La photo maudite

Image

Les groupes de rock ont leur chanson maudite, le tube que tout le monde connaît, l’incontournable d’un concert, mais que les musiciens ne veulent plus jouer. Peter Gabriel a son ’Solsbury Hill’, Eagles son ‘Hotel California’, les Rolling Stones leur ‘Angie’, les Scorpions, le sirupeux ‘Still Loving You’.

Ben en photo c’est la même chose. De temps en temps nous publions un cliché sympa qui soudain fait le buzz, éclipsant complètement les images dont nous sommes vraiment fiers. En discutant avec d’autres photographes, je me suis rendu compte que je n’étais pas un cas isolé, loin de là. Nous aussi, nous avons nos photos maudites.

Une photographie n’est pas juste là pour faire joli. Elle peut raconter quelque chose, être représentative d’un style, d’une manière de penser, d’un instant. Je pense avoir trouvé, après de longues années d’errances et d’échec, un style photographique qui me correspond. Une image noir et blanc où le sujet ressort fortement dans un décors sombre et contrasté.

Bien sûr toutes mes photos n’épousent pas cette charte graphique mais c’est ce que mon instinct me pousse à créer. Evidemment, ce n’est pas du goût de tout le monde, les commentaires vint de trop sombre, trop noir, pas de couleur, trop accentué, déprimant jusqu’à moche. Mais moi j’aime.

Exceptionnellement, quelques une de ces images trouvent leur public. Mais dans mes plus grands succès, il y a principalement des couchers de soleils et des canards (les photo animalières dans le langage de mon épouse toujours impitoyable).

Le public lui plébiscite principalement les ‘jolies’ images de lieux qu’ils connaissent. Jolie signifiant plein de couleurs chatoyantes et des lignes douces pour ne pas heurter le regard.

Lorsque j’étais en Bretagne avec mes deux amis, j’ai fait de nombreuses photos souvenirs genre paysages ou coucher de soleil. Des photos sans grande recherche, juste pour le plaisir d’immortaliser un moment.

Mais comme je ne photographie que les étoiles et les concerts depuis quelques temps, je publie ces photos de vacances sur Flickr faute de mieux. C’est ainsi qu’un coucher de soleil sur la plage de la barre d’Etel a terminé sur mon Flickr. Des vagues, du sable, quelques nuages et un soleil couchant, rien de bien extraordinaire.

Mais voilà, cette photo a matché et a très vite dépassé les cinq mille vues accompagnée de plein de commentaires bienveillants. Le succès de cette image m’agace tellement que j’ai envie de la supprimer de Flickr. Mais bon, étant donné que je n’ai pas tant que ça de photos qui dépassent les vingt favoris (mon seuil de suppression), je vais la conserver probablement un peu.

Ce qui m’a fait nettement plus plaisir, c’est que la photo ci dessous, a été élue photo de la semaine, dans la communauté Flickr Social. Ça ne l’a pas rendue pour autant célèbre, mais ça m’a fait vraiment plaisir, parce que celle là, je l’aime vraiment.

Le mur

Image

Entre Berlin Est et Berlin Ouest se dressait le mur de la honte, coupant une ville en deux. En une nuit, des familles furent isolées, des couples séparés pendant vingt-huit longues années. Le 9 novembre 1989, le mur est tombé, précipitant le bloc de l’est dans sa chute.

En 2006, les américains commençaient la construction d’un mur entre le Mexique et la Californie et leTexas. Cette frontière artificielle atteignait 727 km en 2021, empêchant les migrants d’entrer aux États-Unis.

Le 18 août 2026, un nouveau mur s’est dressé entre le nord et le sud, entre notre jardin et nos voisins. Un mur de quinze mètres de long et de deux mètres de haut. Le mur du silence et de l’intimité.

Parce que lorsque vous êtes dans votre jardin, vous n’avez pas forcément envie d’admirer vos voisins ventripotents en slip sur leur balcon, de fumer avec eux, d’écouter leur musique et de participer à leurs conversations téléphoniques.

Il aura fallu du temps pour faire aboutir le projet. Nous avions déjà un muret en brique de hauteur variable en assez mauvais état. Alors nous avons commencé par surélever le mur avec une palissade en osier. Ensuite nous avons planté des arbustes et enfin nous nous sommes posés la question de surélever le mur.

Mais voilà, nous habitons à proximité d’un bâtiment classé et du coup nous ne pouvons pas faire ce que nous voulons. Nous avons fait passer cinq entreprises et reçu seulement deux devis allant du simple au double pour les mêmes travaux.

Mais le constat était le même dans tous les cas. Il fallait démolir pour reconstruire. Il a fallu demander une autorisation de travaux et de démolition, un parcours administratif kafkaïen avec en prime les contraintes absurdes des Architectes de France. Notre maison est bleue, le mur doit être beige avec une couvertine débordante en pierre. Bonjour les mélanges.

Enfin, pour réaliser les travaux, il nous fallait l’accord de nos voisins, car le chantier ne pouvait se faire que de chez eux. Demander à ses voisins l’autorisation de les déranger pour ne plus voir leurs trombines, c’est gonflé. Mais finalement, c’est ce qui a été le plus simple à faire.

Contre toute attente, une fois le devis signé et l’acompte versé, tout a été très vite. Après une semaine de travaux, un mur de deux mètres de haut se dressait entre le nord et le sud. Il ne manquait plus que des barbelés et des miradors.

Ce mur me fait un peu honte, il révèle toute l’étendue de mes échecs répétés de cohabitation avec les voisins. Mais j’avoue que cela fait du bien de boire son café sur la terrasse sans être observé et d’entendre un peu moins les bruits du voisinage et de la route.

J’attends donc avec impatience l’invention du champ d’occultation qui isolera totalement notre maison sous une cloche translucide et opaque aux bruits. Mais je crois qu’il faudra que je patiente encore quelques années avant que l’invention ne soit commercialisée.

La dernière conférence

Image

A l’école, j’ai toujours aimé être devant les autres élèves pour présenter des exposés, nettement moins pour résoudre le problème de maths donné en exercice la veille, et dont je n’avais même pas lu l’énoncé.

Je suis relativement à l’aise en public, capable d’improvisation si besoin et en plus j’aime faire le show. J’affirme des âneries avec assurance et j’ai souvent plus de crédit que le spécialiste lorsqu’il s’agit de parler à un journaliste.

Lorsque j’étais pré ado, on me lâchait déjà devant un public pour parler de science, de la naissance de l’univers ou des objets observables dans le ciel. Au travail, j’ai toujours eu des facilités à mener des réunions, assurer des présentations, bref je suis clairement un communiquant même si ce n’est pas ma fonction et que je déteste les communicants.

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas eu l’occasion de me donner en spectacle, sorti des laborieuses réunions de travail. Mais cette année, j’ai été servi. J’ai commencé la saison avec une présentation de l’astro photographie à des élèves de la troisième à la terminale. Et pour des raisons d’organisation, je me suis retrouvé propulsé à l’arrache, parce j’étais certainement au mauvais endroit au mauvais moment, conférencier pour trois autres soirées.

J’ai recyclé et adapté la présentation sur l’astro photo et improvisé une seconde sur l’observation du ciel à l’oeil nu, un domaine que je maîtrise encore moins que la photographie. Le tout, c’était de donner le change avec beaucoup d’assurance.

Des conférences sur l’astronomie, le soir, en montagne, à quarante minutes de toute civilisation, ça n’est pas forcément une bonne idée. Le premier soir, il n’y avait personne sorti des organisateurs.

Pour la seconde conférence, nous étions dix. Pour la troisième, une quinzaine, dont ma femme, un de mes fils et le président de l’association. Autant dire, personne.

La quatrième conférence se déroulait après l’éclipse du soleil, le 12 août à 21h… Sérieusement. Qui allait rester la nuit, à mille mètres d’altitude, écouter un vieillard édenté, radoter sur les techniques d’astro-photographie d’après vous ?

Le 12 août, je suis monté au Champ du Feu pour l’éclipse solaire. De 14h à 17h, j’ai assuré une permanence à notre exposition, et il y avait beaucoup de monde. J’ai installé du matériel pour regarder le soleil et pendant trois heures j’ai parlé sous le cagna pour expliquer l’observation de notre étoile à de nombreux curieux.

A 17h éreinté, je suis allé au parking du Vieux Pré pour installer le matériel avec mon fils. Il y avait foule, des voitures garées n’importe comment, des gens installés dans des zones protégées et nous sur le goudron, à bruler au soleil. Encore…

De 19h à 20h30, j’ai suivi l’éclipse avec mon petit dernier, envoyant bouler poliment les journalistes pour m’occuper du grand public très friand d’explications. Je commençais tout doucement à devenir aphone.

A 20h30, alors que le maximum de l’éclipse venait de se terminer, nous avons tout remballé pour redescendre au chalet du Champ du Feu, un kilomètre plus bas. Mais la route était saturée, les voitures garées n’importe comment gênaient la circulation. Et je devais être en bas pour 21h. Stress !

A 20h55, je garais enfin la voiture au chalet et déchargeais une partie du matériel pour la conférence. C’est toujours mieux d’avoir un support visuel concret pour parler de sujets abstraits. Lorsque je suis rentré dans la salle avec tout mon barda, j’ai découvert avec stupéfaction que les bancs étaient tous occupés par des personnes impatientes qui attendaient le conférencier.

J’étais coincé. Il fallait que je fasse mon speech.

Une heure et demie plus tard, après quelques désertions et beaucoup de questions, la mission étaient accomplie, j’avais donné ma dernière conférence de l’été, et ce devant un public record. Des vocations d’astro-photographes sont probablement nées pendant la conférence et je pense que quelques personnes rejoindront notre association à la rentrée. Je n’ai pas perdu mon temps sans parler du plaisir de partager ma passion avec des gens.

Mais là je vais me reposer après trois jours de festival de métal comme photographe accrédité. Au moins je n’ai pas parlé pas, j’ai hurlé.

Ça devient compliqué

Image

Comment visser un tube de 42 mm de diamètre au filetage femelle dans un tube de 48 mm au filetage femelle tout en respectant précisément une longueur totale de 94 mm ? C’est le genre de défis que nous pose régulièrement le matériel de photo en astronomie.

Mettre une caméra au bout d’un télescope requiert des compétences de plombier. Il y a les diamètres, les filetages et les longueurs à respecter. Et chaque instrument est différent, sans parler des caméras.

Prenez un télescope Celestron 8 couplé à un réducteur et à un porte filtre. Ben vous partez d’un filetage de 54 mm mâle pour arriver en 42 mm mâle avec une longueur de tube de 104 mm à respecter impérativement. Et là dedans vous devez caser un porte filtre de 20 mm et un adaptateur Celestron long de 49 mm. L’enfer !

Lorsque vous avez trouvé la solution à l’équation, acheté les pièces qui vont bien et tout assemblé, vous réalisez que pour le setup suivant, il va falloir procéder tout autrement.

J’ai aujourd’hui trois instruments et deux caméras pour photographier les étoiles. Chacune des combinaisons me permet de sélectionner un champ différent, c’est à dire de grossir plus ou moins ce que je veux capturer. C’est la combinaison instrument caméra qui détermine la zone de ciel visible.

J’ai un télescope pour les petits objets comme la nébuleuse du Crabe, une première lunette pour photographier la chaine de Markarian et une toute petite pour capturer la galaxie d’Andromède. Chacun de ces télescopes requiert une distance spécifique entre le porte oculaire et le capteur de la caméra, donc des bagues adaptées pour chacun des setups.

Jusqu’à présent je travaillais avec une seule caméra. C’était relativement simple. Avec l’arrivée de la seconde, qui possède une meilleure définition, l’équation se complique avec trois nouvelles inconnues.

Cette caméra possède un pas de vis femelle alors que la première est dotée d’un filetage mâle. Pourtant il s’agit d’un équipement de la même marque, de la même gamme et elles sont prévues pour fonctionner avec les mêmes accessoires.

Du coup j’avais besoin de huit configurations différentes de tubes d’allonge en fonction de la caméra, de l’instrument et du réducteur utilisé. Et pas question de me tromper, sinon je ne pourrais pas fixer la caméra ou réaliser la mise au point correctement.

Après des heures d’essais, d’assemblage et la commande d’un second porte filtre, j’ai réussi à n’avoir que quatre configurations pour huit combinaisons. Sur une caméra, j’ai vissé une bague femelle 42 mm vers femelle 42 mm sur laquelle j’ai fixé le porte filtre en 48 mm. Mes deux lunettes présentent maintenant la même allonge en 48 mm et pour le télescope j’ai assemblé un tube de 66.5 mm de long et de 48 mm de diamètre qui s’adapte sur les deux caméras.

Vous n’avez rien compris à ce billet de blog ? Normal… Quand je disais que ça devenait compliqué.

Demandez le programme !

Image

Cet été je ne mourrai pas d’ennui. Déjà parce que je travaille, ensuite parce que j’ai vraiment un planning chargé.

Les dimanches après-midi, je monte au Champ du Feu pour tenir la permanence d’une exposition. Certains vendredi soir, je donne des conférences devant un public clairsemé. Les nuits claires, je monte dans les Vosges pour ajouter des heures à des projets astronomiques. Et lorsque le soleil se lève, je retourne au travail, un peu fatigué.

Cette année, en plus de la traditionnelle Nuit des Étoiles que nous organisons au Jardin Botanique à Strasbourg, il y a l’éclipse partielle de soleil du 12 août. Un évènement très médiatisé qui risque d’attirer nombre de visiteurs.

Et je suis sur le pont pour ces deux évènements, dans la coupole de la grande lunette le 7 août et sur le parking du Vieux Pré au Champ du Feu pour l’éclipse solaire. Et pas de chance pour moi, il fait beau. Donc aucune des dates n’est annulée.

Pour l’éclipse, sorti de gérer la foule, il ne devrait pas avoir de problème majeur. L’association m’a confié un superbe instrument solaire pour l’occasion, il faudra juste canaliser le public et expliquer sans cesse les consignes de sécurité aux gens.

Cela risque toutefois d’être une grosse journée. Arrivée vers 14h au Chalet du Champ du Feu avec probablement beaucoup de monde, installation des instruments vers 17h sur le parking, éclipse de 19h à 21h et pour finir une conférence de nouveau au chalet. Et le lendemain, je pars pour trois nuits de métal comme photographe à Colmar et Guebwiller.

La nuit des étoiles m’angoisse nettement plus. Car c’est moi qui serai aux commandes de la grande lunette de l’observatoire. Je connais assez mal l’instrument et cette nuit là, il n’y aura pas de cible facile à pointer. Pas de lune, pas de planète, rien. Je devrais chercher les rares les objets bien visibles dans la lunette à l’aide de leur coordonnées, ascension droite et déclinaison. Tout ça en tournant de grosses roues et en vérifiant les graduations dans un oeilleton.

Une partie de rigolade. Si je ne trouve pas la cible, j’aurais 15 personnes devant moi qui risquent d’être assez frustrées. Pendant ce temps, mes copains seront dans les jardins à utiliser leur matériel alors que je jouerais avec un tube de 7 mètres et une coupole de 34 tonnes classée monument historique. La troisième plus grande lunette astronomique française et la seule encore en activité. Grosse pression quand même.

Je me plains mais, je ne suis pas peu fier en vérité.

Les inscriptions pour la Nuit de Etoiles sont complètes pour Strasbourg, donc vous n’aurez aucune chance de me voir me planter en manipulant la grande lunette si vous n’êtes pas déjà sur les listes.

Pour l’éclipse de soleil, il y aura probablement beaucoup de monde, donc préparez-vous au bain de foule et probablement à des embouteillages pour monter au Champ du Feu. Mais je serai là. Avec un peu de chance, il y aura plus de dix personnes pour la conférence du soir…

Aimez-moi !

Image

Depuis tout petit j’ai un vrai problème. Peut-être plusieurs en fait. J’ai besoin d’amour, ou plutôt de reconnaissance.

Lorsque j’étais gamin, il fallait toujours que j’inflige aux invités mes gribouillages et les jeux que j’inventais. Il faut dire que mes parents ne s’intéressaient pas beaucoup à moi, peut-être parce que j’étais le petit dernier.

Le problème, c’est qu’en grandissant, la chose ne s’est pas vraiment améliorée, bien au contraire, elle a empiré.

J’ai toujours eu besoin de créer et d’avoir un retour. Textes, photos, critiques, nouveaiu jouet, tout est bon à publier. Par chance, les réseaux sociaux me permettent d’exposer mes horreurs sur des murs, histoire de recevoir quelques louanges.

J’ai été un des pionniers de l’Internet français avec un site web 1.0, ancêtre du blog. J’y publiais déjà des photos, des critiques d’albums, un peu comme aujourd’hui mais avec moins de frénésie.

Depuis que je dispose des médias d’internet, j’éprouve moins le besoin de harceler des amis de la famille avec mes oeuvres. Internet m’a offert une scène et un public. Sans doute pas celui que j’espérais, mais un public tout de même.

Les gens réagissent à mes créations, photos, chroniques, humeurs, critiques, live report, un petit public qui me suffit souvent et me renvoie de rares commentaires ou compliments.

En parlant de ça, je suis vraiment mal à l’aise avec les compliments, sans doute est-ce le syndrome de l’imposteur. Donc lorsque quelqu’un salue mon travail, comme des photos, je trouve cela totalement injustifié et lorsque personne n’aime ce que je fais, je me sens frustré et incompris.

La photo que je trouve géniale fait un bide et le portrait de chaton cartonne. Du coup je râle et je me plains, je suis un artiste incompris.

Le modèle économique comme le public des réseaux sociaux rend cela un peu inévitable. Cela n’en reste pas moins frustrant. Alors quand une pointure salue mon travail, je suis mal à l’aise et très fier à la fois. J’ai toujours l’impression d’être aimé pour de mauvaises raisons.

Tout dernièrement un couple d’amis de longue date, a retrouvé ma trace grâce à un article publié sur le blog. Nous avons repris contact après des décennies de silence et j’ai trouvé deux nouvelles victimes à inonder avec mes bêtises. Ils parcourent le blog pendant leurs vacances et commentent par SMS les billets qu’ils ont aimé. En plus d’avoir retrouvé des amis, j’ai maintenant deux nouveaux lecteurs, soit une augmentation de dix pour-cent de mon audimat quotidien.

Fort de cette expérience édifiante, je pense sérieusement à ressortir mes vieilles photos de classes maternelles et primaires pour identifier et recontacter plein de nouveaux followers potentiels.

Followers

Image

Il y a une question que l’on me pose régulièrement, lorsque je demande une accréditation photo pour une concert, c’est quel sont les médias que j’utilise et combien ai-je de followers.

La réponse est beaucoup pour la première question et pas beaucoup pour la seconde. J’ai donc pris l’habitude de totaliser les abonnés de tous mes réseaux sociaux pour donner l’illusion que je suis suivi par quelques personnes et je ne cite que les médias qui possèdent le plus grand auditoire.

Je suis sur Facebook, Bluesky, Mastodond, RedIt, Flickr et Youtube en plus d’avoir un blog. J’ai trois comptes Flickr, deux pages Facebook, deux chaînes Youtube et je totalise moins de 1500 followers. C’est un peu désespérant.

C’est avec la photographie que je rencontre le plus de succès (tout relatif), quelques clichés atteignent les 7000 vues mais ce ne sont généralement pas ceux que j’aimerai mettre en avant. La chaine Youtube Chroniques en Images fait un bide depuis ses débuts avec un peu plus de 300 abonnés et des vidéos qui atteignent péniblement les 40 vues.

Clairement, je suis un influenceur raté, déjà parce que je ne cherche pas à placer des produits, que je ne fait pas de pub et que surtout, je n’ai pas de public. Le blog est tellement parasité par des tentatives de piratage que je suis incapable aujourd’hui de déterminer le nombre de visiteurs réguliers. Disons que lorsque les attaques se calment, j’ai une vingtaine de visites par jour.

Alors à quoi bon tout cela ? Faut-il que j’optimise mes réseaux ou faut-il que je me résigne ? Faut-il que je suive des formations pour améliorer mon e réputation, faut-il que je fasse une campagne de pub ? Je pourrais cesser de me disperser afin de me concentrer mon activité autour de la photographie, je pourrais retravailler le blog pour qu’il gagne en visibilité, écrire des chroniques où je dis que tous les albums que j’écoute sont extraordinaires. Mais voila, je n’ai pas envie.

Je vais continuer de travailler en dilettante, juste pour le plaisir, regarder mon nombre d’abonnés augmenter de 1 ou 2 par semaine et continuer d’écrire n’importe quoi sur les réseaux sociaux sur lesquels je passe trop de temps.

Canicula

Image

Il fait chaud n’est-ce pas ? Vraiment trop chaud en fait. Nous venons de vivre notre seconde canicule de l’année et l’été vient de commencer. Les températures dépassent les 40 degrés et ne descendent plus en dessous des 20 degrés, des incendies se déclenchent partout, certaines centrales nucléaires sont déjà à l’arrêt, les agriculteurs moissonnent le blé, des abrutis se battent pour un ventilateur devant les magasins LIDL et le peuple fustige enfin le gouvernement pour son inaction climatique.

Vous n’avez pas idée du nombre de personnes qui soudain se sentent concernées par le réchauffement climatique. Bon, ce n’est pas comme si, depuis les années soixante-dix, les scientifiques tiraient la sonnette d’alarme pour avertir les pouvoirs publics et les habitants de la terre.

N’empêche, combien quidam m’ont interpellé pour savoir si le réchauffement allait durer, si c’était lié aux étoiles ou bien la faute à Donald Trump. Que leur répondre ?

Oui, le réchauffement climatique est une réalité. Oui, il est du aux activités humaines et pas au soleil, encore que s’il n’y avait plus de soleil, nous aurions moins chaud… Oui, cela va durer et s’aggraver parce que, malgré les accords de Paris, le GIEC et plein d’autres réunions inutiles en avion aux quatre coins du monde, globalement, personne n’a vraiment rien fait pour endiguer le problème.

Oui, il va y avoir des morts et des réfugiés climatiques, en fait il y en a déjà beaucoup. Oui, il va falloir s’adapter et pas qu’en se cachant dans les cinémas par grosse chaleur. Oui, nous devons changer notre mode de vie. Et oui, nous allons mourrir, mais ça n’aura pas forcément de rapport avec le changement climatique.

Les élections présidentielles arrivent à grand pas. Mais qui se souviendra dans quelques mois des personnes âgées décédées, des feux de forêt et de la pénurie de climatiseurs lorsqu’il s’agira d’élire notre chef d’état ? En plus si ça se trouve, notre président sera un repris de justice qui n’en a rien à carrer du réchauffement climatique. Parce que, c’est bien connu, c’est de la faute des chinois et des immigrés s’il fait chaud sur notre belle planète.

Hyper activité

Image

Calendrier

J’ai du mal à rester en place. Au travail, ma collègue me reproche souvent d’avoir terminé de traiter un dossier alors qu’elle n’a pas encore lu le titre du mail le concernant. Et pour m’occuper le week-end je chronique de la musique, pratique la photographie, fais de l’astronomie, couvre des concerts et soigne le potager.

Cette année, je me suis un peu plus engagé dans l’association d’astronomie en rejoignant son conseil d’administration. Sorti de quelques réunions, il n’y pas grand chose à faire, alors je participe à plusieurs groupes de travail.

De fil en aiguille je me suis retrouvé engagé dans plusieurs événements, conférences, soirées, sorties, commissions et permanences. Et lorsque je consulte mon agenda de l’été, pour aller voir les amis, partir en balade ou profiter d’un concert, je découvre que je suis pris tout le temps.

Je manque de temps pour mes chroniques, je ne fais plus de photo sauf pendant les vacances, mes amis me manquent et je suis en permanence par monts et par vaux. J’ai même dû partager mon agenda avec mon épouse pour qu’elle sache quand je suis libre.

Au programme de l’été, il y a on the Moon Again, la nuit des étoiles, l’éclipse solaire, deux soirées dans un centre socio culturel, des conférences, la recherche d’un terrain d’observation, l’achat d’un nouveau véhicule pour le télescope, une exposition au Chalet du Champ du Feu sans parler des sorties pour photographier les étoiles.

Il y a également un festival de metal sur trois jours qui suit l’éclipse de soleil et pour lequel des gens aimeraient bien que je fasse quelques photos. Je n’ai pas encore donné ma réponse mais vu que le dernier soir, il y a Alcest à l’affiche, je vais sans doute dire oui.

Entre le manque de sommeil à cause de la chaleur, des nuits blanches et de cette hyper activité, je me traîne tel un zombie dans la maison bouillante, je prends du retard sur mes publications, j’enregistre mes chroniques à l’arrache et découvre souvent à la dernière minute que je dois partir pour une réunion, une soirée ou une observation. Je ne lis plus beaucoup faute d’un manque évident de concentration et je fais de plus en plus de micro siestes au travail.

Jeudi soir je monte à Fréconrupt photographier les Dentelles du Cygne et observer le ciel. Vendredi soir, je monte pour une conférence au Champ du Feu. Samedi nous fêtons les 26 ans de notre ainé. Dimanche je mon au Chalet du Champ du Feu assurer la permanence de l’exposition. Lundi, je vais essayer d’aller faire un coucou à un amis mais ma fille aimerai bien que l’on aille se promener en montagne. Et mardi, je pars tester le chargement du télescope dans un nouveau véhicule.

Il faudrait que je lève le pied, mais voilà, je crois que j’en suis incapable.

ET wants fresh air

Image

Le mercure dépassait les quarante degrés à l’ombre. Nous suffoquions dans notre maison brulante et le stock de glace était épuisé.

Alors j’ai proposé à mon épouse de l’emmener au cinéma l’après-midi. Car les salles obscures disposent de la climatisation et vendent des glaces.

J’avoue que je n’avais pas mis les pieds au cinéma depuis Dune 2, oui quand même. La faute aux plateformes de streaming et surtout à ma flemme légendaire.

Donc nous voilà installés en amoureux dans une petite salle bien fraîche où tous les petits vieux s’étaient donnés rendez-vous pour renouer avec leur enfance, à savoir le dernier film de Steven Spielberg, Disclosure Day.

J’avais entendu tout et n’importe quoi sur le film, mais sincèrement, je ne m’attendais pas à ça. Quelle fraîcheur, quel confort, quel calme malgré le truc débile qui passait à l’écran. Il n’y aurait pas eu la climatisation, nous serions certainement partis au bout d’un quart d’heure.

Où étaient donc passés les rêves de Spielberg ? A la place nous avons eu des acteurs mal dirigés dans une intrigue paranoïaque complotiste américaine avec des grosses voitures noires. Effets spéciaux, courses poursuites, men in black, bonnes soeurs, Roswell, artefacts aliens ridicules, match de catch, motels minables sans parler de Blanche Neige et les Sept Nains, le film coche toutes les cases des clichés auxquels il faut ajouter le message qu’un réalisateur gâteux tente de faire passer.

Les trois premiers quarts du film furent une torture à vingt-cinq degrés, c’est à dire tout à fait acceptable en fermant les yeux. Après ça – le film dure quand même deux heures et vingt-cinq minutes – vient la grande révélation qui a le mérite de raconter quelque chose. Mais cela ne dure pas longtemps et le final est assez pathétique.

Nous sommes sortis reposé après presque trois heures passées au frais. Reposés mais pas franchement enthousiastes. Lors de la prochaine canicule, il s’agira de choisir un bon film tant qu’a faire.