Le plan Marshall

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Les factures d’énergie explosent et si nous ne sommes pas à la rue, cela pourrait ne pas durer éternellement au train où vont les choses.

L’objectif est donc de réduire la consommation de notre foyer et notre bilan carbone.

Pour ce qui est de la voiture, nous roulons peu, pas besoin de faire la queue devant les stations Total pour remplir le réservoir. Nous allons au travail à vélo. Pour les longues distances nous privilégions le train. Reste la promenade du week-end et les vacances dans la région où nous roulons un peu plus. Nous pourrions faire plus de promenades à vélo, prendre le train, mais il faut avouer que monter dans les Vosges à bicyclette demande une forme physique que nous n’avons jamais eu.

Le gaz lui, est un problème majeur. Nous vivons dans une passoire thermique difficilement isolable sauf en cassant tout pour la reconstruire enduite. 

La solution qui s’impose naturellement est de chauffer moins, ce que nous faisons avec un thermostat à 17 degrés lorsque nous sommes chez nous, 15 lorsque la maison est vide et durant la nuit. Difficile de faire moins ou alors il faudra dormir dans la même pièce que les animaux.

L’eau chaude sanitaire provient également de cette chaudière. Là c’est plus facile. Il suffit de raccourcir la durée des douches et de n’en prendre au maximum qu’une par jour. En plus d’économiser le gaz, cela préserve les ressources en eau de la planète. Il est même possible de remplacer une douche par une toilette de chat. Ne pas en abuser tout de même, car un chat ça pue.

Pour l’électricité, tous les appareils qui possèdent un mode veille sont sur des interrupteurs mécaniques et éteints lorsque nous n’en avons pas besoin. Deux exceptions à cette règle toutefois, la box Internet et l’Apple TV qui n’ont pas vraiment été conçues pour des arrêts prolongés, mais je vais y réfléchir.

Après quels sont les appareils électriques énergivores ? Fer à repasser, micro onde, plaques, four, éclairages halogènes, radiateurs électriques, sèche linge, réfrigérateur…

Nous allons essayer de ne plus utiliser le sèche linge sauf absolue nécessité, nous allons dégivrer plus souvent le congélateur, et regrouper les lessives. 

Nous n’avons pas de radiateur électrique hormis un poêle en céramique d’appoint lorsqu’il fait moins 15 dehors ce qui devrait arriver de moins en moins fréquemment. Il nous reste deux lampes halogènes. J’ai bien acheté des ampoules LED pour les remplacer mais ça ne fonctionne pas. Il faudrait changer les luminaires ce qui, rapport au bilan carbone, est très discutable. On va donc éviter de les allumer. 

Difficile de se passer du four et des plaques pour cuisiner à moins de manger cru et froid. Je ne suis pas prêt à cette extrémité même si j’adore les sashimis. Le micro onde peut dégager en faisant quelques efforts. Le fer à repasser aussi. Je ne suis pas très regardant sur ma tenue vestimentaire même si arriver tout fripé au travail peut faire désordre.

Le problème de l’éclairage se résout en n’éclairant que les pièces où nous sommes et en utilisant des LED autant que faire se peu.

Restent la télévision, le vidéo-projecteur, la chaîne, les téléphones et les ordinateurs. Ils consomment aussi, mais un peu moins. Une utilisation modérée et réfléchie permet de limiter la casse. Le Mac n’est allumé qu’en cas d’utilisation comme la chaîne et le vidéo-projecteur. En passant moins de temps devant les écrans et plus dans les livres, nous pourrions réduire notre facture énergétique comme notre bilan carbone. Mais soyons honnête aussi, nous sommes d’incorrigibles geeks.

L’étape suivante consiste à acheter moins, et là le chantier est de taille.

Rien que le poste la musique est un réel problème. Pour ma défense, j’achète de plus en plus de musique dématérialisée (pas en streaming) mais cela me fruste beaucoup. De temps en temps je fonce chez le disquaire faire une orgie de vinyles. Et ça c’est très mal.

Le danger en diminuant le temps d’écran c’est de surpeupler la planète ou de lire trop de bouquins. Et les livres, à moins de les emprunter, il faut les acheter. Même si je leur offre une seconde vie après les avoir dévoré, j’en conserve quand même quelques uns. Idéalement il faudrait que je reprenne un abonnement à la médiathèque mais que deviendrait mon libraire ?

Je ne parle pas de la photo, ça on y touche pas.

Le briques Lego c’est plus problématique. J’adore construire et chaque nouveau set de la marque me fait saliver. Ce genre de loisir est totalement immature, polluant (c’est du plastique après tout) et prend beaucoup beaucoup de place. Pour l’instant le compromis trouvé avec moi-même consiste à recycler mes briques et à n’acheter que de la seconde main. Enfin presque.

Pour l’alimentation, la viande rouge sort peu à peu de nos menus mais pas les protéines animales. Nous mangeons plus d’œufs et de fromage, moins de produits transformés si on oublie les bonbons Haribo. Car comme pour la photo, il faut savoir aussi se faire plaisir parfois.

Le jardin nous fournit pommes de terres, poireaux, tomates, navets, haricots, carottes, potirons, poires, raisins, courgettes, salades en petite quantité à cause de la sécheresse, mais c’est déjà ça, et pendant que je jardine, je ne suis pas devant un écran comme maintenant.

Une autre source d’économie non négligeable serait de virer les deux Tanguy qui squattent la maison. Bon là c’est un peu mission impossible pour l’instant. Mais ils finiront bien par se lasser de vivre avec deux vieux radins à 17 degrés et sans wifi en mangeant des pommes de terre.

Au travail, le temps est également aux économies. Nous devons effectuer moins de déplacements (là je rigole très fort), éviter de prendre l’avion (cette année aucun vol à mon actif), baisser le chauffage et la climatisation à respectivement 19 et 26 degrés (19 c’est deux degrés de plus qu’à la maison autant dire le luxe), éteindre autant que faire ce peut les ordinateurs et les écrans (no problemo, surtout pendant ma sieste), rouler en voiture électrique (là clairement ça se complique) et trier nos déchets (va falloir en éduquer certains).

Malgré tout ces efforts consentis, il y a deux choses auxquelles je ne renoncerai pour rien au monde : mes ballades en jet ski autour du fort de Brégançon et mes aller-retour Paris/Nantes en jet privé. C’est vrai quoi, faut pas se foutre du monde non plus.

On n’a pas de pétrole mais on a des idées

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Au début des années soixante-dix, le gouvernement français prenait en pleine figure la première crise pétrolière. Faute de solution miracle face à l’explosion du baril, il instaurait le changement d’heure en 1973 – qui est d’ailleurs toujours en place à ce jour – et sensibilisait les français aux économies d’énergies avec le fameux slogan « On n’a pas de pétrole mais on a des idées ».

Cinquante ans plus tard, en plein réchauffement climatique, alors que les réacteurs nucléaires doivent être arrêtés et que la crise du gaz russe bat son plein, des slogans vieux d’un demi siècle refont surface. « C’est pas Versailles ici ».

Outre l’électrification du parc automobile, l’administration envisage d’adapter les modèles thermiques pour le bio éthanol. Des recommandations nous engagent à remplacer nos éclairages par des LED, de chauffer à dix-neuf degrés et de climatiser à partir de vingt-six. 

Des chantiers de mise en conformité énergétique sont lancés ainsi que le remplacement de toutes les chaudières au mazout et nous allons privilégier les pompes à chaleur aux autres équipements de chauffage.

Aujourd’hui, l’état s’intéresse de très près à notre résilience aux coupures électriques. Avons-nous des onduleurs, qu’est-ce qui est branché dessus, quelle est leur autonomie, disposons-nous d’un groupe électrogène, combien de temps peut-il fonctionner avec un plein, bref ça craint.

Mon tout nouvel onduleur 75 kVa à dix-milles euros se repose dans son local électrique climatisé. Car ça chauffe les batteries. Chez nous, les coupures ne sont pas acceptables, les gars qui veulent installer la borne électrique l’ont bien compris.

Sauf qu’un soir de fortes chaleurs, en passant devant la porte du local, j’ai entendu un bip bip inquiétant. L’onduleur était en mode by-pass, traduction il ne rendait plus son service normal et à la moindre micro coupure, c’était le black-out assuré.

Le climatiseur étant hors-service, les batteries devenaient trop chaudes et l’onduleur s’était mis en sécurité. Nous avons installé des ventilateurs dans la pièce et un climatiseur d’appoint pour baisser la température du TGTB et tout est  rentré dans l’ordre. Plus de peur que de mal.

Le service de maintenance de la clim est passé le lendemain et a commandé la pièce défectueuse, en l’occurrence la sonde température, notre spécialité en fait, sauf que ce ne sont pas les mêmes. Dommage, car la sonde n’est pas encore arrivée et qu’avec la canicule, les batteries flirtent dangereusement avec les 40 degrés fatals au système. Nous avons installé un second climatiseur d’appoint et nous pompons 4 kVa à l’équipement qui nous garantit 75 kVa, tout ça pour le refroidir…

L’état se prépare à une crise énergétique majeure pour l’automne, que ce soit électrique, gaz et pétrolière. Nous sommes chauffés au gaz et notre onduleur fonctionne sous perfusion. Seul le groupe électrogène se porte bien, mais il fonctionne au diesel, et pour le réchauffement climatique c’est mal. 

J’ai l’impression que la rentrée va être intéressante.

Quarante-deux

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La réponse à toutes les questions de l’univers est 42. 

J’avoue que je me suis longtemps demandé pourquoi. J’ai lu comme tous les geeks H2G2 ou Le Guide du Routard Galactique renommé depuis pour de mauvaises raisons, le premier succès de la carrière de Douglas Adams. Je n’avais pas vraiment compris ce 42, mais ça m’avait faut rire.

Aujourd’hui je connais la réponse. C’était si simple. Au début du roman de Douglas Adams, la Terre est purement et simplement annihilée pour faire place à une autoroute spatiale.

C’est ce qui va se produire lundi prochain. L’Alsace sera détruite, pas par des aliens, mais par la faute à la connerie humaine. 

Lundi prochain, les modèles météorologiques prévoient 42 degrés Celsius à Strasbourg. La fin du monde pour un petit gars né sur la côte nord de la Bretagne, dont le métabolisme est entraîné à respirer entre 10 et 25 degrés.

La faute à qui ? Au réchauffement climatique bien sûr ! 

Après une caniculette en juin, on attaque les choses sérieuses en juillet. Vous n’avez pas l’impression que cela arrive de plus en plus souvent ? Ceci dit, cela fait un petit moment que l’on en parle du réchauffement climatique mais j’ai l’impression que personne ne veut y croire vraiment.

Je ne parle même pas des politiques qui font à peine semblant de décider des demi-mesures, je parle de vous, amis lecteurs, qui ne voulez pas prendre conscience du problème. 

Vous pensez être trop vieux pour en subir les conséquences ? Vous pensez que vos enfants règleront le problème ? Vous prendrez de bonnes résolutions après vos vacances à New-York ? Vous pensez que c’est aux autres de donner l’exemple ? Vous-vous en foutez ?

Ok, je l’avoue. Ce n’est pas parce que vous ne prendrez plus l’avion, que vous changerez votre chaudière au mazout par une pompe à chaleur, que vous roulerez en voiture électrique et que vous mangerez du tofu à la place du bœuf que l’on évitera le pic de chaleur lundi prochain. Ça ne marche pas comme ça. Par contre, si tout le monde fait un gros effort, gouvernement compris, on a peut-être une chance d’éviter le pire vers le milieu du siècle.

Les fossoyeurs

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Jusqu’au 31 décembre 2022, l’état propose l’Indemnité de départ volontaire aux fonctionnaires. Une démission assortie de deux ans de salaire et le droit au chômage.

La mesure était là pour inciter quelques fonctionnaires proches de la retraite à partir plus tôt. Quelques fonctionnaires… Sauf que de nombreux collègues signent pour cet IDV providentiel et que les centres se vident à toute vitesse. La mesure est victime de son succès.

Les services et les centres se vident. Là où vingt-cinq personnes travaillaient encore dans les années quatre-vingt, il n’en reste aujourd’hui que quatre, et encore pas tous les jours. Régulièrement nos sites sont déserts pendant plusieurs journées consécutives et les taches des services sont redéployés en central.

Nous, nous vidons les bureaux, trions les documents, broyons, jetons, classons, réformons le matériel et nous-nous déplaçons de plus en plus souvent pour palier à l’absence du personnel sur place. De toute manière, les rares rescapés ne veulent plus rien faire.

Nous retrouvons dans les bureaux déserts des trombones tordus, du blanco sec, des taille crayons, des rouleaux de scotch vides, des agrafeuses sans agrafes, des gommes en miettes, de vieux téléphones analogiques, des appareils photos argentiques, des rétroprojecteurs, des antiquités de GPS énormes, des archives administratives poussiéreuses non classées, des cartes routières, des cartes postales, des cartes de visites, des fiches de paye, des biscuits moisis, des cadavres d’insectes, des imprimantes à marguerite. L’archéologie de la fonction publique dans toute sa splendeur.

Quelque part, nous sommes les fossoyeurs de ces centres moribonds, ceux qui dispensons la dernière toilette au cadavre avant de l’enfermer dans sa boite. 

J’avoue que c’est assez déprimant. Autour de moi il y a quatre bureaux. Deux seulement sont occupés. Les autres ont été vidés de leurs affaires, nettoyés pour d’éventuels visiteurs qui ne viendront jamais puis fermés à clé. 

Nous serons probablement les derniers dans ces locaux déserts, ceux qui fermeront la porte derrière eux,  définitivement avant de partir. Des vestiges de la grande folie du président François Mitterrand lorsque l’on démoralisait et que l’on recrutait des fonctionnaires à la pelle.

La belle saison

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L’hiver est bien terminé, d’ailleurs , l’a-t-on vu passer ? Le mercure dépasse les 30 degrés à la mi mai. Tout va bien. 

C’est la saison des apéros en terrasse, des barbecues et des soirées dehors. Les bricoleurs reprennent leurs activités, les chiens aboient, la caravane passe.

Les peuple est à la fête, le beau temps est enfin de retour, mais sérieusement 31 degrés en mai, cela n’est pas normal. 

Comme disait très justement une personne sur Internet, il serait bon que les journalistes cessent de se réjouir lors du bulletin météo de ces belles journées ensoleillées. Ça n’est pas une bonne nouvelle. C’est la preuve que le réchauffement climatique gagne du terrain. 

Les gens font installer des climatisations dans leurs logements, j’y songe moi même tant je souffre lors des canicules. Beaucoup d’électricité consommée et de l’air chaud rejeté dans l’atmosphère bouillante, la meilleure manière d’accélérer l’embolie climatique.

Les seuils de températures mortelles pour l’homme ont été dépassés en Inde et au Pakistan. Le niveau des mers monte inexorablement et d’anciennes capitales sont sous les eaux. Pendant ce temps, nous bâtissons des EPRs pour produire plus d’électricité afin de charger nos voitures électriques, alimenter les climatisations et fabriquer de l’aluminium pour envoyer des touristes dans l’espace.

Par chance, nous avons trois ministres en charge du problème cette fois. La première ministre en chef Elisabeth Borne, Amelie Montchalin, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et Agnès Pannier-Runacher à La transition énergétique. J’espère qu’elles s’entendent bien sinon ce sera encore une jolie cacophonie. Ceci dit, les ministres ne suffisent pas, il faut une vraie volonté derrière, on l’a vu avec le Petit Nicolas.

« CE QUINQUENNAT SERA ÉCOLOGIQUE OU NE SERA PAS »

Quality Land

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Lire le roman Quality Land en pleine campagne présidentielle alors que j’avais décidé d’ouvrir un nouveau compte Facebook et Instagram sur mon iPhone, ça ne manque pas de sel.

Quality Land décrit une société parfaite où la technologie et les GAFAM procurent tout le bien être nécessaire à une vie harmonieuse. World Wide Whatever, Quality Partner, The Shop, Quality Corp, Everybody, Quality Pad, le moindre de vos désirs est exaucé avant même que vous ne l’ayez imaginé. Votre tablette vous trouve le partenaire idéal, connaît vos restaurants préférés, commande pour vous et régit votre bonheur à votre place. 

Chaque habitant porte comme nom de famille, le métier ses parents et possède un profil avec une note allant de 1 à 100, note qui détermine le statut social, la profession, les partenaires, les amis, les restaurants. C’est là que nous rencontrons Peter Chômeur, le héros de notre histoire, alors qu’il en possède dix, à un point des Inutiles, la classe sociale majoritaire à Quality Land.

C’est Le meilleur des mondes. Oui, comme dans le roman de Huxley ou dans 1984 de Orwell mais en beaucoup plus drôle.

La perfection n’est pas de ce monde et l’auteur le raconte avec beaucoup d’humour à l’aide de quelques personnages, Peter, un moins que rien qui veut retourner le vibromasseur dauphin qu’il n’a jamais commandé, John Of Us, l’androïde candidat au poste de président de Quality Land, Martyn le politicien looser.

Une société tellement centrée sur la consommation et les loisirs, que lorsqu’ils ont construit l’astroport, après avoir installé les restaurants, bars et commerces, ils se sont aperçu qu’ils n’avaient plus de place pour les pistes d’atterrissage.

J’ai passé d’excellents moments avec ce roman, de grand fous rires (le coup du baiser) et le livre m’a même fait gamberger sur notre mode de vie actuel qui n’est pas si éloigné que ça finalement de Quality Land. En deux mots, un livre intelligent et drôle. C’est fait cinq mots non ?

Le jeu des mille bornes

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Dans le cadre de notre politique éco-responsable, nous électrifions notre parc automobile. Nous achetons des Zoe au rayon d’action réel inférieur à 300 km. 

Pour les recharger, nous avons commandé des bornes de recharge rapides deux fois 22 kVA. Avec de telles machines de guerre, une Zoe est chargée à 80% en trois heures ce qui permet d’aller sur un site en véhicule électrique et de repartir le jour même avec sans craindre la panne sèche ou la recharge en cours de route.

Mais pour installer ces bornes, il faut du courant triphasé et un abonnement adapté. Il y a également quelques petits travaux d’infra à prévoir, génie civil et électrique. Une poignée de milliers d’euros.

Cependant, souvent avant d’installer la borne, l’entreprise en charge des travaux, exige une pré-étude réalisée par un cabinet spécialisé. Encore quelques milliers d’euros à prévoir.

Pour alimenter un tel monstre, il faut un abonnement électrique à 72 kVA minimum, en fonction de la consommation du site où vous mettez en place la borne.

Il faut un tarif jaune ou C4, rien de comparable avec votre petit compteur électrique à domicile. Prévoyez des travaux lourds. Vous allez devoir changer la platine du compteur et installer un arrêt d’urgence en limite de propriété. 

Par chance, Enedis se charge de tout, moyennant quelques milliers d’euros.

Ce qu’Enedis ne vous dit pas forcément, c’est qu’il faudra également qu’un électricien pose un coupe circuit entre la platine C4 et le tableau électrique, un coupe circuit qui coûte lui aussi plusieurs milliers d’euros, sans parler de sa pose.

Ce qu’Enedis oublie également parfois, c’est que les câbles électriques qui alimentent la platine devront supporter 400 A et que ceux installés tiennent à peine le quart de l’intensité requise. Cinquante mètres de câbles enterrés à remplacer. Quelques milliers d’euros à ajouter sur la facture.

Le passage à 72 kVA va également mettre en défaut votre sécurité électrique. Les coupes-circuits présents dans le bâtiment seront bons pour être remplacés.

Pour finir, pour installer une borne, il faut une borne électrique, comptez quelques milliers d’euros également pour un modèle double 22 kVA.

Depuis sept mois, nous enchaînons les rendez-vous avec Enedis, Borne Solutions, des électriciens, des cabinets d’études, des réunions avec les services centraux, des déplacements au quatre coins de la France, tout cela pour tenter d’installer des bornes pour nos Zoe qui dorment sur les parkings depuis deux ans.

La première borne pourrait voir le jour au début de l’été. La seconde, peut-être en 2023, si le projet n’est pas purement et simplement abandonné. Dans la plupart des sites, nous allons renoncer aux bornes 22 kVA pour des 3.5 kVA, c’est à dire une grosse prise électrique qui charge une voiture en plus de huit heures.

En quelques mois la facture initiale a triplé, à croire que nous construisons un EPR. Et le plus drôle dans l’affaire, c’est que le ministère nous interdit d’acheter de nouveaux véhicules thermiques. Alors les Zoe patientent sagement, garées les unes à côté des autres, branchées pendant douze heures sur une prise électrique domestique et personne n’ose les conduire.

En attendant, nous prolongeons tant bien que mal la vie de vielles Clio diésel qui n’auront bientôt plus le droit de circuler, ZFE oblige. Espérons que d’ici là nous ayons des bornes ou des véhicules électriques à plus grand rayon d’action.

Je n’ai rien contre électrifier notre parc automobile, même si je me demande vraiment si ces véhicules sont si vertueux écologiquement parlant. Donnons-nous au moins les moyens de le faire correctement, achetons des voitures adaptées à nos besoins, trouvons des solutions raisonnables pour les recharges ou alors patientons encore un peu, en attendant que la technologie soit mature. Pour l’instant, nous perdons beaucoup de temps et nous gaspillons de l’argent pour rien.

Karfagen – Land of Green and Gold

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Vous le savez sans doute, l’armée russe est entrée en Ukraine le 24 février dernier et depuis, des millions d’habitants fuient les villes bombardées, pour se réfugier en Europe et ailleurs.

Antony Kalugin (Sunchild, Akko, Hoggwash et Karfagen) compte parmi ces réfugiés et comme je suis sa carrière depuis assez longtemps, j’ai commandé il y a peu son album Land of Green and Gold. Ma manière de soutenir l’Ukraine contre l’envahisseur.

Je n’ai pas encore totalement compris les enjeux de l’invasion russe en Ukraine je l’avoue. Je suis un gros nullos en géopolitique. Mais une guerre aux frontières de l’Europe, ça fait froid dans le dos. Surtout lorsque l’agresseur dispose du plus gros arsenal nucléaire mondial. Et puis d’instinct, j’ai tendance à défendre le petit poisson contre le gros requin.

Parlons musique si vous le voulez bien, malgré cette actualité explosive. On est là pour ça non ? Karfagen est un projet quasi instrumental de rock progressif symphonique à tendance néo-prog. Un projet avec profusion de claviers pas toujours très vintages, joués par Antony.

Sept musiciens jouent aux côtés d’Anthony, ajoutant aux claviers, flûte, accordéon, saxophones, basses, guitares et batterie. Dix neufs titres qui voyagent du prog symphonique à la fusion, de l’art rock au canterbury en passant par le néo-prog. Un programme varié, indispensable pour ne pas tourner en rond sur ces deux disques.

‘Garden of Hope’ en deux parties est l’unique titre chanté de l’album avec ‘The Blossom’ présent sur le disque bonus. D’habitude j’apprécie les instrumentaux qui cassent le rythme des albums trop chantés. Ici c’est exactement la même chose, mais à l’inverse. Vous voyez ce que je veux dire ?

Le disque bonus n’est pas composé de rushs d’enregistrements mal fichus. Il propose de très belles pièces comme ‘Horizons Part 1’ où la guitare d’Andrey rappelle les sonorités de Steve Hackett. Ces bonus sont d’ailleurs nettement moins fusion que l’album Land of Green and Gold, des pièces plus proches du rétro prog et cela convient assez bien à mes oreilles.

J’aime particulièrement ‘Pastoral’, ‘Land of Gold’, ‘Horizons Part 1’, ‘Shape of Green’ et ‘The Blossom’. Vous noterez au passage que je préfère nettement plus le disque bonus à l’album original en fait. Personne n’est parfait.

Le principal reproche que je fais à Karfagen, c’est le choix du synthé numériques au lieu de claviers analogiques qui possèdent à mon avis nettement plus de chaleur. Land of Green and Gold s’écoute plus en musique de fond que le casque vissé aux oreilles à décortiquer les mesures, enfin pour moi. Après, je m’en doutais un peu en commandant l’album. 

Mais comme dit plus haut, il s’agit d’une chronique militante. Alors si vous n’avez pas de place pour accueillir chez vous une jeune ukrainienne, ou que votre femme n’est pas d’accord, vous pouvez les soutenir en achetant Land of Green and Gold, l’album est sur Bandcamp.

Teeshirt : Transatlantic

Le troisième sera la bonne

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Je ne suis ni historien, ni politologue, je ne suis qu’une personne qui a peur de la folie des hommes.

Que se passe-t-il en Ukraine ? 150 000 russes patientent à la frontière avec leurs chars. Poutine roule les mécaniques, Biden menace, Macron joue le médiateur et pendant ce temps milices séparatistes et soldats ukrainiens échangent des tirs nourris.

L’Ukraine veut rejoindre l’Otan, la Russie s’y oppose, les USA dépêchent 4000 hommes en Europe de l’Est et Poutine tire des missiles pour épater la galerie puis reconnait l’indépendance des régions de Donetsk et Lougansk. Comment en sommes-nous arrivés là ?

J’ai toujours cru qu’après les horreurs de 14-18 et de 39-45 les grandes nations avaient retenu la leçon. En pleine pandémie, les puissances de la vieille Europe seraient-elles prêtes à en découdre une fois encore ? L’Empire Ottoman, la grande Russie, la Chine, les U.S.A. fourbissent leurs armes, massent leurs troupes et à l’heure de l’Internet, des réseaux sociaux, le peuple manifeste contre le passe vaccinal. A croire que ces imbéciles sont prêts à partir la fleur au fusil, se battre contre les gars avec qui ils jouent en ligne à Mario Kart.

Hé les gars, vous avez oublié les missiles qui sommeillent depuis la guerre froide dans les silos ?

Que va-t-il se passer si Poutine lache ses troupes sur Kiev ? Les ukrainiens vont se faire massacrer, ça c’est certain, malgré les quelques armes fournies par leurs voisins (une centaine de fusils et quelques cartouches). Va-t-on fermer les yeux pour éviter l’escalade et laisser l’Ukraine se faire annexer ? Probablement. La Russie va-t-elle être sanctionnée, privée de vin de Bordeaux, de Camembert et interdite de vente de Vodka et de d’œufs d’esturgeons ? L’OTAN va-t-elle réagir ? Les français, les turcs, les polonais et les allemands vont-ils mobiliser leurs forces, appuyés par les américains pour tenter de repousser l’invasion de quelques 150 000 soldats jusqu’à que tout rentre dans l’ordre ? Sans doute pas. A moins que ce ne soit l’escalade ? Une troisième guerre mondiale en Europe avec cette fois en prime l’arsenal nucléaire comme solution finale ?

Personnellement je me moque un peu de savoir qui fait partie de l’OTAN ou pas. Qui est pro russe et qui ne l’est pas. Si Poutine est malade et si son absence au pouvoir serait pire que sa présence.

Je voudrais juste qu’au lieu de se foutre sur la gueule comme des cons, on se recentre sur grand problème actuel qui va tous nous conduire à notre perte si nous ne faisons rien : le réchauffement climatique global, qui lui à coup sûr, fera beaucoup plus de victimes que le conflit ukrainien s’il se produit, même dans le pire des scénarios.

Alors au lieu de dépenser notre PIB en avions de chasse, sous-marins nucléaires, EPR et soldes de troufion, donnons-nous les moyens d’aller vers l’avenir sans tout foutre en l’air.

Ce bon Darmanin

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Je ne sais pour quelle raison l’état français a autant de mal à légaliser l’usage des drogues douces. N’ont-ils pas encore compris qu’en les taxant, comme les cigarettes, l’alcool et l’essence, ils pourraient se faire des couilles en or et occuper les forces de police à des choses plus utiles que traquer la fille du fumeur de joints.

Mon propos n’est cependant pas celui de la légalisation du cannabis, j’ai arrêté d’en consommer quand j’ai cessé de fumer, et consommer est un bien grand mot si on considère les dix pétards que j’ai partagé dans ma vie.

Cependant, un jour, mon médecin, à court de solution miracle pour mes migraines, m’a conseillé d’essayer du CBD pour soulager mes crises. Le CBD est un cannabinoïde présent dans le cannabis. Rien à voir avec le THC qui provoque l’addiction et possède un effet psycho actif sur le cerveau. Le CBD est un produit légal vendu en pharmacies quoi qu’en pense Gérald Darmanin. Il se présente sous plusieurs formes, huiles parfumées, feuilles et cristaux. 

Pour ma part j’ai opté pour l’huile, parfum citron car chocolat ou poire-vanille sont à gerber. Et quand une migraine pointe son nez, ce n’est pas le moment d’avoir dans la bouche un truc au goût vomitif.

Le CBD soulage certaines douleurs, détend, réduirait les crises d’épilepsie et serait une des pistes contre le cancer du sein d’après Wikipedia. Bref un produit miracle.

Bon, pour tout dire, des migraines, je n’en fais plus beaucoup, la dernière date d’il y a trente et un jours, un véritable record après des années à deux ou trois crises par semaine. Ça, c’est le miracle de mon traitement au Metoprolol, un bêta bloquant qui me réussit vraiment bien. Mais lorsque les premiers symptômes d’une tempête s’annoncent, plutôt que de partir tête baissée avec l’artillerie lourde des triptans, en l’occurence l’Almogran, j’essaye depuis peu le CBD. 

C’est mon fils aîné qui m’a initié à la chose. Il en consomme en traitement de fond pour vivre plus facilement en société. Lui, a opté pour poire-vanille, je vous le déconseille encore une fois.

La première tentative ayant été plus que concluante, sorti du goût persistant synthétique dans la bouche, je vérifie maintenant s’il ne s’agit pas d’un effet placebo. Deux gouttes à 10% sous la langue pendant une minute et le CBD se répand dans mon corps lentement. Une sensation de léger engourdissement survient alors, sans pour autant enlever la lucidité.  C’est moyennement confortable mais comparé aux effets secondaires des triptans que j’utilise (perte d’équilibre, rigidité cadavérique, assoupissements), le CBD c’est clairement de la rigolade.

Chez moi, la prise de CBD permet de calmer l’angoisse induite par la crise – quand vous aurez vomi pendant vingt-quatre heures avec la tête martelant comme les tambours du Bronx, allongé avec une compresse froide sur la tête, plongé dans noir, incapable de boire ou de manger, dans un état de panique inimaginable et qu’il faut appeler un médecin à deux heures du mat, vous comprendrez -. Le CBD permet aussi de prendre de la distance avec la douleur, qui devient alors une menace sourde dans un coin de la tête. Ça n’est pas parfait, mais c’est toujours mieux que la chimie habituelle.

Un flacon de 10 ml concentré à 10% coûte la bagatelle de vingt-cinq euros. Plus la concentration est forte, plus c’est cher et ce n’est pas remboursé par la Sécurité Sociale bien évidemment. Vous pouvez l’acheter en pharmacie mais également dans les coffee shops français, les boutiques à CBD.

Si vous souffrez comme moi de migraine, je crois que cela vaut la peine d’essayer. Sait-on jamais.