Contrefait ?

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Il y a quelques jours, j’étais très content d’avoir trouvé sur Kinghtshops le coffret Beatles in Stereo au prix alléchant de 73 $. Etant donné que je ne possède aucun album du groupe mythique à la maison, je me faisais une joie de me replonger dans ces disques qui ont bercés mon enfance. Mais dès la commande passée, j’eu de petites inquiétudes, le site américain faisait appel à la poste chinoise pour m’envoyer le colis. Mathieu, un ami musicien (anasazi) m’alerta sur le fait que l’objet pouvait être une contrefaçon de piètre qualité.

L’objet est arrivé le jour de mon retour de Bretagne, très bien emballé, soit une semaine à peine après la commande, joie ! Au déballage, je découvrais quelques défauts sur la boite noire, tâches blanches et je fut surpris par la piètre qualité des pochettes d’album, livret froissé, pliage hasardeux, illustrations manquant de tonus. Mais j’avais enfin l’intégrale du groupe anglais à la maison. Un par un, je revisitais les albums des Beatles, et là encore j’eu quelques déconvenues. Le livret de l’album blanc comporte par exemple trois emplacements pour CDs et seulement deux CDs alors que les Past Masters deux CDs pour un seul emplacement. Et puis dans le lot, deux CDs ne passent pas sur mon lecteur Marrantz, Let It Be et Yellow Submarine.

J’ignore s’il s’agit d’une contrefaçon, n’ayant pas le produit original sous les yeux. J’ai bien cherché sur le net des photos ou des articles relatifs à une éventuelle contrefaçon, mais à ce jour, je n’ai à rien trouvé de probant.

Par chance, c’est un achat PayPal, et PayPal assure l’acheteur et pourrit la vie du vendeur, Alan du groupe Existence pourrait vous en parler longuement. Me voila donc à faire une réclamation sur la plateforme de paiement (ce n’est hélas pas la première fois).

De Acheteur – Neoprog

01/09/2017 01:00 CEST

I’ve received yesterday, Beatles in Stereo. The box is damaged (photos) and some of the CDs ‘Let It Be’, ‘Yellow Submarine’ don’t work correctly.

Can you tell me how works the refond or replacement of my purchase ?

Best regards

JC Le Brun

 

De Vendeur – Knightshop

01/09/2017 05:50 CEST

Dear Mr Le Brun,

Firstly thank you for your feedback and so sorry for this inconvenience.

Regarding to the damaged box, maybe it’s fault by delivery company. About the 2 CDs, I would like to refund to you 20 Usd because of your dissatisfaction . Please let me know if you are agree.

Sincerely,

Knightshop

 

De Acheteur – Neoprog

02/09/2017 09:57 CEST

Hello,

The damaged on the box and booklets are not due to delivery, the parcel was ok, but not the box inside. I’m afraid it’s due to the poor quality of the product, maybe a low cost copy of the original Beatles Box.

To buy the two albums in France the price of both albums is 22 € 26 $ USB.

So for the damage box and the two CDs a honest refund would be at least 36 $ USD.

Best regards

JC Le Brun

D’emblée ils m’ont proposé un dédommagement de 20 $ Usd, montant insuffisant à mon avis pour m’acheter les deux CDs rayés et ne couvrant pas les dommages de la boite. J’ai demandé 36 $ Usd de dédommagement auprès du vendeur, car après tout, ce qui compte pour moi c’est d’avoir l’intégrale des Beatles. Mon offre ayant été immédiatement acceptée, je me retrouve avec un coffret Beatles probablement contrefait à 37.5 $ Usd avec deux CDs rayés.

Je pourrais aller pleurer auprès de la répression des fraudes pour qu’ils détruisent mes CDs et blacklistent le vendeur après dix années de procès mais je crains que ce ne soit pas vraiment efficace. Alors n’ayant trouvé aucune information sur Internet, je me fends de ce post afin de vous avertir. Si les produits du site Knightshops sont très attractifs, ils sont peut-être contrefaits ou dans le meilleur des cas, celui que j’ai reçu était de très mauvaise qualité. Alors soyez plus prudent que moi. Dire que j’ai acheté il y a 8 mois un Nikon D7200 de la même façon sur un autre site, j’en tremble encore.

 

Gradient thermique

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Je viens d’inventer une nouvelle unité de mesure de vitesse, le °H. Combinaison de la mesure de la température, le degré Celsius et de la mesure du temps, l’heure. Le °H, permet de mesurer la vitesse d’un TGV entre Rennes et Strasbourg très précisément.

En début de semaine, je montais dans le mille pattes d’aluminium fabriqué chez Alstom, direction la Bretagne, sans changement. Quatre arrêts, 4h15 de trajet seulement et les deux bouts de la France se replient pour un voyage quasi instantané, comme par un trou de ver. Il y a encore peu, 4h15 ne suffisaient pas à relier Strasbourg à Paris et encore moins Paris à Rennes, alors Strasbourg à Rennes. En ce temps béni, les vaches regardaient passer les trains en broutant paisiblement, aujourd’hui, elles n’ont même pas le temps de relever leur cou que le convoi de voyageur est déjà à l’horizon.

Mais laissons les vaches et revenons à nos moutons. Un trajet Rennes Strasbourg s’effectue, selon mes mesures, à plus de 5.0°H alors que dans l’autre sens il s’approche de 0.5°H. Avec cette unité de mesure toute nouvelle, il sera bien entendu nécessaire d’intégrer le décalage horaire, la translation longitudinale et des effets de climatiques de bord incontournables ainsi que la force de Coriolis.

Comment se mesure le °H ? En réalité, le principe est assez simple. Avant de monter dans le train, vous prenez la température (extérieure, pas corporelle) et regardez l’heure. En descendant du train, vous procédez de même. Vous avez alors quatre paramètres T1, H1, T2, H2. Vous me suivez ? Il ne vous reste plus qu’à effectuer un calcul assez simple (T2-T1)/(H2-H1) et vous obtenez votre vitesse.

Vous me direz mon °H c’est un peu du temps divisé par du temps, une fréquence donc. Oui  mais de quel temps parlons-nous, du temps qu’il fait ou du temps qui passe ? Le temps c’est de l’argent même si ce temps est un temps de chien. Alors prendre le TGV pour aller en Bretagne c’est assurément gagner du temps, donc de l’argent même si je n’aurai rien fait de ce temps de toute façon. Et gagner du temps pour subir un sale temps, n’est pas une perte de temps ? Bref…

Bien entendu, vous pourriez être surpris par le facteur dix entre la mesure est-ouest et ouest-est. Celui-ci s’explique par un effet climatique connu sous le nom de ‘temps pourri breton’. Vous savez ce nom que scandent les parisiens en revenant de Bretagne alors qu’ils faisaient du camping.

La mesure est-ouest fut effectuée lundi. Premier sondage 23°C à 8h01 à Strasbourg. Second binôme à 12h15 à Rennes, 25°C sous un ciel orageux. (25-23)/(12-8)=0.5. 0.5°H.

La mesure ouest-est fut établie le mercredi. La température peinait à atteindre les 15°C à Rennes vers 14h39 sous des averses titanesques. Arrivé à Strasbourg à 19h05, le mercure avoisinait les 35°C. (35-15)/(19-15)=5.0. 5.0°H.

Autant la vitesse Strasbourg Rennes est supportable pour un organisme moyen, autant la vitesse Rennes Strasbourg est éprouvante. Car lorsque vous descendez du train, après 4h15 de trajet, en pull-over et jean et que l’air brûlant et poisseux de l’Alsace vous assaille, le choc est rude.

Plus étonnante encore est cette mesure de vitesse effectuée en Bretagne lors d’un trajet nul. Vous savez sans doute que la vitesse n’a de sens, d’après les scientifiques, que s’il y a déplacement. Cependant, mes premières expériences prouvent le contraire. La mesure a été effectuée sur une plage de la baie de Saint-Brieuc, un site orienté plein nord et non abrité. 16h, baigneurs, soleil, 25°C. 17h, front de nuage, vent à 50 km/h et 15°C. (25-15)/(17-16)=10. 10°H. Un record de vitesse immobile sur un trajet à peine plus long que la distance entre deux grains de sables sur une plage bretonne.

Autant dire que cette nouvelle mesure de vitesse, tout relative, va dans le sens des théories élaborées par Albert Einstein en son temps mais contredit assurément la limitation de la célérité à celle de la lumière. Il faudra encore quelques années pour mieux appréhender cette conception révolutionnaire de la vitesse, des dizaines de milliers de mesures assurément, mais cette première expérimentation bretonne semble un bon point de départ à des travaux qui ouvrent de nouvelles perspectives pour la science moderne.

Le temps des changements

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Je n’ai eu qu’un seul employeur dans ma vie même si j’ai connu quelques changements géographies : Toulouse, Paris et Strasbourg. Un seul employeur et de très nombreux métiers : observateur, prévisionniste, administrateur système, chargé d’études, développeur, climatologue…

Un fonctionnaire, après un socle commun de formation, peut être amené à occuper bien des fonctions, pas forcément en corrélation directe avec ses compétences réelles. Il peut voir son service fermer, être obligé d’aller ailleurs, subir une réorganisation territoriale, vouloir évoluer dans sa carrière, devoir changer de centre, demander un nouveau poste.

Je n’étais pas destiné à devenir prévisionniste, ayant plus la fibre déterministe qu’entropique. Les machines me parlent, les éléments nettement moins, ne parlons pas des êtres humains. Dès que j’ai pu, j’ai tenté de trouver un poste en meilleure adéquation avec mes compétences.

Ce furent tout d’abord trois années d’administration système et de hot line sur des systèmes Windows. Les ordinateurs me comprenaient. J’avais par contre nettement plus de mal avec les utilisateurs. Les milliers de kilomètres passés sur la route pour aller rebrancher une prise eurent rapidement raison de ma santé mentale.

Après quelques détours et dix années de carrière j’arrivais enfin dans un service de développement informatique où je me m’épanouissais pleinement, travaillant sur des projets d’envergure, collaborant avec des équipes dans toute la France. Une parenthèse bénie et passionnante qui se termina par une brutale réorganisation. Les unités de développement fermaient leurs portes dans les régions.

Le poste proposé en remplacement, comme la nouvelle équipe, n’étaient pas du tout à fait à mon goût. Alors je décidais, histoire de montrer mon désaccord, de demander une autre affectation, la climatologie, métier que je connaissais pour l’avoir pratiqué quelques années auparavant, et qui requérait de nombreuses compétences informatiques.

Mais entre temps le métier avait changé, l’automatisation et certains projets dans lesquels j’avais trempé, avaient transformé un travail de spécialiste (programmation, SQL, statistiques) en simple utilisation d’outils tout en un qui bossaient à votre place. Par chance, il restait quelques domaines, où l’expertise humaine était encore indispensable, donnant un peu de piment aux journées de bureau. Les années passant, le besoin d’expertise diminua ainsi que la charge de travail pour en arriver à trouver le temps long. Il faillait bouger.

Mais bouger était devenu complexe : moins de centres, moins d’agents, moins de postes et plus de contraintes familiales. Il me faudra attendre sept années avant de trouver un poste qui puisse me convenir, un métier totalement différent, loin de l’informatique qui évolue tellement rapidement que je suis aujourd’hui totalement dépassé.

Je vais rejoindre la gestion de notre réseau d’observation, parcourir le Grand Est en voiture, rencontrer nos observateurs, évaluer des sites, faire de la paperasserie également. Une gestion administrative et de terrain qui va me changer d’air pour quelque temps.

Il est probable que ce nouveau métier aie des conséquences directes sur le webzine et le blog. Je serai sans doute (du moins je l’espère) plus occupé, donc moins disponible, au moins le temps d’apprendre le travail. Je serai également souvent sur la route, déconnecté d’internet, bref, je vais vous enquiquiner moins souvent. Cela tombe bien puisque de que suis en pleine cure de désintox.

Alors ne prenez pas peur, je ne serai pas mort (enfin je l’espère), juste moins présent sur Internet.

En transit

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Je pré commande presque tous mes albums. De préférence je le fais sur le site de l’artiste, je suppose qu’ainsi plus d’argent rentre dans sa poche, inutile de graisser trop d’intermédiaires, quitte à payer un peu plus cher. Je passe également par les crowdfunding pour financer la production, avec une forte incertitude sur le jour où l’album sortira, s’il sort un jour.

Lorsque l’on pré commande, ou que l’on participe à un crowdfunding, inconsciemment, on espère recevoir l’album avant sa sortie, ou du moins à sa sortie, pas une fois que celui-ci trône fièrement dans les bacs des magasins.

Hélas la réalité est tout autre. Vendredi dernier, il y a presque une semaine donc, sortait To The Bone de Steven Wilson. Il est à la Fnac, sur Amazon, même probablement dans quelques grandes surfaces, mais il n’est pas à la maison. Je l’avais commandé le jour de l’ouverture de la pré commande, afin d’être certain d’avoir un exemplaire de l’édition spéciale aujourd’hui épuisée. Le 17 août, je recevais un mail me notifiant que le coffret venait d’être expédié. Je l’attends toujours, avec un peu de chance je l’écouterai ce soir, j’ai en effet reçu une notification Colisimmo hier soir, sans pouvoir déterminer ce que c’est. Mais comme le nouveau Leprous sort demain, lui que j’ai déjà écouté et chroniqué mais également commandé en vinyle, si ça se trouve c’est lui qui débarque aujourd’hui, suspens.

A moins que ce ne soit le coffret Beatles, mais là j’ai plus de doutes, car il partait de Chine hier matin. Je sais les avions sont rapides mais quand même. Car oui, j’ai commandé le coffret stéréo sur un site qui semblait très francophone et qui proposait de belles offres. J’ai eu la surprise de découvrir hier que le colis était pris en charge par la poste chinoise. Nous sommes à l’ère de la mondialisation que diable ! J’espère juste que le coffret n’a pas été produit en Europe, expédié en Chine pour être finalement commandé en France, sinon l’empreinte carbone de ma commande va être très moyenne. Et oui je sais, les puristes vont râler, les Beatles en stéréophonie, c’est un crime pour certains. Mais je n’ai aucun Beatles à la maison, même je connais tous les albums par cœur, alors c’était l’occasion, je me prépare un week-end au chaud dans le salon, à revisiter toute leur discographie studio avec bonheur.

Grand déballage

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Avez-vous déjà acheté une boite de biscuits conservés dans leur sachet fraîcheur ? Un emballage cartonné et des pochettes plastiques autour de chaque gâteau. Plus d’emballage que de contenu alimentaire et une grande partie non recyclable. Vous arrive-t-il d’acheter de la nourriture à emporter dans un fast-food ? Avez vous contemplé ce qu’il reste de papier, de polystyrène, de carton, de plastique une fois que vous avez ingurgité cette mal bouffe saturée en acides gras ? Avez-vous acheté de yaourts dans leur verre plastique, par pack de quatre, lui-même emballé dans du carton inutile ou ces briques de lait entourées de carton et plastique ?

Quand je fais mes courses, même en restant sur mes gardes, je remplis la poubelle papier au quart et la poubelle destinée à l’incinération d’un volume équivalant à chaque fois. Que des emballages qui ne servent qu’au transport magasin maison ou pour faire joli. Alors oui, c’est vrai, les magasins de distribuent plus de sacs de transport, ils les vendent, les fruits et légumes sont depuis peu dans des sacs en amidon de maïs, donc recyclable. Bel effort. L’amidon de maïs vient du maïs, vous vous en doutiez, une céréale qui pour pousser, a tellement besoin d’eau, que dans certaines régions françaises, elle assèche les réserve d’eau. Même chez mon boulanger, à 50 mètres de la maison, il mettent la baguette dans un sac en papier et quand je leur demande de ne pas le faire, ils m’expliquent qu’ils n’ont pas le droit. Alors je reviens chez eux tous les jours avec un vieux sac papier fatigué. Ils n’ont pas d’autre choix que d’accepter de mettre le pain dedans, mais me rappellent à chaque fois qu’il va bientôt se déchirer. Pourquoi ne pas proposer un sac en tissu tout simplement ?

Pourrait-on limiter ces emballages ? Des solutions bobo existent, ces magasins où les écolos de gauche viennent avec leurs propres tupperwares pour faire leurs courses. On pèse le récipient vide , on le remplit, on le pèse à nouveau et on paye. Cela permet d’acheter la quantité désirée, ni plus ni moins, de ne pas jeter d’emballage et de se donner bonne conscience. Mais à grande échelle est-ce viable ? Et je fais comment avec le sable pour chat, le miel, les chips, le beurre et le déodorant ?

Ne pourrait-on pas simplement réglementer un peu plus les pratiques de l’emballage ? Des paquets neutres, du carton et juste un code barre avec une affichette à côté pour présenter le produit et ses ingrédients en gros. Ne pourrait-on pas cesser tout mettre dans des sachets ‘fraîcheur’ qui emballent ce qui est déjà empaqueté ?

Quelque chose ne tourne pas rond chez nous. Les océans abritent des continents flottants de déchets, nous brûlons chaque jour des tonnes de produits non recyclables et les pays comme la Chine qui nous rachètent (pour quelque temps encore) nos déchets deviennent les poubelles de l’occident.

Il faut relancer la consommation pour alimenter la croissance et sauver l’emploi, voila ce qu’affirment nos politiques. Et la planète, vous-vous en balancez ?

Les appareils sont aujourd’hui conçus avec une obsolescence programmée afin d’alimenter la machine capitaliste libérale. Les publicités vous signifient que vous êtes un loser si vous ne possédez pas le dernier modèle en date de la grosse pomme. Le gouvernement vous persuade que changer de modèle de voiture pour un moteur moins polluant va sauver la planète. Sérieusement, avez-vous pensé à l’énergie et aux matériaux nécessaires à sa fabrication, au déchets et à la pollution générés par la destruction de l’ancienne ? Les écolos louent la voiture électrique, solution ultime à la pollution urbaine. Quid des accumulateurs ultra polluants ? Et l’électricité, d’où va-t-elle sortir, des centrales éoliennes, du solaire ? Ben voyons. Si tout le monde passait à l’électrique, certes il n’y aurait plus de pots d’échappements polluants dans nos rues, à la place il faudrait juste des centrales thermiques et nucléaires pour fournir tous ces petits moteurs en électricité. Alors des vélos électriques, c’est écolo non ? Non. Pédalez, ça vous musclera, vous donnera de jolies fesses et vous fera perdre la graisse accumulée en mangeant chez Burger Truc.

Cette année nous avons commencé à consommer nos ressources planétaires à crédit le 2 août paraît-il. C’est a dire que nous avons consommé plus en huit mois que ce que la planète est capable de produire en un an. Les subprimes des ressources naturelles en quelque sorte. A quand la crise ?

Pollution, déchets, réchauffement climatique, course à la consommation, guerres, nous sommes vraiment mal barrés, mais en avez-vous conscience de temps ne temps ?

La théorie des cordes

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Mon épouse est musicienne. Depuis son plus jeune âge, elle consacre l’essentiel de ses loisirs aux partitions classiques et ses doigts au clavier tempéré. Et comme toute pianiste qui se respecte, l’instrument dont elle a toujours rêvé de jouer est.. le violoncelle. Après avoir rempli la maison de pianos électriques, droits puis un jour un quart de queue, après avoir joué en soliste, en accompagnatrice, elle se décide, plus de trente années plus tard, à débuter au violoncelle. Il y avait bien eu quelques passades auparavant avec un violon alto, une chorale et une guitare, qui finissaient toujours par lasser mais depuis que le violoncelle est entré dans notre vie, le duo bat de l’aile.

Après avoir loué un 3/4 trop petit puis un 7/8, mon épouse commande un violoncelle bas de gamme en Chine, le reçoit, l’essaye et le renvoie. Une vraie casserole. Dans le même temps elle en achète un autre d’occasion et s’amuse à changer quelques composants de l’instrument, cordier, cordes, chevalet, archet, histoire d’étudier comment le son évolue. Elle passe même par la phase violoncelle électrique, par curiosité, rapidement satisfaite. Finalement, elle commande un nouvel instrument moyen de gamme, une fois encore en Chine, et reste sur ce produit (mais pour combien de temps). Achat, revente, bricolage, ma femme s’amuse.

Après avoir tâtonné quelques mois, la phase de l’optimisation débute. Elle passe chez un luthier pour modifier le chevalet, commande un nouvel archet avant de se lancer dans la théorie des cordes. Larsen, Kaplan, Chorda, Dominant… Il en existe toutes sortes et à tous les tarifs de 20 à plus de 300 € le jeu de quatre. Comme mon épouse ne veut pas ruiner le ménage, elle part à la chasse aux bonnes affaires sur eBay, LeBonCoin, PriceMinister, à l’affût de la moindre annonce de corde pour violoncelle.

Corde après corde, elle se constitue un jeu complet de Kaplan et de Larsen à prix raisonnable (déstockage, soldes, produit déclassé…). Le violoncelle, qui tout d’abord ne payait pas de mine, commence à sonner différemment avec son nouveau chevalet, ses cordes et de longues heures collé aux enceintes de la chaîne pour le faire ‘résonner’.

Mais, car il y a toujours un mais. Ma pianiste adorée, qui joue du Ravel, Debussy, Bach ou Chopin avec une relative aisance au un piano, n’a que quelques mois de leçons de violoncelle derrière elle, et même si le déchiffrage d’une clef de fa ou d’ut ne lui pose aucune difficulté, les notes inarticulées qui sortent du bel instrument effrayent le chat. Alors Kaplan ou pas, madame s’enferme dans la pièce la plus reculée de la maison, pour ne pas heurter les oreilles délicates de toute la petite famille.

Mais si la vérité était ailleurs ?

En cachette, je me suis rendu dans son boudoir secret. J’ai glissé l’instrument tiède entre mes cuisses nues, pris l’archet d’une main, le manche lisse et doux de l’autre, et j’ai frotté, frotté langoureusement la chose jusqu’à ce qu’elle vibre et rentre en communion avec mon corps. J’ai alors appréhendé la théorie des cordes de mon épouse musicienne, résonnant à l’unisson avec son ventre ambré.

Il s’en faudrait de peu que je sois jaloux, mais je suis partageur.

La rentrée

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Septembre approche avec sa rentrée scolaire. C’est la course aux fournitures, vêtements, les enfants vont bientôt libérer la maison et retourner sur les bancs de l’école. La frénésie gagne tout le monde, les enseignants commencent leur dépression saisonnière et les … Continue reading

FARSe

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Les festival des arts dans la rue de Strasbourg se tient tout les ans pendant l’été et c’est la première fois que je m’y rends. Trois jours de spectacle de rue, du vendredi au dimanche, avec des animations diverses dans tous les coins de notre jolie citée.

Vendredi je travaillais, samedi il pleuvait, restait le dimanche pour sortir. De 10h à 22h, un peu partout dans la ville, sur l’eau, dans la rue, sur des places, des artistes se produisaient. Théâtre, construction monumentale, acrobaties, musique, il y en avait pour tous les goûts semble-t-il mais pour ma part, je n’ai pas vu grand chose. Ma géographie strasbourgeoise étant ce qu’elle est (je ne connais que le nom de trois place et de deux rues), j’ai eu quelques difficultés à situer les événements. Alors je n’ai assisté qu’à ceux dont je connaissais l’adresse.

– Et mec tu n’as pas un smartphone avec maps ?
– Si si, mais pas de forfait Internet.
– Ben alors, pourquoi tu as un smartphone ?
– Pour écouter de la musique, recevoir des appels téléphoniques et gérer mes rendez-vous. Oui je ne fais pas partie de ces abrutis qui marchent en regardant leur écran cinq pouces.
– Mais quel has been… Tu aurais pu regarder les lieux à la maison ?
– Sans doute.
– Mais quel boulet…

Vers midi, mon épouse, m’envoie un texto du travail (elle est prévisionniste pour un organisme de météorologie étatique), pour me dire qu’il n’y aura pas d’averse cet après midi. Alors rassuré par la météo clémente, fort de deux destinations facilement repérables où se produiront des spectacles, équipé comme il se doit d’un appareil photo au cas où, je me rends au centre ville. A peine sorti du tram, une grosse averse arrose les passants et je dois en catastrophe mettre à l’abri mon matériel. Ça commence fort…

La pluie cesse arrivé place d’Austerlitz où va jouer la Compagnie des Batteurs de Pavés, revisitant à deux, une pièce de théâtre: Hamlet. Assurément, voici une  configuration minimaliste. Entre bonimenteur, one man show à deux et théâtre de rue, les deux acteurs nous livrent une version très expurgée et personnelle de la pièce de Shakespeare. J’adore cet auteur classique alors je ne reste pas très longtemps, disons un quart d’heure, ce genre de mayonnaise ne prend pas avec moi.

Je me déplace un peu plus loin, au bassin d’Austerlitz, pour assister au spectacle Des Bâtisses Sœurs Aux Villes Ephémères (oui c’est pourrit comme jeu de mots). Un show qui va durer de 15h à 22h. Aucune idée du sujet, j’y vais parce que c’est à côté. Sur la Strasbourg Plage – 50x50m de sable et de transatlantiques près du conservatoire – s’empilent des cartons, des rouleaux de scotch et s’agglutinent des bâtisseurs de tout âge. Ils assemblent et lient des cartons sur deux chantiers, afin de construire un phare de 20 mètres de haut qui devrait être érigé d’ici 22h. Bien entendu, eux comme moi, n’aimons guère la pluie. Pour moi, ça bousille mon matériel coûteux, pour eux ça ramollit leur architecture en carton. Alors nous observons les cieux avec angoisse, eux près à tirer leurs bâches, moi prêt à remballer tout mon attirail.

Par chance il ne pleut pas, et je peux assister à l’érection du phare qui ressemble plus à la tour de Pise qu’à autre chose. Je n’irai pas jusqu’à 22h, musardant sur la plage et autour de la médiathèque pour faire quelques photographies comme celle de ce couple au sommet des escaliers de secours que j’ai intitulé “L’amour en cage”, sans doute pas un des spectacles officiel du festival.

Il n’empêche que le travail des bâtisseurs m’a impressionné, regardez la structure ci dessus. Un petit bout du phare. J’aurai bien assisté au final, quand ils assemblent le phare au bord du bassin d’Austerlitz. C’est décidé, l’année prochaine j’essayerai de m’organiser un peu mieux.

L’Audi mate

Je l’avoue, j’ai longtemps couru après l’audimat, croyant qu’il en ressortirait quelque chose un jour. Pour améliorer le nombre de visites sur un site il existe de nombreuses techniques qui vont de la programmation pure, au référencement, jusqu’à la publication effrénée.

Je suis parti, il y a quelques années, d’un blog touchant une dizaine de personnes par jour pour arriver l’an passé à un webzine visité par plus de deux cent cinquante internautes quotidiennement.

La première étape fut d’augmenter le nombre de publications. D’une tous les mois, la fréquence est passée à une par semaine. Effet immédiat. Plus de public, plus de propositions de chroniques. La machine se mettait en marche, s’auto-alimentant.

Seconde étape, le référencement. Une technique connue des programmeurs internet pour faire connaître son site aux moteurs de recherche et le remonter le plus haut possible dans les classements. Cela passe par un code HTML, CSS, JS irréprochable, par l’utilisation de balises particulières, de fichiers sitemap.xml, une meilleure ergonomie, un site adapté aux solutions mobiles (css responsive) et du HTTPS.

Troisième étape, améliorer sa notoriété internet. Il est utile de se faire connaître des autres sites parlant de musique, avoir un lien chez eux conduisant chez vous, être cité par des artistes, des labels, bref des sites référents.

Quatrième étape, être présent sur le web. Avec l’avènement des médias sociaux, Facebook, Twitter, Google+, YouTube et j’en passe, être présent sur le web est devenu un jeu d’enfant à condition de ne pas s’y prendre avec les pieds. Un compte Facebook, une page, un groupe, un compte twitter, un profil et une communauté Google, une chaîne YouTube et vous êtes armé. Reste à alimenter la machine, partager vos publications dans l’info-sphère et les regarder se propager à toute vitesse dans les forums. C’est magique. Votre notoriété grimpe en flèche et au lieu de mendier des albums à droite et à gauche, vous croulez bientôt sous plus de musique que vous ne pouvez en écouter.

Cinquième étape, grandir. Plus de promotions nécessitent bien évidement plus de personnes pour les écouter et en parler. Alors on recrute. L’équipe s’agrandit. D’une personne, elle passe à deux, trois, quatre, cinq, six… Chaque jour une chronique, chaque jour une dizaine d’actualités. Une à deux heures quotidiennes de travail pour mettre en ligne, partager, répondre aux sollicitations diverses : interviews, contacts, chroniques, live reports, demande de management, conseils, envoi de maquettes, artistes qui discutent en tchat avec vous, une pure folie. Les groupes nous contactent pour tourner en France, pour leur trouver un manager, une salle, nous envoie même des maquette pour avis, nous sortons peu à peu de notre rôle initial.

Sixième étape, la diversification. L’équipe est nombreuse, réactive et l’éventails des goûts musicaux s’élargit. Nous commençons à parler alternatif, métal, hard-rock, pop et certains nous reprochent cette ouverture à la musique sous prétexte que le webzine se nomme Neoprog.

L’audimat explose, les chroniques sont lues des milliers de fois, on touche des lecteurs au Québec, en Suisse, en Italie, en Espagne, en Russie… Les tensions montent également dans l’équipe, trop de chroniques, des désaccords sur la musique, des anciens s’en vont, des nouveaux arrivent, il faut gérer la ‘formation’, les relectures, les publications, les rappels à l’ordre.

Septième étape, la rentabilité. Pourquoi ne pas la rechercher quand le nombre de visiteurs explose ? La tentation est grande, d’autant que le webzine coûte cher. Mise en place de publicité, recherche de partenaires, étude d’une boutique, sponsors, tout y passe et seule la publicité restera la solution retenue quelques temps.

Et puis arrive le clash. La notoriété internet est salie par une maladresse qui aurait pu être fatale. Les jalousies se cristallisent dessus, diffamation, attaques ridicules, stupidité. Facebook devient un temps, le lieu de règlements de comptes insupportables et le webzine a bien failli ne pas y résister. Nous étions sans doute à l’apogée de notre célébrité toute relative.

La publicité qui enlaidit le site ne rapporte pas assez et salit l’image des albums avec du Viagra, des call girls et autre stupidités. Après six mois, elle est retirée, elle n’aura même pas payé l’hébergement d’une année.

Huitième étape, lever le pied. La cadence infernale d’une chronique par jour devient un poids pour tout le monde et la qualité des chroniques s’en ressent. Nous ralentissons, trois par semaine, ce sera bien assez, nous respirons un peu plus. Après un petit sondage sur ce qui est vraiment lu et une étude poussée des scores d’audimat, il ressort que seules les chroniques sont réellement lues, les interviews sont boudées, les live reports également, sans parler des actualités qui sont survolées. Les interviews chronophages passent en priorité minimale, sauf pour se faire plaisir. Les actualités se concentrent sur l’essentiel, sorties d’albums, concerts, festivals.

Neuvième étape, se désengager des médias sociaux. Ceux qui nous avaient propulsés au sommet de notre gloire sont devenus des esclavagistes impitoyables. Chaque jour il faut partager dans les groupes et récolter en retour des commentaires parfois désagréables auquel il faut se retenir de répondre. Ce n’est le fait que de quelques pénibles, mais qu’est-ce qu’ils sont pénibles ! Alors progressivement, le groupe devient une page et nous ne partageons plus nos articles dans les diverses communautés progressives. Ceux qui nous aiment sauront où nous trouver.

Durant huit mois, l’audimat baisse régulièrement, passant de deux cent cinquante visiteurs en moyenne à cent cinquante les bons jours. Plus de tweet, de post, de publication, l’e réputation de Neoprog se fait plus discrète dans l’info-sphère. Messenger n’est plus saturé, la boite mail se remplit moins qu’avant et les commentaires désobligeants ont disparu de la toile.

A quoi servait cet audimat ? Il ne rapportait pas d’argent, donnait trop de travail à l’équipe, dégradait la qualité des chroniques, attirait les détracteurs, nuisait à nos relations avec d’autres webzines.

Depuis quelques temps, nous travaillons plus sereinement. Nos partenaires ne nous ont pas abandonnés pour autant et nous avons toujours un public fidèle mais moins nombreux. Force est de constater que ce public régulier, lit vraiment nos articles et ne fait pas que passer. Moins de personnes touchées et une meilleure consultation de notre contenu. Nous recevons toujours plus de musique, nous continuons à nous diversifier selon nos humeurs, n’en déplaise aux grincheux, et nous passons moins de temps sur Internet. Nous avons incontestablement gagné en qualité de vie.

Étrangement, nous recevons depuis, et régulièrement, des candidatures spontanées pour devenir rédacteur à Neoprog alors qu’à une époque nous tentions vainement de recruter sur Internet. Aujourd’hui je ne sais que répondre à ces demandes, si nous recrutons, nous n’augmenterons pas pour autant le nombre de publications, à moins de réorganiser tout le fonctionnement du webzine, et ça je n’y suis pas vraiment prêt. Chacun s’acquitte en moyenne d’une chronique par mois si l’on passe sous silence mon cas désespéré. Cela suffit pour assurer les trois chroniques par semaine et c’est bien assez ainsi. Alors pour l’instant, je suis bien embêté quand il faut répondre à ces demandes : “L’équipe est au complet, nous te recontacterons plus tard si nous recrutons à nouveau”, bof.

Si la fréquentation du site me donnait des poussées d’adrénaline quelques fois, la sérénité actuelle me convient bien mieux aujourd’hui. Tant que nous aurons ces fidèles lecteurs, l’aventure vaudra la peine d’être poursuivie. Merci à vous.