Les disparus

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Combien de groupes sont nés d’une bande de copains, plein d’envies, plein d’espoirs ? Installés dans un garage, un grenier, un salon après avoir poussé les meubles, ils ont improvisé, composé, répété, enregistré. Avec leurs économies, il se sont offert quelques heures de studio et un pressage de compact disque à cinq cent exemplaires, réalisant leur rêve de gosses, sortir un album.

Comme tout les autres, ils ont ouvert un compte Facebook, Twitter, Youtube, Soundcloud, Bandcamp afin de promouvoir leur groupe et leur album sur la toile, postant des photographies de répétitions, des événements, des affiches, des extraits sonores.

Un concert dans au café du coin, une prestation à la fête de la musique et les voila qui rêvent déjà du festival de la Lorely. Ils cherchent vainement, de longs mois durant, un  label, un tourneur, des salles qui les accueilleraient, même pour une première partie sans défraiement. Ils envoient leur album à des radios, des magazines puis à des webzines, espérant ainsi se faire connaître un tout petit peu. Les radios jettent le CD sans l’écouter, les magazines font de même. Quelques webzines jettent une oreille à leur création, certains la chronique et le groupe se prend à rêver de gloire.

Les albums se vendent peu ou pas, la famille et quelques copains en achètent pour leur faire plaisir, une ou deux personne à la fin d’un concert, pas de quoi rentrer dans la mise de fonds initiale, à peine de quoi payer l’essence de la voiture. Pourtant la musique est belle, le groupe a du talent et l’envie de faire vivre leur musique.

Désespérés, certains tombent sous les griffes de maisons de disques ou promoteurs peu scrupuleux, qui leur promettent monts et merveilles, empochent leur argent et ne font rien ou pire disparaissent avec la cagnotte. Au sein du groupe d’amis, les tensions deviennent palpables, les conjoints crient à l’argent dépensé en vain, au temps perdu loin de la famille. Les musiciens se rejettent les responsabilités, les mauvais choix, ne veulent plus rouler toute la nuit pour trente minutes de concert dans une salle minable, perdue au milieu de nulle part. Certains se fâchent et quittent le groupe, il faut trouver un nouveau bassiste, un chanteur ou un guitariste et plus rien n’est alors pareil. L’envie n’est plus là. Reste l’amertume. Le rêve s’est brisé.

Certains de ses groupes survivent encore, le temps d’un EP, parfois d’un second album qu’ils ne finiront jamais. Sur les réseaux sociaux, ils deviennent de plus en plus silencieux jusqu’au jour où leur compte disparaît, sans un mot.

Le monde de la musique est impitoyable, très rares sont les élus qui finissent par se faire connaître et par atteindre l’équilibre financier. Nous découvrons des merveilles, et plein d’espoir nous les mettons en avant, mais nous savons bien que très peu d’entre eux survivront au premier album. Et parfois ceux qui restent ne sont pas les meilleurs. Telle est la dure loi du business musical en France.

Respectez nos oreilles !

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Pourquoi faut-il qu’un live, le son soit si fort ? Pourquoi faut-il mettre des bouchons dans une salle étudiée pour un public de trois-cent personnes ? Pourquoi faut-il s’exploser les tympans avec vos basses ?

C’est pour faire plus rock ? Pour couvrir les braillards buveurs de bière ? Pour masquer les imperfections de votre équipement ?

Il existe des salles à l’acoustique épouvantable où l’ingé son pousse le volume pour donner le change, faisant trembler les verres bières, vibrer le sol et saigner les oreilles. Il existe également des lieux acceptables qu’un bon technicien réussit à sonoriser agréablement.

J’ai entendu le pire dans un auditorium classique, le meilleur dans un immense hall en béton et d’honnêtes résultats sous un plafond de deux mètres.

Dans mes meilleurs souvenirs il y a eu Peter Gabriel au Zénith de Strasbourg, un son parfait, sans bouchons, Ray Wilson Chez Paulette, avec un équipement tip top et une équipe très pro. Dans mes pires cauchemars – j’en rêve encore -, Leprous à La laiterie, un mur de basses dans une petite salle pour cacher les faiblesses vocales du chanteur ce soir là et Marillion au Noumatrouff à Mulhouse où les parois en tôle ondulée de la salle servaient de caisse de résonance à tous les instruments. Entre ces extrêmes quelques saignements de nez au Grillen à Colmar et maux de tête à Substage à Karlsruhe.

A qui la faute ? A ces ingés sons vieille école, à ces artistes voulant que ça fasse du bruit ? A ces salles sans acoustique ? A des soundchecks effectués à l’arrache ?

Quand je vois des enfants au premier rang, près des murs d’enceintes, là je fais les photos, qui se mettent les mains sur les oreilles, j’ai peur pour eux. En concert, je porte toujours des bouchons en silicone, -15 Db, moulé à la forme de mon oreille, et même ainsi, il m’arrive d’avoir des sifflements le lendemain de live.

Respectez nos oreilles, ne gâchez pas la musique, pas la peine de pousser le son comme des malades, nous ne sommes pas sourds, enfin pas tous.

Et vous les amateurs de rock, protégez-vous, mettez le préservatif des oreilles.

L’envers du décor

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Les événements relatés ici sont inspirés de fais réels. Les noms des protagonistes et les lieux ont été changés par respect pour les familles des victimes.

Jeudi soir j’allais avec un pote écouter Persefone en Allemagne.

Rendez-vous était pris pour une interview à 17h30 avec le groupe. A 16h00, après un café et un pipi à la maison, nous prenons la route au son de Sons Of Apollo. Une heure  de route sans pause devient long à mon age avancé et par malheur des embouteillages, à l’entrée de la ville, n’arrangent pas mon affaire.

A 17h15, la vessie à nouveau pleine, je suis accueilli par le staf du groupe. A peine les présentations faites et quelques plates excuses, je me précipite aux toilettes pour me soulager. Damned, pas encore de public, donc pas d’éclairage, des escaliers à descendre, des couloirs obscurs, des WC dans le noir, vessie pleine ou non je dois capituler. Je remonte donc, et demande s’il n’existe pas un autre lieu d’aisance car là je suis au bord de la rupture. J’investis donc les WC backstage devant les artistes médusés en train de faire leur lessive, vide un litre de liquide tiède et retrouve les musiciens pour l’interview.

Après trente minutes de questions laborieuses et de réponses fluides en anglais, je sors mon appareil pour une photo de groupe. Je frime avec mon matos, leur demande de poser dans le canapé et me vautre à trois reprises devant les artistes hilares en essayant de faire une photo tout ce qu’il y a de plus basique…

Puis me voila dehors, à la rue, pour rejoindre mon ami qui flâne au centre ville quand ma prostate se décide à presser sur la colocataire du dessous. Et l’autre qui n’arrive pas. Quand le bougre déboule enfin, c’est pour m’entraîner dans les quartiers chauds de la ville, moi qui veux pisser !

Pas de toilettes publiques en Allemagne semble-t-il, et amende à qui sort sa zigounette en ville, comment peut-on dominer le monde dans ces conditions. Compréhensif tout de même, mon camarade, qui voit bien que je peine de plus en plus à avancer à la recherche d’un disquaire que l’on ne trouvera jamais, me ramène vers la salle, passant devant des fontaines et des gens qui boivent. Lui même se désaltère deux fois sous mes yeux alors que mon vase d’extension est sur le point d’exploser. Il sait pourtant ce que c’est qu’une sonde urinaire et les dégâts provoqués par un rein amoché.

Apitoyé par ma sityation de plus en plus critique, il me conduit dans lieu merveilleux où existent des toilettes, une station essence, où il commande d’abord à boire avant de demander les clefs du lieu d’aisance. Le patron prend son temps pour encaisser, moi je deviens écarlate à côté de l’étalages de boissons fraîches, prêt à tremper mon jean quand les clefs magiques tombent enfin entre mes mains. Dignement,  j’essaye de ne pas courir jusqu’au paradis, ouvre la porte et vide un nouveau litre fumant. C’est dingue ce qu’un corps peut contenir comme liquide. La pression a du être terrible car ma ceinture décide alors de casser, elle qui m’a bien servi des années durant. Me voila obligé de retenir mon jean d’une main car je ne suis guère gras.

Plus léger, mais pas très à l’aise avec un futal qui tombe, nous continuons vers la salle. Quinze minutes plus loin, nous entrons dans le paradis du rock, et oh miracle, les escaliers et les couloirs sont enfin allumés. Ça tombe bien car j’irai bien faire un tour vous savez où.

Un nouveau litre plus tard, je peux enfin me mettre au travail et batailler avec les lumières rouges, les volutes de fumée, les doigts virtuoses, les batteurs invisibles et les buveurs de bières indélicats tout ça en tenant mon jean et deux boîtiers reflex.

Étrangement, même après avoir bu deux bouteilles d’eau, le concert se déroule sans anicroche, juste une pause à mi parcours entre deux groupes. Mes cartes SD sont pleines, ma vessie vide, mon pantalon tombe, mon iPhone déborde de l’interview enregistrée et je reviens heureux avec un beau vinyle, un copain content de sa soirée incontinente et de la musique plein les oreilles.

Les ratées

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La photo de concert est sport de combat, mélange de tir de précision, de musculation et de rugby. Il faut se frayer un chemin dans la foule remuante muni d’un matériel lourd et fragile et se placer judicieusement pour capturer l’instant sans se faire piétiner, en tenant trois kilos à bout de bras sans trembler. En plus, il faut essayer de cadrer, de sélectionner la vitesse, l’ouverture, la sensibilité, mémoriser l’éclairage, choisir son point de focus et tout ça dans la seconde où le guitariste se décide enfin à venir faire un solo devant votre objectif. L’enfer !

A mes débuts, le doigt sur la rafale, je remplissais une carte SD 32 Go en un concert, 1500 clichés pour 30 retenus au final, un gros gâchis de pixels. Avec le temps, le ratio de déchet à baissé et aujourd’hui je suis plus près du 1/5eme que du 1/50eme. Mais 250 photos pour 50 retenues, cela veut dire 200 mauvaises, redondantes ou franchement inintéressantes. Une fois un premier tri effectué, restent encore une centaine d’images qu’il va falloir sélectionner, regarder de près, noter, puis, pour les meilleures, développer.

Si les premiers mois je shootais en jpeg, je suis rapidement passé au RAW et aux logiciels infernaux qui exigent de vous des heures devant l’écran de l’ordinateur. Les choix se font en fonction du cadrage, de la lumière, des bougés, des mises au point douteuses, et également de l’expression des visages. Dans la mesure du possible, j’essaye de donner une image flatteuse des artistes que je photographie, surtout lorsqu’il s’agit de gros plans. Quand on joue et que la concentration est indispensable, des petites langues, des tocs, des tics, des mimiques ne rendent pas toujours honneur à la personne et sa musique.

Généralement, les premières parties font les frais des mauvaises photos, la faute à l’éclairage, au photographe qui n’a pas encore trouvé ses marques et aux apprentis rockeurs en mode panique.

Voici une petite sélection de ces photgraphies qui n’illustreront pas le webzine ou le Flickr, rien de bien catastrophique parfois, mais des images que je considère comme non publiables (d’avance pardon aux artistes).

Le Max Portnoy qui se déchaîne sur sa batterie, iso trop élévés, lumière merdique, expression affreuse et bougé, faut dire que le gars joue très vite, irrécupérable et pourtant je l’ai publié à l’époque. (Next To None)

Claviériste éclairé par derrière, une expression étrange sur le visage, iso trop élevés, que faire ? (Haken)

Mary Reynaud mal cadrée. L’idée était de prendre public et artiste, le résultat n’est pas convainquant mais il faut bien essayer. (Franck Carducci Band)

Le look du gars au premier plan me plaisait bien avec son galurin, l’idée était là, photographier le public qui assiste à Rock au Château. Mais bon, bof quoi. (Light Damage)

Dominique Leoneti (Lazuli) qui passe chez le dentiste (pardon Domi).

Un Pete Trewavas dans le rôle d’un Bilbo Saquet pas franchement à son avantage, dommage c’était la seule photographie nette de lui. (Marillion)

Elle pleure ou elle rit ? Envie de faire pipi ?  (Verity White)

Flou, bougé, lumières épouvantables, une personne devant à gauche, on jette. (Pendragon)

Elle est bonne la pizza ? (Family Affair)

Les fumigènes c’est sympa, mais quand il y en a à trop… (Trick Of The Tail).

Image brûlée, petite langounette, on jette (Foggy Stuff).

Quelqu’un peu allumer, je ne vois plus mes cordes ? Sous exposition irrécupérable. (Foggy Stuff)

À quoi ça sert que Ducros se décarcasse ?

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Sérieusement, je suis en colère.

À quoi ça sert que Ducros se décarcasse ?

Samedi dernier j’étais à un concert, à 200 km de la maison, pour voir un groupe de rock qui ne faisait qu’une seule date en France au cours de leur tournée.

Trois passionnés de musique, consacrent leur temps libre à organiser des concerts, faire venir des groupes, qui sinon ne joueraient jamais dans l’hexagone. Ils se démènent, ne comptent pas leurs heures, prennent d’importants risques financiers et le public n’est pas souvent au rendez-vous.

Une centaine de personnes seulement, dans une salle qui peut en contenir plus du triple. Une perte financière sèche pour leur association, une perte qui pourrait mettre en péril leurs prochains événements.

Ils ne gagnent rien, si ce n’est le plaisir d’accueillir les artistes qu’ils aiment dans une petite salle de concert conviviale mais les gens ne viennent pas.

Après ça j’entends les amateurs de rock se plaindre que les groupes ne se produisent pas en France, qu’il n’y a pas de concert près de chez eux, qu’en France, le rock c’est la misère.

Oui c’est la misère, le public ne vient pas aux concerts. Elle est là la misère… Le français va au concert comme à la messe, pour aduler son dieu, pas pour découvrir de nouvelles musiques, pas pour passer un moment convivial entre amis en écoutant un groupe et en buvant une bière comme en Allemagne. Si les artistes ne sont pas de leur paroisse, les français frileux restent au chaud chez eux à regarder la télévision ou à zombifier sur Facebook au lieu de découvrir de nouveaux horizons musicaux.

Ceux qui ne sont pas venus samedi aurait mieux fait de bouger leurs fesses. Le concert était fabuleux, même avec une audience réduite, le groupe a fait le show. Nous nous sommes retrouvés entre amis et passionnés de rock, fous furieux émerveillés, à écouter un groupe qui ne repassera probablement de sitôt en France, préférant d’autres contrées où le public répond présent.

Et ne me dites pas qu’un concert c’est cher. Au lieu de vous rendre un fois par an au Zénith écouter un Johnny ou un Polnareff en fin de vie, vous pourriez vous rendre cinq fois, pour le même prix, dans une petite salle afin de découvrir un jeune groupe talentueux.

Lorsqu’il arrive que des artistes me contactent pour organiser une tournée, je leur conseille des salles en Allemagne, en Suisse, en Belgique et très rarement en France. Pourquoi pas en France ? Parce qu’il est très compliqué, voir impossible, sans passer par un réseau professionnel, de réussir organiser un concert, et lorsque l’on y arrive, le public ne se déplace pas.

L’unique option, ce sont justement ces associations, celles qui louent les salles pour organiser des événements. Elles sont très sollicitées. Mais si personne ne vient à leurs concerts, elle finiront pas jeter l’éponge. Nous n’aurons plus qu’à nous rendre à l’étranger pour assister à des concerts ou bien nous convertir à la chanson française et au bal musette.

Les ve

Il est d’usage d’envoyer ses vœux pour la nouvelle année. De préférence assez rapidement après le premier janvier. Des vœux SMS, Facebook, des vœux Twitter, des vœux par mail, des vœux au travail, des vœux par la poste.

Je déteste souhaiter la bonne année, faire la bise à tout le monde en cette période d’incubation microbienne intense, le meilleur moyen de ramener gastro, grippe, bronchite et rhume à la maison en moins de dix minutes. Mais c’est l’usage, on fait la bise, même aux êtres détestés tout au long de l’année, on leur souhaite bonne santé alors que dans le quart d’heure qui suit on rêverait de les voir crever dans d’atroces souffrances.

Le premier janvier à 00h01, mon téléphone portable, toujours muet d’ordinaire, s’excite soudainement, il remplit de feux d’artifices l’écran OLED Apple, de notifications Facebook et Twitter et de mails de bonne année. En quinze minutes, la batterie est à plat. Du coup, impossible de répondre, c’est bête hein…

A partir 2 janvier, les cartes de vœux arrivent, des images moches avec des messages parfois affligeants comme celui de votre grande tante qui vit à l’autre bout de la France et qui se languit depuis votre dernière visite qui date d’il y a sept ans – elle a mauvaise haleine, est incontinente et surtout ne possède aucun bien dont vous pourriez hériter – alors bon.

Au milieu de tout ces miasmes convenus, des vœux du président qui met en place le jour carence pour les fonctionnaires toujours malades c’est bien connu, du PDG qui supprime 1500 postes, il reste tout de même quelques messages qui vous touchent, des amis éloignés avec qui vous ne prenez contact que trop rarement, la faute à la vie, et des proches qui vous sont chers.

Cette année, j’ai reçu la plus grosse carte de vœux de ma vie. Une carte de vœux envoyée par la poste, roulée dans un carton, car trop grande pour une enveloppe, une carte de 40 par 60 cm, une carte couverte de photographies live, la carte d’un artiste qui est devenu très vite beaucoup plus qu’un simple musicien, un ami, venu me faire un coucou, loin de chez lui, alors que je traînais mon rein bousillé d’une pièce à l’autre de ma maison, l’auteur de la plus touchante dédicace de ma collection, un chanteur au cœur de rockeur immense, un grand blond sans chaussure noire,  Cris Luna.

Tout bien considéré, j’adore les cartes de vœux, bonne année à tous les musiciens qui ne vivent pas de leur rêve mais vivent leur rêve, qui rament pour sortir un album, pour décrocher une date de concert, qui s’échinent le jour pour jouer la nuit, qui écrivent avec leurs tripes et qui donnent tout ce qu’ils ont sur scène. Bonne année à vous, et tout particulièrement à Chris que j’espère bientôt écouter en concert en Lorraine.

Let’s There Be Rock !

Panoplie de concert – MAJ

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Je me déguise toujours pour aller écouter des concerts. Le tee shirt d’un groupe obscur, un short confortable en été, un jean en hiver, des baskets souples et confortables, des bouchons d’oreilles faits sur mesure et deux boîtiers reflex. Deux boîtiers pour deux objectifs, car depuis quelque temps je travaille avec deux optiques fixes, un Nikkor 85 mm 1.8 et un Nikkor 35 mm 1.8 également. Il me fallait basculer parfois sur un 18-140 mm pour couvrir toute la scène au premier rang (mon seul grand angle hormis le Fish-Eye que j’utilise peu). Mais un petit nouveau vient d’arriver à la maison, un Sigma 18-35 ouvert à 1.8 également, grosse bête de 800 grammes, aussi imposante que mon 18-140 mm et qui va remplacer le 35 mm. Une très belle optique qu’il vaut mieux ouvrir entre 1.8 et 5.6 pour un meilleur piqué et qui vous donnera du fil à retordre en autofocus. C’est le 20 juin à Karlsruhe que je vais tester ce nouveau combo au concert de Solstafir, il ne me reste qu’une journée pour apprivoiser la bête et me muscler pour porter tout ce matériel.

Bon finalement la chaleur et les dysfonctionnements du petit corps malade ont eu raison de mon envie de musique. Ce soir fête de la musique, je vais essayer de me rattraper, mais vu les températures annoncées je risque d’être encore plus zombie qu’hier.

Une nouvelle expérience

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Voila bien des années que je vais aux concerts, en fait depuis 1983. J’ai, à plusieurs reprises, vu certains artistes et groupes, comme Peter Gabriel, Marillion, Fish, Transatlantic, RPWL, Pendragon, Elora, Weend’ô et j’en passe. Par contre, je n’avais jamais assisté à deux concerts d’un même groupe au cours de la même tournée, encore moins deux concerts consécutifs. J’ai réparé cette lacune ce weekend avec la fin de la tournée Torn Apart de Franck Carducci. Le groupe jouait vendredi à Pagney derrière Barine le vendredi et à Barr le samedi, donc dans mon secteur.

L’expérience, au delà du plaisir d’écouter deux fois un groupe que j’apprécie beaucoup, est édifiante, car on découvre des artistes présentant la même set list ou presque dans deux environnements différents, avec un public également différent.

Je ne suis pas ici pour vous livrer un live report, il viendra en son temps, mais pour souligner les ambiances assez dissemblables de ces deux lives. D’un côté le groupe Chez Paulette, dans une salle pouvant contenir 300 personnes, avec une sono pro, des éclairages en pagaille et une belle audience, de l’autre, le Garage 67, un ancien garage automobile reconverti, une salle à la sonorisation sommaire, avec peu d’éclairages, de retours et une capacité de 50 personnes.

Au Garage, il s’agissait de la fin de tournée, un concert privé, un public invité, connaissant le groupe, bref un public acquis à leur cause. Dans une étuve sans ventilateurs, les fans étaient au taquet avant même le début du concert et le groupe nettement plus détendu. Chez Paulette, même si le lieu est convivial, l’ambiance était nettement plus professionnelle et les musiciens plus rigoureux (il faisait également moins chaud). Le public n’était pas non plus forcément acquis à leur musique, le groupe devait se ‘vendre’ un peu plus.

Mais ce qui ressort le plus, c’est que le show, que je croyais très préparé, laisse en réalité beaucoup de place à la créativité des musiciens. Avec quelques jalons, le duo de guitares, le thérémine, l’Alice aguicheuse, les artistes occupent la scène et font le spectacle avec beaucoup d’improvisation réussie comme les trois choristes qui s’invitent sur scène le dernier soir. Voila la leçon que j’ai retenue de ces deux dates, outre la différence de salle, de scène et de public, c’est l’adaptation fabuleuse du groupe à leur l’environnement qui change chaque soir.

Pour ma part, ce furent deux soirées très différentes, une consacrée à la photo, l’autre à la musique, et même s’il faisait très chaud, que le groupe était plus brouillon sur quelques passages, c’est le deuxième soir que j’ai le plus aimé le concert.