Le fort

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Sur le chemin des Vosges, un panneau Fort de Mutzig m’a toujours interpellé sans que je ne me décide à suivre ses indications. Après près de trente années d’hésitations, je me suis enfin décidé un samedi ensoleillé pour cette destination inconnue.

L’Alsace regorge de fortifications, châteaux du XXII, restaurations de l’Empereur Frederic II, forteresses Vauban, forts de la guerre de 1870 et la ligne Maginot, un vaste patrimoine militaire que j’aime visiter même si je déteste toutes les manifestations guerrière. Mon épouse dit que j’aime le minéral.

Je suis donc parti pour 20 km de voiture, en direction de la vallée de Mutzig puis j’ai tourné à droite pour grimper le piémont vosgien, une grimpette bucolique qui mène au fort de Mutzig, le Feste Kaiser Wilhem II.

Je m’attendais à un petit fort comme celui situé au sud de Strasbourg, mais la dame, à la billetterie, m’a mis en garde. « Il y a deux kilomètres de marche monsieur, des centaines de marches, il fait 16 degrés à l’intérieur, prenez vos précautions avant de rentrer, il n’y a pas de toilettes à l’intérieur et ne marchez pas dans l’herbe haute, il y a des tiques. Un billet adulte ? ». Ben oui, pas troisième age… J’a l’air si vieux que ça ? 

Le fort a été bâti par les allemands sur une période allant de 1893 à 1916. Il a abrité jusque 7000 hommes sur des 254 hectares et il s’agit du plus vaste ensemble fortifié de la première guerre mondiale, enfin c’est du moins ce qui est marqué dans le prospectus que l’on vous donne à l’entrée.

Et en effet, après m’être enfoncé de quelques marches dans la fraîcheur de la pierre et du béton, je me suis retrouvé, presque seul, dans d’immenses galeries étroites et obscures.

Évidemment, je n’étais pas venu vraiment seul, le Nikon était de sortie comme souvent en promenade. Avec un temps de pause au 20eme de seconde sans pied, une ouverture à f 2.8, je montais quand même à 4000 ISO pour saisir les tunnels creusés 40 mètres sous terre. L’exercice photographique était extrême, chercher la lumière là où il n’y en a pas, ne pas bouger et essayer de dégager de la profondeur de champ à f 2.8. 

Par chance, les rares visiteurs passaient rapidement et je pouvais rester longtemps dans les galeries, allongé sur le métal froid, l’appareil posé au sol, l’objectif braqué vers une ampoule à incandescence, entre les moteurs du groupe électrogène à trouver le meilleur angle de vue, des minutes devant un engrenage géant ou en tenant le boîtier à bout de bras pour capturer l’intérieur d’un canon.

Les couloirs sont vraiment incroyables mais ce qui m’a le plus impressionné ce sont les quatre ou cinq énormes générateurs et son tableau de commande au look définitivement steampunk. J’ai passé une bonne demi-heure dans cette pièce à essayer de trouver la bonne image et capturer des détails de la machinerie d’un autre age.

Les dortoirs et l’hôpital militaire m’ont ramenés à des jeux de horror survival à la première personne, des décors dignes de Resident Evil. Je croyais à des visuels glauques imaginés par les concepteurs de jeux, j’ai découvert qu’ils s’étaient en réalité bien inspirés d’images d’archives.

Lorsque je suis ressorti à l’air libre, la lumière, les couleurs éclatantes de la végétation et le bleu du ciel m’ont ébloui. Que la nature est belle même si, de ci de là, une tourelle, un canon, des tranchées barraient le paysage. C’est là que j’ai rencontré un des bénévoles du site qui m’a raconté son histoire, un ancien militaire, qui 40 ans plus tôt, s’était lancé avec d’autres passionnés dans la réhabilitation de cet immense site.

Il faudra que je retourne au fort de Mutzig, avec cette fois un pied photo pour de plus longues pauses avec plus de profondeur de champ et peut-être un grand angle pour quelques pièces difficiles à saisir au 24 mm. Le lieu n’est pas très éloigné de Strasbourg, l’entrée ne coûte que douze euros, l’essentiel est de bien de penser à soulager sa vessie avant d’entreprendre l’exploration périlleuse des galeries car les latrines du bunker ne sont pas utilisables.

Mother of Millions – Orbit

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Cette galerie contient 2 photos.

Mother Of Millions est né en 2008 à Athène sortant son premier album Human, – un concept comme il se doit – en 2014. Viendront ensuite Sigma et Artifact après plusieurs concerts avec Ocean of Slumber, Leprous ou Sleepmakeswave. Continuer la lecture

La belle saison

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L’hiver est bien terminé, d’ailleurs , l’a-t-on vu passer ? Le mercure dépasse les 30 degrés à la mi mai. Tout va bien. 

C’est la saison des apéros en terrasse, des barbecues et des soirées dehors. Les bricoleurs reprennent leurs activités, les chiens aboient, la caravane passe.

Les peuple est à la fête, le beau temps est enfin de retour, mais sérieusement 31 degrés en mai, cela n’est pas normal. 

Comme disait très justement une personne sur Internet, il serait bon que les journalistes cessent de se réjouir lors du bulletin météo de ces belles journées ensoleillées. Ça n’est pas une bonne nouvelle. C’est la preuve que le réchauffement climatique gagne du terrain. 

Les gens font installer des climatisations dans leurs logements, j’y songe moi même tant je souffre lors des canicules. Beaucoup d’électricité consommée et de l’air chaud rejeté dans l’atmosphère bouillante, la meilleure manière d’accélérer l’embolie climatique.

Les seuils de températures mortelles pour l’homme ont été dépassés en Inde et au Pakistan. Le niveau des mers monte inexorablement et d’anciennes capitales sont sous les eaux. Pendant ce temps, nous bâtissons des EPRs pour produire plus d’électricité afin de charger nos voitures électriques, alimenter les climatisations et fabriquer de l’aluminium pour envoyer des touristes dans l’espace.

Par chance, nous avons trois ministres en charge du problème cette fois. La première ministre en chef Elisabeth Borne, Amelie Montchalin, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et Agnès Pannier-Runacher à La transition énergétique. J’espère qu’elles s’entendent bien sinon ce sera encore une jolie cacophonie. Ceci dit, les ministres ne suffisent pas, il faut une vraie volonté derrière, on l’a vu avec le Petit Nicolas.

« CE QUINQUENNAT SERA ÉCOLOGIQUE OU NE SERA PAS »

La cage dorée

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J’ai eu ma période Camilla Lackberg, de La Princesse des glaces jusqu’à La sorcière en fait.

J’ai vraiment adoré ses débuts avec Erica Falk mais peu à peu la saga familiale a pris le pas sur les enquêtes dans la petite ville de Fjalbacka et vers la fin, je m’ennuyais.

Alors quand on m’a recommandé La cage dorée, je suis resté dubitatif, même si la libraire m’assurait que le livre était très différent des autres.

C’est pourtant bien vrai, ce roman ne ressemble guère aux enquêtes d’Erica. Ici, Camilla raconte avec brio la vengeance d’une femme. Un livre féministe écrit par une femme pour les hommes. Puissent-ils comprendre le message. Il contient les tous ingrédients essentiels pour nous émoustiller : pouvoir, sexe, violence, réussite et vengeance ainsi qu’une leçon de morale.

Faye, une belle femme au passé trouble, épouse Jack, un jeune entrepreneur aux dents longues. Après quelques années de parfaite idylle, la femme au foyer qu’est devenue Faye se fait jeter comme une malpropre par son mari devenu un puissant homme d’affaires grace à son aide.

L’épouse soumise se retrouve alors à la rue et conçoit alors une vengeance machiavélique.

Si le cheminement du récit est prévisible comme les coups de théâtre, il est largement compensé par le style de l’auteure toujours aussi efficace. On plonge dans la vie de Faye, son couple, ses relations, ses amies, de la première jusqu’à la dernière page du livre.

Un excellent thriller féministe que je vous recommande chaudement.

The Gathering – Beautiful Distortion

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Après Afterwords en 2013, The Gathering était en sommeil, s’effaçant derrière le projet Habitants. Aujourd’hui les frères Rutten sont de retour avec la délicieuse Silje Wergeland pour Beautiful Distortion, un nouvel album huit titres d’un peu moins de cinquante minutes.

Outre Hans, René et Silje, on retrouve Franck aux claviers, fidèle depuis les débuts et Hugo qui est revenu en 2018 dans le groupe. A peu de choses près, il s’agit de la formation d’origine en fait.

Si tout le monde se souvient de Mandylion avec Anneke, The Gathering a pris depuis un chemin nettement plus alternatif que doom avec même des touches trip hop.

Les deux frères ont pris quelques rides mais pas leur musique, bien au contraire. La parenthèse de dix années a permis au groupe de se ressourcer, voire de se réinventer et Beautiful Distortion est une agréable surprise.

L’album est plus proche d’une dream pop que d’un doom alternatif malgré quelques passages moins aériens comme dans ‘In Colour’, ‘Grounded’ ou ‘We Rise’. 

Leur onzième album Beautiful Distortion joue la carte du mélodique, donnant la part belle au chant de Silje avec quelques parenthèses instrumentales comme dans ‘We Rise’ ou ‘Pulse of Life’, au passage mes titres préférés de l’album.

Hans et René ne renoncent pas pour autant aux motifs doomesques ni aux rythmiques pesantes comme en témoigne ‘We Ride’, le titre qui se rapproche le plus de leur jeunes années doom gothiques. 

Les guitares électriques et acoustiques se partagent équitablement les rôles, toujours drapées de claviers et d’une batterie peu appuyée dans l’ensemble.

Le plus électronique des huit morceaux s’intitule ‘Pulse of Life’. Il possède une intro qui me fait penser à ‘Wild Signals’ de la BO du film Rencontre du Troisième Type. C’est sur ce titre que Hans se lâche le plus sur la caisse claire et les crashs, une pulsation de vie des plus dansantes.

Si je devais comparer le mythique Mandylion à Beautiful Distortion, je dirai déjà que la production a fait de sacrés progrès en près de trente ans. Mandylion est nettement plus instrumental et contrasté que le dernier bébé de The Gathering et si la voix puissante et grave d’Anneke a ses charmes, je lui préfère aujourd’hui celle plus apaisée de Silje.

Par contre Mandylion est plus varié et inventif, plus pesant également. Pour Beautiful Distortion, qui est nettement moins dissonant, je vous recommande l’écoute au casque pour ne pas sombrer dans la routine des morceaux.

Si Beautiful Distortion ne sera probablement pas un album cultissime, il amorce en beauté le retour d’un grand groupe de la scène doom alternative qui nous avait beaucoup manqué.

Teeshirt : Arena

Happy birthday Mr President

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Chroniques en Images fête sa première année d’existence après la fermeture du webzine Neoprog. L’occasion de revenir sur les réseaux sociaux maintenant que l’on m’a oublié et de tenter de faire décoller l’audience.

Le rythme d’une vidéo par semaine me va très bien, me laissant assez de temps pour approfondir l’album que je vais chroniquer sans me mettre la pression. Par contre, j’avoue que je ne peux plus forcément parler de tout ce que je voudrais. J’ai tenté des brèves mais elles n’ont eu aucun succès alors je vais sans doute y renoncer.

J’ai été approché par quelques labels et artistes et je résiste toujours à l’envahisseur. Même si dans Neoprog je me sentais assez libre de m’exprimer, il y avait quand même une certaine pression insidieuse qui me poussait à mettre en avant des albums qui ne le méritaient pas forcément.

Maintenant, je fais vraiment ce qui me plait. Et si quelques fans outrés s’excitent dans les commentaires, ça n’a pas grande importance. 

L’investissement pour réaliser ces vidéos a été progressif et très raisonnable. J’avais la caméra, j’ai acheté les éclairages, le prompteur et l’écran vert, du matériel que j’utilise également pour la photographie. J’achète toujours autant de musique à côté de ça mais de plus en plus souvent en numérique ce qui divise les prix par deux ou trois en plus d’avoir un plus faible impact sur mon bilan carbone. Bref je fais des économies. Plus besoin de pub ou de donation pour équilibrer les finances. Par contre, je vais bientôt manquer de teeshirt, car je dois en avoir une soixantaine en tout et pour tout dans le dressing et certains ne sont plus mettables. Alors si vous voulez sponsoriser les Chroniques en Images, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Question audimat, je suis passé de 200 vues par jour à 20 par semaine. A croire que ce ne sont pas mes chroniques que l’on lisait à Neoprog mais celles publiées par le reste de l’équipe.

Pour les vidéos, j’écoute vos conseils avisés. Fais pas d’humour, sors toi le balais du cul, arrête de lire ton texte, évite les recadrages intempestifs, souri, cesse de gigoter, rigole un peu, bouge plus, parle avec tes mains, fais plus de gros plan, ne mets que ta voix, met la voix de quelqu’un d’autre. Des conseils que je suis à la lettre, merci à vous.

Filmés d’abord dans le salon, à côté du piano, j’ai migré rapidement devant un écran vert à cause du télétravail. Je suis revenu au boulot au bout d’une semaine mais je garde cette configuration. L’écran vert, même s’il donne une image moins belle, permet de changer de décor en faisant juste une photo. C’est pratique. Le montage par contre est plus complexe, surtout avec iMovie, mais après avoir testé plusieurs solutions logicielles, je vais rester sur cet outil qui est relativement stable et simple même s’il se révèle vite limité.

Je n’ai pas l’intention de changer la formule. Je vais juste essayer de l’améliorer comme cesser de filmer en iso auto ce qui est stupide mais j’oublie à chaque fois de changer les réglages. Pour l’instant je n’arrive pas à me passer du prompteur, j’ai essayé je vous jure, donc je vais garder mon air constipé. Pour ce qui est de sourire, n’y comptez pas, mes dents sont vraiment trop moches. Pour ce qui est de la musique dont je vais parler, cela dépendra de mes coups de cœur (vous avez échappé de peu à un récital classique y a pas si longtemps). Dans l’ensemble, j’écoute pas mal de métal progressif et un peu moins de prog. C’est l’âge qui veut ça, je deviens sourd…

Merci aux quelques personnes qui me suivent dans cette aventure. Vous avez le droit de lever le pouce, de commenter et même de vous abonner à la chaîne, ça le donnera l’impression d’être moins seul.

Trois jours, trois boitiers

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A quoi sert-il de posséder plusieurs boîtiers de photo, sinon se la jouer devant d’autres photographes ? A part dans de rares occasions où il est bien pratique de passer d’un objectif à l’autre sans avoir démonter l’optique du boîtier en très peu de temps comme lors des concerts, à rien ou presque.

Cependant le week-end dernier, j’ai réussi à utiliser trois boitiers en trois jours.

Le vendredi, je suis allé au centre ville de Strasbourg avec le Z6 II histoire de faire quelques photographies. Mes p as m’ont rapidement conduit au sommet de la cathédrale qui offre une vue incroyable sur les toits de la ville. 

Pourquoi avec le Z6 II ? Parce que dessus j’ai un objectif Z 24-70 ouvert à 2.8 très polyvalent. L’ensemble est assez lourd mais reste encore passe partout, permettant des images de paysages ou de la street photo avec un fabuleux piqué. C’est en redescendant que j’ai trouvé la photo. Une rosace s’ouvrait sur les toits de la ville. Les escaliers sont étroits et les ouvertures fermées par des grilles. Il a fallu glisser l’objectif entre les barreaux, laisser passer les visiteurs qui descendaient, cadrer au petit bonheur. Après quelques essais, j’ai obtenu le résultat souhaité.

Le lendemain, je suis allé découvrir le nouveau skate parc de ma commune. Les jeunes s’y retrouvent avec leurs trottinettes, rollers, vélos et skate pour s’essayer à des figures acrobatiques.

Pour ce genre d’image, l’objectif Tamron 70-200mm à 2.8 est parfaitement adapté. Le Z6 II avec la bague FTZ n’est pas assez réactif avec cette optique, surtout pour l’autofocus et pour les photos de sport je préfère un grand capteur. Alors j’ai ressorti ce bon vieux D810 qui a fait ses preuves en maintes occasions. L’idée était ici de privilégier la vitesse pour capturer les jeunes dans ls airs. Le plus difficile à été de trouver le bon spot et de repérer le plus dégourdi des jeunes. Mon sujet s’est prêté au jeu et après quelques réglages, j’ai obtenu des images tête en bas, pied en l’air, sans bougé, bien exposée et surtout au point, car une cible mobile qui fonce vers vous au 1/850 eme ça n’est pas de la tarte.

Le lendemain, jour du seigneur, je suis parti avec madame pour une promenade bucolique dans le Kochersberg. Le but ici n’était pas de faire de la photographie mais de se dégourdir les jambes, donc pas question d’emporter la grosse artillerie. Cette fois, j’accroche autour du cou un Panasonic Lumix GX9 avec un objectif 12-32 mm rikiki. Un combo qui tient presque dans la poche et réalise d’assez belles images malgré tout. Un bon compromis pour les balades au cas où il y aurait quelques chose à photographier. Et il y a toujours quelque chose qui pourrait faire une belle image, sinon ce ne serait pas une belle promenade. C’est l’Ukraine qui m’a inspiré, le grenier de l’Europe, un champ de colza en fleurs sous un ciel bleu avec quelques nuages. L’atmosphère était relativement humide et il a fallu pas mal de travail pour faire ressortir le ciel de donner du relief au chant. Cela se voit au petit liserée blanc à la limite terre/ciel.

Après, il est toujours possible de partir avec son smartphone trois objectifs. Ca coûte moins cher, ça tient dans la poche, le capteur n’est pas si mal et certains modèles permettent même de photographier en mode natif. N’empêche, j’aime bien trimballer mon gros sac à dos avec ses optiques super lourdes, ça me donne l’impression de faire de la photo.

Ison – Aurora

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Daniel Anghede a joué avec Crippled Black Phoenix et Venus Principale tout en menant son projet Ison depuis 2015. Un multi instrumentaliste assez porté sur le shoegaze et le post-rock ambiant. 

L’an passé, il sortait Aurora en solo cette fois, un album huit titres de soixante-dix minutes accompagné par du beau monde, jugez vous même : des chanteuses comme Sylvaine ou Cammie Gilbert et le bassiste de Katatonia pour n’en citer que trois.

Chaque titre de Aurora dévoile le chant d’une nouvelle artiste envoûtante sans que l’album ne vire au patchwork. Bien au contraire. Les huit morceaux forment un tout très cohérent. Et c’est d’ailleur son petit défaut, surtout lorsque l’on considère sa durée.

Cohérent mais pas exempt de différences pour autant. ‘Waves’ chanté à deux voix par Cammie Gilbert du groupe Ocean Of Slumber et Daniel, est à tomber par terre. Neuf minutes d’abord cinématiques post-rock qui vont crescendo, constitue un des moments forts de cet album. Mais j’avoue, j’adore la voix et le timbre de Cammie.

‘Celestial’ avec Gogo Melone, du groupe Luna Obscura, m’a également tapé dans l’œil avec son écriture proche de la musique d’Anathema.

Post-rock ambiant et voix éthérées habitent des morceaux de sept à douze minutes. Des titres qui offrent un agréable fond sonore mais qui manque de caractère pour maintenir une écoute attentive. Quelques bordées de growl auraient sans doute donné plus de relief à Aurora.

Aurora est une une collection de très belles voix féminines sur du post-rock atmosphérique. Mais pour que la collection soit complète et que l’album ne devienne cultissime pour certains metal geek, il aurait fallu inviter Anneke, Floor, Marcela ou Jo Beth à chanter.

Pour la musique, Daniel donne dans le post-rock avec de beaux traits de guitares, parfois floydien, une batterie assez discrète, des volutes de claviers et des chœurs évanescents. 

Daniel recommande de l’écouter du début à la fin, au casque, les yeux fermés, comme une méditation musicale censée apaiser celui qui l’écoute. Faites gaffe cependant à ne pas vous endormir quand même. Une heure dix de musique apaisante, les yeux fermés, j’appelle ça une très grosse sieste.

Teeshirt : Pain of Salvation

Test : AirPods 2 contre Grado SR325

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Aujourd’hui, je vous propose de comparer deux casques de technologies radicalement différentes. Les AirPods deuxième génération et le casque Grado SR325.

Les AirPods 2 sont des écouteurs Bluetooth de la marque Apple. Ils sont devenus quasi indispensables pour écouter de la musique sur les nouveaux iPhones et peuvent fonctionner également sur votre Mac. Ils tiennent dans un petite boite que l’on peut ranger dans une poche et qui sert également de chargeur. Leur utilisation est très simple avec un iPhone qui les reconnait immédiatement, à peine plus complexe pour un Mac.

Confort : ces écouteurs en plastique blanc font rapidement mal aux oreilles, on peut dire carrément inconfortables, encore que cela doit dépendre des oreilles.

Utilisation : la mise en route et l’arrêt sont automatiques et en couplant « Dit SIRI » avec l’utilisation des AirPods, il est enfantin de modifier le volume, changer de morceau ou de playlist.

Qualité sonore : vous aimez la bouillie suraiguë ?

Prix130 euros
Poids8 grammes
TechnologieBluetooth
Autonomie5 heures

Le casque Grado SR325 est un casque filaire audiophile à brancher sur une chaîne hifi, de préférence sur un ampli casque. Il ne rentre pas dans la poche et ne peut pas se connecter à un iPhone. En plus il coûte une blinde.

Confort : les coussinets en mousse chauffent rapidement les oreilles mais cela reste supportable pendant une heure, pas beaucoup plus longtemps.

Utilisation : à proximité de la chaîne, le cable fait deux mètres de long, il faut utiliser la télécommande de la Hifi pour régler le volume et changer de piste et pour un vinyle, il faut retourner le disque, l’enfer !

Qualité sonore : magnifique

Prix400 euros
Poids300 grammes
TechnologieFilaire jack 6,35 mm
AutonomieTant qu’il y a du courant dans la maison

Conclusion

J’avais besoin d’un casque pour mon nouvel iPhone SE 3. Je suis allé en boutique tester différents modèles BlueTooth, de Bose à Philipps et passant par Marshall et JBL. Ils m’ont tous déçu, trop de basses, son qui bave et j’en passe pour des modèles dont les prix sont supérieurs à 300 euros. Alors je me suis dit, pourquoi pas prendre des AirPods, c’est la marque Apple, c’est petit, c’est pratique et moins cher.

Le son est vraiment merdique, perché dans les aiguës et brouillon à souhait. Par contre, je peux lancer de la musique sur le Mac et l’écouter dans toute la maison sans déranger personne, si ce n’est mes oreilles. En fait, étant donné leur qualité sonore, les AirPod sont parfait pour passer l’aspirateur ou tondre la pelouse. Les AirPods sont également pratiques pour bosser sur le montage des vidéo et pour écouter des podcasts sur YouTube.

Pour écouter de la musique et me faire plaisir sans réveiller toute la maison, je branche le casque Grado sur la chaîne. J’ai acheté une rallonge pour pouvoir m’installer confortablement dans le canapé, goûter à toute la palette des couleurs de l’album et faire plaisir à mes oreilles délicates.

Un conseil, arrêtez de bousiller vos tympans avec du son mp3 et des écouteurs de mauvaise qualité audio. La musique, cela s’écoute en analogique, installé confortabelement dans une pièce au calme.

Guerre

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Je n’avais jamais lu Céline, juste entendu parler de cet écrivain autant en bien autant qu’en mal. Alors commencer son œuvre par un roman jamais publié, encore au stade de brouillon, était-ce vraiment une bonne idée ? Peut-être pas finalement. J’aurais probablement dû commencer comme tout le monde par Voyage jusqu’au bout de la nuit.

Guerre a été publié soixante-dix années après la mort de l’écrivain, un court roman, partiellement autobiographique semble-t-il où Louis-Ferdinand parle d’un soldat blessé à la guerre 14-18 puis hospitalisé à Peurdu-sur-la-Lys.

Il n’est pas aisé de rentrer dans le style argotique de Céline. Certains mots vous échappent et certaines phrases sont tout simplement incompréhensibles. Un des personnages change plusieurs fois de nom au cours du récit et quelques corrections ont été nécessaires pour rendre plus intelligibles des passages du roman. Heureusement, les notes sont là pour vous guider dans la lecture.

L’histoire de Ferdinand, unique rescapé de son bataillon, ne manque pas de force, de violence, de souffrance. Il y a la douleur des blessures de guerre, la mort qui rôde, les personnages bouffis de perversion, le sexe omniprésent, la guerre qui gronde au loin, se rapprochant parfois, l’alcool, la prostitution, la crainte du peloton disciplinaire et le monde irréel dans lequel semble survivre Ferdinand. 

Si vous vouliez connaître la guerre, je pense que ce livre vous en écœurera définitivement tant il puise sa force dans la noirceur de l’âme humaine. Il est possible que je lise d’autre romans de Céline, car sa plume possède une puissance évocatrice incroyable. Mais pas tout de suite. Je vais revenir à des choses plus légères.