FROST* – Day and Age

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Teeshirt : Anathema – the optimist (2017)

Après trois chroniques musicales en images, j’ai décidé de changer le générique pour le rendre un peu plus dynamique, il y a même de la musique, composée pour l’occasion avec GarageBand. Folie ! Bon, vous avez le droit de détester.

Ne recevant plus de promo, il a bien fallu que j’achète comme tout le monde Day and Age, histoire de savoir ce qu’il avait dans le ventre.

Et que ce soit clair, je ne suis pas un fan de FROST. Cependant, je reconnais que de temps en temps, ils sortent quand même des trucs vraiment bluffants. J’aime FROST lorsque ces membres sortent des sentiers battus comme dans Experiments In Mass Appeal ou leur dernier EP Others. Nettement moins lorsqu’ils font de la pop progressive.

John Mitchell est un des atouts du groupe. Un atout oui mais aussi une faiblesse. On entend un peu trop la voix et les guitares de John dans le prog : Arena, It Bites, Lonely Robot, The Urbane, Kino…

Le batteur Craig Blundell était une autre des cartes maîtresses de FROST, mais il a quitté le groupe il y a peu. Pour le remplacer, le trio a invité trois batteurs, Mastelotto, Rodriguez et Todd, qui se partagent les huit morceaux de l’album. Et ils n’ont pas à rougir de s’asseoir derrière la batterie de Craig. On retrouve dans Day And Age l’esprit et le style de Blundell. 

J’apprécie vraiment la qualité des éditions vinyles du label Inside Out et le CD bonus qui accompagne les galettes. Ici nous avons une double pochette et deux belles photographies, les paroles sur une feuille volante, deux vinyles 180 grammes, trois faces et bien entendu le CD. Day And Age est vraiment un bel objet. 

Des titres comme ‘Island Life’ et ‘Skywards’ ressemblent hélas furieusement à du Lonely Robot en partie à cause du chant de John. Mais lorsque vous entendrez ‘The Boy Who Stood Still’ – facile à dire -, vous comprendrez que ce nouveau FROST doit figurer dans votre discothèque. Plus conté que chanté, l’histoire de cet enfant qui disparaît, est juste géniale. À lire et à écouter.

Il y a à boire et à manger dans Day And Age. ‘Terrestrial’ est assez décevant alors que ‘Waiting For The Lie’ et ‘Kill The Orchestra’ sont à tomber par terre, sans doute à cause du chant et du piano (on ne se refait pas). Le bien nommé ‘Repeat To Fade’ peut aussi bien agacer que séduire, ça dépend des jours, car à force de se répéter… ben ça se répète…

Ce ne sera sans doute pas le meilleur des albums de FROST, mais il mérite tout de même le détour. Alors vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Nine Stones Close – Traces 2021

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Teeshirt : Cris Luna – Maëlstrohm 2014

Voici dix ans, Adrian, Brendan, Marc, Neil et Eric enregistraient Traces, le premier album du groupe Nine Stones Close.  

La line up du groupe, menée par le guitariste Adrian Jones, a bien changé depuis, avec entre autres les départs de Marc et de Brendan. En comptant St Lo sorti en 2008 (un disque instrumental écrit par Adrian), seuls quatre albums ont vu le jour en treize années.

En début d’année, Adrian décidait d’offrir une cure de jouvence à Traces ainsi qu’une édition vinyle très limitée. Et bien évidemment, si je vous en parle, c’est parce que j’ai le bonheur de posséder un des deux-cent-cinquante exemplaires de cet album, avec sa pochette revisitée pour l’occasion par Antonio Seijas.

Adrian va sans doute râler, mais si je suis tombé amoureux de Nine Stones Close la première fois, ce fut grace à une voix, celle de Marc Atkinson, un artiste que je suis depuis ses projets solo comme dans ses différents groupes Riversea et Moon Halo. Marc possède un timbre feutré, chargé de mélo, qui brille particulièrement sur les pièces lentes. 

Et cela tombe bien, puisque Nine Stones Close donne dans le planant avec des nappes de claviers et des guitares floydiennes. En plus d’avoir d’un chanteur à la voix unique, Traces possède un guitariste au feeling extraordinaire. La combinaison des deux donne des morceaux d’une grande beauté, magnifiés dans cette réédition. 

Les claviers de Brendan se contentent d’atmosphères planantes et la batterie semble quasiment anecdotique sur cet album. Mais cela va avec style de la musique.

Le vinyle débute sur le court instrumental ‘Reality Check’ qui nous met tout de suite dans l’ambiance et s’achève par un grand format en trois parties, ‘Thicker Than Water’, le titre certainement le plus énervé du disque. Entre les deux se glissent trois autres morceaux dont le sublime ‘Falling To Pieces’, qui est de loin mon préféré avec le long ‘Threads’.

Je vous recommande d’écouter Traces le soir, au calme, dans une pièce aux lumières tamisées, quand la maison s’est endormie. En plein jour, il n’a pas la même puissance évocatrice.

A l’occasion, essayez également le dernier album en date du groupe, Leaves, sorti en 2016. Vous y entendrez un nouveau chanteur, un disque très différent mais non moins intéressant.

Kyros – Celexa Dreams

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Teeshirt : Airbag – A Day At The Beach 2020

Avant de devenir Kyros en 2016, ces quatre jeunes américains se faisaient appeler Synaesthesia. Si leurs débuts, deux ans  plus tôt, ne m’avaient pas convaincu, leur premier effort sous le nom de Kyros m’avait tout simplement ébloui. 

Après ce Vox Humana en 2016, ils revenaient en 2020 avec Celexa Dreams, un double vinyle et dix morceaux dont deux à rallonge. A première vue, Celexa Dreams pourrait être considéré comme un album de pop pour hypocondriaque orné de ses tablettes de médicaments et pilules colorées. 

Le packaging du disque se révèle on ne peut plus minimaliste. Les deux galettes noires se rangent dans une pochette simple avec les paroles imprimées sur une feuille volante. Le bon point étant que les textes restent lisibles, contrairement à l’édition CD qui nécessite l’usage d’une loupe.

Pop, funk, électro, jazzy, cinématique, la musique de Kyros gagne en complexité au fil des morceaux pour culminer sur le très progressif ‘In Vantablack’ long de quatorze minutes. Le groupe puise pour partie ses racines dans le rock progressif de la fin des années quatre-vingt-dix avec ses synthés et percussions électroniques, là où Genesis s’est arrêté en chemin. Ajoutant à sa palette de nouvelles influences comme Sound of Contact et David Kerzner, Kyros invente un rock progressif aussi frais qu’exigeant, dans lequel on retrouve même du Queen.

Encore meilleur que son prédécesseur Vox Humana, Celexa Dreams est un album indispensable. 

Kyros vient également d’éditer Celexa Streams, des lives en streaming enregistrés pendant le confinement et disponibles sur Youtube, un disque treize titres qui permet de découvrir leur musique si vous ne les connaissez pas encore.

gleb kolyadin / water movements

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Teeshirt : Galaad – Paradis Posthumes 2021

Je vous emmène au pays des poupées gigognes et des compositeurs romantiques, découvrir de la musique française du début du vingtième siècle.

Gleb Kolyadin est plus connu pour sa participation au groupe iamthemorning que pour son travail en solitaire.

Mais Gleb est avant tout un pianiste sorti du conservatoire de Saint-Pétersbourg. Sous le sobriquet de PoloniumCubes, il nous a livré quelques très belles pièces de piano.

Après un premier album solo sorti en 2018 bourré d’invités, Gleb signe sous son nom, de courtes improvisations au piano, enregistrées entre 2015 et 2019. Un disque qui porte le titre évocateur de water movements, à l’image des photographies qui ornent l’artwork et le livret. Des photographies de la mer et de l’horizon, des plages, des digues, des mouettes volant dans des ciels gris, au dessus des eaux vertes.

« Perhaps the main purpose of this music is not to be about something particular, so everyone could interpret it in their very now way. » Gleb.

L’album contient treize pièces instrumentales assez brèves. Et cette fois, un seul musicien invité joue aux côtés de Gleb sur cet album. Il s’agit de Vlad Avy à la guitare sur le titre ‘mirage’.

Classique, impressionniste, cinématique, ces trois adjectifs collent assez bien à cet album. Les connaisseurs y reconnaîtront sans doute un peu de l’esprit de Poulenc, de Ravel, de Debussy mais également des inspirations cinématographiques.

Le mélomane n’y trouvera sans doute pas totalement son compte, peut-être à cause du manque d’ambitions des morceaux joués. Pour ma part, j’aime l’écouter en musique de fond pour travailler ou pour me détendre. Si vous appréciez le piano comme l’artiste, faites-vous plaisir en le découvrant, vous pouvez l’écouter sur Bandcamp.

Coup de foudre

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Le chroniqueur de rock est un gars blasé qui a tout écouté, tout éprouvé, tout rencontré. Il ingurgite des tonnes d’albums par semaine, lit des dictionnaires entiers de paroles, trie des centaines de pochettes. Il connaît toutes les arpèges, tous les accords, tous les ponts, touts les refrains, tous les tempos.

Il lui arrive cependant, de temps en temps, dès la première écoute, d’avoir le coup de foudre, de tomber amoureux et d’écrire la critique dithyrambique de l’année, le cinq étoiles, la copie au 20/20, la merveille du siècle.

Mais passé la première année de vie commune, ce mariage peut devenir routine voire désastre. Je vais vous parler de ces coups de cœur qui au fil des mois ont perdu de leurs charmes.

Commençons par le dernier Leprous, Malina. Il a été, comme bien souvent, chroniqué avec une promotion en mp3 et adulé dès la première écoute. Comme je fais souvent dans ce genre de cas, je l’ai immédiatement commandé en édition vinyle et lorsqu’il est arrivé, je n’ai pas retrouvé l’enthousiasme initial. Le master vinyle me semble plat, fade et même le CD manquait de dynamique. Je le reconnais volontiers, il s’agit de des considérations audiophiles, mais il y a certainement également un effet post coup de foudre qui est intervenu dans ce dés amour. Je suis toujours content de découvrir certains groupes avant tout le monde, bondissant comme un cabri, impatient d’en découdre, puis la fête passée l’enthousiasme retombe. Malina reste un très bon album, mais je l’ai sans doute sur-noté à sa sortie.

Je ne suis pas un fan de post-rock, pas plus que de flamenco, pourtant lorsque de Toundra et le chanteur Francisco Contreras ont écrit Para Quienes Aun Viven j’ai grimpé au rideau. J’ai d’ailleurs également le vinyle à la maison. Mais ici, la galette anthracite est à la hauteur de la promotion que nous avions reçue, même mieux en fait, pour le son, un peu comme tous les albums de Toundra qui acquièrent un « grain » en analogique. Même si je trouve l’album toujours très fort, je sais pourquoi je remets peu souvent le vinyle sur la platine. Ce qui m’avait principalement séduit à l’époque, c’était la surprise provoquée par la rencontre de ces deux univers musicaux presque antagonistes. Et bien entendu, à force d’écoutes, la surprise s’est émoussée, donc une partie du plaisir.

J’ai été longtemps un inconditionnel de Neal Morse et de The Neal Morse Band. Aujourd’hui un peu moins. Lorsqu’il a sorti le pavé The Similitude Of A Dream, je me suis beaucoup investi sur cet album, creusant le sujet du livre The Pilgrim’s Progress, me plongeant dans le livret, m’embarquant dans notre première interview téléphonique avec ce monstre sacré du prog. J’ai l’impression que tout cet investissement méritait inconsciemment une chronique cinq étoile. Aujourd’hui, pour ne pas vous mentir, je n’arrive plus à écouter cet album de bout en bout d’une traite.

Il y en a d’autres bien-sûr, mais pas tant que ça heureusement. Plein d’autres restent des pures merveilles, des albums que j’écoute toujours avec autant de bonheur. Je n’en citerai que trois, les moins connus du grand public comme le dernier Karmamoi The Day Is Done, The Franck Carducci Band Torn Appart et l’EP de Wolve Lazare.

Faut-il que je change la note de tous les albums qui après coup me semblent moins bons ou meilleurs ? La question mérite d’être posée. Idéalement, il faudrait plus de recul avant de publier une chronique, donc prendre plus de temps pour écouter, chroniquer moins fréquemment, alterner la chronique avec d’autres albums. Mais voila, la gourmandise est un vilain défaut et nous ne sommes pas très nombreux dans l’équipe alors nous continuerons probablement comme ça. Et puis, seul un imbécile ne change pas d’avis non ?

Pas chroniqué ?

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Pour quelle raison ces enfoirés du webzine Neoprog n’ont-ils pas chroniqué votre dernier album ?

Vous avez contacté le boss, vous lui avez envoyé du matériel audio, une bio, une vidéo, glissé un billet un 500 € dans l’enveloppe et rien. Pas une ligne dans les colonnes du plus célèbre magazine de rock progressif de la planète. Pourquoi tant de haine ?

Il n’ y a pas de haine, il n’y a que des choix. Première question à se poser, êtes-vous bien dans l’esprit du webzine, car comprenez bien que pop, punk, jazz, trash, chansonnette, hip-hop, dub-step, opéra, grunge, ska ne trouvent pas leur place dans nos chroniques, où alors accidentellement. Ensuite nous recevons beaucoup plus de musique que nous ne pouvons écouter, même d’une oreille distraite, et pourtant nous en écoutons beaucoup. Et quand je dis beaucoup, c’est vraiment beaucoup.

Le choix de l’album à chroniquer appartient au critique, il n’y a pas de chronique imposée à Neoprog, du coup tout dépend de l’humeur de chacun.

Au cours de l’année, il y a plusieurs temps forts, la rentée musicale de septembre, le début de l’année civile et la fin du printemps. Ce sont des périodes pendant lesquelles les promoteurs et labels nous inondent d’albums, le plus souvent des groupes poids-lourds qu’il est impossible de passer sous silence si nous voulons garder encore quelques lecteurs. Du coup, les artistes moins connus perdent en visibilité pendant ces périodes intenses et il nous arrive de parfois les oublier.

La lassitude est également une raison de non chronique. Etant donné que nous écoutons beaucoup de musique, nous sommes fatalement blasés à force d’écouter des albums qui se ressemblent tous un peu à la fin. Il nous faut donc des sensations fortes pour stimuler nos envies, il nous faut de la variété, d’où des périodes pour certains d’entre nous passant du néo-progressif au metal puis au canterbury pour ne pas tourner en rond. Si par malheur vous arrivez avec du prog symphonique alors que je suis dans ma période doom expérimental, vous n’avez aucune chance d’être sélectionné, c’est injuste mais c’est ainsi.

Un autre facteur rentre en jeu : lorsque notre appréciation de l’album n’est pas des meilleures, nous préférons le plus souvent passer sous silence notre opinion. Le but n’est pas de démolir un artiste ou un album, mais plutôt de donner envie au gens d’écouter de la musique.

Comment mettre toutes les chances de votre côté ? D’abord contactez-nous si vous jouez du rock progressif. Ne nous demandez pas de chroniquer de la musique en streaming, nous ne le ferons pas. Ne nous envoyez pas du mp3 v0, faites au moins l’effort de nous envoyer du 320. Soyez un minimum visibles sur la toile, fournissez nous quelques informations sur qui vous êtes, un dossier de presse est toujours le bienvenu (cela nous évite d’écrire des âneries). N’hésitez pas à nous envoyer un titre sur Youtube, Bandcamp, Soundcloud afin que l’on se fasse une petite idée. Et donnez-nous tous les détails, date de sortie, line up, pochette, label, histoire que l’on puisse déjà vous référencer chez nous. Enfin inutile de nous dire que vous adorez notre webzine et que vous le consultez régulièrement et que nous faisons un super boulot, c’est gentil, mais j’imagine que vous ne lisez pas tous les webzines de rock progressif à qui vous soumettez votre musique…

Nous faisons notre maximum pour donner de la visibilité aux groupes émergents qui, selon nos critères, le méritent. Référencement, annonce de concerts, chroniques, actualités, interviews, livereports… Mais il faut également que nous parlions des formations mainstream pour que le webzine soit lu. L’équilibre est difficile à trouver.

Contrairement à certaines idées reçues ou pratiques d’autre magazines, nous ne faisons pas payer nos publications, nos chroniques, nos interviews. Si nous le faisons, c’est par passion, par envie.

Si la chanteuse du groupe est vraiment mignonne, même si c’est du R&B, on devrait pouvoir s’arranger pour une petite interview chez moi quand ma femme est au travail, mais chut !

La dérive

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Nous allons parler une fois encore de notation.

L’objectif de l’éducation nationale est que 90% des français obtiennent leur baccalauréat. Comment y arriver ? Améliorer l’enseignement ? Non trop compliqué. Rendre les français intelligents ? Impossible. Donner le bac dans une pochette surprise ? En voila une bonne idée.

Pour les chroniques, c’est un peu la même chose semblerait-il. Avez-vous calculé la moyenne des notations dans un webzine ? Elle tourne le plus souvent autour de 4/5, 9/10 ou 18/20, à croire que tous les albums critiqués sont très bons ou que les quelques bouses sont sauvées par de grands chef d’œuvres.

Certains magazines n’hésitent pas à affiner l’échelle avec du 4.6/5 afin de différencier l’album à 4.5, du suivant, un tout petit peu supérieur qui aura 4.6… A quand le 4.657124 ? D’autres ont supprimé la note, tout simplement, lisez le texte, vous saurez ce que nous en pensons, moi j’aime bien l’idée même si les artistes préfèrent souvent les étoiles (ça leur évite de lire).

Lorsque nous écoutons le meilleur album d’un groupe, nous avons tendance à lui donner la note maximale – encore que certains chroniqueurs se l’interdisent systématiquement, car la perfection n’existe pas – mais si l’album suivant était meilleur encore, que ferions-nous alors ?

Si dans la carrière d’une groupe, il y a une petite faute de parcours, il est rare que l’album soit sanctionné. Comment punir un groupe que l’on aime ?

Il existe des chroniqueurs lèche boules, mais nous en avons déjà parlé. Il existe ceux qui ne donneront jamais la note maximale. La sélection naturelle joue également beaucoup sur la notation : les chroniqueurs choisissent de préférence de bons albums à des merdouilles innommables pour leurs longues heures d’écoute.

On refuse aux mauvais élèves l’entrée en terminale et du coup les statistiques au bac sont excellentes. Ça s’appelle l’élitisme.

Mais qu’est-ce qu’un mauvais album après tout ? Une mauvaise production, un manque d’originalité avéré, une musique inaudible ?

Quel note donneriez-vous au premier album de Genesis, Genesis to Revelation ? Parce que bon voila quoi, honnêtement, sa production est épouvantable, la musique n’a pas encore atteint la maturité d’un Foxtrot et on retrouve dans ces premiers balbutiements la marque de nombreux groupes de l’époque. Alors… Vous lui donneriez quoi ? Un 2/5 ? Vous oseriez ? Non ? Normal, c’est quand même un album de Genesis. Pour continuer dans cet exercice, prenons Calling All The Stations ou Abacab. Vous leur donneriez combien si ce n’était pas Genesis qui les avait pas composé ?

Tout est relatif donc.

Chez nous, cette dérive est palpable, les albums ayant moins de trois étoiles se font rares. Comment contrer cette dérive ? Chroniquer de très mauvais albums quitte à descendre des artistes en devenir. Se faire mal au oreilles à se dégoûter de chroniquer ? Mauvaise idée. L’inflation semble donc inévitable alors à quoi sert encore la note, je ne sais pas. D’ailleurs, à quoi sert le Bac ?

La grosse pomme

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Dans mon iPhone n°20

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Chronique d’une histoire

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Qu’est-ce qui se cache derrière les caractères codés en UTF-8 de la page HTML d’une chronique de rock progressif ?

L’histoire commence bien souvent par un mail reçu à la rédaction, un message venant d’un artiste, d’un label, d’un robot de plateforme de promotion. Les messages de ce genre arrivent par dizaines toutes les semaines, nous invitant à regarder un Youtube, un Vimeo, écouter un Soundcloud, un Bandcamp, un Haulix ou à télécharger via Dropbox, Google un fichier zip, rar, remplit de mp3 ou de wav. De la pop, du metal, du rock, du psyché, du punk, de la techno, du progressif, nous voyons passer beaucoup de musique.

La première étape consiste à trier ce que nous désirons étudier avec plus de soin de ce qui ne nous intéresse pas pour le webzine. Une fois ce premier débroussaillage effectué, il faut parfois répondre pour obtenir la musique, sous forme de disques ou de fichiers numériques. Lorsque que la musique arrive, il faut référencer le groupe, sa discographie, ses musiciens, l’album, ses morceaux, puis le déposer sur un partage accessible aux chroniqueurs, leur signaler l’arrivée d’une promotion et en faire la promotion.

Vient ensuite la délicate période du choix, chacun regarde, écoute, ce qu’il aimerait chroniquer, vérifie si la date de sortie est compatible avec son planning, puis demande à traiter tel ou tel album.

Commence alors la chronique proprement dite, une phase plus ou moins longue qui dépend beaucoup de l’album, du chroniqueur et de son enthousiasme du moment. Plusieurs  écoutes avec un baladeur pour s’imprégner, une au casque analytique pour jauger de la qualité de la production, plusieurs écoutes sur la chaîne et la phase d’écriture, une fois que l’on croit avoir compris la musique ou lorsque l’on n’en peut plus de l’écouter. Une chronique c’est également de la bibliographie, de la recherche, on ne connaît pas forcément l’histoire du groupe, les musiciens, les précédents albums. Une biographie parfois fournie par les labels afin de nous simplifier le travail et même quelques informations relatives aux morceaux. Il faut s’imprégner des textes, les traduire, comprendre leur sens au delà des mots. Puis il faut écrire, mettre des mots sur des sensations, des sons, des techniques, essayer d’être original, éviter de se répéter à l’infini, garder un style homogène, se relire et se relire encore, puis donner la note, la sanction ou la gratification.

Une fois rédigée, la chronique passe par une phase de validation et de mise en forme. L’auteur la dépose dans un espace partagé et le texte est relu, critiqué, non pas sur le fond mais sur la forme, le fond est de la responsabilité de son auteur, chacun est libre de penser ce qu’il veut d’un album même si nous ne sommes pas toujours d’accord, ce serait trop facile, mais nous le gardons pour nous ou nous en discutons sereinement. La mise en forme consiste à ajouter une vidéo, des images et un lien Facebook, éventuellement à compléter la discographie ou la line up du groupe si elle a changée.

Vient ensuite l’étape de pré-publication. A l’aide d’un framework maison, le texte est inséré dans la base de données du webzine, lié à l’album, aux morceaux, au groupe, aux artistes et à sa note, près pour une publication quelques jours plus tard.

Puis vient le grand jour, de préférence avant la date de sortie du disque. Une nouvelle fois, à l’aide du framework, la propriété publique de la chronique, bascule de non à oui et soudain la magie opère. Sur le webzine, la chronique de l’album devient visible.

Reste à rendre des comptes à qui de droit. La chronique est publiée sur la page Facebook du webzine, sur Google+, sur le Twitter et envoyée au promoteur, artiste ou label qui nous avait sollicité quelques temps plus tôt.

Enfin, lorsque vous cliquez enfin sur la pochette du disque, le framework rentre en action : avec pour seule information une clef, il va rechercher dans la base de données le texte de la chronique, sa note, son auteur, les morceaux, sa pochette, le groupe, ses membres, leur discographie, les précédentes chroniques, élaborer une page HTML et la renvoyer vers votre navigateur, afin que vous puissiez enfin lire l’avis de son auteur.