ArcAnica – Elemental

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Cette chronique annule et remplace celle de Riverside bloquée sur Youtube pour des raisons de droits d’auteur. Ceci dit, à mon avis, vous gagnez au change.

Quatre titres, à peine vingt minutes d’écoute, je vous présente l’EP Elemental du groupe ArcAnica. Un quintet de metal progressif venu de Philadelphie, enfin, je crois. A priori, il s’agit de leur premier effort et honnêtement, je ne me souviens plus où j’ai entendu parler d’eux.

Toujours est-il qu’Elemental m’a suffisamment intéressé pour que je lui consacre cette chronique. 

Une basse, une batterie, trois guitares, un micro et peut-être quelques samples de claviers constituent l’attirail de ces chevelus qui louchent du côté du sludge, du black et du metal prog avec un petit air à la Opeth, Tool ou Haken. Les titres vont de quatre à cinq minutes. Ce n’est donc pas sur la durée qu’ils s’inscrivent dans la mouvance progressive mais nettement plus dans l’écriture.

Le chant clair omniprésent qui côtoie un growl assez rare a certainement éveillé tout d’abord mon intérêt pour cet EP.

Il s’agit encore d’un album ayant pour thème les éléments, ici dans l’ordre, l’eau, l’air et le feu, une thématique qui revient un peu trop souvent à mon goût dans les œuvres de jeunesse des groupes. Au moins, pour une fois, ArcAnica n’a pas composé un double concept album.

L’EP semble développer en dix-neuf minutes une histoire cataclysmique et mystique. Tout un programme… Si les paroles des quatre morceaux sont liées, il se pourrait que ArcAnica parle ici d’un exode pour échapper à un déluge purificateur. Vu comme ça, ça a l’air complètement fumé du paillasson et comme la musique flirte avec le psyché violent, tout est possible.

La production est clairement perfectible, le son manque de mordant et les aiguës bavent un peu, surtout sur les crashs de batterie. Mais après tout, c’est un premier effort et avec un casque pas trop pointilleux, cela passe très bien.

‘Black Fire’ est certainement le plus black des quatres morceaux. Il use d’une voix démoniaque et de notes de guitares angoissantes. C’est aussi mon morceau préféré même si tout l’EP tient parfaitement la route.

Outre le black metal progressif, il y a quelque chose de théâtral cinématique dans leur musique comme en témoigne le début de ‘Against the wind’. Il faut également souligner ces guitares torturées qui se déchaînent dans ‘The Fool’s Garden’ sur une batterie qui cogne les fûts sans ménagement.

Pour un premier EP, Elemental de ArcAnica, fait preuve d’originalité. Les quatre morceaux sont de très bonne facture et les musiciens maîtrisent leur sujet. En plus le dosage entre metal et prog est finement dosé pour séduire un large public. Il s’agit assurément d’un groupe prometteur et leur EP mérite amplement le détour. Alors n’hésitez pas à les découvrir sur Bandcamp, vous m’en direz des nouvelles.

La vitesse de la pluie

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Vous êtes vous déjà posé la question suivante : faut-il courir sous la pluie ou bien marcher tranquillement ? Parce que après un hiver très sec, nous redécouvrons les charmes des précipitations abondantes.

Un copain de lycée, en première ou terminale, voulait mettre le problème en équations à l’époque. J’ignore s’il est allé jusqu’au bout de sa démarche scientifique, mais je me propose aujourd’hui de poser ici le problème.

Car ce n’est pas aussi simple qu’il y parait.

Il y a plusieurs type de précipitations, je suis bien placé pour en parler, la brève averse, le crachin continu, la tempête… La direction et la force du vent sont à prendre en compte évidemment comme la durée de l’épisode pluvieux, la température des gouttelettes, celle de l’air, le sens de déplacement du piéton par rapport à la pluie, la distance à parcourir et la configuration du terrain.

Pour commencer quelques échelles de grandeur : 

Un millimètre de précipitations correspond à un litre d’eau tombée par mètre carré. Une pluie de l’ordre de cinquante millimètres en une heure relève de situations météorologiques relativement rares. Un vent de cent kilomètres par heure est considéré comme une tempête même si ce genre de rafale se produit plusieurs fois par an. Plus le vent est fort, plus les précipitations ont tendance à avoir une forte composante horizontale. Lors de phénomènes convectifs comme les orages, le déplacement des précipitations et la direction du vent peuvent être très différents de la circulation générale de la masse d’air.

Une fois ceci posé, regardons les informations à notre disposition : nous avons les lames d’eau prévues, la direction et la force du vent, le temps sensible, les rafales, le temps du trajet, la direction du vent relative à votre déplacement, la distance à parcourir etc.

Grace aux services de prévisions météorologiques, nous avons l’intensité des précipitations, la force du vent et sa direction, avec vos yeux vous constatez l’angle incident de la pluie, il suffit maintenant de calculer la surface qui va rentrer en contact avec l’eau en fonction de votre déplacement et de votre corpulence. Oui les grands baraqués sont désavantagés. Deux formules de trigonométrie et quelques calculs de géométrie plus tard, vous aurez une idée de ce qui vous attend.

C’est là que vous pouvez faire varier quelques facteurs afin d’optimiser votre déplacement sous la pluie. Pas les paramètres météorologiques bien sûr, mais humains. Votre vitesse de déplacement, votre angle par rapport à la pluie, votre proximité avec des obstacles occultants, la marque de vos chaussures de sport et l’état de votre calvitie naissante. Après plusieurs calculs et itérations, vous trouverez la trajectoire de moindre mouillage.

Bien entendu, si le déplacement dépasse les trois cent mètres, à moins que vous ne soyez un marathonien, inutile de courir, vous finirez par marcher, complètement essoufflé, et trempé jusqu’aux os. 

L’application Marchons sous la pluie est disponible sur l’Apple Store. Avec un abonnement mensuel de 59.99 € elle vous fournira les données météorologiques, géographiques ainsi que de santé et calculera pour vous le meilleur itinéraire possible pour éviter d’être trempé. 

Si vous n’avez pas d’iPhone, vous pouvez tout simplement attendre que l’averse passe pour sortir dehors ou bien ouvrir votre parapluie. Caren fait, ne l’oublions pas, c’est normal qu’il pleuve, c’est même rassurant par les temps qui courent.

TANYC versus RPWL

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Je vous avais prévenu, le groupe de prog allemand RPWL jouait Chez Paulette le 8 avril, unique date française de leur pourtant grande tournée européenne. Un événement à ne pas manquer.

Et je ne l’ai pas manqué pour plein de bonnes raisons : parce que j’aime ce groupe, que leur dernier album crime scene figure dans mon top 2023, que j’adore les concerts organisés par l’Association ArpegiA et que là bas, à Pagney derrière Barine, je retrouve à chaque fois plein d’amis et des amoureux du prog.

Après des embrassades lorraines, des poignées de mains viriles et des échanges passionnés sur l’actualité musicale, les portes du saint des saints s’ouvrent enfin. 

La salle est vite remplie, au bas mot trois cent spectateurs dont la moyenne d’age dépasse largement cinquante ans. Oui, c’est un concert de prog…

La chanteuse autrichienne (merci Jean-Noël pour le correctif) TANYC ouvre la soirée avec Kalle Wallner à la guitare. Comme le dira ma voisine Catherine, on dirait la Vanessa Paradis allemande. Et non, dans sa bouche, ce n’est pas forcément un compliment. Beauté froide germanique en robe longue moulante, la chanteuse ne brille pas pour autant par son magnétisme et sa voix ne me touche pas. Quant à la musique, malgré les efforts de Kalle pour lui donner vie, elle est à cent lieu du rock progressif que tout le monde est venu écouter ce soir. Ceci dit, je m’y attendais, et donc j’ai patienté tranquillement en faisant quelques photos.

RPWL arrive juste après, sans changement de scène. TANYC et une seconde choriste plus ronde rejoint le groupe composé de deux nouveaux membres, un claviériste dont j’ignore le nom et Marcus Grützner, le nouveau bassiste.

Le set commence par leur dernier album crime scène joué dans son intégralité. Yogi armé d’une feuille de papier, de quelques mots et de ses souvenirs de collège, nous décrit en français chacun des titres de l’album : un tueur en série, un cannibale, un meurtre non élucidé, les scènes de crimes ordinaires de leur dernier chef d’oeuvre. Ne nous mentons pas, c’est du pur bonheur d’autant que les deux choristes apportent quelques variations intéressantes à la version studio comme l’entrée en matière de l’album chantée à capella. 

J’avoue que je regarde plus le groupe que je ne le photographie. Je ne suis pas missionné pour cela ce soir même si j’ai emmené mon matériel. Et puis la performance de RPWL est tellement belle que ce serait pécher que de ne pas en profiter. Kalle est juste devant moi, trop près pour bien le cadrer et Marc est caché derrière un écran en plexiglass où se reflètent les projecteurs. Yogi est le plus souvent masqué par les micros et le reste du groupe se perd dans la fumée. Bref c’est compliqué.

Après cette première partie tout simplement extraordinaire – je ne trouve pas d’autre qualificatif – RPWL se lance dans un second set de tubes tous aussi beaux les uns que les autres en commençant par ‘Hole in the Sky’. Le public, déjà au taquet, vire à l’extase. Après ce trop court best of qui revisite une partie de leur carrière, RPWL revient pour deux rappels dont l’emblématique ‘Roses’ qui conclut la soirée avant que les musiciens ne se mêlent aux fans dans la salle pour discuter et dédicacer les albums.

Ce fut encore une fabuleuse soirée arpégienne. La prochaine, et non des moindres, aura lieu le 3 juin avec nos amis de Lazuli et d’Esthesis. Je serai certainement là.

Toutes les photos de la soirée sont sur Flickr.

Hypno5e – Sheol

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Un samedi après-midi ensoleillé, alors que le groupe français Hypno5e allait se produire à la Laiterie, j’ai téléchargé leur dernier album Sheol avant d’aller au concert, histoire de mieux connaître leur musique.

Je dois une fois encore, la découverte de ce quatuor à Stéphane Gallay qui avait parlé à plusieurs reprises de leurs albums et écrit un live report sur leur passage à Genève. J’avoue que comme lui, je n’étais pas à 100% convaincu par leur musique jusqu’à Sheol, mais un concert de post metal atmosphérique près de la maison, cela ne se refuse pas.

J’ai fait tourner Sheol à plusieurs reprises dans le salon et me suis dit que finalement, la soirée pourrait être plus intéressante que prévue.

Sheol est un album six titres d’un peu plus d’une heure avec trois morceaux de plus douze minutes où se mélangent metal, post-rock, instruments à cordes, extraits audios, growl et chant clair. Un savant mélange de genres et de langues puisque vous pouvez y entendre du français, de l’anglais ainsi que de l’espagnol dans les textes.

Hypno5e joue de contrastes avec leur musique, de l’éthéré au gros poutrage se succèdent comme le chant clair et le growl. Une écriture qui me fait songer parfois aux jeunes années de Haken.

Pour vous donner une petite idée, le titre ‘Sheol’ se joue à la mandoline sur un poème de César Vallejo déclamé en espagnol et se poursuit par une charge de growl et du chant clair mélancolique avant de donner dans le djent post-rock.

Vous me suivez ?

Tant mieux, parce que ‘Tauca’ ressemble à s’y méprendre à du Genesis avec sa guitare acoustique et son chant à la manière d’anasazi. Et puis, il y a des morceaux qui soufflent le chaud et le froid comme ‘The Dreamer and his dream’ qui alterne chant délicat et growl dévastateur. En plus de tous ces mélanges de genres, Hypno5e n’est pas avare de sonorités, instruments classiques, bruitage, extraits de film comme celui des ‘Enfants du Paradis’ ou de poèmes avec ‘Heces’.

Sheol va au-delà du simple album de post-metal. C’est une exploration sonore d’une infinie richesse, cinématique, violente et poétique.

A ma propre surprise, je suis tombé amoureux de cet album et il rentre de ce pas dans mon top 2023. N’hésitez pas à les écouter. Leur discographie est à découvrir sur Bandcamp sans modération, et en live, c’est vraiment excellent.

Le seigneur des Lego

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Mon amour de Tolkien date de mon adolescence. Avant même de succomber aux charmes féminins, je fus séduit par les mots d’un universitaire britannique mort depuis longtemps. Ma première lecture de son œuvre débuta avec le second volume du Simarillion, autant dire que j’ai tout lu à l’envers. J’ai poursuivi avec Le Seigneur des Anneaux, continué avec The Hobbit pour finir par le premier tome de la mythologie. 

Bien évidemment je parle elfique couramment ainsi que quelques mots de langue des nains. Lorsque Peter Jackson a sorti sa trilogie puis The Hobbit, je suis allé au cinéma à plusieurs reprises dont une fois pour la trilogie complète du Seigneur des Anneaux en version longue.

J’ai joué à Middle Earth avec mes amis rôlistes, dans la peau d’un nain, d’un homme de Numénor et d’un hobbit, je connais des chansons de Tom Bombadil reprises par Sally Oldfield (oui la soeur de Mike), j’ai lu les romans inachevés, bref je suis un nerd tolkiennien.

Les lieux qui m’ont fait le plus rêver en Terres du Milieu sont Rivendell et la cité blanche. 

Et justement, Lego vient de sortir Fondcombe, la dernière demeure des elfes, un set de plus de six mille pièces de soixante-quinze centimètres de long, le truc impossible à caser dans sa maison à moins d’y dédier une pièce.

Tous les personnages principaux de la communauté de l’anneau sont présents sans parler de l’anneau lui-même qui est le héros de l’histoire, des personnages qui peuvent s’asseoir, une première chez Lego.

Évidemment, je l’ai précommandé. Comme si je n’avais pas assez claqué de fric comme ça ces derniers jours (même ma chérie a râlé un peu), mais après tout on n’a qu’une vie, autant en profiter un peu.

Il s’agit du set Lego le plus complexe dans lequel je me sois lancé à ce jour, le plus grand également. D’ailleurs je ne sais vraiment pas où je vais le mettre. J’espère qu’ils n’auront pas l’idée de concevoir Minas Tirith la prochaine fois parce j’aurais du mal à résister à l’appel de l’anneau.

Le diorama propose plusieurs espaces, issus des scènes du film comme Bilbon écrivant son livre, Aragorn et Boromir devant les tronçons de Narsil, la réunion sur de destin de l’anneau avec Elrond, Gandalf, les hobbits, les nains, les elfes, les hommes et le petit bout de ferraille, Arwen flirtant avec l’héritier d’Isildur et d’autres encore. L’architecture elfique façon art nouveau avec ses motifs floraux est très réussie comme les couleurs automnales des arbres. Inutile de vous dire par contre que vous aller détester poser les tuiles du toit du logis, ces briques de 1×1 de toutes les couleurs qui rendent l’ensemble si beau.

Nous avons, mon petit dernier et moi, consacré trois soirées, de 17h à 22h avec une courte pause pour se sustenter en écoutant en boucle le dernier album de Riverside, à assembler les 6167 briques colorées, nous débattant avec les plans, exhumant des sachets les célèbres personnages de la Communauté de l’Anneau, nous arrachant les cheveux sur quelques assemblages plus complexes que les autres.

Le résultat est magnifique ! Le feuillage des arbres, les arabesques art nouveau, les clochetons, les toits recréent l’atmosphère de Fondcombe à la perfection. Il manque juste des petites LED pour éclairer l’ensemble et ce sera parfait. 

Maintenant reste à savoir où installer ce somptueux décor de 75 par 50 cm dans la maison…

Bon, je vous laisse, Lego annonce le Super Destroyer Stellaire de classe Executor pour le 1er mai. Il faut que je trouve vite de la place.

A qui la faute ?

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Quatre amis de longue date partent dans les hautes terres d’Islande pour un week-end. Un trek parfaitement planifié par Armann qui guide des touristes en montagne depuis des années. Daniel, l’acteur revenu de Londres pour l’occasion retrouve son copain d’enfance, l’avocat Gunnlaugur et Helena qui a perdu son époux il y a quelques années.

Un week-end entre amis qui va tourner au drame, un huis clos au milieu d’une tempête de neige d’où tout le monde ne reviendra pas.

Le roman s’écrit à la première personne, de très courts chapitres pour chacun des quatre personnages principaux de l’histoire, une forme d’écriture qui ne m’a pas franchement convaincue. Elle ne laisse pas au lecteur le temps de prendre le rythme du récit. 

Le cinquième personnage, et non des moindres, se nomme la tempête de neige qui piège nos protagonistes dans un refuge avec un inconnu. Une tempête de neige qui ruine le week-end et les plans de tout le monde.

Au fil des chapitres les personnages se révèlent derrière leur façade. Des secrets, des mensonges, des rancunes qui conduiront l’histoire à son issue fatale.

Je n’ai pas été convaincu par ce nouveau roman de Jonasson. Le mode narratif, les quelques incohérences du récit et sa conclusion me font songer à un livre écrit très vite. Et si c’est mini chapitres de trois pages avaient été condensé, l’ouvrage n’aurait probablement compté qu’une petite centaine de feuillets. Il nous avait habitué à beaucoup mieux.

Klone – Meanwhile

Ce n’est pas parce que je ne suis pas allé les écouter au Noumatrouff à Mulhouse que j’allais faire l’impasse sur Meanwhile du groupe Klone. De toute manière, j’ai déjà écouté en live à La Laiterie ainsi qu’à la Maison Bleue à Strasbourg nos amis français qui signent aujourd’hui chez Kscope.

Comment décrire Klone à une personne qui ne les connaîtrait pas encore ? Il s’agit d’une formation metal alternative née en 1995 et qui, depuis Here Comes The Sun en 2015, a pris un virage plus mélodique, laissant derrière eux le growl.

Meanwhile, sorti cette année, est le digne successeur Du Grand Voyage. Des morceaux de quatre à six minutes pour un peu moins d’une heure sur lesquels s’invite beaucoup le saxophone. Un album à guitares dominé par le chant de Yann, une voix qui prend aux tripes, tout particulièrement en live.

Ceci dit, cette voix est également le talon d’Achilles du groupe, car Yann module assez peu ses cordes vocales. En gros il fonctionne sur deux modes, mélancolique papier de verre et colérique granuleux. Cela donne à leurs albums une fausse impression d’uniformité à laquelle le dernier opus n’échappe pas.

Deux morceaux se dégagent toutefois de l’ensemble : ‘The Unknown’ et le titre album ‘Meanwhile’, peut-être parce que le saxophone de Matthieu y est plus présent.

Meanwhile est un concept album qui nous livre des réflexions sur la société actuelle, présentant les plus belles comme les pires facettes du monde dans lequel nous vivons. Il nous appelle même à la désobéissance.

La superbe pochette signée Umut Recber représente un ciel tourmenté comme la musique de Klone, un nuage sombre en forme d’ours menaçant, la gueule grande ouverte, tous crocs dehors.

Leur musique a toujours un parfum américana western comme dans ‘Serenity’. Un son de guitare traînant propre aux grands espaces, cette voix assoiffée qui hurle dans le désert et une rythmique presque déconstruite par moment avec ses accélérations imprévisibles que l’on entend dans ‘Elusive’.

Meanwhile passe par des périodes plus apaisées comme dans ‘Apnea’ mais d’autres morceaux hésitent entre un couplet tranquille et un refrain tourmenté à la manière de ‘Night And Day’.

Après bien des écoutes, Meanwhile s’est enfin révélé, car il est vrai que son écoute n’est pas des plus immédiate et j’ai tendance à m’y égarer. C’est finalement ‘Elusive’ qui s’est détaché, un titre à l’écriture particulièrement originale lorsque l’on sait prendre le temps de l’écouter avec, entre autres, son introduction au saxophone.

Va-t-il rentrer dans mon top 2023 ? Il est trop tôt pour l’affirmer. Ce qui est certain, c’est qu’il mérite la découverte, en plus, il est sur Bandcamp.

Extraordinary

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Je regarde beaucoup de séries en ce moment, tellement que je ne peux pas décemment vous parler de toutes. Il y a Schrinking, The Mandalorian, Sons of Anarchy, Alaska Daily, Hello Tomorrow et plein de saisons deux ou trois de séries dont je vous ai déjà parlé mais c’est de Extraordinary dont j’aimerais vous entretenir cette fois.

Dans un monde où chaque humain de plus de 18 ans dispose d’un super pouvoir, Jen, 25 ans, n’a toujours pas trouvé le sien. Elle vit chez son amie Carrie qui est en couple avec Kash. Il y également leur chat/homme perdu écailles de tortue au nom que je tairai ici (Jizzlord et en VF Echatcule).

Carrie a le pouvoir de faire parler les morts (je ne sais pas s’il y a un mot pour ça en français) et Kash peut remonter le temps. Jen a juste un pouvoir de nuisance évident.

Deux amies irlandaises fans de puzzles érotiques avec tout ce que cela comprend, une qui se cherche, elle et son pouvoir, et l’autre qui voudrait fuir son travail dans un cabinet d’avocats spécialisé dans les successions (allez savoir pourquoi ils l’embauchent).

Ici pas de super héros, enfin pas héroïques en tout cas. Les personnages sont souvent pathétiques comme les situations, des loosers dans toute leur splendeur qui donnent naissance à une multitude de situations hilarantes.

On est pas loin du sitcom fantastique arrosé d’alcool et de pâtée pour chat. Kash essaye de monter une Ligue des Gentlemen Extraordinaires pour sauver le monde, Carrie bosse pour payer le loyer et Jen fout la pagaille un peu par tout. 

Sexe, alcool et supers pouvoirs sont donc au rendez-vous. C’est beaucoup moins trash que The Boys, cela ressemble un peu à Misfits pour la coté social british et fantastique et le chat humain est tout simplement à mourrir rire.

La série est sortie sur Disney+ cette année et propose huit épisodes que j’ai dévoré en deux soirées. Parce que ça fait du bien de rire des fois. 

https://youtu.be/6xQc7s2K7hA

DXO Pure RAW 3

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La lumière est un des problème principaux en photographie. Si le sujet se déplace rapidement, il est recommandé de réduire le temps de pose et par le fait, moins de lumière atteint le capteur, même en ouvrant au maximum le diaphragme.

Pour régler le problème de la lumière, il faut souvent monter en ISO et si la qualité d’une image est tout à fait acceptable à 400 ISO, à partir de 1000, elle commence à se dégrader selon les capteurs. On appelle ça le bruit. Votre appareil est bien entendu équipé d’algorithmes pour réduire ce grain sur les images et des logiciels comme Lightroom possèdent des outils pour limiter la casse, n’empêche, un cliché à 6400 ISO, même bien traité, reste relativement bruité.

C’est là qu’intervient DXO Pure RAW, un logiciel qui peut se greffer à Lightroom en module externe pour faire le boulot à votre place. DXO Pure RAW a pour fonction principale de supprimer le bruit et de rajouter de la netteté à votre photographie, à condition bien entendu que celle-ci soit au format RAW. DXO Pure RAW peut travailler également sans Lightroom pour vous générer un fichier DNG, JPG ou TIFF.

C’est Adrien Coquelle qui, sur sa chaîne Pose Nature, présentait le produit DXO de manière assez convaincante, suffisamment du moins pour que j’essaye le produit, DXO propose en effet une licence de test de 31 jours. Et comme j’ai fait quelques images d’astronomie et de concerts ces derniers temps, j’avais du matériel bruité à souhait pour vérifier les performances de Pure RAW.

J’avoue qu’à la base j’étais assez sceptique sur les performances annoncées de l’outil, mais force est de constater que ça marche. Vous prenez votre RAW, vous lancez le traitement qui prend 10 à 20 secondes par image tout de même et vous obtenez un fichier DNG tout propre en sortie. Il ne reste plus qu’à le développer et le tour est joué.

Pour vous convaincre, voici trois exemple de développement Lightroom du même cliché à ISO 5000, f 2/8 au 1/100s pris avec le Nikon Z6 II au 24-70 mm. Ok un zoom un peu extrême sur la partie gauche en haut d’une photo de concert. Le premier est sans traitement de la luminance. Le second est le développement complet Lightroom avec le traitement du bruit. Et le dernier a d’abord été traité par DXO Pure Raw 3 puis j’ai appliqué les mêmes corrections Lightroom mais sans la luminance.

cliché complet en RAW
Lightroom sans traitement de la luminance
Lightroom avec luminance à 57
DXO Pure Raw 3 plus Lightroom sans luminance

Je crois qu’il n’y a pas photo.

Pour l’instant j’utilise la version démo gratuite de 31 jours pour vérifier si le logiciel tient bien ses promesses car c’est une dépense à 129 euros tout de même pour une licence à vie, mais les premiers essais sont assez bluffants pour que je me décide rapidement même si, comme sur la dernière photo, on peu constater quelques dérives chromatiques sur les lunettes.

Carcariass – Planet Chaos

Une fois encore, je dois la découverte de Carcariass à Stéphane Gallay et ses chroniques musicales. Il était tombé sur le groupe lors d’un concert à l’Usine et avait ensuite fait la retape de leur album Planet Chaos.

Carcariass est un quatuor franc-comtois de death metal progressif qui existe depuis 2009 devenu quintet depuis peu et qui vient de sortir leur nouvel album Afterworld le 3 mars dernier. On y reviendra.

Mais comme Stéphane, je vais d’abord vous parler de Planet Chaos sorti en 2019. Pour quelle raison ? Tout simplement parce que cet album est une tuerie.

Le projet est porté par Pascal Languetin qui compose et joue des guitares heavy et des claviers progressifs. Il y a également de la double pédale frétillante en la personne de Bertrand Simonin assis sur le tabouret et une basse bien présente tenue par Raphael Couturier.

Malgré un artwork assez gore, Planet Chaos se révèle être un concept album futuriste plus proche du metal progressif que du death. Ok, le chanteur Jérôme Thomas use et abuse de growl caverneux mais sur les treize morceaux que comporte le disque, il y a de nombreux instrumentaux.

Écouter Carcariass, c’est un peu comme plonger dans un album de Ayreon musclé qui se serait concentré sur les guitares. Vous voyez le genre ? Les morceaux vont de trois à huit minutes pour le plus long, offrant une heure neuf d’écoute. Alors installez-vous confortablement.

Après avoir saccagé leur planète, les humains s’exilent vers un autre monde et comme l’échec se résumerait à l’extinction de la race, l’espèce est transformée génétiquement pour réussir coûte que coûte.

Evidemment cela se passe très mal comme en témoigne le titre ‘Letter From The Trenches’, inspiré par des lettres de soldats de la première guerre mondiale.

Carcariass arrive, malgré un métal musclé, à rendre très mélodique cette heure science-fictionnesque, sans doute grace aux pauses instrumentales, aux claviers et à des refrains très bien fichus comme dans ‘Psycotic Starship’. 

Certes Carcariass n’y va pas avec le dos d’une cuillère. Pour la musique méditative, vous attendrez la prochaine chronique. Le growl n’arrange rien à l’affaire et l’abondance de guitares et de claviers ne calme pas vraiment le jeu. Il s’agit pourtant d’un death metal très mélodique (oui je sais, il y a une petite contradiction dans la phrase). L’écriture très progressive de Planet Chaos pourrait séduire plus d’un baba cool maqué à une métalleuse.

Planet Chaos s’achève par un morceau instrumental épique de presque neuf minutes. Une pièce magistrale, parfaitement maîtrisée, riche en rebondissements, qui devrait vous en boucher un coin, même si vous êtes un vieux con blasé comme moi.

Si Carcariass n’est pas un des grands noms de la scène metal française, ils font preuve d’un évident savoir faire dans le death metal progressif avec Planet Chaos et si leur nouvel album Afterworld est plus direct, il prouve par sa maîtrise que Planet Chaos n’était pas juste un miracle isolé dans leur carrière. D’ailleurs on devrait y revenir bientôt. En attendant, vous pouvez les écouter sur Bandcamp.