Black Out

Image

Jeudi dernier, vers 21h, une panne électrique touchait un des data centers de la société OVH, mon hébergeur internet. Une grosse panne électrique. Vendredi matin, les bases de données mutualisées ne répondaient plus, le webzine et le blog devenaient muets.

Généralement ce genre de panne dure quelques heures au maximum et tout revient à la normale rapidement. Cette fois, le black out aura duré plus de 24 heures et il y aura eu de la perte en ligne. Les techniciens de la société OVH n’ont pu remettre qu’une ancienne sauvegarde des bases de données et en lecture seulement à partir du samedi matin. Plusieurs billets, chroniques, articles se sont perdu lors de cet accident car je ne fais pas de sauvegarde quotidiennement de mes bases.

Samedi midi, si on excepte les dernières transactions perdues, tout était de nouveau opérationnel à mon grand soulagement. Je voulais publier la chronique d’Anathema avant de fermer le webzine pour les vacances.

En règle générale, je suis assez satisfait de mon hébergeur, mais cette fois je suis un petit peu agacé. D’abord parce que l’information n’est arrivée que tardivement aux usagers, ensuite parce que les mécanismes de sauvegarde d’OVH n’ont pas fonctionné correctement, enfin parce que j’ai perdu des actualités, billets et chroniques au passage.

Je croyais être très prudent en faisant un backup complet du webzine et de la base une fois par semaine, il semblerait qu’il faille que j’augmente drastiquement cette cadence afin d’être tranquille. Un informatique, la paranoïa est de mise.

I want to ride my bicycle

Image

 

Bicycle bicycle bicycle
I want to ride my bicycle bicycle bicycle
I want to ride my bicycle
I want to ride my bike
I want to ride my bicycle
I want to ride it where I like

Après une jolie gamelle, quelques mois de récupération, je remonte enfin sur mon vélo. Il aura fallu du temps, pour récupérer physiquement et surtout psychologiquement. J’avais une trouille bleue à l’idée d’enfourcher mon deux roues. Alors, de novembre à mai, j’ai marché tous les jours pour me rendre au travail, 30 minutes le matin, 30 minutes le soir, usant mes semelles et puis un beau matin de juin, j’en ai eu mare de marcher, d’autant que la promenade n’est guère bucolique. J’ai regardé mon vélo poussiéreux, regonflé les pneus, redressé le guidon, vérifié les freins et suis monté sur la petite reine (oui je sais ça prête à confusion) pour un tour de pâté de maison. La première appréhension passée, me voila à nouveau arpentant les pistes cyclables mal foutues de ma ville, sans doute un peu moins rapide qu’autrefois, un peu plus prudent également. Les étudiants n’encombrent plus les trottoirs, la circulation est fluide, il fait jour à l’aller comme au retour. Le plus redoutable sera donc début septembre, lorsque ces jeunes abrutis seront de nouveau lâchés dans la nature, casque sur les oreilles, smartphone devant les yeux, une gamine collée à la bouche.

Tri sélectif

Image

Vous aussi vous avez une poubelle jaune, verte et bleue et un composteur au fond du jardin ? Moi aussi, mais sur mon disque dur… Car sachez-le, entre ce qui arrive à l’oreille des chroniqueurs de Neoprog n’est que le sommet de l’iceberg de ce qui inonde ma boite au lettres. Chaque semaine je dois me lancer dans le tri sélectif impitoyable. Pour se faire, fort heureusement, je dispose de plusieurs poubelles. La première c’est la bleue, celle qui contient le non recyclable. Dedans je jette pelle mêle le rap, hip hop, la pop, la wave, le dubstep, le punk, bref tout ce qui ne rentre pas vraiment dans notre ligne éditoriale, des fois il y a de très bons albums, mais je n’ai franchement pas le temps de m’attarder dessus. La verte, c’est pour les bouteilles en verre, 1664, Meteor, Kronenbourg, Pelforth,  bref le metal tatoué de tout poil, le black, death, trash, heavy, sludge, doom… Tout n’est pas forcément recyclable, il faut bien lire l’étiquette ou goûter prudemment, des fois le contenu soit périmé depuis longtemps. Dans la jaune, on retrouve les emballages mixtes, papier, métal, aussi nommés métal progressif, alternatif, indie, atmosphérique. Le genre de chose qui se valorise parfois, attention toutefois de ne pas y mettre de papier gras. Enfin, au fond du jardin, il y a le composteur, un grand bac sombre dont le contenu me servira de terreau pour faire pousser de belles chroniques dans le potager Neoprog.

Mais avant de jeter dans telle ou telle conteneur, il faut lire l’étiquette. Et méfions nous des appellations non contrôlées, les labels et artistes prennent un malin plaisir un noyer le poisson. Le mot “prog” est vendu à toutes les sauces, étrange d’ailleurs, car ce n’est pas lui qui remplit les salles. Un “metal expérimental alternatif progressif”, je le mets où ? Bonne question, dans le cas présent, il va falloir goûter la marchandise pour savoir. Pour certain, c’est facile, passé la première minute de Rhoooooooooooooooo Rhoooooooooooooo Arrrrrrrrrrrrrg Boum Boum Boum, la poubelle bleue s’impose. Des fois il faut aller plus loin, nettement plus loin, et là on commence à hésiter, jaune, verte, compost ?

Après un premier tri purement littéraire à grande échelle, je passe au tri sonore, qui va de quelques secondes à un titre jusque l’album en entier. Quand je tergiverse trop longtemps, cela part au compost, tant que ce n’est pas toxique, c’est bon pour le sol. Parfois hélas, le composteur déborde et un second tri s’impose. Car les chroniqueurs eux même font leur tri sélectif. Certains aventureux se jettent sur les appellations non contrôlées, des emballages improbables, exotiques et pimentés, d’autres ne se servent que dans les emballages de multinationales Danone, Nestlé… histoire de ne pas avoir de surprise dans les saveurs. Pour ma part, je ramasse souvent les restes, c’est ça d’être le patron, mais rassurez-vous, il y a de très bons restes.

Quand on y réfléchit bien, il est terrible de traiter ainsi des albums, de lancer un jugement rapide, arbitraire et définitif sur le travail de musiciens, de jeter de la musique qui mériterait sans doute plus d’attention. Mais il y en a tellement. Que faire ? Il faut juste espérer que d’autres webzines parleront de ces groupes, de ces musiciens et de ces sorties.

Aujourd’hui, la boite était inondée de sollicitations diverses et avariées avec également de nombreux trésors. Le tri a été long, impitoyable et pourtant il me reste six élus qui pourraient devenir les chroniques de demain, en fonction des envies de l’équipe et du temps disponible. J’ai retenu, Leprous, The Tangent, Kal-El, Impure Wilhemina, Buttered Bacon Buiscuit et Erudite Stoner. Ceux qui n’ont pas passé le stade de cette première sélection étaient soit trop métal, soit trop trop métal, soit vraiment trop, mais vraiment trop métal.

Billet au vitriol

Image

Dans le tout petit monde des amateurs de rock progressif, un fort pourcentage joue d’un ou plusieurs instruments. Gratter six cordes, tapoter la caisse claire ou appuyer sur des touches noires et blanches ne fait pas forcément d’eux des musiciens, encore moins des compositeurs. Pourtant, dans ce microcosme, naissent quasi quotidiennement nombre de groupes, projets de plus ou moins bonne facture. Et ce qui est beau, c’est que, ces isolés du monde de la musique dite commerciale, quasi parias des salles de concerts et des labels, ces amateurs éclairés du kraut, space, psyché, prog, fusion, RIO, se serrent les coudes. Une communauté de l’anneau avec ses dissensions internes mais qui fait front pour défendre coûte que coûte l’oeuvre d’un des leurs. Malheur à vous si vous osez un commentaire négatif sur l’un des pères fondateurs de leur ordre, les grands anciens sont intouchables, et soyez maudis si vous touchez au fin duvet de leurs descendants, même s’il n’ont pas l’ombre du centième du talent des dinosaures disparus.

Le progueux passionné et musicien est souvent également chroniqueur ou organisateur d’événements (attention je suis dans la liste là…). Parfois en manque d’expression artistique, il tisse peu à peu sa toile, apprend les ficelles du business, enrichit son carnet d’adresses et grattouille aux heures perdues (sauvé j’ai les doigts gourds). Un jour, son travail de fond atteint la masse critique, il faut alors faire pleurer la muse. Une cuisine, un Cubase, un ampli, une guitare, un clavier, une boite à rythmes et la composition commence. La partition à peine esquissée, il se lance dans un financement participatif pour recueillir les milliers d’euros nécessaires au studio et au pressage. S’il connaît quelques musiciens talentueux, il les convie à son projet, histoire d’avoir un nom ou deux à mettre sur la pochette. Une bonne campagne Facebook, de la retape à droite à gauche, et le voila parti pour l’enregistrement de son premier CD. Tsoin tsoin ! Le rêve devient réalité.

Dans le tout petit monde des amateurs de rock progressif, il subsiste un faible pourcentage de personnes qui ne jouent pas, ne chroniquent pas, n’organisent rien. Ces personnes écoutent de la musique, en achète, participent à des crowdfunding pour soutenir les artistes en herbe et groupes non professionnels mais talentueux. Ces petites gens du progressif, sans ambition créatrice, se saignent parfois aux quatre veines pour soutenir la musique qu’ils aiment, préférant financer la production amateur au dépend des mastodontes internationaux. Ils sont derrière ces artistes émergents, les bons et les tous les autres. Car il ne faut pas l’oublier, parmi les progueux qui grattouillent le weekend, il existe de vrais talents (ben oui ce serait trop simple), qui, s’ils disposaient d’un label et d’un peu de notoriété, pourraient sans doute prétendre à autre chose qu’un tirage à 500 exemplaires de leur nouvel album. Hélas il y a trop, beaucoup trop d’imposteurs dans ce micro univers. Trop de pseudos artistes en mal de reconnaissance (comme moi avec mon blog) qui commettent l’irréparable album qui n’aurait jamais du sortir du disque dur.

Moins de quantité, plus de qualité. Internet à ouvert les vannes à un flot permanent de bruit duquel surgit parfois une belle surprise. Il n’est pas souvent aisé de trier le bon grain de l’ivraie lorsque l’on lit les webzines. Des chroniques dithyrambiques relatives à des albums très médiocres fleurissent hélas régulièrement. Copinage, manque de goût, crainte de représailles, serrement de coude, aveuglement ? Quand ni technique ni inspiration ni production ne sont au rendez-vous, le progueux musicien en mal de reconnaissance inflige aux membres de sa communauté une bien vilaine punition. Les amateurs en mal de musique auront dépensé leurs économies pour assouvir l’ego d’un gratteux en mal de reconnaissance aux dépends d’artistes méconnus et talentueux qui se ruinent pour sortir leur prochain album.

Nous vous méprenez pas sur mon propos. Il n’est aucunement en prise avec une quelconque actualité, ni lié à un obscur règlement de compte. Il s’agit d’un constat, d’un cri d’alarme même. Avec l’avènement d’Internet et du numérique, n’importe qui ou presque, peut à moindre frais, se prendre pour un artiste (tiens je devrais vendre mes photos, je me sens l’âme d’un pro tout à coup). Hélas le talent est rare et précieux, alors trêve de copinage, de lobbying, posons un regard lucide sur la musique, encourageons les talents et ne dispersons pas notre effort. Tous les goûts sont dans la nature, mais il y a des limites.

Les vieux

Image

Depuis combien d’années n’ai-je pas vu une tête blonde ? Un arrivage de chair fraîche tout droit sortie de l’école ?

Fut un temps, l’été venant, nous recevions notre cargaison de jeunes diplômés, piaffants d’impatience de se mettre au travail, bourré d’envie, de dynamisme et d’idées. Du sang neuf qui coulait à flot dans les veines des services, oxygénant les cerveaux et renouvelant le cheptel.

Dans la fonction publique, la réduction de personnel se fait par le non remplacement des agents qui partent à la retraite (il y a pire et bien plus brutal j’en conviens). Les centres ferment les uns après les autres, les missions changent, déplaçant des fonctionnaires fatigués, parfois aigris vers de plus grandes unités. La démotivation gagne en ampleur avec ce mécanisme migratoire forcé. La moyenne d’âge augmente avec son lot de petites misères, d’arrêts maladie de plus en plus nombreux, de fatigue et de manque de motivation.

La machine fatiguée n’a plus de pièces de rechange. Les pannes sont de plus en plus fréquentes. Les engrenages grippés ne tournent plus. Chaque mois voit sa nouvelle réorganisation, les tâches sont redistribuées, les fonctions changent d’appellation et quelques agents disparaissent mais le travail reste le même.

Je me souviens d’un bâtiment débordant de vie, de bureaux remplis à craquer, nous envisagions même la construction d’une extension. Aujourd’hui les couloirs ressemblent aux rues de Pripyat, les pièces abritent des chaises et tables poussiéreuses. Les téléphones sonnent dans le vide et bientôt des déambulateurs useront le linoléum.

Avec 30 ou 40 années de services, après plusieurs mutations forcées, réorganisations, changement de politique, ILS vous demande d’être motivé, proactif, à la pointe du progrès. Les rares agents de moins de 30 ans qui arrivent encore chez nous se dépêchent de s’enfuir du mouroir, démotivés par le travail qui leur est proposé. Il ne reste que des vieillards, ombre d’eux-même hantant les couloirs, attendant leur départ prochain, le sordide pot de retraite où ne se retrouve plus que des têtes blanches, sorte de cérémonie du Soleil Vert de la fonction publique.

Fut un temps, l’été venant… Personne cette année, et l’an prochain ? Quatre recrues pour 2018 sur la France entière…

Mission polaire

Image

L’éloignement, la solitude, la blancheur, le froid, le silence. Je poserai bien mes valises pour quelques semaines en Terre Adélie à condition que l’on m’y téléporte, parce que la traversée à bord du Marion Dufresne II, sans façon, de toute manière en ce moment l’océan doit être gelé. Sérieusement -40°C, mieux qu’au congélateur, la nuit permanente pour dormir tout son saoul au froid, quel pied !

Parce que là, avec +40°C en plein soleil, les voisins qui braillent jusqu’à point d’heure, le réveil qui sonne trois heures après pour aller bosser dix heures dans un bureau vitré sans climatisation, ça n’est juste plus possible. Mes doigts collent au clavier, mon tee shirt dégouline et le ventilo poussif arrive à peine à donner une vague sensation de brise chaude. Mon cerveau doit ressembler à du slim vert en ce moment.

Nous ne sommes même pas encore en été officiellement, c’est demain, et nous avons déjà explosé maints records de température, l’horreur ! Demain 22°C au réveil, 38°C de au plus chaud sous abri. Sous abri cela signifie à l’ombre, dans un abri blanc ventilé en PVC, imaginez en plein soleil… Mon seuil de confort se situe autour des 25°C, on y reviendrait jeudi prochain d’après les modèles. Mais d’ici là je fais comment pour survivre ?

Je vais sortir du freezer quelques des glaçons et me construire un igloo, comme les inuits avant que la banquise ne disparaisse totalement. Je vais aller piquer une tête à La Rochelle avant que le niveau de l’océan ne rejoigne la ville de Niort. Je vais profiter des derniers hivers froids avant que notre atmosphère ne se réchauffe de quatre degrés.

L’idée du siècle, c’était de partir en vacances dans le sud cet été alors que l’on suffoque au nord. Dans le sud d’accord, mais bien en dessous du tropique du Capricorne alors. Vivement d’automne !