C’est sur la route du sud de la France, dans des embouteillages, qu’à la radio j’ai entendu parler du dernier roman de Laurent Gaudé. Un livre sur les attentats du Bataclan.
Les romans de Laurent Gaudé sont toujours très forts et je redoutais de me plonger dans ses mots tellement vrais. Pourtant j’ai lu son roman, pour le souvenir.
C’était le 13 novembre 2015. Je me souviens bien de cette date car le lendemain j’étais dans une petite salle de concert en province et que l’émotion était vive parmi les artistes et le public. Quelle étrange soirée partagée entre la joie de la musique et le deuil !
Dans Terrasses Laurent Gaudé emprunte les voix des parisiens assis dans les cafés, celles des fans de Eagles of Death Metal, des supporters de foot, des badauds, des policiers, des ambulanciers, des infirmiers, des amoureux entraînés bien malgré eux dans cette nuit d’horreur. Des centaines de voix et de cris anonymes au milieu des tirs de Kalachnikov et des sirènes de secours.
Le roman fonctionne au rythme de toutes ces voix qui rêvent d’une belle soirée d’automne, d’un verre en terrasse pour terminer la semaine, d’un rendez-vous tant attendu, d’un concert. Et puis tout bascule dans l’horreur, l’horreur du hasard qui décide de celui qui va vivre et celui qui va mourrir.
Un livre qui chapitre après chapitre déroule cette nuit interminable pour les victimes comme pour les secours et qui s’achève par l’après, lorsque la vie doit reprendre ses droits traînant derrière elle le poids du souvenir et de la perte.
N’en doutez pas Terrasses est difficile à lire. Si 128 pages sont peu de mots, il faut souvent reprendre son souffle entre les courts chapitres. Il faut même parfois faire des pauses. Mais c’est un roman fort comme les faits qu’il raconte. Alors lisez le.
Peu avant la mi-août, la Terre filant à toute vitesse sur son orbite solaire, traverse des nuages de poussières qui donne naissance aux étoiles filantes des perséides. C’est souvent l’occasion pour de nombreuses associations d’astronomie de faire découvrir le ciel au grand public, à condition bien sûr que la météo soit de la partie.
Cette année nous avions posé notre camp dans le Jardin Botanique à Strasbourg, au pied de la coupole pour la nuit. Le ciel était capricieux mais les prévisions annonçaient une nuit dégagée. Nous avons installé nos instruments dans une clairière herbue infestée de moustiques assoiffés.
J’avais amené le télescope pour montrer le ciel en visuel aux visiteurs et la lunette couplée à une caméra pour essayer de résoudre des problèmes techniques rencontrés au Champ du Feu le lundi précédent. Les nuits claires sont rares, il faut savoir profiter de la moindre occasion.
La ville de Strasbourg avait éteint les lumières du quartier pour l’occasion et les étoiles principales de quelques constellations étaient visibles à l’oeil nu. Par contre la Voie Lactée restait cachée à nos yeux. Strasbourg oblige…
Les portes du Jardin Botanique n’ouvraient qu’à 22h30 pour le grand public mais dès 21h, une queue s’était constituée devant l’entrée. Il faut dire que les visiteurs pourraient admirer la grande lunette de l’observatoire et observer les anneaux de Saturne dans son oculaire.
Je terminais de régler l’autoguidage de ma petite lunette de 72 quand je me suis aperçu que j’étais entouré de nombreuses personnes. Et quand la première image de la nébuleuse planétaire M27 s’esquissa sur la tablette les questions fusèrent : « c’est quoi comme instrument », « par où est-ce que l’on regarde », « c’est quoi le petit point flou sur l’écran », « comment ça marche », « ça coûte cher » ?
Je n’avais pas prévu de présenter cet instrument et me retrouvais coincé entre le télescope où des curieux s’agglutinaient et la lunette déjà bien ceinturée de personnes. Par chance Tim le canadien qui voulait tester le télescope avec son nouvel oculaire zoom 7-21 mm (que j’ai acheté le lendemain) a pris les choses en main. Après lui avoir montré comment fonctionnait l’engin, il a géré comme un grand avec un autre compère, Clovis chauffeur de l’Obsmobile, la longue file de curieux voulant coller un oeil à l’oculaire.
Pendant ce temps, je me retrouvais contre toute attente à expliquer à un public curieux les principes de l’astro photographie avec assurance alors que je débute à peine. J’ai réalisé que les images présentées sur une tablette avait nettement plus d’impact qu’un oeil brièvement collé à un oculaire. Le temps que la caméra cumule deux minutes d’exposition, j’expliquais le matériel aux personnes présentes, leur montrait des photos terminées, leur parlais de l’objet visé, galaxie, amas globulaire, nébuleuse planétaire, étoile double ou nébuleuse diffuse.
D’un groupe à l’autre, pointant chaque fois un nouvel objet, répondant aux multiples questions, montrant le matériel, repassant sur le télescope quelques secondes pour un réglage ou pour pointer Jupiter qui se levait, je fus surpris par l’appel de l’organisateur qui annonçait la fin de la soirée d’observation. Il était déjà une heure du matin et la coupole grouillait encore de visiteurs.
J’aurai pu être au Champ du Feu à photographier les Piliers de la Terre ou à observer une comète mais ce genre d’évènement est l’occasion de montrer le ciel aux curieux et qui sait de créer de nouvelles vocations. Ce soir là j’ai rencontré deux personnes bien décidées à franchir le cap après avoir admiré les objets que nous leur présentions. Et puis en cette période d’obscurantisme scientifique, il est essentiel d’expliquer que la Terre tourne autour du soleil, que l’homme a marché sur la lune et que notre planète n’est pas plate.
Le lendemain, malgré la fatigue, nous sommes quand même montés avec quelques membres de l’association sur les collines près de Cosswiller pour une nouvelle soirée d’observation plus paisible. L’obsmobile est restée au garage à cause d’une batterie à plat et pour ma part je n’étais monté qu’avec un transat pour regarder les étoiles avec mon épouse. Ce fut magique.
Comme vous allez le constater, je reviens à une période plutôt forgeronne. Il faut dire que maintenant, lorsque je lance Bandcamp sur mon navigateur web, le portail s’ouvre sur la page des albums les plus écoutés avec des filtres permettant de sélectionner les genres. J’ai cliqué sur Metal, puis Metal Progressif pour faire bonne figure et je suis tombé sur plein de groupes totalement inconnus. Du coup j’ai commencé à parcourir la collection de ces trésors avec avidité.
Le premier album qui m’a chatouillé les oreilles est Under the Shadow of a Foreign Sun sorti le 5 juillet de cette année.
C’est le duo brésilien composé de Luiz Felipe Netto et de Igor Meira qui est derrière le groupe Piah Mater.
Mais sur cet album de nombreux musiciens jouent avec eux : Louan Moura à la basse, Pedro Mercier à la batterie et onze autres artistes invités dont Isadora Melo au chant et Jorgen Munkeby au saxophone.
Under the Shadow of a Foreign Sun propose seulement six morceaux mais deux d’entre eux dépassent les dix minutes et trois autres les huit minutes. Sorti de court instrumental ‘Macaw’s Lament’ qui coupe l’album en deux, il y a donc matière à écouter.
Piah Mater joue un metal progressif dans la veine d’Opeth surtout pour ses guitares et claviers vintages agrémenté de growl, de chant clair et d’influences brésiliennes appuyées comme sur ‘Canicula’, le dernier titre chanté en portugais par Isadora.
Outre ces caractéristiques, il faut noter le jeu de batterie de Pedro Mercier façon percussions tribales sur ‘As Island Sink’ par exemple et le côté jazz fusion du second morceau ‘Falllow Garden’ avec le saxophone de Jorgen.
Un autre point à souligner ici, c’est qu’il s’agit d’un concept album de fin du monde où le réchauffement climatique engloutit les îles et provoque une terrible canicule.
Alors malgré le titre traduit librement par mes soins “A l’ombre d’une étoile étrangère” et une pochette médiévale fantastique, je ne peux qu’y voir un parallèle avec la situation actuelle de notre planète, la Terre. Bon il est possible aussi que je n’ai rien compris à l’histoire, ce ne serait pas la première fois.
Quoiqu’il en soit l’album possède un indéniable côté épique avec une forte composant story telling qui n’enlève rien à la dynamique de la musique. Le chant clair en contrepoint du growl semble crier sa souffrance quand le mal exprime sa violence par la voix caverneuse.
Je trouve Under the Shadow of a Foreign Sun parfaitement équilibré, captivant de la première seconde à la dernière, riche en atmosphères, du black metal, au jazz en passant par la musique brésilienne.
Un très bel album, qui va rentrer dans ma sélection de l’album de l’année 2024.
Dans l’Angleterre des Tudor le roi Edward se meurt. Jane Grey accède à la couronne mais contrairement à l’histoire connue, elle ne sera pas décapitée au bout de neuf jours de règne.
My Lady Jane est un roman et une série TV, s’inspirant de l’Histoire pour dériver dans la romance, la fantasy et l’humour.
L’Angleterre est peuplée d’édiants, des humains pouvant se transformer en animaux, créatures mises au ban de la société par les puissants et pourchassés à mort. La famille Tudor intrigue activement pour accéder au pouvoir et tous les moyens semblent bons pour y arriver.
Jane, herboriste dans l’âme, jeune femme rebelle, sensible et cultivée est mariée de force à Gildford le noceur pour renflouer les caisses de la famille. Las Gildford n’est pas l’homme qu’il prétend être et leurs destinées vont devenir indissociable l’une de l’autre.
My Lady Jane est conté par une voix off des plus impertinente, rythmée par des reprises de rock cultissimes et des répliques hilarantes. Combats, sexe, bondage, intrigue, la série est totalement addictive et en quatre soirées nous avions dévoré les huit trop courts épisodes.
J’arrive (déjà) à un croisement en astro photographie. En trois sorties et plusieurs heures passées devant l’ordinateur, je commence à obtenir des images acceptables du ciel profond.
Je ne chasse pour l’instant que des objets très accessibles avec des temps de pose relativement courts mais je vois bien que j’ai passé un cap, surtout avec l’aide de la lunette Skywatcher 72ED. Cet instrument léger et transportable rend le travail beaucoup plus aisé grace à sa petite focale. La focale c’est la longueur du tube et plus la focale est courte, plus l’instrument est lumineux. Par contre il grossit moins. Le résultat c’est qu’il voit une plus grande portion du ciel et qu’il à besoin de moins de temps pour capter la lumière des étoiles. Du coup le suivi est plus facile et le temps de pose photo plus court.
Depuis le début je photographie avec un Nikon Z6 II Full Frame passé en mode APS-C dont le capteur n’est pas défiltré. En français cela signifie une surface de 16x24mm sur laquelle on trouve un peu plus de dix millions de pixels qui arrêtent certaines fréquences comme les infrarouges. Les appareils photos sont conçus ainsi pour restituer approximativement ce que voit l’œil humain. Nous ne sommes pas capable de voir les couleurs des objets qui brillent au-delà de Neptune, sorti des étoiles, alors tant qu’à capter un maximum de lumière, autant tout récupérer.
Beaucoup de nébuleuses et galaxies rayonnent dans l’infrarouge (l’infrarouge c’est la chaleur), du coup l’appareil photo ne capte pas tout le spectre émis et les images sont moins riches en détails.
Une solution pourrait consister à défiltrer mon Z6 mais je ne pourrais alors plus l’utiliser en photographie classique. Les paysages en infrarouge ce n’est pas mon truc.
D’où l’idée de la caméra. Ces équipements pèsent moins de 500 grammes (la moitié d’un appareil photo) et certaines d’entre elles sont refroidies à -30 degrés ce qui limite le bruit généré par le capteur. Oui parce que lorsque l’on photographie longtemps, le capteur chauffe. Et lorsque le capteur chauffe, il génère du bruit sur l’image c’est à dire de la lumière qui n’existe pas. Les photographes ayant déjà photographié dans des conditions très sombres connaissent le phénomène. À partir d’un certain niveau, l’image peut se confondre avec le bruit. Donc plus le capteur est froid, moins on a de bruit.
Mais voilà, une caméra au format APS-C, coûte plus cher qu’un boîtier photo du même genre. Et même ces caméras onéreuses possèdent des défauts. Il y a par exemple le ampglow, sorte de halo lumineux présent sur le capteur qui ne se corrige qu’avec des images spécifiques, le fait qu’une alimentation 12V 5A est nécessaire pour le refroidissement par effet Pelletier ce qui veut dire une batterie plus costaud si vous ne travaillez pas à coté d’une prise électrique, l’absence d’écran pour visualiser les images obtenues et réaliser la mise au point
Bref les caméras sont des sous APN hors de prix.
En plus il faut choisir, entre la caméra monochrome ou la caméra couleur. Les monochromes sont beaucoup plus sensibles car elles ne possèdent que des capteurs de luminosité contrairement aux couleurs qui se partagent le même nombre de pixels en trois longueurs d’onde. Hélas elles ne photographient qu’en noir et blanc. Du coup il faut utiliser des filtres dans plusieurs longueurs d’ondes pour restituer les couleurs ce qui veut dire poser pendant trois à quatre fois plus de temps. Les filtres coûtent cher et nécessitent idéalement une roue à filtre pour passer automatiquement de l’un à l’autre sans avoir à tout démonter. Bref c’est compliqué.
Dans mon cas je dois me résigner à choisir une caméra couleur avec un plus petit capteur tout en conservant de gros photosites. Le hic c’est qu’un plus petit capteur entraîne une réduction de la zone du ciel observée et ça ce n’est pas cool.
Moi qui me réjouissais de disposer d’un grand champ avec la lunette Skywatcher 72ED, son réducteur de focale et un boitier en APS-C, je découvre qu’avec une caméra à mille euros je devrais photographier des objets moins étendu. Par exemple actuellement je peux photographier la nébuleuse América, la galaxie d’Andromède, les Pléiades ou les nébuleuses Trifide et Lagune sur une image. Avec une caméra non. Je n’aurais q’une partie de ces objets.
Il existe bien caméra ZWO ASI 2600 MC qui possède un capteur 16×24 mm mais bon, elle est au même prix qu’un Nikon Z6 II neuf. Du coup mon choix s’est finalement porté sur la ZWO ASI 533 MC Pro après avoir écouté les conseils de passionnés. Un compromis entre mon budget contraint et les exigences techniques.
Pourquoi une caméra de la marque chinoise ZWO ? Parce que je suis dans l’écosystème ZWO avec l’ordinateur qui pilote ma lunette, un Asiair Plus et la monture qui supporte l’instrument, à savoir une AM5. Il est nécessaire que tout ce petit monde se comprenne pour que tout fonctionne bien et ZWO est un peu l’Apple de l’astronomie, il ne fonctionne qu’avec lui-même.
Pourquoi une caméra couleur ? parce que comme dit plus haut je ne suis pas encore prêt pour des sessions de huit heures de shooting surtout avec une dizaine de nuits acceptables pour l’astronomie par an et qui durent à peine plus de quatre heures en été. Pourquoi la 533 ? parce qu’elle est vendue actuellement sous le seuil psychologique des mille euros, qu’elle possède un capteur carré faisant 11 mm de coté comprenant 3008×3008 pixels, un niveau de bruit faible et aucun ampglow contrairement à certaines autres caméras.
Il va falloir maintenant que je reprenne tous les réglages de back focus, c’est à dire la distance entre la dernière lentille du réducteur de focale et le capteur de la caméra.
Ne me demandez pas pourquoi c’est aujourd’hui que j’écoute Multiverse de Violet Cold. Disons que les voix du saigneur sont impénétrables. Stéphane Gallay l’avait chroniqué l’an passé et Alice l’a rappelé à mon bon souvenir il y a peu en l’achetant sur Bandcamp.
Et comme depuis quelque temps j’écoutais du mou pour chat, j’ai eu envie de revenir à une cuisine plus épicée, en l’occurrence du post metal cinématique avec growl s’affranchissant des genres. En d’autres termes, du metal bizarre.
De l’électro folk cinématique ténébreux gueulé pendant quarante minutes. Voilà ce qui vous attend avec Multiverse.
Derrière le chant satanique vous pourrez entendre un flûte ou du piano débordé par un gros riff et une batterie trépidante. sans parler des douces mélopées d’une chanteuse. Un peu black post metal en cure thermale, Vangelis en colère, oriental décomplexé, Violet Cold n’est pas à proprement parler violent si on tolère le growl. En réalité, la musique, riche d’influences est mélodique à souhait.
Le groupe affirme venir de l’Antarctique, mais à moins qu’ils ne fassent partie d’une bande d’hurluberlus passant un hivernage à Mcmurdo, j’ai des doutes. Certainement une manière pour eux d’échapper à toute nationalité.
Autre bizarrerie, les huit morceaux disponibles en édition digitale ne sont pas les mêmes que ceux présents sur le vinyle qui diffèrent eux aussi de la version CD. Bref c’est carrément barré tout ça d’autant que l’on ignore qui joue, qui chante et qui gueule dans cet album.
Les métalos pourraient reprocher à Multiverse de manquer de mordant malgré le chant crié. Il est vrai que l’électronique, les instruments acoustiques et le chant éthéré qui hantent les morceaux adoucissent beaucoup la morsure du growl. Mais c’est ce qui rend cet album accessible à un très large auditoire.
Les morceaux, sans se répéter, forment un ensemble très cohérent d’où j’ai du mal à dégager une préférence. Il y a tout de même ‘Calliope’ qui se détache de l’ensemble. Il pousse les curseurs folks nettement plus loin que les autres pièces de l’album et ‘Ein Langer Weig’ en version longue explore un peu plus l’aspect post rock de cet album.
Multiverse est un peu inclassable mais que vous soyez un metaleux, un prog head ou bien un amateur de post truc, je vous recommande la découverte de cet album que je trouve pour ma part magnifique.
J’ai toujours rêvé des terres australes. J’aime même songé sérieusement à partir neuf mois aux Kerguelen pour y travailler. J’ai lu des livres, regardé des reportages, dévoré la bande dessinée Voyage aux Iles de la Désolation avant de tomber par hasard sur le roman de Jennifer Lesieur.
Au bord du burn out, l’autrice a tout abandonné pour fuir en croisière vers le Pôle Sud et c’est ce voyage qu’elle raconte dans Antartica blues. Une sorte de journal de croisière à bord de MS Fram avec quelques escales aux Malouines, en Géorgie du Sud pour arriver enfin sur le continent antarctique.
Entre récits d’explorateurs, description des passagers et découverte des paysages et de la faune polaires, notre voyageuse entreprend un périple thérapeutique à la découverte du continent glacé.
Au cours du roman, Jennifer se pose à juste raison des questions écologiques. Comment justifier ce tourisme dans le dernier continent inviolé qui n’appartient pour l’instant à personne. Plus de 70 000 personnes foulent quelques heures par an ce sanctuaire mis à mal par le tourisme et convoité pour ses ressources encore inexploitées. Elle parle également du massacre des baleines au début du vingtième siècle et du réchauffement climatique particulièrement visible dans ces contrées fragiles. Serait-ce pour se donner bonne conscience ?
Ferais-je un jour ce voyage comme l’autrice qui a fuit Paris et son travail pour le continent glacé ? Je ne crois pas. Je ne pense pas que le tourisme ait sa place là bas. Cette terre doit rester préservée et quand je songe au bilan carbone de l’aventure, je ne peux m’empêcher de penser que tout cela ne fait aucun bien à l’Antarctique.
Malgré tout le livre m’a fait rêver comme à chaque fois lorsque quelqu’un évoque les terres australes.
Ceux qui vivent en Alsace le savent bien, les prévisions météorologiques allemandes sont bien plus fiables que les françaises. Météo Suisse est beaucoup plus précise pour la montagne et les Dernières Nouvelles d’Alsace détestent Météo-France.
Je côtoie quelques astronomes amateurs alsaciens, du coup j’en entends des vertes et des pas mûres au sujet des prévisions météorologiques.
Car en astronomie, la couverture nuageuse, la vitesse du vent, l’humidité de l’air ou la hauteur de la couche d’inversion, la turbulence sont des facteurs déterminants pour la qualité d’une observation.
Certains utilisent Météoblue, d’autres Ventusky, Infoclimat et d’autres. Moi je me sers à la source, chez Météo-France où tournent les modèles. Et bizarrement, je ne suis pas souvent d’accord avec les analyses météorologiques des autres astronomes amateurs avec qui j’échange.
Précisons tout de suite que j’ai été un bien piètre prévisionniste à Roissy au début de ma carrière. Une science qui ne m’a jamais vraiment passionné pour être tout à fait honnête.
Alors j’utilise l’application Météo-France et ses pictogrammes assez basiques pour savoir le temps qu’il va faire comme tout un chacun. Hélas un picto de ciel clair ne signifie pas un ciel adapté à l’astronomie. Il peut y avoir un léger voile de nuages élevés qui va pourrir les photographies.
Comme je bosse dans cette petite administration tant décriée par tout le monde, j’ai un accès privilégié à la maison aux modèles ainsi qu’à l’imagerie radar et satellite depuis un navigateur web. Je peux consulter les prévisions à mailles fines à 48 heures des différentes couches nuageuses, les champs de vents au sol et en altitude et les températures pour savoir si je vais cailler.
Très souvent je vois circuler des informations farfelues sur le temps qu’il va faire sur le Whatsapp de l’association. Alors je rectifie en émettant les réserves d’usage car on parle ici de prévision, même à courte échéance, et sans me vanter, je gagne presque toujours à ce jeu, parce que, j’ai devant les yeux les observations satellites et les modèles, qui corroborent le plus souvent les pictogrammes colorés de Météo-France.
La concurrence utilise les mêmes observations et modèles que nous (nos observations et modèles en fait). Certains de leurs produits possèdent des looks plus sexy que les nôtres. Ce sont les mêmes données qui les alimentent mais probablement pas à la même fréquence.
Plusieurs dizaines de prévisionnistes travaillent 24 heures sur 24 pour choisir le modèle, élaborer la vigilance, rédiger des bulletins et surveiller l’évolution de la situation météorologique. Certes, ce sont ces fainéants de fonctionnaires qui ont prévu 4 cm de neige sur la région parisienne au lieu des 6 qui sont tombés provoquant la colère d’un ministre anti fonction publique.
Mais quoiqu’en pensent les alsacos plongés dans la passionnante lecture des DNA, nos prévisions sont bonnes, même très bonnes. Et dans le petit groupe WhatsApp des astronomes, on me contacte de plus en plus souvent pour avoir la situation météorologique de la nuit à venir alors que je suis qu’une brêle en prévisions. Le défaut c’est que je suis devenu l’oiseau de mauvaise augure du groupe WhatsApp. C’est moi qui annonce les mauvaises nouvelles, les évènements qui devront être annulés, les nuits nuageuses, mais je suis aussi celui qui promet parfois une petite fenêtre inespérée entre deux perturbations.
Je râle souvent contre les vieux progheads nostalgiques qui se vautrent dans la fange du rétro prog ou les cover Pink Floyd. Mais à bien y réfléchir, je suis un vieux proghead qui écoute de temps en temps du métal pour faire bonne figure. Et quand Alias à parlé de l’album de Leviathan dans son blog, j’y ai naturellement jeté une oreille curieuse.
A la fin du second titre, ‘Hellishade of Heavenue’ je commandais Heartquake/Redux sans écouter le reste.
Avec trois des membres de la formation d’origine, le chanteur Alex Brunori, le batteur Andrea Moneta et le claviériste Andrea Amici rejoints par le bassiste Andrea Castelli et le guitariste Fabio Serra, ils ont ré enregistré cette année l’album Heartquake sorti en 1988, donnant naissance à ce Heartquake/Redux.
Dès l’écoute du premier titre ‘The Waterproof Grave’ j’ai eu l’impression de plonger dans un album de The Watch, vous savez ce groupe italien qui reprend Genesis en live. Le titre délivre un bon gros son rétro prog seventies magnifiquement amené alors qu’à l’époque, en 1988, le genre était plutôt morribon.
‘Only Visiting This Planet’ m’a tout de suite fait songer au néoprog de IQ avec ses choix rythmiques et le phrasé haché du chant d’Alex quand ‘Up We Go!’ fait penser aux débuts de Marillion et que le titre final ‘Hearthquake’ donne dans les glorieuses années de Genesis.
Les guitares de Fabio sonnent furieusement comme celles de Steve Hackett et les claviers vintages ne sont pas loin du travail d’orfèvre de Tony Banks, tout particulièrement dans ‘The Waterproof Grave’ et ‘Heartquake’.
Mais des six morceaux, mon préféré est incontestablement le ‘Hellishade of Heavenue’ qui jette un pont entre le rétro prog et le néoprog. Il joue une partition mélo crooner digne des plus belles ballades de In The Court Of The Crimson King et le solo de guitare à la quatrième minute est à tomber par terre.
J’ai un peu plus de mal avec ‘Only Visiting This Planet’ qui ressemble également aux premières années de Arena, non pas que je n’aime pas l’album The Pride loin de là, mais sa musique n’est pas trop raccord avec les deux premiers morceaux.
Au bout du compte, j’ai un gros coup de cœur pour les deux premiers titres de l’album ainsi que pour son final. Coincés entre ces trois pièces ‘Only Visiting This Planet’ et ‘Up We Go!’ m’emballent un peu moins.
Mais replonger de temps en temps et à dose homéopathique dans le rétro prog ne fait jamais de mal, c’est même assez plaisant et cet album est un bon choix pour une cure de jouvence.
A l’heure des smartphones il est difficile d’imaginer que l’on puisse passer cinq heures pour réaliser une photographie. Un clic sur l’application, un filtre cosmétique et hop, votre image est en ligne.
En photographie classique, avec un appareil photo numérique hybride ou reflex, cela prend déjà plus de temps si vous réalisez des images en mode natif. Après un bref clic clac Kodak vous devez rentrer à la maison, glisser la carte mémoire dans l’ordinateur et traiter l’image sur un logiciel avant enfin de la publier.
En astro photo c’est encore plus compliqué. Tout d’abord il est nécessaire de se rendre sur un site éloigné de la pollution atmosphérique et lumineuse, pour moi le Champ du Feu à environ une heure de route. Il faut ensuite installer l’instrument sur site, brancher l’ordinateur, fixer l’appareil photo, réaliser l’alignement polaire, disons une petite demi-heure selon le matériel.
Ensuite commence la session de photographie elle-même. C’est là que je démarre mon chrono.
0 H – 30 secondes de pose répétées 120 fois pour obtenir une heure de pose cumulée.
1H – Une fois les clichés réalisés, il est nécessaire de produire des images de calibration appelées light, bias et dark. Comptez un quart d’heure de plus minimum.
1H15 – Une fois terminé, il faut tout remballer et revenir à la maison vers trois heures du matin. Je ne comptabilise pas le rangement du matériel, la route, le déchargement de la voiture et la poignée d’heures de sommeil réparateur. Ce serait tricher.
1H15 toujours donc – Le lendemain, après quelques heures de sommeil, commence le travail de développement. Il faut d’abord additionner ces cent vingt clichés et les calibrer avec des images de référence, un travail qui prend de une à deux heures mais qui peut être automatisé ce qui laisse le temps de boire quelques cafés indispensables.
2H15 – Suit le traitement sur le logiciel Pixinsight. Celui-ci nécessite toute mon énergie d’autant que je fais mes premiers pas avec cet outil. Délinéarisation de l’image, suppression du gradient, déconvolution, réduction du bruit, linéarisation, histogramme, saturation, suppression du bruit, réduction des étoiles, harmonisation les couches, ce travail dure facilement deux bonnes heures avec de nombreuses tentatives plus ou moins heureuses.
4H30 – Mais ce n’est pas terminé. La touche finale vient avec Lightroom sur lequel je retravaille les couleurs, les détails, le cadrage et le bruit. Cette dernière étape ne dure jamais longtemps car je commence à être assez à l’aise avec l’outil à force de l’utiliser.
5H – Il ne reste plus qu’à poster la photographie sur les réseaux sociaux et attendre les retours.
Mais tant qu’à passer 30 minutes à charger la voiture, une heure sur la route pour aller en montagne, prendre encore 30 minutes pour installer le matériel, 15 pour le remballer, une heure pour rentrer, 30 minutes pour décharger la voiture et encore 15 minutes pour aérer les optiques embuées, soit, si vous comptez bien quatre heures au total sans parler de la partie photo et de l’attente de la nuit astronomique au sommet de la montagne pendant encore deux heures, autant photographier plusieurs objets pour rentabiliser le voyage.
Si l’astro photographie est une passion solitaire, un lent apprentissage de la patience et une plongée dans des technologies complexes, c’est également une belle aventure humaine. Car lorsque vous pointez les étoiles vous n’êtes pas souvent le seul passionné avec votre instrument et de nombreux curieux viennent voir ce que vous observez.
Les heures passées sous la voute céleste à montrer la lune, expliquer le fonctionnement du matériel et à échanger avec les astronomes amateurs tout en contemplant la Voie Lactée sont magnifiques, enrichissantes et passionnantes. Alors qu’est-ce que seize heures et un petit déficit de sommeil pour de si beaux moments ?