra, y jouent respectivement des claviers et des guitares. A la basse on trouve Trevor Mast qui avait déjà travaillé avec Brian Ellis sur d’autres projets avant de rejoindre Birth.

Birth joue d’un rétro prog très instrumental. Seulement quatre titres sur les six présents dans l’album sont chantés, et encore, il n’y a pas beaucoup de paroles.

Autant dire que j’écoute Birth pour me vautrer dans de délicieuses sonorités vintages. Des sons qui peuvent sembler étranges au commun des mortels, mais qui réveillent quelque chose dans l’âme des vieillards qui ont connu la musique des années soixante-dix. Ces babas cools qui ont un temps abusé de psychotropes.

Le chant de Conor possède la douceur de celui de Greg Lake, ses claviers les couleurs de Ian McDonald et les guitares de Brian se rapprochent du travail de Fripp dans sa jeunesse. En d’autre termes, Born ressemble furieusement aux débuts de King Crimson, la période que je préfère chez ce groupe qui a quand même expérimenté des trucs assez bizarres.

Mon morceau préféré s’intitule ‘Cosmic Tears’. Pendant presque huit minutes instrumentales il joue de psychédélique, de The Doors et de rétro prog. Guitares, basse et claviers se répondent de manière assez jubilatoire, tout particulièrement dans les deux dernières minutes du titre.

Mais franchement, tout l’album est excellent. 

Écouter Born est clairement un acte totalement régressif pour moi, mais de temps en temps il faut savoir se faire plaisir avec ce que l’on trouve. Nous n’avons qu’une vie après tout.

Si vous aimez le rétro prog, je vous recommande chaudement d’aller écouter cet excellent album doudou.

Il faut aimer le métal pour écouter du metal

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Spirit in Black est le festival de metal de l’association Headbang à Colmar. Trois soirées sous le signe du forgeron qui se déroulaient au Grillen à Colmar et aux Dominicains à Guebwiller.

A l’affiche, un seul groupe connu pour moi, et encore, pas un dont je sois franchement fan. Pourtant j’ai pris des jours de congés et je suis allé dans le Haut-Rhin avec mon matériel photo, spécialement pour couvrir le festival.

Je croyais aimer le metal, mais j’avais tord. Cris de cochon que l’on égorge, bruits de marteau piqueur, pogo du diable, flaque de bière et de liquides plus douteux, décibels sataniques, Spirit in Black est clairement un festival de l’extrême réservé aux initiés. Même les bénévoles de l’association Headbang, pourtant habitués du genre, se mettaient parfois à l’abri dehors.

La première soirée fut des plus éprouvantes. Je sortais d’une journée en montagne à observer l’éclipse solaire et j’enchaînais par une après-midi caniculaire entouré de métaleux. Le festival était sold out, les deux salles de concert bouillantes et la musique des plus violente. Et lorsque vous êtes plaqué contre la scène par des hordes de vikings transpirants, fouettés par des cheveux longs et bousculé sauvagement par des pogoteurs, réaliser de bonnes photos n’est pas une mince affaire.

Malgré toute cet étalage de violence, quelques groupes ont titillé mon oreille, en l’occurrence Decider et Spleen qui se produisaient sur la petite scène. Par contre, je ne vous cache pas que j’ai détesté la prestation de Gutrectomy. Il faut dire, avec un nom pareil, on pouvait s’attendre au pire.

Le second soir, ce fut nettement plus ma came. Il s’agissait encore d’une programmation de six formations de black metal relativement extrême, mais bizarrement ça parlait plus à mes oreilles.

Disons qu’au lieu de burinage gratuit, il y avait plus de musique. J’ai même eu un coup de cœur pour le trio français Sordide. Les photos ont été tout aussi sportives entre le public qui se jette dans la fosse, les pogos et les musiciens aux cheveux mouillés qui faisaient tournoyer leur tignasse.

Généralement, après deux trois morceaux, les photographes s’avouaient vaincus et sortaient boire, manger et photographier les festivaliers. J’ai retrouvé quelques têtes connues dans le public, des personnes que j’avais déjà photographiées lors d’autres festivals. Il y a des têtes que l’on oublie pas.

Le dernier soir, le dimanche, le festival s’exilait aux Dominicains à Guebwiller, dans une abbaye avec son cloître. Au programme, seulement deux groupes sans parler d’un DJ et d’une projection de film assez déprimante. La tête d’affiche était Alcest tout de même, clairement rien à voir avec les deux précédentes soirées. Je ne suis pas un grand fan du groupe mais je peux les écouter sans me tordre de douleur. J’ai même acheté pour l’occasion leur dernier album. Verdict, je ne suis toujours pas fan.

Mais photographier Alcest dans la nef d’une église au coucher du soleil, c’est quand même pas mal. Des colonnes immenses, des fresques à moitié effacées, des lumières incroyables et un son vraiment soigné, l’aventure méritait d’être vécue au moins une fois.

Après trois jours de festival et un millier de photographies de qualité discutables, je finissais ce marathon d’astronomie et de black metal où la meilleure photo aura été sans doute celle de l’éclipse.

Je l’avoue, je suis allé à Spirit in Black plus pour réaliser des photographies que pour écouter de la musique. J’y ai rencontré plein de gens sympas, j’ai écouté quelques groupes qui m’ont intéressés, j’ai mangé de délicieux burgers et bu des litres de cola tiède. Le staff et les bénévoles de l’association ont été aux petits soins avec les photographes, l’organisation était au top, alors un grand merci une nouvelle fois à Headbang d’organiser de tels événements pas loin de chez nous et à l’année prochaine.

Les photos d’Alcest sont ici.

God is an Astronaut – Live @ Hellfest

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Cette chronique sera sans doute le premier et dernier live dont je parlerai cette année. Je n’ai pas pour habitude d’écouter des concerts enregistrés, je vais dans les salles bruyantes transpirer avec le public, c’est nettement plus drôle. Mais voilà, je suis tombé sur une vidéo Arte Concert du live du groupe God Is An Astronaut au Hellfest 2026. 

Et entre les deux frères Kinsella, se tenait une belle violoncelliste que je connais bien, Jo Quail, alors j’ai regardé et écouté leur performance et ce que j’ai entendu m’a bien plu.

Il faut dire, le post rock en live, c’est toujours très différent. Parce que de base, je ne suis pas forcément un aficionados de God Is An Astronaut. Vous savez, le post rock et moi, ça n’a jamais été très simple.

N’empêche, après avoir visionné le live, je suis allé sur Bandcamp pour écouter le groupe, et je suis tombé sur leur live au Hellfest. Voilà comment, j’en suis arrivé à parler de God Is An Astronaut une nouvelle fois.

Live @ Hellfest dure seulement quarante-quatre minutes comme leur performance sur scène. Le groupe joue six morceaux tirés de quatre albums, All Is Violent, All Is Bright, Epitaph, Embers et The End of the Beginning, autant dire qu’ils ne font pas vraiment la promotion de leur dernier album Embers où jouait justement Jo Quail.

Ce qu’il y a de bien avec le post-rock, c’est qu’en live, ça s’énerve pas mal et ce Live @ Hellfest ne déroge pas à la règle. Bon, visuellement sur scène, il ne se passe pas grand-chose, mais dans les oreilles, c’est une tout autre affaire, tout particulièrement sur ‘Sceance Room’.

La présence de Jo Quail entre les deux frangins n’est pas du tout anecdotique, elle n’est pas là pour faire jolie plante entre deux guitaristes. Par contre, il faudra pousser un peu le son pour bien l’entendre lorsqu’elle ne joue pas en solo.

De six morceaux joués en live, c’est ‘Embers’ qui a ma préférence. Je n’ai jamais écouté sa version studio (il faudra que je le fasse un jour), mais cette version live possède plein de sonorités qui chatouillent mes oreilles. En plus le titre de presque neuf minutes déborde d’une énergie qui manque souvent au post-rock et que j’aime.

Si vous aimez God Is An Astronaut, j’imagine que vous avez déjà vu ce live, si vous aimez Jo Quail aussi probablement. Et si vous ne connaissez pas le groupe, ce live est une belle entrée en matière à mon avis, d’autant qu’il est téléchargeable à petit prix sur Bandcamp, alors pourquoi s’en priver.

King Gizzard & The Lizard Wizard – Polygondwanaland

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Aujourd’hui, je vais vous parler d’un album qui a presque dix ans. Un album au nom improbable, jugez vous-même : Polygondwanaland, en un seul mot.

Le groupe King Gizzard & The Lizard Wizard vient d’Australie et a commencé sa carrière en 2011 avec l’EP Willoughby’s Beach. Les six musiciens jouent d’un rock progressif psychédélique alternatif que je trouve pour ma part très influencé par la musique médiévale.

Stéphane Gallay avait chroniqué leur dernière galette Phantom Island l’an passé et n’avait pas été franchement convaincu. Moi non plus, ceci dit au passage.

Mais Polygondwanaland est très différent de Phantom Island et il m’a tout de suite séduit.

L’album se construit sur des rythmiques ensorcelantes à la Tool, beaucoup d’harmonies vocales, pas mal de champignons fermentés et tout plein d’instruments majoritairement acoustiques.

Polygondwanaland propose dix morceaux dont un de presque onze minutes, l’exception de l’album puisqu’en moyenne, les titres durent moins de quatre minutes.

Il ne s’agit pas vraiment de pièces avec des rebondissements progressifs. L’écriture est relativement linéaire, répétitive diraient certains, et si la dominante semble acoustique, il y a bien des claviers vintages et des guitares électriques dans les compositions.

L’album est surtout impressionnant vocalement avec trois chanteurs qui se croisent sur les morceaux sans parler de Leah Senior qui dit quelques mots sur ‘The Castle in the Air’. Il y a aussi la présence de flûte, d’harmonica, de Mellotron et de percussions sur plusieurs morceaux comme ‘Crumbling Castle’ qui donnent une touche toute particulière à la musique du groupe.

Polygondwanaland ne sonne pas si vintage que ça. Il est juste différent. Une musique psychédélique pas trop fumée avec des influences surprenantes comme dans le premier titre ‘Crumbling Castle’ qu’on aurait presque pu entendre à la cour du roi Arthur.

Si vous voulez découvrir le groupe King Gizzard & The Lizard Wizard, je vous recommande de commencer par cet album nettement plus accessible que le très cuivré Phantom Island.

Demandez le programme !

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Cet été je ne mourrai pas d’ennui. Déjà parce que je travaille, ensuite parce que j’ai vraiment un planning chargé.

Les dimanches après-midi, je monte au Champ du Feu pour tenir la permanence d’une exposition. Certains vendredi soir, je donne des conférences devant un public clairsemé. Les nuits claires, je monte dans les Vosges pour ajouter des heures à des projets astronomiques. Et lorsque le soleil se lève, je retourne au travail, un peu fatigué.

Cette année, en plus de la traditionnelle Nuit des Étoiles que nous organisons au Jardin Botanique à Strasbourg, il y a l’éclipse partielle de soleil du 12 août. Un évènement très médiatisé qui risque d’attirer nombre de visiteurs.

Et je suis sur le pont pour ces deux évènements, dans la coupole de la grande lunette le 7 août et sur le parking du Vieux Pré au Champ du Feu pour l’éclipse solaire. Et pas de chance pour moi, il fait beau. Donc aucune des dates n’est annulée.

Pour l’éclipse, sorti de gérer la foule, il ne devrait pas avoir de problème majeur. L’association m’a confié un superbe instrument solaire pour l’occasion, il faudra juste canaliser le public et expliquer sans cesse les consignes de sécurité aux gens.

Cela risque toutefois d’être une grosse journée. Arrivée vers 14h au Chalet du Champ du Feu avec probablement beaucoup de monde, installation des instruments vers 17h sur le parking, éclipse de 19h à 21h et pour finir une conférence de nouveau au chalet. Et le lendemain, je pars pour trois nuits de métal comme photographe à Colmar et Guebwiller.

La nuit des étoiles m’angoisse nettement plus. Car c’est moi qui serai aux commandes de la grande lunette de l’observatoire. Je connais assez mal l’instrument et cette nuit là, il n’y aura pas de cible facile à pointer. Pas de lune, pas de planète, rien. Je devrais chercher les rares les objets bien visibles dans la lunette à l’aide de leur coordonnées, ascension droite et déclinaison. Tout ça en tournant de grosses roues et en vérifiant les graduations dans un oeilleton.

Une partie de rigolade. Si je ne trouve pas la cible, j’aurais 15 personnes devant moi qui risquent d’être assez frustrées. Pendant ce temps, mes copains seront dans les jardins à utiliser leur matériel alors que je jouerais avec un tube de 7 mètres et une coupole de 34 tonnes classée monument historique. La troisième plus grande lunette astronomique française et la seule encore en activité. Grosse pression quand même.

Je me plains mais, je ne suis pas peu fier en vérité.

Les inscriptions pour la Nuit de Etoiles sont complètes pour Strasbourg, donc vous n’aurez aucune chance de me voir me planter en manipulant la grande lunette si vous n’êtes pas déjà sur les listes.

Pour l’éclipse de soleil, il y aura probablement beaucoup de monde, donc préparez-vous au bain de foule et probablement à des embouteillages pour monter au Champ du Feu. Mais je serai là. Avec un peu de chance, il y aura plus de dix personnes pour la conférence du soir…

Namu – Wretched Spawns of Iniquitous Orders

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Ne nous mentons pas, c’est la pochette de l’album Wretched Spawns of Iniquitous Orders qui m’a donné envie d’écouter la musique. Un dessin et des couleurs à la manière de Bilal ou Moebius que l’on doit à Bruce Penningto et qui m’a tout de suite tapé dans l’œil.

La pochette montre trois vaisseaux spatiaux élégants survolant une exo-planète en fusion, autant dire tout ce que j’aime.

En plus, le projet de Namu coche les deux cases progressif et black métal. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour me mettre en appétit.

Évidemment, si vous ne supportez pas le growl, vous pouvez vous arrêter tout de suite. Car si Wretched Spawns of Iniquitous Orders comporte quelques passages de chant clair, c’est principalement le scream de ICanBeFree que vous allez entendre durant les sept morceaux. Des titres de quatre à huit minutes pour trois quarts d’heure de cruauté extraterrestre.

Namu, qui est aux commandes du projet et joue de tous les instruments, compose une musique puissante et complexe où le progressif trouve sa place avec même quelques passages aériens comme dans ‘Trypych’ ou cinématiques au début de ‘Catharsis in Stasis’.

Chaque morceau est une nouvelle racontant des enlèvements d’humains perpétrés par des extraterrestres. Vous savez lorsque que le contacté raconte que des petits gris l’ont kidnappé pour procéder à des expériences terribles sur ses parties génitales.Je me moque, mais oui, ça m’a toujours fait rire ces fantasmes sexuels transformés en rencontres de troisième type.

Quoi qu’il en soit, si je mets entre parenthèses les récits hurlés dans les morceaux, ben oui ça fait mal quand même, l’album est d’excellente facture, et ne perdons pas de vue qu’il s’agit d’un projet solo.

J’y entends quelques similitudes avec le travail de Devin Townsend, le chant en moins. ‘Ineffable Constructs’ est sans doute la pièce la plus frontale de l’album, que ce soit au growl ou bien à la musique. Une sorte de charge satanique avec petite une respiration inquiétante et un court passage cinématique qui se poursuit sur un rythme digne de Tool. A l’opposé, vous trouvez ‘The Fibre Prismatic’ qui fait très black post metal avec de nombreuses sections instrumentales dont un passage des plus space rock.

Tout cela pour vous dire que l’album est musicalement très varié et que l’on ne s’ennuie pas une seule seconde en l’écoutant. Si vous aimez les voix saturées, foncez écouter ce premier album de Namu. C’est du lourd.

Odd Logic – Mortal Heirloom

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En me promenant sur Bandcamp, je suis tombé complètement par hasard sur le groupe Odd Logic et son dernier album Mortal Heirloom.

Je n’avais jamais entendu parler de ce duo de Tacoma qui depuis 2004 a sorti neuf albums, mais en les écoutant, j’ai tout de suite pensé au groupe québécois Mystery.

Plusieurs de leurs disques sont téléchargement gratuit sur la plateforme numérique et pour les autres, vous pouvez décider du montant à donner.

Odd Logic joue d’un rock progressif qui vire parfois au métal sur un chant qui n’est pas sans rappeler celui de Jean Pageau et même celui de James Labrie comme dans le premier morceau ‘Critical Minutiae’.

Sean Thompson chante et joue de tous les instruments sauf la batterie tenue par Pete Hanson. Et si le duo ne réinvente pas la poudre, leur album fait tout de même de belles étincelles.

En six morceaux de six à dix minutes Sean et Pete construisent un album de trois quarts d’heure à la frontière du métal progressif à la Dream Theater et du néo-progressif de Mystery.

L’album comporte des passages très mélodiques comme dans ‘Unequal Lies’ et du metal prog djent à la manière de ‘Permanent Guest’. Et tout cela fonctionne très bien ensemble.

Je ne sais pas vraiment de quoi parle l’album, ni même s’il s’agit d’un concept. Les textes sont suffisamment énigmatiques pour qu’à la fin de leur lecture, je n’en sorte pas plus avancé qu’au début. Ils possèdent clairement des inspirations fantastiques, mais ils semblent également évoquer des personnes du monde réel.

Dans les morceaux que j’adore il y a ‘Droid’ parsemé de bruitages et qui est l’exemple le plus réussi du mariage du mélodique et du métal progressif. Le titre s’articule autour d’un refrain des plus vendeur et d’éléments plus épais qui racontent les questionnements d’un androïde de compagnie sur sa raison d’être.

Lorsque j’ai commencé à écouter Mortal Heirloom, je me suis dit, tiens voilà un album sympa à chroniquer. Après un nombre incalculable d’écoutes, je me dit qu’il pourrait s’agir finalement d’un sérieux candidat au titre d’album de l’année.

Alors n’hésitez pas à y jeter une oreille ou deux et à me dire ce que vous en pensez vous aussi.

Moonspell – Far From God

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Il y a quatre ans j’avais acheté l’album Hermitage de Moonspell sur les conseils de Stéphane Gallay. J’en avais rapidement parlé dans un épisode intitulé Compressé n°1 qui survolait plusieurs albums qui ne m’avaient pas complètement convaincus.

Mais en cherchant le prochain candidat pour la chronique du mardi, je suis tombé sur le dernier album du groupe, Far From God et j’ai décidé de m’arrêter dessus.

Moonspell est un groupe portugais né en 1989 sous le nom Morbid God avant de devenir Moonspell en 1992. Leur musique s’inscrit dans un metal à tendance progressive riche en claviers.

Le chant de Fernando me fait beaucoup penser à celui du chanteur allemand du groupe Traumhaus, sauf quand il s’énerve. Une voix médium grave qui nous change des tessitures haut perchées qui sévissent dans le genre.

Far From God est un album de moins de trois quarts d’heure et huit titres de quatre à six minutes.

Si les titres des morceaux semblent au premier abord très bibliques, Fernando y parle en réalité de l’histoire du groupe, des autels qui bordent les routes et des vampires, enfin c’est ce qui est écrit dans Wikipédia, car je n’ai pas les paroles.

Si une grande partie de l’album est relativement posée, monotone diraient les grincheux, les deux derniers titres s’énervent quelque peu, au chant comme dans la musique. Terminé la voix tranquille et l’écriture limite post-rock, les guitares se lancent dans des charges et le scream sature le micro.

Dans ‘Your Promise of Light’ et ‘Our Freedom to Fall’ j’entends du Paradise Lost et dans ‘For the Love of Mortals’ du Simple Minds quand la batterie de ‘Far From God’ donne dans le quasi disco. Et si Hermitage était floydien à sa manière, Far From God prend une toute autre direction  avec ses inspirations gothiques, même si dans ‘Biblical’ j’ai retrouvé quelques éléments sonores de The Wall.

J’ai trouvé le nouveau Moonspell très confortable à écouter mais pas franchement révolutionnaire non plus. Ce ne sera sans doute pas mon album de l’année mais je lui trouve tout plein de qualités, suffisamment du moins, pour vous le recommander sans réserve.

Messalina – Golden Wounds

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Il y a quelques années, je me suis fait agresser par le chroniqueur d’un magazine concurrent, pour avoir publié la pochette d’un album de métal sur les réseaux sociaux.

La pochette en question était d’une grande violence et ma publication tombait peu après l’attentat du 14 juillet à Nice. Mauvais timing.

Neoprog et moi-même avons été traîné dans la boue sur les réseaux sociaux avec en prime une magnifique campagne de diffamation à l’appui. Cerise sur le gâteau, je sortais d’un grave accident qui m’a cloué sur un canapé pendant six mois.

J’ai subi ces attaques sans vraiment être en état d’y répondre. Mauvais timing comme je le disais.

Je vais pourtant récidiver dix ans plus tard, en priant qu’il n’y ait pas de nouvel attentat à Nice, avec une pochette peu ragoûtante, le premier album du groupe niçois Messalina, histoire de rappeler aux âmes bien pensantes que nous vivons dans une démocratie (encore pour quelques mois) et que nous disposons encore de notre liberté d’expression.

L’album en question s’intitule Golden Wounds, six morceaux pour moins d’une demi-heure de rock alternatif post grunge.

Et en réalité cette chronique n’est pas vraiment d’un règlement de compte, c’est juste que la pochette de l’album et l’origine du groupe m’a rappelé ce fameux accrochage avec l’autre magazine.

Mais, parlons plutôt de musique. Le quatuor niçois Messalina existe depuis quelques années et sort ici son premier EP. Dans ses rangs, deux musiciens venus des groupes Igorrr et Svart Crown, autant dire pas franchement des tendres.

Pourtant, Golden Wounds ne donne pas dans le métal et encore moins dans le progressif, mais bien dans un rock alternatif à la violence froide contenue. Et c’est très bon.

Des invités viennent épicer l’écriture de Messalina, le groupe de sludge belge Doodseskader, le multi instrumentiste français Kabbel et le groupe de doom Néerlandais Dool. Autant dire, du beau monde venu d’univers très variés.

Sur la pochette en noir et blanc, on voit d’atroces cicatrices sur le corps d’une femme dénudé, les fameuses blessures dorées du titre. J’avoue que l’image peut choquer, c’est d’ailleurs sans doute le but visé, mais vous n’êtes pas obligé de regarder. Par contre, vous devez écouter.

Pour la musique, nous avons affaire à une écriture nerveuse avec des passages épurés sur un chant clair pas trop typé et agréable à écouter, qui vire parfois au scream. La production est limpide, laissant entendre tous les instruments sur lesquels la caisse claire ressort tout particulièrement.

Les guitares ne donnent pas vraiment dans l’esbroufe virtuose et assument leur héritage grunge. Messalina pourra faire songer à Klone, The Pineapple Thief ou encore Nirvana, mais son identité est déjà bien établie avec ces six morceaux. On ne parelera donc que de subtiles influences.

C’est certainement  ‘A Cross’ le morceau le plus nerveux de l’EP. Si les couplets restent posés, le refrain décrasse bien les oreilles et dynamise l’ensemble. Une recette simple et efficace adoptée pour la plupart des titres de Golden Wounds.

Je ne peux que vous recommander cet excellent EP. Messalina est un groupe qu’il va falloir surveiller de près, car il démarre sur les chapeaux de roues.