Que font la plupart des personnes avant de partir en vacances ? Ils préparent leurs valises.
Moi aussi je prépare mes bagages : un appareil photo, un trépied, un chargeur, une batterie, trois livres, un slip et un teeshirt… Mais je dois surtout préparer ma semaine d’absence.
Pendant les sept jours d’absence, mes publications, chroniques, articles de blog et photos, doivent inonder les réseaux sociaux, faute de quoi mes revenus vont baisser et mon e réputation s’effondrer. Il faut donc que je prépare tout en amont, et cela demande beaucoup de travail.
Partant un lundi soir, j’ai besoin de deux chroniques vidéos, de quatre articles de blog et de quatre photographies.
Pour les photographies j’ai l’embarras du choix dans les images pas encore publiées, encore faut-il trouver un thème cohérent et les développer ensuite.
Pour les chroniques, je dois avoir écouté religieusement deux albums, rédigé ma chronique (j’ai généralement un peu d’avance) et enregistré deux vidéos (là je suis souvent à la bourre).
Pour le blog, il me faut des articles et ces derniers temps je manque un peu d’inspiration alors c’est compliqué. Je racle les fonds de tiroir pour trouver une idée et de plus en plus souvent, cela tourne autour de l’astronomie car je n’ai rien lu ni vu qui mérite un billet.
Mon départ en vacances me donne l’opportunité d’écrire quelque chose alors préparez-vous à aller vous faire voir chez les grecs, enfin les crètes.
Une fois tout préparé, il faut mettre ce contenu en ligne et planifier sa publication à l’avance. Pour le blog et Youtube c’est facile, pour les photographies sur Flickr, c’est la galère. Ils n’ont toujours pas implémenté de solution logicielle.
De toute manière, je serai obligé chaque matin, en buvant mon café en face de la mer Méditerranée, de me connecter à internet pour inonder les réseaux sociaux de mes superbes œuvres et de répondre aux multiples commentaires de mes idoles.
Oui, même en vacances, je reste branché sur Internet. Mais que fait-on du droit à la déconnection ?
Tout ça pour gagner quoi ? Zéro euro, d’autant plus que mon hébergeur OVH a décidé de doubler le prix de mon hébergement après une augmentation substantielle l’an passé. Je songe d’ailleurs sérieusement à l’héberger à la maison, mais ça je vous en parlerai dans un autre billet.
Ma banque m’a envoyé une nouvelle carte de crédit avant Noël. Elle est toute noire. Pour être précis, ce n’est pas ma banque, enfin pas celle où résident mes comptes. C’est un organisme qui propose des cartes de crédit Visa à débit différé pour dix euros par an. Et grâce à ces cartes, nous recevons des bons de réduction de cinq euros plusieurs fois par an. Bref, elle ne nous coûtent rien contrairement à celle de ma banque qui est facturée plus d’une centaine d’euros par an. Et je déteste donner de l’argent à un banquier.
J’ai donc reçu ma nouvelle carte noire à puce avec un petit code pour l’activer sur l’application de la banque. Mais voilà, sur l’application, impossible d’activer ma carte. Donc, j’ai envoyé un mail au service client qui m’a aimablement répondu complètement à côté de la plaque. Alors j’ai appelé le service client qui a promis de s’occuper du problème. Ça c’était mi décembre.
Depuis j’ai envoyé deux mails par semaines et je leur ai téléphoné au moins autant pour faire avancer le dossier. Cela fait pas mal de messages et d’appels. Mais la réponse était toujours la même, « nous allons vous rappeler » ou « nous allons vous envoyer un mail pour réinitialiser votre compte ».
Le problème était pourtant identifié. Nous avons deux espaces clients, celui de mon épouse et le mien. Depuis plusieurs années, je gèrais tout depuis l’espace client de mon épouse (c’est moi qui fait les comptes, paye les impôts, vide les poubelles…). Et cet espace client ne me permettait plus de gérer ma carte. Il fallait que j’aille sur le mien. Hélas, je ne pouvais m’y connecter à cause d’une ancienne adresse mail depuis longtemps disparue.
Un soir, en rentrant du travail, j’ai enfin reçu enfin le message contenant le fameux lien de réinitialisation valable 24h. J’ai cliqué dessus, plein d’espoir, avant de découvrir le terrible message en rouge affiché à l’écran. Le lien avait expiré ! J’ai contacté le service client qui m’a demandé de supprimer mon application, de patienter une demi-heure et de tenter une nouvelle connexion. J’ai supprimé l’application, patienté une heure, installé l’application, et j’ai vu s’afficher le message de bienvenue : « Une erreur est survenue. Merci de réessayer ultérieurement. ». J’ai donc à nouveau contacté le service client qui m’a proposé de, devinez quoi, supprimer l’application et de la réinstaller. Après plus de trente minutes d’explications, de mises à jours et de tentatives infructueuses en suivant minutieusement les procédures dictées par mon interlocuteur, le conseiller a fait remonter un ticket d’anomalie (le deuxième depuis le début de cette aventure).
Le bon coté des choses, c’est que grâce à la banque, je faisais des économies. Ma carte était gratuite et je ne pouvais pas réaliser de paiement sans contact ni sur internet, et ça depuis plus d’un mois. Heureusement que certains sites acceptent les virements bancaires et Paypal pour régler les achats.
Et puis un jour enfin, j’ai reçu un message me demandant de me connecter avec mon email et non plus l’identifiant à six chiffres, de demander un nouveau mot de passe et de me reconnecter. Et ça a marché, plus d’un mois après le début de mon enfer. Victoire !
Je ne vous cache pas que si tout cela m’a énervé, c’est parce que je voulais précommander le nouvel album de Lazuli qui sortait le 30 janvier. Malheureusement, sur leur site, les moyens de paiement disponibles étaient Apple Pay, Google Pay et un truc exotique dont je n’avais jamais entendu parler. Bref des systèmes que je ne pouvais pas utiliser avec mon problème de carte bancaire. Rageant !
Mais figurez-vous que le jour où j’ai enfin pu accéder à l’espace client de ma banque, Lazuli venait d’ajouter PayPal comme moyen de paiement sur leur site !
Il n’y a pas si longtemps, la copine d’un ami a essayé de me contacter pour obtenir des photos de concert en plein format pour lui faire un cadeau.
Ne pouvant demander mes coordonnées au gars en question, puisque c’était une surprise, elle a tenté de me joindre via les réseaux sociaux, mais sans succès.
Pourtant je suis présent sur de nombreux réseaux sociaux : Facebook, Instagram, Mastodon, Blue Sky, WhatsApp, Messenger et trois Flickr, oui trois… J’ai également trois sites web et quatre adresses email. Si avec ça je ne suis pas joignable…
En réalité, j’ai tout fait pour que l’on ne puisse pas me contacter. Sur les sites web, mon téléphone et mon adresse email ne figurent nulle part et je n’ai pas installé de formulaire pour me contacter. Tout au plus est-il possible de poster un commentaire sur mes deux pages WordPress.
Sur la page Facebook, j’ai supprimé le bouton contacter, sur Flickr il faut disposer d’un compte pour pouvoir contacter quelqu’un et les réseaux Mastodon et Blue Sky restent tout de même assez confidentiels pour que peu de personnes me recherchent dessus.
Je ne suis pas totalement invisible, par contre je suis relativement injoignable. Et c’est volontaire.
Lorsque le webzine Neoprog existait encore, je recevais de nombreuses sollicitations par mail, messages et SMS pour me proposer des albums, des interviews, des concerts ou même me demander des informations afin d’organiser une tournée en France. Ça n’arrêtait pas. Alors j’ai décidé de disparaître, histoire de ne plus être sollicité.
Malgré ces mesures radicales, je reçois toujours quelques demandes, mais cela n’a rien de comparable avec la grande époque. D’ailleurs ça me manque presque, j’avais l’impression d’être important… Bref passons… Certaines promotions arrivent encore directement par la Poste mais elles sont de plus en plus rares, d’autres par mail et le plus souvent dans les commentaires des réseaux sociaux et de WordPress. Cela ne représente plus qu’une sollicitation par mois au maximum à laquelle je réponds toujours poliment mais fermement pas ‘non merci’.
Dernièrement un groupe de prog d’Amérique du Sud a réussi à me contacter sur Flickr et sur le blog pour m’inviter à écouter sa musique. Ils devaient être désespérés.
Tout ça pour dire que si vous avez essayé de me contacter un jour ou l’autre sans succès, ne vous en voulez pas, je travaille activement à ce que ce soit difficile. Je ne chronique pas de promotion, je ne fais plus d’interview, je ne me rends qu’aux concerts qui m’intéressent et je demande tout seul mes accréditations photos. Cela nuit certainement à ma visibilité sur la toile mais est-ce bien important ?
Quant aux copines qui veulent imprimer des images que j’ai photographié, je leur rappelle tout de même que tous mes clichés sont sous copyright et que donc interdits de reproduction, modification, utilisation, sans une autorisation expresse de ma part pour les utiliser, surtout lorsqu’on les re cadre pour couper la signature. Vilaine fifille !
Bonjour papa , mon téléphone est cassé, c'est mon numéro temporaire, peux-tu m'envoyer un WhatsApp, pas par SMS !
+33773399739
Le numéro de téléphone de SMS était le +33 7 89 30 01 17 et celui sur lequel je devais le recontacter le +33 7 73 39 97 39 ce qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille.
Mais sur le coup je n’ai pas vraiment réfléchi, j’étais en déplacement depuis 6h30 avec quelques heures de route au compteur et un seul café dans les veines.
Alors j’ai contacté ce numéro via WhatsApp avec ce message :
Hello, téléphone HS ?
J’aurais pu réfléchir deux secondes. S’il pouvait me contacter via WhatsApp c’est que son téléphone fonctionnait ou que le nouveau qu’il utilisait, puisque c’était un autre numéro de téléphone, pouvait recevoir des SMS et des appels. Mais bon j’avais plein de travail et toujours qu’un seul café baignant les neurones.
Le gars m’a répondu ceci :
Cc papa, mon téléphone est tombé dans les toilettes,
Alors je me suis marré. Et lui a continué.
C'est ne pas drôle, J'ai tout perdu, photos et fichiers, Toutes les applications importantes, Papa, j'ai un peu honte de te le demander, mais j'ai besoin de ton aide.. Tu reçois?
Mais ça, je l’ai lu à 13h après un café serré bu à la fin du repas de midi. J’avais l’esprit nettement plus clair. Alors j’ai voulu jouer. J’ai répondu « Yep » et le bonhomme a poursuivi.
Je dois payer 2 factures malheureusement j’ai pas accès à ma banque en ligne je peut te les envoyer ? Je te rembourse pour jeudi..
J’ai répondu, en bon père que je suis :
Ben oui bien sûr
Et lui de continuer.
Merci beaucoup, J'ai parlé à ma banque et ils m'ont dit que je ne pourrai plus me connecter à mon compte avant jeudi, Alors je te rembourserai, d'accord?
Prends moi pour un con… j’ai donc répondu « Yep ».
Et lui de m’envoyer les informations :
Je t'enverrai les détails Nom: Sophie Lefèvre Iban: DE78 5087 0324 0067 6932 00 Motif: GDH 0091 Montant: 2494.95 Virement SEPA Le bic est DEUTDEDBP26
Après quelques minutes de silence, je l’ai informé que la transaction était réalisée et lui ai demandé quelle était la seconde. C’est là qu’il m’a demandé une preuve de virement. Là j’ai fait le débile j’avoue, lui expliquant que je n’avais pas encore reçu la confirmation par mail et que je ne savais pas faire une copie d’écran pour lui envoyer. Il a voulu savoir si j’étais sur un PC. J’ai répondu que non, j’avais fait le virement depuis mon téléphone. Et sans doute pour m’expliquer comment faire la copie d’écran, il m’a demandé la marque de mon smartphone. J’ai répondu que je ne savais pas.
Quel téléphone as-tu ?
Je ne sais pas, c’est toi qui me l’a offert.
Ça l’a fait rire. Il a fait encore quelques tentatives, me proposant de refaire le virement jusqu’à que je lui dise que je ne pouvais pas, parce que mon téléphone était tombé dans les toilettes. Après cet échange, il a été soudain assez mal poli, il faut bien l’avouer.
Hahaha Fils de put
Bon, j’ai signalé son numéro de téléphone à l’adresse des Spams au 33700, je l’ai bloqué et j’ai signalé le bouffon sur WhatsApp. Cela ne va sans doute pas beaucoup l’arrêter mais je le suis bien amusé… Mais faites quand même gaffe.
Ça y est, j’ai la fibre informatique. Ok cela fait longtemps que c’est ma passion, j’ai même été un des premiers à utiliser Internet en France avec Compuserve et un modem 56k. Mais là j’ai la fibre !
Jusqu’à présent je disposais d’une offre RED by SFR avec une box en coaxial 100/7 Mb. Teuf teuf teuf. Mais en réalité je n’ai pas besoin de plus de débit en fait.
A deux reprises RED a tenté de m’installer la fibre, sans succès, chaque technicien ayant une explication différente du précédent : foureau écrasée, logement pas relié. Du coup pas de box fibre et la menace de la suppression du coaxial se faisait de plus en plus pressante. J’ai même failli lancer des travaux à mes frais pour raccorder la maison.
Et puis miracle, il y a quelques jours, SFR a mis un petit mot dans la boite aux lettres pour m’informer que la fibre était arrivée dans notre rue et que je pouvais appeler un conseiller pour l’installation. Oui bon, cela fait des années que la fibre est arrivée dans le quartier, mais pas chez nous.
Joueur, j’ai contacté le commercial qui m’a affirmé que les gars de RED étaient en gros des incapables (ce sont les mêmes sous-traitants pour tous les prestataires mais passons) et que lui se faisait fort de l’installer la fibre à notre domicile.
Alors j’ai signé. Le technicien est venu, il a cherché longuement et comme ses collègues et a renoncé, clôturant le dossier pour la troisième fois.
Mais comme il était tenace, avant de partir il a découvert un fourreau en limite de propriété de mes voisins où la fibre pouvait passer.
Alors j’ai repris rendez-vous avec SFR pour une quatrième tentative. Oui parce que lorsqu’un dossier est clos, il est clos.
Donc une semaine plus tard le même technicien est revenu, a percé un trou dans le mur, tiré la fibre, branché la box et, magie, nous étions enfin relié après un long parcours du combattant qui aura duré quatre ans tout de même. Quand on parle de fracture numérique…
Restait maintenant le problème de l’abonnement. J’avais ma box en coaxial chez RED à 15 € par mois et ma box fibre chez SFR à 45 € par mois gratuite le premier mois.
J’ai tenté de joindre de commercial qui m’avait vendu la fibre, hélas répondait aux abonnés absents. Les vacances peut-être. A moins qu’il ai été recruté par RED entre temps.
Alors j’ai comparé les offres sur Internet et opté pour celle de RED, à 24.99 € pour 500 Mb, cinq fois plus de débit que l’ancienne.
J’ai donc entamé la procédure de résiliation chez SFR pour me séparer de l’offre à 45 euros. La télé opératrice m’a tout d’abord expliqué que je ne pouvais plus résilier. Damned ! J’ai dû me battre et lui expliquer que la fibre était connectée depuis la veille pour qu’elle m’écoute. La personne m’a alors passé le service résiliation qui a voulu connaître la raison de mon désistement. Ben le prix banane ! 20 € de plus pour un service dont je n’ai pas besoin. Comment dire ?
Le commercial m’a alors proposé de s’aligner sur l’offre RED sans frais, une offre 1 Go au même prix que celle de RED à 500 Mo. J’aurais du marchander un peu plus en faisant valoir que j’étais fonctionnaire avec des années de gel d’indice derrière moi. Qui sait ?
Après, les résiliations de mon ancienne box coaxiale, de ma commande RED et de ma box fibre provisoire ont été épiques. Lorsque j’ai eu le conseiller au téléphone, il n’a rien compris à la situation, mélangeant les différents abonnements RED et SFR, ne retrouvant pas les commandes et ne comprenant rien à ce qui devait être résilié et ce qui devait conservé.
Une fois démêlé toutes les offres en cours au même domicile, il a fallu renvoyer les boxs avec des liens qui ne fonctionnaient pas pour télécharger des étiquettes de retour. Donnez les trois premières lettres de votre nom : LEB, LE ? Ben nom. CHR. Oui chez SFR mon nom de famille, c’est Christophe…
J’ai reçu également le 31 octobre un courrier m’annonçant qu’on allait installer la box le 28 octobre. Puissant ! J’ai également reçu un SMS me confirmant la résiliation du contrat puis celui annonçant sa validation et aussi un dernier me confirmant le retour du mini décodeur fibre et le remboursement de 49 euros que je n’ai jamais payé…
Hier j’ai reçu une première facture SFR de 78.98 € comprenant les frais d’installation de 49 € et l’abonnement de 29.99 € ainsi qu’un remboursement sur mon compte de 49 € par SFR Fixe Adsl. Du coup, je ne sais plus vraiment où j’en suis. Le remboursement correspond-il à la box coaxiale que j’ai restituée ou bien aux frais d’installation de la box fibre ? La réduction promise sur l’abonnement fibre de 5 € n’a manifestement pas été appliquée, du coup je suis de nouveau accroché au téléphone au 1023 (j’adore ce numéro pour essayer d’éclaircir tout cela).
Bon toujours est-il que nous avons maintenant la fibre contrairement à un ami qui a aménagé à Strasbourg il y a quelques mois et qui se connecte à Internet via son téléphone portable…
L’ère du papier est révolue. Les classeurs, les tampons encreurs, les stylos, les secrétaires ont laissé place au PDF, au web 2.0 et aux smartphones.
J’ai pris rendez-vous sur Doctolib pour un examen médical. La plate-forme m’a proposé un premier rendez-vous dans une vingtaine de jours avec toute une liste de spécialistes disponibles. Aucun n’était libre à la date en question. Après plusieurs essais j’ai compris la petite subtilité de l’interface qui consistait à ne pas choisir un praticien mais prendre celui proposé par défaut.
J’ai reçu ensuite un mail de confirmation avec un lien pour compléter un questionnaire. Un long questionnaire dans lequel je devais glisser mon ordonnance papier, ma carte d’identité plastifiée, mon attestation de sécurité sociale PDF et ma carte de mutuelle en carton. Évidemment, l’imprimante scanner HP a choisi ce jour pour ne plus dialoguer avec l’ordinateur.
J’ai du me débrouiller avec mon téléphone et AirDrop pour numériser tout ce qui devait l’être, le réduire à un format acceptable pour la plate-forme web et transmettre toutes ces informations au cabinet dématérialisé.
Après cette laborieuse inscription j’ai reçu un nouveau mail contenant un QR code à présenter le jour de mon rendez-vous. Sérieusement, un QR code !
Je n’ai ‘que’ 58 ans, je suis geek et j’ai travaillé dans l’informatique pendant de longues années. Le web, les QR codes, AirDrop, les scanners, je connais encore un peu. Mais comment peut se débrouiller une personne vraiment âgée qui ne dispose pas d’un smartphone ou ne sait pas s’en servir ? Elle meurt de vieillesse ou de maladie avant d’avoir obtenu un rendez-vous ?
Lorsque j’étais enfant, le tube cathodique et ses trois chaînes en noir et blanc représentaient la seule source d’information et de distraction avec la radio en ondes moyennes.
Depuis il y a eu la FM, Internet, la réception satellite, le cable et le streaming, c’est à dire une offre nettement plus étendue mais pas forcément de meilleur qualité.
Il y a presqu’un an maintenant que j’ai débranché mon décodeur TV. Je ne regardais plus depuis longtemps les informations toxiques et le film de 20h30 s’étant progressivement décalé à l’heure où je me mets au lit, il ne restait rien pour moi.
A la place, je regarde Apple TV+ et Disney+ sans parler de quelques DVD empruntés à la médiathèque. Je regarde ce que je veux et à l’heure qui m’arrange dans la limite du catalogue disponible.
Pour la culture, je vais sur YouTube. Je ne suis abonné qu’à quelques chaînes qui publient à un rythme plus ou moins régulier des vidéos sur divers sujets.
Il y a la musique avec Radio Erdorin qui une fois par mois partage ses trouvailles metal, prog, post, zarbi. Je ne manque aucun épisode, d’abord parce que c’est souvent drôle et que j’y trouve parfois, souvent, très souvent, plein d’albums à écouter.
Je suis la NASA avec ses lives, décollages de fusées, sorties extra-véhiculaires, flyby lunaire, j’essaye quelque soit l’heure du jour ou de la nuit, de vivre en direct ces événements. Dans mon enfance, il fallait avoir beaucoup de chance pour assister à un alunissage ou au décollage d’une navette spatiale. C’était un événement.
Je regarde la chaîne Nikon France où des photographes parlent de leur art, du matériel, confrontent leurs expériences, expliquent des clichés et détaillent les réglages qu’ils utilisent. J’en apprends à chaque fois beaucoup en leur présence.
Toujours dans l’image, je suis les vidéastes Charles Schiele et Benjamin Tanto de Derrière la Caméra. Ils testent du matériel, donnent des trucs et astuces, décortiquent leurs tournages et parlent à l’occasion de photographie. C’est avec Benjamin que j’ai suivi une formation sur Lightroom.
Pour l’espace, il y a Hugo et Maxime Lisoir, deux passionnés qui trois fois par semaine parlent d’astronomie, d’astronautique et d’astrophysique. Des vidéos d’une quinzaine de minutes relativement accessibles qui permettent de se tenir informé des progrès de la science. En plus ils répondent à vos questions dans un épisode spécial en fin de semaine.
Pour la littérature, il y a Mémo’art d’Adrien, un blogueur très présent sur Twitter. Je ne regarde pas tout car je lis assez peu au final, en moyenne un livre par mois. J’y vais lorsqu’il parle d’un auteur que j’apprécie tout particulièrement ou que je recherche un nouveau bouquin à lire.
Je suis également abonné à Chroniques en Images, ma chaîne YouTube qui approche maintenant des cent abonnés. Bon là il s’agit de modérer les commentaires et de vérifier que la dernière chronique musicale est bien en ligne.
Enfin je suis abonné à de très très nombreux groupes de metal, de prog, de rock, de post-rock, de folk, à des labels, des chanteurs et des musiciens. Je ne regarde pas tout, loin de là, surtout que je déteste écouter de la musique sur YouTube. Mais ces abonnements me permettent, en plus des réseaux sociaux, d’être informés des prochaines sorties et des dates de concert. En plus, de temps en temps, je tombe sur un live en streaming qui le permet de les écouter sans bouger de mon canapé.
Au final, je ne passe qu’une à deux heures sur YouTube par semaine, nettement plus sur Disney et Apple et encore plus devant mon Mac à préparer les chroniques, les articles de blog et à développer les photographies.
La TV elle reste presque toujours éteinte, sauf lorsque je joue avec la Switch, ce qui arrive de moins en moins souvent.
Depuis le Brexit et malgré les démissions de Boris puis de Liz, les achats outre Manche sont devenus rebutants. Outre le taux de change de la livre sterling, s’ajoutent des frais de port exorbitants et des frais de douane, sans parler de la petite commission du transporteur.
J’ai renoncé à bien des achats pour cause de Brexit, tant pis pour nos amis artistes vivant de l’autre côté du Channel. Adieu les beaux vinyles, les digipacks et autres trésor que je chéris tant.
De temps en temps je succombe quand même à la tentation à cause d’un vinyle vraiment exceptionnel ou d’un équipement photo introuvable en Europe.
Le plus souvent, lorsque vous commandez, il n’est fait mention nulle part de ces frais supplémentaires. Lorsque le transporteur annonce que votre paquet va arriver, vous recevez en prime un SMS ou un mail vous demandant de payer les frais de douane. Un lien vous redirige vers un formulaire indiscret qui vous demande de nombreuses informations ainsi que votre numéro de carte bleue.
Si vous n’achetez pas grand chose en ligne, c’est assez simple de suivre, un achat, un message. Mais si vous commandez régulièrement à l’étranger, cela peut devenir un casse tête. Dernièrement j’attendais un vinyle d’Angleterre (toujours pas arrivé), un filtre pour mon appareil photo, un compact disk expédié de je ne sais où et un lecteur de carte CF vendu sur une boutique de la Fnac.
J’ai reçu un SMS d’un transporteur me demandant de régler pas loins de trente euros de frais de douane. Mais de quelle commande s’agissait-il ? Du vinyle à 40 euros, du filtre à 80, du CD à 15 ou du lecteur à 30 ? Impossible de savoir, je ne disposais que du numéro d’expédition référencé chez aucun de ces marchants.
Je n’avais pas envie de payer 30 euros de frais de douane pour un achat de 15 euros évidemment. Mais comme je ne savais pas ce que c’était, j’ai payé. J’ai eu la même aventure pour des LEGO commandés sur Bricklnk et qui se sont avéré provenir de Thaïlande. La note a été quelque salée. J’aurai dû être plus attentif.
Samedi matin, j’ai reçu un SMS de Chronopost me réclamant 48 cents. Etant donné que je venais de recevoir une notification d’expédition, je ne me suis pas méfié. Le colis XG019700436JC avait été suspendu à cause de frais supplémentaires. Cela ne ressemblait pas à des frais des douanes, mais je venais de me lever et n’avais pas encore bu mon café.
J’ai cliqué sur le lien https://support-chrononopost.com et j’ai complété le formulaire ainsi que les informations relatives à ma carte bleue. Bizarrement, je n’ai jamais reçu le code de validation 3D Secure de ma banque après avoir envoyé mes informations de carte. Bug ? J’ai pris un café et ai commencé à réfléchir. Après quelques recherches sur Internet, je suis tombé sur des articles d’arnaque au phishing par de faux transporteurs.
48 cents pour des frais, c’était bien peu. Le site de Chronopost n’était pas en .fr, mais en .com et surtout il ne s’agissait pas Chronopost mais de Chrononopost. Mais voila, je deviens sénile et de moins en moins prudent. Entre 6h39, heure de réception du SMS et 7h46, heure de l’opposition bancaire, le hacker a pu jouer librement avec ma carte bleue non protégée pour des débits frauduleux sur Internet. Il semblerait que la loi nous protège cependant à condition de porter plainte. Par contre je n’ai toujours pas réussi à accéder au portail de déclaration via France Connect. Le lien vous renvoie vers un lien que vous renvoie vers un lien qui revient au point de départ.
Depuis, j’ai les yeux rivés sur mon relevé bancaire en ligne pour scruter d’éventuelles opérations frauduleuses sur ma carte bleue. Jusqu’ici tout va bien.
Lire le roman Quality Land en pleine campagne présidentielle alors que j’avais décidé d’ouvrir un nouveau compte Facebook et Instagram sur mon iPhone, ça ne manque pas de sel.
Quality Land décrit une société parfaite où la technologie et les GAFAM procurent tout le bien être nécessaire à une vie harmonieuse. World Wide Whatever, Quality Partner, The Shop, Quality Corp, Everybody, Quality Pad, le moindre de vos désirs est exaucé avant même que vous ne l’ayez imaginé. Votre tablette vous trouve le partenaire idéal, connaît vos restaurants préférés, commande pour vous et régit votre bonheur à votre place.
Chaque habitant porte comme nom de famille, le métier ses parents et possède un profil avec une note allant de 1 à 100, note qui détermine le statut social, la profession, les partenaires, les amis, les restaurants. C’est là que nous rencontrons Peter Chômeur, le héros de notre histoire, alors qu’il en possède dix, à un point des Inutiles, la classe sociale majoritaire à Quality Land.
C’est Le meilleur des mondes. Oui, comme dans le roman de Huxley ou dans 1984 de Orwell mais en beaucoup plus drôle.
La perfection n’est pas de ce monde et l’auteur le raconte avec beaucoup d’humour à l’aide de quelques personnages, Peter, un moins que rien qui veut retourner le vibromasseur dauphin qu’il n’a jamais commandé, John Of Us, l’androïde candidat au poste de président de Quality Land, Martyn le politicien looser.
Une société tellement centrée sur la consommation et les loisirs, que lorsqu’ils ont construit l’astroport, après avoir installé les restaurants, bars et commerces, ils se sont aperçu qu’ils n’avaient plus de place pour les pistes d’atterrissage.
J’ai passé d’excellents moments avec ce roman, de grand fous rires (le coup du baiser) et le livre m’a même fait gamberger sur notre mode de vie actuel qui n’est pas si éloigné que ça finalement de Quality Land. En deux mots, un livre intelligent et drôle. C’est fait cinq mots non ?
Dans la vie j’utilise six boîtes aux lettres. Quatre pour le travail, deux privées. Les six sont ouvertes en même temps sur mon navigateur web et les notifications pleuvent sans cesse.
Celles du travail sont peu bavardes hormis les harangues syndicales qui tombent plusieurs fois par jour. Sur les deux boîtes privées, celle à mon nom possède une activité raisonnable, musique, expéditions de colis, factures et devis, mais la seconde, celle dédiée au webzine Neoprog, connaît une activité frénétique. Sur cette boite arrivent toutes les promotions, les annonces, les demandes de contact, les notifications du webzine, les concerts, les prochaines sorties d’albums, les commentaires des lecteurs et fatalement une tonne de spams.
Cela représente une cinquantaine de messages par jour qu’il faut trier, lire et auquel il faut parfois répondre. Comme Neoprog ferme ses portes vendredi prochain, je me suis lancé dans une vaste opération de désabonnement généralisée.
Le plus simple fut de me désabonner de la plateforme Haulix sur laquelle arrivaient de nombreuses promotions et newsletters. Il a fallu ensuite me désabonner manuellement d’autres listes et envoyer un message à quelques contacts qui travaillent encore à l’ancienne, sans liste de diffusion.
Cela m’a pris plusieurs heures, mais je voulais faire les choses dans les règles et ne pas juste supprimer l’adresse mail du webzine afin de ne pas saturer les serveurs internet de requêtes inutiles.
Aujourd’hui je ne reçois presque plus rien dans cette boîte et ça me fait tout drôle. Mes soirées sont soudain bien vides. Je peux m’installer dans le canapé et écouter un vinyle sans être interrompu par une notification Gmail, Facebook ou Twitter.
A la fin de cette semaine, je fermerai mes comptes Twitter, Facebook, Gmail et Instagram avec soulagement, ne conservant qu’une adresse mail et un compte Twitter perso, sans parler du compte Flickr sur lequel je publie mes photographies bien entendu. Si vous voulez encore avoir de mes nouvelles, il faudra passer par là ou venir sur ce blog.
Après m’être vautré dans les médias sociaux, je vire à l’ascétisme. Mais que voulez-vous, c’est ma nature. Le blog va survivre à cette hécatombe numérique, du moins tant que cela m’amusera, juste pour le fun, sans contrainte d’aucune sorte, sans équipe, sans pression, sans audimat, une manière de repartir à zéro et d’explorer de nouvelles choses.