Electricity

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Vous saviez qu’Ewan McGregor était un motard ? Moi non, même si j’ai vu presque tout ses films. Avec un pote il fait régulièrement des road trips en moto à travers le monde et cette fois il a décidé de remonter l’Amérique du sud, de Ushuaïa jusque Los Angeles. 

Pourquoi pas me direz-vous ? Oui mais attention un road trip en moto électrique car “l’électricité c’est l’avenir”, dixit Ewan. 

Le hic c’est qu’au moment de l’expédition, les motos électriques, ça ne courrait pas les routes, pas plus que les pickups 4×4 électriques pour accompagner l’expédition. Alors pendant le premier épisode on découvre l’équipe bossant avec des constructeurs auto et moto pour leur fabriquer des prototypes.

Le second problème, c’est qu’avec deux-cent-cinquante kilomètres d’autonomie et plus de vingt-mille kilomètres à parcourir, il faudrait recharger souvent, très souvent. Et les bornes de recharge rapide se comptent sur les doigts d’une main sur leur chemin.

Alors ni une ni deux, ils font installer cent-cinquante bornes de chargement sur leur route. Heu ? Sérieux ? Oui oui, juste pour que deux gars remontent en motos électriques l’Amérique du sud. Le comble c’est que leur caméraman, lui aussi à moto, aura un moteur thermique et que le van transportant les panneaux solaires de recharge, est un gros diésel qui pue.

Je résume: Ewan et son pote voyagent léger et incognito en motos électriques d’Ushuaia jusque Los Angeles accompagné de deux gros SUV électriques, d’une moto thermique, d’un van diésel sur une route jalonnée de stations de chargeurs rapudes installées juste pour eux. Le message écolo est limpide.

Cerise sur le gâteau les gars ont moyennement anticipé que s’il fait chaud chez eux, c’est parce que l’hiver bat son plein sous l’équateur. Et, si vous ne le saviez pas encore, les batteries chargent mal dans le froid et leur rendement est nettement moins bon.

Après un pilote prototypes, les trois épisodes suivants sont consacrés à trouver une prise électrique entre l’Argentine et le Chili, à arriver au bac avant qu’il ne s’en aille ou avant la panne seiche. 

Les gars sont tellement bien préparés qu’à deux reprises ils font venir un groupe électrogène monté sur un camion pour recharger les véhicules en plein milieu de nulle part. Respect !

Vous savez quoi ? Je n’aime pas les grosses cylindrées chromées et les bikers. J’ai toujours trouvé que les véhicules électriques étaient la plus grosse mascarade du siècle. Mais j’aime bien Ewan McGregor, enfin les personnages qu’il incarne et j’adore voyager en images. Mais là franchement, je me demande encore pour quelle raison je regarde ces épisodes. Peut-être dans l’espoir que la production ne lance le chantier d’une centrale nucléaire dans les Andes pour que nos deux bikers terminent leur périple en temps et en heure ?
Electricity

Vous saviez qu’Ewan McGregor était un motard ? Moi non, même si j’ai vu tout ses films. Avec un pote il fait régulièrement des road trips en moto à travers le monde et cette fois il a décidé de remonter l’Amérique du sud, de Ushuaïa jusque Los Angeles. 

Pourquoi pas me direz-vous ? Oui mais attention un road trip en moto électrique car l’électricité c’est l’avenir, dixit Ewan. 

Le hic c’est qu’au moment de l’expédition, les motos électriques, ça ne courrait pas les routes, pas plus que les pickups 4×4 électriques pour accompagner l’expédition. Alors pendant le premier épisode on voit l’équipe bosser avec des constructeurs auto et moto pour leur fabriquer des prototypes.

Le second problème, c’est qu’avec deux-cent-cinquante kilomètres d’autonomie et plus de vingt-mille à parcourir, il faudrait recharger souvent, très souvent. Et les bornes de recharge rapide se comptent sur les doigts d’une main sur leur chemin.

Alors ni une ni deux, ils font installer cent-cinquante bornes de chargement sur leur route. Heu ? Sérieux ? Oui oui, juste pour que deux gars remontent en motos électriques l’Amérique du sud. Le comble c’est que leur caméraman, lui aussi à moto, aura un moteur thermique et que le van transportant les panneaux solaires de recharge, est un gros diésel qui pue.

Je résume: Ewan et son pote voyagent léger et incognito en motos électriques d’ushuaia jusque Los Angeles accompagné de deux gros SUV électriques, d’une moto thermique, d’un van diésel sur une route jalonnée de stations de chargeurs rapudes installées juste pour eux. Le message écolo est limpide.

Cerise sur le gâteau les gars ont moyennement anticipé que s’il fait chaud chez eux, c’est parce que l’hiver bat son plein sous l’équateur. Et, si vous ne le saviez pas encore, les batteries chargent mal dans le froid et leur rendement est nettement moins bon.

Après un pilote prototypes, les trois épisodes suivants sont consacrés à trouver une prise électrique entre l’Argentine et le Chili, à arriver au bac avant qu’il ne s’en aille ou avant la panne seiche. 

Les gars sont tellement bien préparés qu’à deux reprises ils font venir un groupe électrogène monté sur un camion pour recharger les véhicules en plein milieu de nulle part. Respect !

Vous savez quoi ? Je n’aime pas les grosses cylindrées chromées et les bikers. J’ai toujours trouvé que les véhicules électriques étaient la plus grosse mascarade du siècle. Mais j’aime bien Ewan McGregor, enfin les personnages qu’il incarne et j’adore voyager en images. Mais là franchement, je me demande encore pour quelle raison je regarde ces épisodes. Peut-être dans l’espoir que la production ne lance le chantier d’une centrale nucléaire dans les Andes pour que nos deux bikers terminent leur périple en temps et en heure ?

La grande braderie du Père Noël

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Non je ne vais pas vous parler de la grande orgie du Black Friday à laquelle je refuse de participer par principe. Je vais vous parler de ma grande braderie à moi, certes plus modeste mais nettement plus utile.

De temps en temps je suis pris de coups de folie. Cette fois, j’ai décidé de faire le ménage par le vide dans la maison, car il faut bien l’avouer, nous en emmagasinons plus que nous ne nous débarrassons. Telle est la cruelle loi de notre impitoyable société de consommation.

Et pourquoi ne pas essayer de donner une seconde vie au barda qui encombre la maison plutôt que stocker ou pire de jeter ? Une ou deux photos, une annonce, un prix attractif et le tour est joué. 

Leboncoin, Rakuten ce sera au plus rapide qui emportera le lot faute de marché aux puces. Bien entendu il faut sacrifier au rituel des questions débiles, particulièrement sur Leboncoin, de l’inévitable marchandage de tapis et des arnaques classiques.

Après des questions du genre « Il est de quelle couleur votre cheval blanc d’Henri IV ? », des marchandages du style « allez tu me le fais à 40, non ? 45 alors ? non ? bon ok pour 50 ? ». « Ok c’était le prix demandé. » et des tentatives pitoyables de vol « vous me l’expédiez à Abidjan, je vous payerai dès réception en francs CFA », quelques ventes ont été conclues.

J’ai ainsi débarrassé la maison d’un vieux portable asthmatique, de deux meubles de rangement de jouets, de nombreux jeux vidéos et de quelques livres. 

A mon grand désespoir les livres se revendent très mal, sauf s’ils ont été édités récemment. Le hic, c’est que je lis très lentement moi alors du coup, même les nouveautés, je les revends longtemps après. Les jeux vidéos, vendus à prix raisonnable, partent comme des petits pains et le PC à cinquante balles a soulevé une avalanche de demandes.

Financièrement Rakuten n’est pas très intéressant, ils se prennent une marge gigantesque, mais la plateforme est pratique avec la prise en charge de l’expédition. 

Leboncoin ne coûte rien mais les acheteurs sont souvent pénibles et si votre annonce a plus de deux jours, autant la supprimer. Les offres qui arrivent ensuite sont le plus souvent des tentatives d’escroquerie.

Il me reste encore des disques à me débarrasser, des erreurs de jugement le plus souvent. Pour ça j’irai dans une boutique d’occasion où je troquerai dix CDs pour un vinyle de collection. Pas d’argent entre nous, ce sont des potes.

Pour les cadeaux de Noël, cette année, on va se la jouer soft pour une fois. Les garçons sont grands et n’ont plus besoin de jouets et leurs parents s’offrent tous seuls leurs cadeaux, donc tout ça n’a guère de sens à part faire fonctionner la pompe à fric. 

Je poursuivre le vide grenier commencé il y a peu. Il reste quatre mètres cubes de caisses de jouets sous une bâche. Vingt ans de développement cérébral pour de deux avortons. Quand on voit le résultat aujourd’hui, je me dis que l’on aurait du limiter les frais. Enfin bref. Je pourrais revendre les Legos des enfants au poids ou les Playmobils aux collectionneurs plutôt que de stocker tout ce bazar au grenier, mais pour ça il me faudrait leur bénédiction à tous les deux, autant dire jamais.

Restent des objets invendables ou invendus, un vieux micro-ondes, des enceintes pourries achetées il y a vingt-cinq ans, un vidéo projecteur VGA à la lampe grillée qui coute plus cher qu’un nouveau projo, un grille pain qui met le feu à la cuisine, un lecteur de CD dont personne ne veut, même donné, deux parasols déchirés, un grille moustique avec lequel on s’électrocute, une chatte tricolore dans un carton… tout ça hélas, est parti à la déchèterie faute de trouver une seconde vie, des années de bazar accumulé dans un grenier. Par chance les chats en ont sept de vies, mais c’était moins une.

Mon Black Friday devrait nous rapporter trois cent euros. Pas de quoi pavoiser certes mais assez pour financer quelques crowdfundings (Galaad, Dark Horse White Horse et Monnaie de Singe) et faire un don à une association caritative comme Les Restos du Coeur, la Fondation Abbé Pierre ou le Secours Populaire. En ce moment beaucoup de gens ont plus besoin d’argent que moi.

La Terre est sauvée

Aujourd’hui j’ai fait une réunion Bluejeans éco responsable.

Nous disposions de deux heures trente pour sauver la planète.

Les GO, Gentils Organisateurs de cette surprise partie avaient décidé de nous faire utiliser un outil web participatif pour présenter nos idées et faire un brain storming.

Le temps qu’ils maîtrisent Bluejeans et qu’ils nous expliquent comment utiliser la plateforme web thématique de post-its débiles, il ne nous restait plus que quatre-vingt-dix minutes pour sauver le monde.

Une fois la synthèse de nos propositions terminée, les post-its collés, le texte écrit, les commentaires de chacun associé aux post-its, le débat a pu commencer : faut-il rouler dans un vieux diesel 200 chevaux ou prendre son vélo pour aller au travail ? Il nous restait soixante minutes pour en débattre.

– “Alors cela dépend si nous considérons les centrales nucléaires comme polluantes, de toute façon il suffit d’obliger tous les agents à travailler sur site en télétravail sans chauffage dans un jardin participatif où les ruches produiraient de l’électricité non ?”

– “Et si nous rapprochions les centres des agents plutôt que les agents des centres en décentralisant notre société, en créant par exemple un centre par fonctionnaire, chez lui afin de lui éviter de prendre la voiture pour aller travailler, un endroit où des employés d’autres entreprises pourraient travailler afin de partager les ressources informatiques et les moyens énergétiques ?”

– “Moi j’aimerais bien semer des carottes dans le potager collectif et repeindre en blanc toutes les routes et les toits des immeubles, y a qu’à acheter de la peinture à l’eau et des pinceaux, les pots vides serviront pour stoker les carottes et les pinceaux faire des trous dans le sable pour les semis ?”

– “Et si nous remplacions tous les véhicules par des Citroën AMI ? Électriques, rechargeables sur une prise, elles restreindraient les missions à un rayon de 35 km ? Pour les longues distances il suffirait de changer de véhicule dans un des centres décentralisés comme à l’époque des chevaux. Un Paris-Toulouse pourrait s’éffectuer en quatorze heures et neuf relais.”

Pour ma part, agacé par cette mascarade, j’ai évoqué l’impact sur le bilan carbone du télétravail, les ressources internet énergivores, les équipements informatiques nécessaires, les portables, les bi écrans, docks en double distribués aux agents pour mener cette double vie écologique, l’énergie consommée à la maison, pour chauffer, éclairer, alimenter le télétravaileur. Et là silence gêné. Toutes les personnes présentes comme moi-même étaient en télétravail ce jour là, en visioconférence via Bluejeans, au chaud dans leur appartement ou maison.

Deux heures et trente minutes plus tard la planète était sauvée, enfin on le croyait jusqu’à qu’une voix timide demande : “Et il se passe quoi après ?”.

“Nous allons faire une synthèse de vos propositions avec celles déjà faite dans le site web participatif, nous allons les soumettre à l’administration qui donnera son avis dessus et nous publierons alors leurs réponses sur l’outil.”.

Et ?

La Terre est sauvée !

Avant

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Le lait tournait parfois, débordait et formait toujours une fine peau à la surface dans la casserole.

Les enfants jouaient insouciants dans les bois, sans avoir besoin d’un téléphone portable pour prévenir leurs parents de l’arrivée d’un éventuel pervert.

Le matin à l’école, les plus chanceux racontaient l’unique film qui était passé à la télévision le dimanche soir.

Les prêtres aimaient bien les enfants et les enfants aimaient le catéchisme et les colonies de vacances.

Les billes s’échangeaient plus facilement dans la cour de récréation que les jeux vidéos.

Le petit écran était la bible, tout ce qui s’y disait était parole d’évangiles.

On se faisait la bise, on se serrait la main, on se tapait dans dos, on buvait dans le même verre, on faisait l’amour sans préservatif.

Les filles portaient des minijupes, des chemises à fleurs sans soutien-gorge et les gars avaient des cheveux longs et des pantalons pattes d’eph.

Le Président de la République était un homme honoré et respecté, absent des tabloïds qui consacraient leurs unes aux seins de Brigitte Bardo, pas à ceux de la première dame.

Les États-Unis semblaient l’El-Dorado, une destination inaccessible et promesse de tous les possibles. Les russes mouraient de faim et de froid en Sibérie, ils étaient de méchants ogres et voulaient tous nous exterminer.

Le vin et la cigarette ne nuisaient pas encore à la santé et les feuilles d’amiante recouvraient nos maisons ainsi que les vêtements des pompiers.

Le pétrole propulsait l’économie vers l’avenir et les étoiles et le nucléaire n’avait pas encore rayé de la carte du monde une partie du Japon et de l’Ukraine.

La science était forcément bénéfique et dieu un peu passé de mode.

Mais c’était avant.

Aujourd’hui les enfants sortent avec un masque sur la bouche, un portable dans une poche, des préservatifs dans l’autre. Ils ne craignent ni les russes ni les ricains mais les djihâdistes qui se planquent dans les salles de concerts et dans les avions. Les jeunes insultent les filles sexy au lieu de les siffler et traitent le président de petit PD, regardent des pornos sur leur smartphone et reçoivent des SMS inquiets de leurs parents toutes les cinq minutes. Ils se foutent de dieu et de la science et ne croient que les fake news des réseaux sociaux. Ils pensent que le monde est foutu et que l’on ne peut rien y faire. Les adultes sont dépassés par la technologie et s’accrochent désespérément au journal de vingt heures pour comprendre, s’essayant aux réseaux sociaux avec les codes de leur enfance. Ils pensent que le monde est bien mal barré et comptent sur leurs rejetons pour le sauver. 

Au bout du compte rien a changé.

La peur est toujours là, générations après générations et l’homme ne grandit pas. Les adultes reportent leurs espoirs sur leurs enfants qui à leur tour feront de même, mais jusqu’à quand ?

Une Anneke caniculaire

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Anneke van Giersbergen

Le thermomètre affiche 27 degrés centigrades dans le salon. Vautré sur le canapé vert bouteille, je patiente jusqu’au coucher du soleil, lorsque le mercure descendra sous le seuil raisonnablement tolérable des trente degrés. La platine joue l’intégrale des albums d’Anneke pendant que je lis Infinités de Vandana Singh.

Nous subissons la seconde vague de canicule de l’été. Cette fois elle devrait durer au moins dix jours, dix jours à plus de trente degrés centigrades, enfermés derrière des volets clos, déshydraté malgré toute l’eau bue, comateux, dormant en pointillés, allongé sur le parquet inconfortable du rez-de-chaussée.

Je viens d’un pays où 25 degrés semblaient une chaleur insupportable et où après deux journées de soleil, la pluie, le vent et les nuages revenaient en force.

Cet hiver, les minimales sont à peine descendues sous la barre du zéro. Pas de neige, pas de lac gelé, pas de bise glacée du nord-est. J’ai à peine allumé le chauffage et les végétaux n’auront eu qu’une trop courte dormance pour résister cette année.

Les conséquences du réchauffement climatique sont déjà perceptibles et cela ne fait que commencer à moins que ce ne soit qu’un épi phénomène et que mère nature va bientôt tout remettre en ordre. Un RAZ comme dans la nouvelle « Ecoute ! » dit l’oiseau-tipi.

Je pourrais creuser une piscine et plonger dedans pour aggraver la pénurie en eau. Je pourrais installer une climatisation et vivre à 20 degrés afin d’augmenter le réchauffement climatique. Je pourrais partir découvrir la banquise et les derniers ours polaires histoire de me rafraîchir les idées, ramener de belles images et augmenter la concentration en CO2 dans l’atmosphère au passage.

Mais non, je suis sur mon canapé vert anglais, tournant les pages de Infinités en écoutant Symphonized, me demandant quand est-ce que la température commencera à baisser, rêvant de retourner vivre en Bretagne alors que mon épouse pense à Aix en Provence.

L’usage de ventilateurs est déconseillé pour éviter de faire circuler le virus. Le port du masque est devenu obligatoire dans les espaces publics, bientôt ils vont nous annoncer que l’eau du réseau peut transmettre la maladie et qu’il faut éviter les douches et boire l’eau du robinet. 

Pour ce qui est du ventilateur, de toute façon, le son des palles brassant l’air poisseux gâcherait la délicieuse voix d’Anneke sublimée dans Let the Light In, son dernier live symphonique, hélas uniquement disponible pour l’instant qu’en digital. Alors pas de ventilo, quitte à mourir de chaud, la musique est plus importante que la souffrance.

Le soleil va tourner au sud-ouest, m’obligeant à fermer les derniers volets encore ouverts. Je ne pourrais plus lire faute de lumière mais il me reste Vuur, Verloren Verleden et Drive à écouter. Et puis l’obscurité convient parfaitement à mon mal de tête, car le manque de sommeil conjugué à la chaleur et la déshydratation sont un terreau favorable à mes épouvantables migraines hebdomadaires.

Ce soir, lorsque le soleil se couchera, que la température plongera sous les trente degrés, lorsque j’aurai écouté tous les albums d’Anneke, ceux d’Ayreon et de The Gathering compris, j’abandonnerai ma lecture pour aller écouter le live de PI au jardin des deux rives, eux aussi jouent du métal progressif mais sans chanteuse.

Another World

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Réchauffement climatique, épuisement des ressources, extinction des espèces, folie des hommes, la Terre ne se porte pas bien du tout.

Lorsque j’étais jeune et naïf, je pensais que nous pourrions nous échapper de notre enfer bleu, aller vivre sur une autre planète, coloniser l’univers et tout recommencer ailleurs. Un autre monde, comme dans le clip de Gojira qui a inspiré ce billet.

Mais la réalité est tout autre. Aujourd’hui le réchauffement climatique atteint des sommets, une nouvelle canicule ce weekend, la sécheresse une année de plus qui ne devient plus accidentelle mais habituelle, un virus mortel qui envahit la planète et qui résiste à notre compréhension, des habitants qui consomment toujours plus sans se soucier des conséquences et notre incapacité évidente à coloniser une nouvelle planète pour échapper à la catastrophe.

Nous sommes loin aujourd’hui de l’exploit de 1969, lorsque les américains envoyèrent deux hommes sur le sol lunaire, deux hommes, pour quelques heures. Alors terraformer Mars ou une exoplanète lointaine, cela reste de la pure science-fiction quoique dise Musk.

Et puis, la fuite proposée dans Another World est-elle la solution ? Comme des criquets pèlerins qui ravagent tout sur leur passage, nous irions de monde en monde, épuisant leurs ressources, détruisant tout les écosystèmes au passage et nous continuerions notre route, laissant derrière nous des déserts radioactifs, à la recherche d’une nouvelle planète à détruire ?

Non. La survie de l’humanité passe par la survie de notre planète la Terre. Et pour avoir un avenir, il faut commencer maintenant à respecter notre monde : économiser ses ressources, ne plus polluer, respecter la biodiversité, entrer en décroissance. La fuite en avant, aujourd’hui inaccessible même à une petite minorité d’élus, n’est technologiquement pas viable. Nous ne construirons pas notre fusée voyageant plus vite que la lumière dans un hangar au milieu de la ville, pas plus que dans les laboratoire de Space X ou de la NASA. Nous sommes condamnés à vivre sur terre et y mourir.

L’expérience du COVID-19 ne semble pas avoir porté ses fruits : les nations ne se préoccupent plus que de relancer l’économie, de réinjecter de l’argent dans les entreprises, de remettre les gens au travail et tant pis si nous polluons encore plus, le problème sera réglé par la prochaine génération, à moins qu’elle ne soit la dernière.

Tchernobyl

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A la maison, un roman policier, une bande dessinée et deux albums de rock progressif évoquent le plus grave accident nucléaire que l’humanité ait connu à ce jour: Tchernobyl en 1986. Il y en a eu d’autres bien entendu comme Fukushima (2011) ou Three Miles Island (1979) sans parler des essais nucléaires et des deux bombes de Hiroshima et Nagasaki (1945) mais pour une raison qui m’échappe encore, Tchernobyl occupe une place à part dans mon inconscient, peut-être parce que j’aime manger des champignons. 

Il manquait à ma collection radioactive la mini série Tchernobyl dont j’avais lu du bien un peu partout. Du bien oui, mais personne ne m’avait prévenu que ce serait si violent.

On s’imagine bien que ce fut moche, que le nombre de victimes fut énorme, que ce fut une catastrophe humanitaire et écologique sans précédent, mais le voir, le vivre, c’est une autre paire de manches. Ma femme n’a pas survécu aux trente premières minutes de l’épisode un. Pour ma part, je suis resté agrippé à l’accoudoir du canapé pendant les deux premiers épisodes d’une heure.

D’accord, d’accord, la série débutant sur un suicide, j’aurais dû me douter que ce ne serait pas de tout repos, mais quand même.

Passé ces deux premiers épisodes éprouvants, le ton se fait plus léger. Les chiens sont abattus en masse, les pompiers agonisent à Moscou, les liquidateurs reçoivent plus de rayonnement en quelques secondes que les victimes du drame d’Hiroshima et l’incendie est enfin maîtrisé. Tout va bien. Le cinquième et dernier épisode met alors en scène le procès où l’accident nucléaire est expliqué, minutes après minutes, où les responsables sont pointés du doigt. Et le plus grand responsable de cette catastrophe, fut assurément censure d’état, si l’on en croit la série.

Si vous aimez laisser la lumière allumée partout dans votre maison, si vous croyez en l’avènement de la voiture électrique, si vous voulez installer la climatisation dans votre maison, si vous chauffez vos pièces à 22 degrés, si vous laissez vos appareils électriques constamment en veille, regardez donc la série Tchernobyl et imaginez que vous habitez la belle ville de Pripyat, peut-être que cela vous aidera à réfléchir.

Officiellement 31 personnes sont mortes des suites de Chernobyl, officieusement et selon les sources, l’accident de la centrale nucléaire aurait fait de 4000 à 100000 victimes.

MotherCloud

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Jusqu’où peut-on aller pour apporter le bonheur ? MotherCloud est un récit à trois voix dans la veine de 1984 et du Meilleur des Mondes. Trois personnages qui nous racontent ce qu’il s’est passé dans le MotherCloud. Il y a Gibson, le patron de l’empire du Cloud à qui il ne reste que quelques jours à vivre, Zianna, l’espionne industrielle qui s’est infiltrée dans le complexe et Praxton, l’ex patron d’une entreprise phagocytée par le Cloud comme temps d’autres et contraint pour manger de devenir un des employés de la multinationale.

MotherCloud propose une vision peu reluisante de nos gafas Amazon, Google, Apple et j’en passe. Une entreprise tentaculaire qui détient le monopole de presque toute la distribution. 

Dans le roman on retrouve les thèmes du mythe de l’entreprise providence, du modèle Amazon, de la surveillance via les objets connectés dans un monde qui s’est effondré, en proie aux conséquences du réchauffement climatique.

L’histoire est menée de main de maître par Rob Hart a tel point qu’il est difficile de s’extraire du récit. Si vous commandiez encore vos objets sur Amazon ou Alibaba, peut-être qu’après avoir lu ce roman vous y réfléchirez à deux fois ensuite. Surtout après avoir lu les remerciements de l’auteur à une certaine Maria Fernandes morte pendant le trajet entre trois Dunkin’ Donuts où elle travaillait à temps partiel pour 550 dollars mensuels.

Je discute

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Les fonctionnaires travaillent trop, tout le monde en est bien conscient.

Pour soulager cette pression insupportable, ils organisent des réunions Tupperware au travail. Ils appellent ça un « Je discute » (comprenez le jeudi nous nous réunissons tous pour discuter, d’ailleurs un Je discute a été organisé pour décider du nom du Je discute). Ils se réunissent dans une grande salle pour parler de leurs souvenirs de vacances, du recyclage de plastique, du tricot, des livres qu’ils ont lus, du réchauffement climatique ou de la fabrication de biscuits de Noël.

C’est mignon, bobo et inutile mais cela occupe notre chargée de communication et ça remplit l’après-midi d’agents au bord du burn out.

Pour l’occasion ils mettent en fonctionnement la belle cafetière Nespresso d’ordinaire interdite (la fête quoi) et demandent des petits gâteaux pour accompagner la collation, un peu comme des petites vieilles organiseraient une tea party.

Je dis « ils », car je ne me rends jamais à ces groupes de travail essentiels au bon fonctionnement de notre administration, sans doute parce que je suis un « gros connard de merde » et aussi parce que je n’ai pas forcément le temps ni l’envie de m’y rendre, à moins que ce soit parce que je ne supporte pas plusieurs des protagonistes participant à ces événements.

La dernière réunion en date parlait, il me semble, de zéro déchet, ou comment consommer de manière responsable et ne plus remplir les poubelles. Un sujet louable pour sensibiliser les collègues roulant en SUV et jetant leurs mégots par terre au fait que la planète est en danger. Bon ceci dit, chez nous, on devrait être un peu au courant vous ne croyez pas ?

Le lendemain de l’assemblée écologique, j’ai trouvé le carton d’emballage des biscuits posé sur la poubelle vide, le paquet plastique les contenant un étage plus haut, les capsules Nespresso usagées en aluminium en vrac et la machine café allumée depuis vingt-quatre heures.

Je ne suis finalement pas certain que ces deux heures prises sur le temps de travail aient été franchement pédagogiques où alors le message n’est pas bien passé.

Je pense qu’Il faudra prochainement organiser un Je discute sur l’intérêt des Je discute lors du prochain Je discute.

Journal d’un déconfinement

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Le lundi 11 mai 2020, après cinquante-quatre jours de confinement, commençait le déconfinement.

J : Lundi 11 mai 2020 – déconfinement

Vous pensiez être débarrassés de moi et de mes humeurs ? Perdu. C’est le retour du blog, avec un nouvel épisode, celui du déconfinement, qui risque de durer bien plus longtemps que cinquante-quatre ridicules jours. Là vous allez en avoir au moins jusque septembre.

Oui je sais c’est dur, très dur, pour moi aussi d’ailleurs, parce que mine de rien, lorsque je me suis embarqué dans ce journal du confinement le 16 mars dernier, je n’imaginais pas devoir écrire un petit billet chaque jour pendant deux mois. Il y avait des jours où je n’avais rien à raconter, le plus souvent d’ailleurs. Imaginez l’angoisse de la page blanche certains matins devant mon café.

Si vous avez tout lu, bravo, moi je ne l’aurai pas fait. Trop pénible, déjà que la situation n’était pas géniale, en plus suivre les délires d’un blogueur angoissé aux propos parfois fascisants ou simplement débiles pendant une si longue période en comptant le nombre de fautes d’orthographe par ligne, cela force le respect.

Alors rassurez-vous, ce billet n’est qu’une boutade, j’arrête le journal, il n’y aura pas de Journal d’un déconfinement, de toute façon je ne vais plus avoir de temps pour ça, le travail m’appelle, aujourd’hui je n’ai pas arrêté de 6H55 à 17h10 : rappel des consignes, trois infiltrations d’eau, suppression de toutes les corbeilles papier, vérification des expéditions, courrier, un pur enfer et ça va être comme ça pendant cinq jours toutes les semaines, vivement les vacances !

Portez vous bien.