Allez vous faire voir chez les grecs

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Après une journée entièrement dédiée à la préparation des photos, chroniques et billets de blog pour quinze jours, nous voilà à l’aéroport international de Strasbourg-Entzheim (cinq vols par jour), pour décoller vers la Crète. 

Manifestement certaines compagnies ont encore des réserves de kérosène. Le retour se fera peut-être à la nage.

Ce sont nos premiers jours de congés payés depuis Noël et notre premier voyage depuis septembre, autant dire que nous sommes impatients.

Il fait nuit lorsque nous arrivons à Heraklion et nous avons encore 1h30 de route pour atteindre Rethymnon, notre destination finale. Le loueur se trouve à près d’un kilomètre à pied de l’aérogare, la carte bleue refuse de bloquer la caution pour la voiture et une fois sur la route, impossible d’allumer les feux de la voiture. Ça commence fort !

A 23h, après avoir tourné en rond et emprunté une ruelle où la voiture touche presque les murs latéraux tant elle est étroite, nous arrivons enfin à destination, une peu éreintés.

Le lendemain, après avoir rempli le frigo de produits improbables comme des cookies au yaourt grec, nous visitons Rethymnon, son port vénitien, sa mosquée, ses ruelles touristiques, une longue promenade matinale à pied au soleil qui épuise nos dernières forces.

L’après-midi, nous tentons bien d’aller découvrir l’unique lac d’eau douce de l’île, mais le cœur n’y est pas et l’endroit manque d’intérêt pour un alsacien qui vit entouré de rivières et de lacs. Par contre, vers 18h, nous posons enfin nos fesses sur le sable de la plage bétonnée recouverte de transats et de parasols à 20 mètres de notre appartement, et c’est magnifique. Par un incroyable miracle, sur le sable, nous n’entendons plus la circulation ni la foule huilée.

Notre logement se situe dans une sorte d’improbable bidonville touristique fait d’immeubles inachevés, de baraques bricolés, de chantiers et de terrains vagues où résonne de la musique de 20h jusqu’à 2h du matin. Ce n’est pas très sexy comme paysage mais l’appartement est agréable, calme, propre et dispose d’une place de parking, ce qui dans le coin est une denrée  précieuse.

Le lendemain nous partons pour le monastère d’Arkadi, un incontournable de Crète semble-t-il vu le nombre de cars qui vomissent leurs touristes, et Eleftherna, la grande cité antique devenu un village paumé aujourd’hui, où se cache un musée archéologique et plusieurs sites dont une nécropole.

Après une longue promenade en plein soleil de ruine en ruine dans un vallon, nous rentrons cuits mais heureux. En soirée, une fois l’estomac rempli et remis de nos brûlures, nous repartons explorer la citadelle de Rethymnon qui domine la ville et la mer.

Le jeudi matin, nous retournons voir les morts à Armeni. Un vaste site ombragé où des tombes ont été creusées profondément dans la roche il y a 3000 ans, des centaines de couloirs étroits en pente à ciel ouvert descendent vers des chambres mortuaires. Le soir, après une sieste, nous partons visiter le village des potiers, Margaritte, non pas parce que nous comptons ramener en avion une jarre mais pour visiter des ruelles plus authentiques que le front de mer de Rethymnon.

Le vendredi, nous sommes partis au sud, vers Palm Beach, non pas celle de la série américaine, mais une plage de Crète. En passant, nous avons fait un petit détour par le monastère de Preveli, une destination pour le moins touristique. L’antique monastère, qui domine la mer de Lybie, était en pleine effervescence avec une célébration religieuse qui avait remplie le parking des voitures des fidèles. Nous nous sommes faits tout petits pendant l’homélie retransmise par des hauts parleurs.

Après quelques sermons pour le moins orthodoxes, nous avons cherché un chemin pour rejoindre la plage aux palmiers située en contrebas, sans pour autant se détruire les genoux avec les 459 marches partant du monastère. Nous avons visité la palmeraie sauvage qui remonte le long d’une rivière qui se jette dans la mer.

Après cette belle promenade, nous sommes rentrés par le village de Spili où la faim a guidé nos pas dans un agréable restaurant situé au dessus des fontaines. Le soleil, le repas, le verre de vin blanc et de digestif sucré à base de fleur d’oranger ont achevé le chauffeur et sa passagère. Nous sommes rentrés faire la sieste à Rethymnon…

Le samedi, nous partions pour la ville d’Hania avec un détour par la ville antique d’Aptera et le monastère de la Sainte-Trinité des frères Zargaroli. Un gros détour, beaucoup de route et de chaleur pour découvrir d’incroyables citernes romaines, un théâtre greco romain de -300 avant JC et des bains, un monastère perdu au milieu des oliviers qui ressemble à celui d’Arkadi et une grande ville balnéaire avec son port vénitien et sa vielle cité. Vous avez déjà essayé de vous garer dans un parking souterrain crète avec un SUV Volkswagen ? N’essayez pas.  Rien que négocier les virages entre les murs et les piliers m’a donné des sueurs froides par 26 degrés. Alors se glisser dans la place de stationnement entre deux autres SUV, je ne vous en parle même pas. Heureusement que lorsque nous sommes partis, le parking était presque vide. Hania ressemble à Rethymnon en beaucoup plus grand. Plus de maisons, plus de bruit, plus de touristes, plus de restaurants autour du port vénitien. Bon pas terrible le restaurant comparé à celui de la veille, mais nous avions faim. Après 9h de balade, nous sommes enfin allés piquer une tête dans la mer Méditerranée glacée. Il fallait être motivé, mais c’était agréable.

Dimanche. Trois options s’offraient à nous : faire de la route pour découvrir de nouveaux sites archéologiques, revoir nos endroits préférés autour de Rethymnon ou bien visiter des lieux de seconds choix pas trop loin de la location.

Nous avons opté pour le troisième choix. Au programme les cascades de Argyroupoli et sa mosaïque puis le village de Roustica et ses rues ombragées. Bon, les cascades étaient en fait quatre ou cinq chutes d’eau d’un mètre de haut dans un endroit sympa et frais en contrebas du village. Après avoir vu la mosaïque un peu plus haut, nous avons roulé vers Roustica et ce fut la plus belle partie de cette matinée de second choix. Les paysages vallonnés et verdoyants entre Argyroupoli et Roustica étaient magnifiques. Tant mieux parce que Roustica ne méritait pas vraiment le détour. Nous avons terminé l’après-midi par une nouvelle promenade dans les anciens quartiers de Rethymnon qui est décidément une très belle ville.

Ne restait qu’un dernier jour en Crète avec un décollage prévu à 21h. Alors direction Heraklion, le palais de Knossos et le musée archéologique avant d’embarquer dans l’avion.

A 14h00 nous arrivons au centre-ville d’Heraklion pour visiter le musée archéologique. L’occasion de tester pour la première fois de notre vie un parking robotisé vertical dont le logiciel mal fichu va mettre plus de vingt minutes à retrouver notre voiture.

Suite un mauvais pilotage GPS nous-nous sommes en plus garé à 15 minutes à pied du musée alors qu’il y a plein de parkings à proximité. Nous marchons en plein soleil dans la capitale Crète pour rejoindre des merveilles vieilles de 4000 ans. Car ce musée conserve de véritables trésors sur près de deux millénaires de civilisations. Bronze, poteries, amphores, coffres, parures, épées, boucliers, casques, mosaïques, fresques, il y a tant à lire et à voir qu’il faudrait y passer deux journées.

Nous le quittons à contrecœur vers 15h30 car avant de partir, pas question de louper le site archéologique majeur de cette île, le palais de Knossos. Sauf que c’est la course : l’embarquement de notre avion débute à 20h et nous devons d’abord rendre la voiture. Alors c’est presque au pas de charge que nous visitons cet immense palais de plus de mille pièces.

Hélas, mille fois hélas, les ruines ont été restaurées avec force de reconstitutions douteuses en béton et il est parfois difficile de savoir ce qui est vrai de ce qui a été inventé. Aptera et Armeni avaient beaucoup plus de charme. A Knossos nous ne savons pas vraiment ce que nous visitons. Du coup la visite est écourté et nous arrivons à temps pour nous enregistrer.

A 21h nous décollions pour Strasbourg. Il faisait 27 degrés à l’ombre au décollage et 10 à l’atterrissage !

Les vacances étaient bien terminées.

Le droit à la déconnexion

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Que font la plupart des personnes avant de partir en vacances ? Ils préparent leurs valises.

Moi aussi je prépare mes bagages : un appareil photo, un trépied, un chargeur, une batterie, trois livres, un slip et un teeshirt… Mais je dois surtout préparer ma semaine d’absence.

Pendant les sept jours d’absence, mes publications, chroniques, articles de blog et photos, doivent inonder les réseaux sociaux, faute de quoi mes revenus vont baisser et mon e réputation s’effondrer. Il faut donc que je prépare tout en amont, et cela demande beaucoup de travail. 

Partant un lundi soir, j’ai besoin de deux chroniques vidéos, de quatre articles de blog et de quatre photographies.

Pour les photographies j’ai l’embarras du choix dans les images pas encore publiées, encore faut-il trouver un thème cohérent et les développer ensuite.

Pour les chroniques, je dois avoir écouté religieusement deux albums, rédigé ma chronique (j’ai généralement un peu d’avance) et enregistré deux vidéos (là je suis souvent à la bourre).

Pour le blog, il me faut des articles et ces derniers temps je manque un peu d’inspiration alors c’est compliqué. Je racle les fonds de tiroir pour trouver une idée et de plus en plus souvent, cela tourne autour de l’astronomie car je n’ai rien lu ni vu qui mérite un billet.

Mon départ en vacances me donne l’opportunité d’écrire quelque chose alors préparez-vous à aller vous faire voir chez les grecs, enfin les crètes.

Une fois tout préparé, il faut mettre ce contenu en ligne et planifier sa publication à l’avance. Pour le blog et Youtube c’est facile, pour les photographies sur Flickr, c’est la galère. Ils n’ont toujours pas implémenté de solution logicielle.

De toute manière, je serai obligé chaque matin, en buvant mon café en face de la mer Méditerranée, de me connecter à internet pour inonder les réseaux sociaux de mes superbes œuvres et de répondre aux multiples commentaires de mes idoles. 

Oui, même en vacances, je reste branché sur Internet. Mais que fait-on du droit à la déconnection ?

Tout ça pour gagner quoi ? Zéro euro, d’autant plus que mon hébergeur OVH a décidé de doubler le prix de mon hébergement après une augmentation substantielle l’an passé. Je songe d’ailleurs sérieusement à l’héberger à la maison, mais ça je vous en parlerai dans un autre billet.

Marillion à Strasbourg

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Photo Laurent Regnard pour le magazine Neoprog

Oui, vous ne rêvez pas, Marillion revient à la Laiterie à Strasbourg. C’est énorme ! Quand ? Je ne sais plus trop, en novembre je crois, parce qu’en réalité, je n’ai pas vraiment envie d’y aller.

Moi qui ai été un fan de la première heure du groupe, qui possède tous leurs albums déclinés pour certains en plusieurs éditions, qui collectionne leurs tee shirts, mugs, sacoches, oui, ce moi n’a plus envie d’aller les écouter.

Je ne suis pas de ceux qui vénèrent la période Fish et détestent Steve Hogarth. En fait j’ai arrêté d’être un fan après l’album Sounds That Can’t Be Made. J’ai continué à acheter leurs disques, mais je n’ai plus retrouvé le souffle épique de ‘The Invisible Man’, ‘This Is The 21’st Century’, de ‘Jigsaw’ ou de ‘Kayleigh’. Je me suis lassé.

En live, j’avoue que les minauderies de Steve Hogarth m’ont toujours agacé et le somnolant Steve Rothery m’endort même s’il joue divinement bien. En plus, à chaque fois, les salles étaient bondées à se marcher sur les pieds et ça n’est pas trop pour me plaire.

J’ai quand même hésité à prendre mon billet. Déjà parce c’est rare que je puisse assister à un concert sans prendre la voiture, ensuite et surtout parce que Lazuli assurera la première partie du show et que j’aime bien Lazuli

Quoiqu’il en soit le concert est sold out maintenant, donc pas de regret. Au pire je dégotterai une accréditation photo si je me décide à venir, car je n’ai jamais shooté Marillion en live.

Bon pour être tout à fait honnête avec vous, je manquais d’idées pour le billet du samedi, je n’ai pas terminé de série ni de bouquin, je ne vais pas vous parler de les sorties astro toutes les cinq minutes, la crise pétrolière m’importe peu et pour la lune on va d’abord s’assurer que les quatre astronautes reviennent en un seul morceau avant d’en parler.

Donc Marillion…

La cathédrale de Metz

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Vous avez déjà visité la cathédrale de Metz ? Ses voûtes s’élèvent à la vertigineuse hauteur de quarante et un mètres. C’est impressionnant !

A Metz vous trouverez également la caserne qui abritait jusqu’à il y a peu, les locaux de nos collègues. Des bureaux perchés au troisième étage sans ascenseur et qu’il fallait vider lors de leur déménagement.

Six volées de marches d’environ trois mètres de haut chacune pour arriver dans quatre pièces remplies de mobilier dont nous devions nous débarrasser.

Quatre étages plus bas, dans une cave humide et insalubre, s’étaient accumulés des tonnes d’archives et de matériel hors d’usage ou obsolète.

 Pour débarrasser les meubles, nous avions fait appel à une société spécialisée. Nous, nous devions ramener les archives administratives et le matériel informatique à Strasbourg. Alors nous étions partis à deux, pour deux jours, avec un utilitaire afin superviser le débarras et rapatrier ce qui devait l’être.

Ce que nous n’avions pas totalement anticipé, c’est ce que nous trouverions en arrivant. 

Imaginez qu’une terrible et foudroyante épidémie, en une nuit, aie terrassé tous nos collègues. 

Nous sommes arrivés dans des bureaux déserts qui avaient été laissés à l’abandon. Cadres aux murs, tiroirs remplis, placards débordant de classeurs, stock de papier toilette, produit vaisselle, éponges, gel hydroalcoolique, piles usagées ou pas, bics, crayons, tampon encreurs, corbeilles à papiers pleines, câbles informatiques, casques, micros, souris, lampes, rallonges…

Alors que nous aurions dû trier les archives et charger l’utilitaire de matériel informatique, nous avons, pendant une journée entière, descendu et remonté les trois étages une vingtaine de fois, chargés de cartons remplis du contenu des tiroirs, des placards, des armoires et des poubelles, afin que la société, chargée du débarras du mobilier, puisse intervenir le lendemain. 

Ce fut comme si nous avions grimpé à douze reprises dans la même journée au sommet du clocher de la cathédrale de Metz, chargés de lourds cartons.

Nous avons retrouvé plus de deux cents exemplaires emballés et neufs d’un livre écrit par deux anciens collègues, un carton de sacs plastiques bleus au logo de notre entreprise, suffisamment de carreaux de moquette pour couvrir le sol d’un appartement, du matériel de mesure qui aurait eu sa place dans un musée, de gros livres de comptabilité soigneusement remplis à la main, des cafetières hors d’usage, plusieurs kilos de bics promotionnels, des cours de japonais griffonnés, un stock de rouleaux de PQ suffisant pour tenir pendant une année de gastro carabinée, des kilomètres de câbles permettant de relier Metz à Strasbourg, des mètres linéaires de stores, des panneaux d’exposition jamais sortis de leur emballage, un mini lave-vaisselle, des pneus de voiture quasi neufs et pourtant très anciens, des dizaines de bouteilles de produits périmés, javel, alcool, gel hydroalcoolique, soude, produits vaisselle, vinaigre, des torchons séchant sur les radiateurs, de vieux appareils photos, des livres de mathématique et de physique niveau grandes écoles, mais aucun cadavre.

J’aurais bien tout laissé en plan, repartant en direction de Strasbourg le coffre vide, demandant aux collègues lorrains de trier leur merde avant que le déménageur n’intervienne. 

Hélas nous étions contraints par le temps, nous devions libérer les locaux. Alors nous nous sommes coltinés tout le sale boulot et les deux jours de travail se sont transformés en trois journées de pénible labeur.

Nuits blanches à Illkirch-Graffenstaden

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On dit souvent qu’un sommeil régulier est essentiel à une bonne santé. Se coucher à une heure raisonnable, avoir ses sept heures de repos, ne pas changer de rythme, etc etc.

Je n’ai manifestement pas compris le message, surtout la semaine dernière, d’ailleurs je me demande encore comment j’ai tenu le coup.

Dans mon agenda prévisionnel j’avais deux soirées de prises : un concert mardi soir et une conférence sur l’astronomie planétaire le vendredi. Rien d’insurmontable.

Mais lundi, le président de notre association a ajouté un conseil d’administration surprise le jeudi soir et moi, lorsque j’ai vu le ciel, j’ai proposé à quelques copains de partir dans les Vosges, pour photographier les étoiles le soir même.

Lundi à 16h, après le travail, j’ai filé faire les courses et une fois arrivé à la maison, j’ai déchargé les sacs pour mettre à la place lunette et télescope dans le coffre. Ensuite je suis parti vers Grendelbruch et à 18h j’installais mon setup dans la nature.

A 1h30 j’étais dans mon lit. A 6h30, je repartais travailler.

Mardi à 18h, après une journée de travail chargée, je prenais la route de Colmar pour 4h de concert de metal et cinq cent photos. Je me glissais sous la couette passé minuit, encore agité par l’énergie déployée par Omnium Gatherum.

Mercredi était une journée de télétravail bienvenue, en robe de chambre devant mon ordinateur, je récupérai au calme des deux soirées intenses. En soirée je m’attelais au développement des photos de concert et commençais à traiter la nébuleuse de la méduse photographiée lundi soir. A 21h30 je dormais à poings fermés.

Jeudi, après une grosse réunion de travail et quelques sujets épineux, je me rendais à l’observatoire de Strasbourg pour mon premier conseil d’administration de la SAFGA, l’association d’astronomie dans laquelle j’ai pris un peu plus de responsabilités récemment. A 0h30 j’étais enfin au lit.

Vendredi, après trois cafés et une ultime journée de travail qui m’a semblé très longue, je suis reparti à l’observatoire à vélo, pour une conférence passionnante sur la photographie planétaire. Evidemment, je ne me suis pas couché avant 0h30.

Samedi c’était enfin jour de repos, une vidéo à enregistrer, deux articles de blog à écrire, trois photos à sélectionner et un ciel qui se dégageait le soir. Allais-je repartir en montagne installer mon matériel et tenter une nouvelle fois la nébuleuse de la méduse ? Vous auriez fait quoi à ma place ? Vous seriez monté n’est-ce pas ? Même malgré la poussière venue du Sahara ?

Alors je suis monté avec plein de copains et nous sommes rentrés à 2h du matin. A 7h j’étais réveillé, à 9h je me préparais à traiter ma nouvelle image de la nébuleuse de la méduse. 

Pour couronner le tout, ce week-end là, se déroulait, comme tous les ans, à Rosheim, un magnifique carnaval vénitien. Allais-je partir là bas faire quelques photos ? 

Et bien non, je me suis contenté d’une promenade bucolique à la campagne. Il faut dire que je tenais à peine debout.

MOC

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Depuis quelques semaines, la fébrilité Lego m’a repris, sans doute à cause du mauvais temps. Mon petit dernier dit qu’il est temps que le beau temps revienne pour que je fasse de l’astronomie, sinon je vais épuiser ma réserve de briques.

Tout a commencé avec le Faucon Millenium puis l’annonce officieuse du plus gros set Seigneur des Anneaux avec l’arrivée de Minas Tirith.

Je le suis dit, et pourquoi pas me lancer dans l’aventure. Certes pas à la même échelle (plus de 8000 briques paraît-il) mais avec les moyens du bord. J’ai trouvé plusieurs modèles sur internet mais aucun que je puisse construire avec mon stock.

Alors j’ai improvisé, vidant les boites de briques autour de moi, des briques blanches pour la ville, grises pour la montagne. J’ai commencé par le rempart extérieur, qui malgré son apparente simplicité, posait plusieurs problèmes. Ensuite j’ai attaqué l’éperon rocheux sur lequel est bâti le palais et où pousse le dernier arbre blanc des Terres du Milieu. J’ai assemblé les briques blanches formant l’un des cotés de l’arrête rocheuse, construit l’autre face du rocher et me suis arraché les cheveux pour les rassembler.

J’avais les remparts, le rocher et le palais, restait à construire la ville contenue dans les remparts et accrochée au rocher. Ça n’a pas été le plus difficile finalement et en plaçant ici où la des petites pièces, j’ai obtenu un visuel acceptable. Pour parfaire le décor, j’ai ajouté le mur formé par la montagne à laquelle s’adosse la ville. J’avais terminé ma Mini Tirith comme une personne l’a surnommé sur un RedIt.

Mais un grand vide s’est emparé de moi. Comme un poids autour du coup, un oeil de feu m’observant depuis le Mordor. Il fallait que je construise Barad-dûr, la tour noire avec l’oeil de Sauron. Le set Lego ne m’avait pas du tout emballé, ressemblant plus à un jeu d’enfants Playmobil malgré sa complexité, du coup je ne l’avais pas acheté.

J’ai cherché des illustrations sur le net et lorsque j’ai trouvé mon bonheur, j’ai trié tous mes briques pour mettre de coté les pièces noires. Oui, parce que Barad-dûr, signifie  la tour noire, alors il faut des Lego noirs. Un travail harassant mais qui me simplifierait la construction ensuite. Car fouiller neufs bacs remplis de briques multicolores, même grossièrement triées par genre, c’est épuisant.

La conception et la construction, deux étapes menées conjointement en suivant les principes de la méthode agile, ont été assez rapide, cinq ou six heures seulement là où le Faucon Millenium m’en avait demandé cinq fois plus. 

Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Il me restait la tour blanche à réaliser. Vous savez la tour de Saruman qui n’a rien de blanc et où Gandalf reste emprisonné. 

Le problème c’est que cette tour possède une forme très particulière, quatre piliers carrés formant une croix et allant en s’amenuisant en s’élevant. Le genre de chose très difficile à réaliser avec des Lego, enfin pour moi. En plus, je n’avais plus de briques grises ou noires. Du coup j’ai du bricoler et le résultat n’ai pas franchement satisfaisant. J’ai construit une tour, et j’ai installé à ses pieds des fosses avec des machines, des cheminées, histoire de montrer les machines de Saruman.

J’ai posté une photo des trois ‘oeuvres’ sur Redit et le moins que l’on puisse dire, c’est que je me suis fait taquiner. Autant Minas Tirith a eu un certain succès, autant les deux tours pas du tout. Je trouvais pourtant Barad-dûr plutôt sympa… Mais c’est vrai, lorsque je vois les réalisations de certains passionnés de Lego, je comprends leur réaction.

Le péril jaune

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Depuis quelques jour, je reçois la visite de très nombreux chinois. Ils se garent devant la maison, descendent du bus, prennent quelques photos et repartent. aussi vite qu’ils sont arrivés.

Après la Tour Eiffel, Versailles, les châteaux de la Loire, le Mont Saint-Michel et Le Louvre, les chinois semblent se passionner pour mon blog. Cherchez l’erreur.

Il arrive que la Chine me rende visite occasionnellement, lorsque je publie un article sur du matériel de la marque chinoise ZWO ou que je parle d’astro photo. 

Là, leur passage sur le site (beaucoup de Page not found), ressemble à des tentatives de piratage. Mais généralement, ce genre d’attaques génère un traffic très ponctuel. Ici, ils semblent s’acharner depuis plusieurs jours.

Le ratio page visitées sur nombre de visiteurs est très inférieur à un, à croire qu’ils ne vont nulle part. 

Après vous me direz, ce ne sont pas forcément des chinois. Avec ces maudits VPN on ne plus avoir confiance en personne. Le problème, c’est qu’avec ce genre de visiteurs, je suis incapable de surveiller le vrai trafic de mon site internet. Il est noyé par des robots cherchant une faille dans mon code PHP.

J’avais l’habitude des escarmouche avec les bots russes mais je n’avais jamais connu encore une attaque massive venue de Chine. Pour l’instant le site tient le coup, je n’ai eu à déplorer que quelques spams automatiquement mis en quarantaine par WordPress et mes sites satellites semblent ne pas avoir été affectés. Donc rien de grave.

Je préférais bien sûr avoir de vrais visiteurs qui lisent ma prose et postent des commentaires, car en ce moment, sur Youtube comme sur le blog, c’est franchement désert, à croire que mon public en à mare de me voir, ce que je comprendrais.

En attendant 欢迎.

Le troisième âge

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Le jour de mes soixante ans, le ciel a décidé de m’offrir un beau cadeau : du soleil ! C’est vrai qu’en février en Alsace, nous avons toujours un ou deux jours de douceur ensoleillée avant le retour du grand froid grisâtre et humide qui persiste jusqu’au mois de mai.

Dès le réveil, j’ai déballé mon premier cadeau. Je suis parti au bord du Rhin chasser la galinette avec un téléobjectif. J’avais manifestement perdu la main car mes approches furtives des volatiles se sont toutes soldées par l’envol de la cible avant même que je ne puisse appuyer sur l’obturateur. 

Alors j’ai sorti la grosse artillerie, le doubleur couplé au 500 mm et le passage du capteur plein format en mode APS-C pour obtenir une focale équivalente à 1500 mm à f/d 11. Pas facile à manier, surtout avec peu de lumière. C’est avec ce bazooka que j’ai photographié une aigrette en plein décollage à plus de 150 m de distance. Quatre images de l’échassier les pied dans l’eau jusqu’au cliché en noir et blanc de don envol que j’ai finalement sélectionné. 

Pourquoi en noir et blanc ? D’abord parce que j’aime le monochrome, ensuite parce ce que cela change des habituelles photos animalières, enfin parce que l’oiseau était blanc et les arbres plutôt sombres. Ça me semblait être le bon choix.

De retour à la maison, j’ai découvert mon improbable gâteau d’anniversaire fait avec amour avant de partir me promener avec mon épouse à la campagne, sous les rayons d’un soleil quasi printanier.

Une fois rentré, comme la marque Lego n’avait toujours pas sorti le set Minas Tirith à 650 € qui aurait fait un joli cadeau d’anniversaire, je me suis lancé dans la construction de la cité blanche, capitale du Gondor. A l’aide de gravures d’époque et de photographies de Peter Jackson, bref Google Images, j’ai empilé les briques, commençant par les remparts pour continuer par le rocher et enfin assembler toutes les parties.

C’est pendant ces heures laborieuses que j’ai été interrompu par un message Whatsapp d’un copain astronome. Il me proposait de sortir en plaine. Le ciel était toujours clair, défiant toutes les prévisions alors qu’en montagne de nombreux nuages décourageaient une quelconque expédition nocturne.

J’ai laissé là la construction inachevée, j’ai chargé le chariot, rempli le coffre, abandonné femme et enfants, et je suis parti retrouver mon observateur étoilé sur une coline, à un quart d’heure de la maison. Et j’ai pointé la nébuleuse d’Orion que je m’étais juré de refaire cette année. De toute manière, c’était l’une des rares constellations épargnée par la pollution lumineuse de Strasbourg, de l’aéroport d’Entzheim et d’Obernai.

Lorsque la lunette fut prête à shooter, je l’ai laissé travailler toute seule comme une grande et j’ai chassé les amas d’étoiles et les galaxies avec la lunette de mon compagnon d’un soir. Ne croyant pas que le ciel clair se maintiendrait (j’avais pourtant étudié les prévisions et consulté les modèles consciencieusement), je n’avais pas pris la peine de m’équiper pour une longue nuit. Résultat, à 23h, j’étais frigorifié.

J’avais déjà emmagasiné plus de 160 images (avec la nébuleuse d’Orion les photos unitaires ne dépassent pas 30s sous peine de surexposer le coeur de la nébuleuse), alors j’ai remballé le matériel trempé par l’humidité et je suis rentré à la maison me réchauffer.

Mon épouse m’avait abandonné pour aller manger avec une copine, oui, le jour de mes soixante ans, une honte ! Alors j’ai mangé la dernière part de gâteau expérimental et j’ai attendu que ma chérie rentre pour me glisser sous la couette avec une bouillotte vivante.

Je venais de rentrer dans le troisième âge des Terres du Milieu comme dans celui de mon existence. A soixante ans je jouais encore au Lego, chassais les canards et rêvais de poussières d’étoiles.

Caviardage

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Publier des chroniques musicales sur une plateforme vidéo mainstream ne possède pas que des avantages. 

Déjà, lors que vous mettez des extraits sonores, les maisons de disques vous tombent dessus pour faire valoir leurs droits. Par exemple, lorsque je mets vingt secondes d’un morceau de Royal Sorrow, de Avkrvst ou de Dream Theater, ma vidéo est interdite dans certains territoires. Une fous, j’ai même dû retirer un extrait de la chronique pour pouvoir la mettre en ligne.

Il y a également la limite d’âge imposée par l’algorithme, le fameux « cette vidéo est-elle destinée aux enfants ? » qui va réduire drastiquement ma maigre audience.

Enfin, certains mots sont proscrits sur la chaîne. Il faut rester politiquement correct, ne pas parler de sexe, de suicide et que sais-je encore. J’ai expérimenté pour la première fois cette censure avec le groupe Suffocate for fuck sake dont le nom contient un mot interdit. « Cette vidéo est soumise à une limite d’âge. Les spectateurs doivent être âgés d’au moins 18 ans pour la visionner. ». Autant dire que la chronique de to rest in the trust, that creates the world a réalisé un score pitoyable puisqu’il fallait avoir un compte sur la plateforme pour la visionner.

Le problème c’est que je me complets souvent dans les albums sombres, violents ou glauques. Du coup, je suis contraint de m’auto censurer pour éviter la classification 18 ans et plus. Je m’interdis les mots grossiers, les allusions scabreuses et tout ce qui pourrait traumatiser les parents d’adolescents connectés sur le Darknet.

Mais des j’oublie et je me lache. Dernièrement, alors que je venais de terminer l’enregistrement de la chronique de please, du groupe The Reticent, j’ai réalisé que le mot ‘suicide’ était prononcé à trois reprises dans la vidéo. Je me suis aussitôt dit que cette chronique allait être censurée par l’algorithme. Alors comme pour le rapport Ebstein, j’ai caviardé l’enregistrement, remplaçant le mot coupable d’incitation au suicide par un bip disgracieux.

Je n’en suis pas fier. J’ai cédé à la pression du système. Mais que voulez-vous, avec trois cents abonnés et une quarantaine de vues par vidéo, je ne peux pas me permettre d’être censuré.

Le Faucon Millenium

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Un soir, en rentrant du travail, j’ai décidé de me lancer dans la construction du Faucon Millenium en Lego. Un grand classique décliné en de nombreux modèles par la marque.

Mais je ne suis pas passé à la boutique acheter une boite, j’ai juste téléchargé les plans de montage du set #75257 et pioché dans mon stock de petites briques.

J’avais déjà réalisé cet exercice pour un diorama Star Wars, la poursuite dans les tranchées de l’étoile de la mort numéro #75359, mais jamais pour un set de cette taille. Il compte en effet 1353 pièces.

En attaquant l’ouvrage, je n’étais pas certain d’arriver a bout faute de briques. Je savais juste que je possédais la verrière du cockpit du fameux vaisseau de Han Solo. D’un autre coté, je disposais du vrac des Lego de mes enfants et des briques de deux amis, le tout triés dans onze bacs sans parler des trente petits tiroirs remplis de pièces minuscules, les plus rares.

Au début, j’a commencé l’assemblage en prenant quelques libertés avec les couleurs pour des pièces invisibles. Ensuite j’ai dû m’arranger avec certaines pièces absentes de la collection. Il  me manquait par exemple le 6274686 qui ressemble à un baignoire, pièce indispensable pour réaliser la trappe de contrebande. Après je me suis résigné à repenser la conception de certaines parties du vaisseau comme son dessus en éventail. Et puis, presque à la fin de la construction, je me suis retrouvé dans l’impossibilité technique de terminer le Faucon Millenium. Si près du but, c’était vraiment rageant.

Les pièces manquantes, des 4208006 et 4208988, se trouvaient à portée de la main, dans une capsule Apollo à l’échelle du LEM et dans un destroyer Star Wars miniature inventés par mes soins. 

Mais je n’ai pas eu le coeur de les démonter pour faire de la récup alors j’ai commandé en Hongrie les pièces manquantes et quelques autres pour terminer mon vaisseau. Du coup j’en ai profité pour ajouter quelques briques qui faisaient tâche dans le visuel, pour un total de vingt-quatre euros, ce qui n’est pas trop cher payé pour un set vendu presque dix fois plus cher.

Lorsque les pièces hongroises sont enfin arrivés, j’ai redisigné plusieurs parties, comme les réacteurs, la coque supérieure, les ouvertures à l’avant, redistribués quelques plaques qui n’avaient pas les bons coloris et caché la misère. Le résultat final est assez réussi mais cela a pris du temps, beaucoup de temps…

Pendant que je montais le Faucon Millenium, je n’ai pensé qu’à ça. Je ne suis pas sorti faire de la photo, je n’ai pas fait d’astronomie, je n’ai pas filmé de chronique musicale et je n’ai pas écrit de billet de blog. Du coup je suis terriblement en retard sur mon planning de publications mais ça valait le coup.