La planète se meurt

Un idéaliste prit un jour la parole, entouré de notables cyniques. “La planète se meurt.” dit-il, “Nous devons réagir !”. Son discours enflammé fut suivi de quelques applaudissements sporadiques et de nombreux regards désabusés. “Revenons au prix du baril de pétrole, si vous le voulez bien messieurs, mesdames.” continua le maître des lieux.

Mais que faisait-il dans cette assemblée ? Pourquoi avait-il accepté de les suivre, de se compromettre ? Croyait-il réellement qu’il pourrait influer sur la trajectoire de l’immense bulldozer économique en marche depuis des mois ?

Les espèces disparaissent, les températures augmentent, la banquise se fracture, l’eau potable vient à manquer, des catastrophes écologiques secouent la planète et Gaïa se meurt.

Populaire ou non, son message n’a pas été entendu, ou si peu. Qui accepterait de changer radicalement ses habitudes dans l’espoir d’influer un temps soit peu sur la hausse d’un mercure excellente pour les hôteliers ? Après des millénaires, pourquoi la planète, notre éternel refuge, serait-elle sur le point de mettre en péril nos existences. La septième extinction ? Foutaises !

Le petit homme idéaliste, écoeuré par ses compromis, a rendu son tablier. Il croyait qu’il serait écouté, il n’a été en réalité utilisé que pour donner bonne conscience à un gouvernement. 

Le petit homme vient d’être remplacé. La planète va-t-elle se porter mieux pour autant ? J’en doute, mais en attendant, j’ai un nouveau patron.

Dépassements

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Dans notre belle société égalitaire disposant d’une protection sociale exemplaire, il semblerait que quelque chose ne tourne pas rond. Depuis l’instauration de la limitation de vitesse à 80 km/h, les dépassements sont devenus sportifs sur les petites routes. Mais alors que le tiers payant s’est généralisé, les excès de vitesse eux aussi sont devenus légion

J’adore cette question perverse qui revient à chaque fois dans les questionnaires de santé et dans la bouche souriante des secrétaires médicales : “Quelle est le nom votre mutuelle ?”.

Un spécialiste émarge théoriquement à 30 € la consultation – sauf pour les fous – mais la facture grimpe aisément à 55 € pour dix minutes de travail. Il existe des spécialistes conventionnés, dans des centres mutualistes (mais ils changent de poste très régulièrement), ou sinon dans des cabinets qui ont tellement mauvaise presse que l’on préfère mourir en silence que de se faire torturer chez eux.

Lorsque vous êtes malade, donc en position de faiblesse, et que votre généraliste vous recommande un spécialiste, vous lui faites confiance, vous ne vous posez pas forcément la question de savoir de combien sera la facture, car même une caisse en sapin, ça coûte très cher.

Si le spécialiste opère à l’hôpital, vous vous attendez à des tarifs conventionnés mais en réalité, il y a souvent deux poids et deux mesures. Vous voulez rester toute la matinée dans un couloir bruyant, passant et non climatisé, avec pour tout vêtement une blouse ouverte sur les fesses et plein de personnes, qui arrivées après vous, passent avant vous, ça c’est le tarif conventionné. Pour la version rapide et confortable, avec un minimum d’intimité, prévoyez une sérieuse rallonge. Pourtant cela se passe au même endroit, avec le même praticien, dans les locaux d’un hôpital public.

Si le spécialiste n’opère qu’en clinique privée, là prenez rendez-vous à la banque avant l’opération, non pas pour souscrire une assurance vie, mais pour une autorisation de découvert, voire un prêt sur cinq ans.

Si votre spécialiste travaille avec un anesthésiste attitré, les choses deviennent sérieuses. Vous avez payé le prix fort pour une consultation de spécialiste, ensuite il vous annonce qu’il opère dans une clinique privée, et que son anesthésiste c’est monsieur Machin. Monsieur Machin possède un magnifique cabinet dans un quartier huppé au parquet ciré, avec toiles de signées au mur et des secrétaires médicales dignes d’un casting de photos de mode. L’anesthésiste vous reçoit à l’heure, comme le spécialiste d’ailleurs – c’est fou comme l’argent rend ponctuel – la secrétaire vous demande votre mutuelle avec un sourire ravageur et vous annonce que normalement cet organisme devrait prendre en charge tous les frais, comprenez le petit dépassement anecdotique qui va transformer vos prochains repas en ragoûts de pommes de terre.

Passons sur les petits excès de l’anesthésie, qu’est-ce que l’argent après tout ? Reste la facture de l’intervention chirurgicale. Celle-là se fait sans anesthésie, et c’est bien dommage, car elle fait vraiment très mal, et ça vous ne le découvrez qu’à la fin, quand il est trop tard. Ce n’est pas comme au restaurant, où sur le menu, il y a les tarifs affichés.

Mais ce qu’il y a d’extraordinaire dans toute cette histoire, c’est que deux personnes, ayant subi exactement le même parcours médical, la même intervention, avec les mêmes médecins, bénéficiant de la même mutuelle, n’auront pas la même somme à payer à la sortie. Tarif à la gueule du client ? Sérieusement…

La moralité de cette histoire, c’est qu’il vaut mieux être riche et bien portant dans une villa en Corse à bronzer au bord de la piscine que dans la clinique privée de mon spécialiste avec son anesthésiste et une sonde plantée dans mon fondement à attendre la facture de l’intervention qui va faire très mal.

Bipolaire

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La journée avait bien mal commencé avec un violent orage à six heures du matin et mon linge qui séchait dehors. La nuit avait été brûlante et lourde et les chattes s’étaient craché dessus pour deux croquettes. Je n’avais plus de bière au frigo, juste une 1664 sous l’évier pour noyer les limaces. Le soleil de plomb brûlait maintenant et il n’avait pas assez plu pour les plantes déshydratées du jardin. Treize heures et pas encore un seul ados hagard à l’horizon. Mes potes eux se réveillaient sans doute après une nuit fabuleuse au festival à la Loreley, moi j’étais comme un con à la maison et les cons, on allait pas tarder à les entendre beugler dans quelques heures, la France est en finale.

Ça me déprime. Une finale de football c’est un peu le stade terminal de la connerie humaine, les perdants battent leur femme, les gagnants violent leurs filles. On va gagner qu’ils gueulent à côté ces abrutis. Gagner quoi ? La retraite à 65 ans, la fin du service public, la dictature par ordonnance, la fin des instances de consultation dans les entreprises, la médecine à deux vitesses, la privatisation des transports publics, 3.5 degrés d’ici la fin du siècle ? On va gagner ? Des fois l’espèce humaine me déprime.

Pourtant la journée commençait bien. Un orage avait rafraîchi l’air, il me restait une 1664 à boire, mes ados n’étaient pas encore descendu me casser les pieds, le chien des voisins n’avait pas encore gueulé de trop et la France jouerait en finale ce soir. On allait leur mettre la pâté aux croates, on est les meilleurs ! Comme en 98. Trop forts !

Raz le bol. Obligé de sortir du lit à six heures pour ramasser le linge qui sèche dehors. Impossible de me rendormir avec le tonnerre. En parlant de tonnerre les footeux ne vont pas tarder à gueuler dans la rue avec les drapeaux de fête nationale pas acheté pour cette occasion. Ils auraient mieux fait de défiler en rangs hier sur les Champs ces branleurs.

On va gagner ! On va gagner ! Burp ! La seize est tiède mais on va gagner, y a qu’à regarder ce putain de soleil pour être sûr. La fête a commencé avec des coups de canons pour saluer les sportifs, ça va être grand beau, énorme ! On va gagner !

Putain de débiles macaques. Je vais me foutre un casque sur les oreilles et écouter Mystery. Même mon petit dernier, soit disant surdoué, est à la fête. Je préviens. Si un foutu ballon passe par dessus mon muret, je le crève comme l’abruti qui a shooté dedans. Je hais la planète.

Le vidéo projecteur est en place, les chips dans les assiettes, la bière au frigo, bobonne fait la vaisselle, on va les éclater ces serbo-croates comme pendant la guerre ! Ça va être trop bon, ça vaudra pour mon salaire bloqué et la non reconnaissance de la pénibilité de mon travail. Tous égaux, ben c’est ce que l’on va voir. Aux chiottes l’arbitre !

Après la pluie vient le soleil, la journée est radieuse. Cet après-midi le France joue en finale, je suis en vacances et il y a des glaces au congélateur. Ce soir nous serons enfin tranquilles. Allez les croates, allez !

Trique

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Certains matins, en me rendant au travail, je me fais doubler sur la piste cyclable par un drôle d’engin : deux pneus de trial, une selle, deux pédales, une batterie, c’est un vélo électrique. Le bolide silencieux me dépasse à trente kilomètres heure sur une chaussée de deux mètres de large, sans me prévenir, un écart et nous sommes morts.

La solution planétaire au réchauffement climatique viendra par la trique, je veux dire par l’électrique. C’est du moins ce que nous promet Elon Musk qui va licencier plein de gens parce qu’il perd de sous (le pauvre). Nicolas (pas le petit teigneux), l’autre, le petit acheté avec une boite de macros, lui aussi croit à la fée trique, d’ailleurs des coups nous nous en prenons plein en ce moment. D’autres ont la trique en s’offrant un Tesla : “Je roule vite et longtemps mais je suis propre.”.

Justement, en parlant de propreté, la trique est-elle propre ? La trique ne vient pas toute seule, sauf lors des orages, il est nécessaire de la produire, de la conserver (beaucoup plus dur), et pas à la force du poignet désolé, sinon ce serait une toute petite trique. Il faut du porn, du lourd. Et ce n’est pas avec trois ailettes et deux panneaux que ça va monter en puissance, faut du bon porn radioactif, du Fessenheim.

La trique en voiture je peux encore comprendre, mais rouler sa trique à pédale, un peu moins, surtout juché sur un SUV à deux roues. La pédale, ça ne donne pas la trique certes, mais cela permet d’être propre, de perdre quelques kilos superflus et de ne produire que du méthane les mauvais jours.

Certains me rétorqueront à raison, que la trique à pédale est un moindre mal plutôt qu’un SUV diesel, oui. Mais non. Car une pédale à trique roule trop vite, beaucoup trop vite et croyez moi, question vitesse à pédale, je suis la reine. La trique à pédale est juste un effet de mode, un nouveau créneau commercial, un moyen de se donner bonne conscience, un truc de bobo et de feignants.

Au bout du compte, la chose pollue indirectement et reste très dangereuse sur la route. Pédalez plus vite, vous perdrez des calories superflues, deviendrez plus léger et irez encore plus vite, sans parler des effets à long terme sur votre facture de trique.

Dépendance

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Vendredi, je pars remplir le caddie hebdomadaire dans un temple de la consommation, quand arrivé à la caisse, ma carte bleue se refuse à payer les aliments qui débordent de mon chariot.
Surpris, je vérifie le montant et je m’inquiète, il y en a pour moins de cent euros.
Abandonnant PQ, huile d’olive et bonbons Haribos à la caisse, je cours tirer du liquide à un distributeur proche du magasin et reviens payer mon du.
Le surlendemain, la même mésaventure arrive à mon épouse. Nous ne pouvons plus régler par carte bancaire. Serions-nous à découvert ?
Malgré d’insolentes dépenses, notre compte est gras comme un cochon, pas d’inquiétude de ce côté là. Nos cartes n’ont pas été à nouveau piratées ni bloquées, alors que se passe-t-il ?
Notre président aurait-il décidé, après le regel du point d’indice, le non remplacement des fonctionnaires, la réforme du statut des cheminots, la mise à mort du service public, le prélèvement à la source, de bloquer les comptes des fonctionnaires pour aider les PME ? N’exagérons pas, bien que…
Insolentes dépenses disais-je… Voila la clef. Deux jours plus tôt, un appareil vital à la survie de notre maisonnée rendait l’âme. Après dix années de bon et loyaux services sans faillir, il décidait de prendre une retraite bien méritée. Impossible de vivre sans, ainsi va la dépendance, il fallait donc le remplacer. Bien entendu, la technologie évolue beaucoup en une décennie, la technologie mais également les prix. Nous passons donc commande de cet équipement top moumoute dont mon épouse ne saurait se passer et le lendemain la merveille arrive à la maison. Top moumoute oui, mais cher, et j’ai payé avec ma CB.
Il semblerait bien que j’ai dépassé le montant hebdomadaire autorisé sur la carte. Mais quel boulet !
Avez-vous déjà passé une semaine sans carte bleue ? Avec 15 € de liquide en poche et plus aucun tickets resto ? J’adore les pâtes mais avec une sauce, des lardons, quelque chose pour les agrémenter… Impossible de faire un plein d’essence, d’acheter des tickets de Tram, de payer ses courses, d’aller au cinéma, d’acheter un CD, un livre, une BD. Une semaine de pauvre. C’est cynique d’écrire ceci je l’avoue, mais je vous l’assure, ça fait tout drôle. Un peu comme un ministre qui serait puni (un peu) pour avoir fraudé, le coquinou. Se retrouver sans possibilité d’aller au restaurant, obligé de bricoler avec les restes du frigo déjà vide et se battre avec les fourmis pour les dernières miettes, je n’avais plus connu ça depuis la faculté. Dire que plus de 8 millions de personnes vivent dans de pires conditions tous les jours en France, cela fait peur.
L’année prochaine, nos deux petits quittent le nid pour poursuivre des études secondaires loin de leurs parents. Youpi me direz-vous, les ados se cassent ! Sauf que, va falloir les héberger, les nourrir et payer les études de ces deux boulets. Nous ne sommes pas à la rue loin de là mais pas Crésus non plus. Juste deux fonctionnaires avec une petite maison à rembourser. Je sens que 2019 ressemblera beaucoup à cette semaine sans CB… Effrayante !
Du coup je me dis là soudain, c’est maintenant qu’il faut en profiter, tant qu’il reste de l’argent sur le compte. Après tout on ne vit qu’une fois. Il vaut combien déjà le Nikon D5 ?

Dans la rue

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Dans la rue ou à la rue ?

Demain, une fois n’est pas coutume, je serai dans la rue. Pas pour défendre la revalorisation du point d’indice, pas pour supprimer le jour de carence, mais pour défendre mon travail, une certaine idée de la fonction publique, pour protester contre la purge stalinienne que nous impose l’état.

J’ai voté Emmanuel Macron pour contrer Marine Le Pen, et je l’assume ce choix. Mais pas un seul instant je n’ai cautionné son projet politique.

Je ne suis pas syndicalisé, je ne suis pas un revendicateur, je ne suis pas un gréviste, je suis un fonctionnaire fatigué de subir les restructurations destructives les unes après les autres, de voir les bureaux se vider, de voir le travail dégradé faute d’effectifs et de moyens.

Peut-être que la sécurité des biens et des personnes n’a plus d’importance aux yeux de nos gouvernants, peut-être coûte-t-elle trop cher ? Après tout, que vaut une vie humaine ? Peut-être que le réchauffement climatique n’est plus un enjeu majeur pour l’avenir, peut-être que nos modèles numériques sont si performants que l’homme n’a plus de valeur ajoutée à apporter à la machine ? Peut-être qu’il est plus simple de contenter les électeurs en supprimant ces fainéants de fonctionnaires quitte à dépenser beaucoup plus cher pour les remplacer par des prestataires extérieurs.

Demain je serai dans la rue, et vous, défendrez-vous votre service public ?

Happy birthday to you Mr blog

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Le temps passe si vite.. Le blog a un an déjà. Outil thérapeutique à mes mouvements d’humeurs incontrôlées, défouloir, zone d’expression non censurée du webzine, passe temps débile, deux cent vingt huit billets sont sortis en une année.

Certains ont connus un vif succès (c’est à dire lus par plus de cinq personnes), certains ont déchaînés les passions (un commentaire laconique de Stéphane qui se reconnaîtra), d’autres n’ont pas été compris ou encore jamais été lus.

Il faut avouer que je raconte tout et n’importe quoi dans ces colonnes, sauf peut-être ma sexualité. J’ai pris l’habitude de lister la musique que je reçois, de parler de ma santé défaillante, d’expliquer pourquoi je passe plus de temps dans ma salle de bain que dans mon salon, de frimer avec les joujoux qui plombent le budget familial, de parler des jeux vidéos que je ne finis jamais et des rares bouquins que je lis. Il y a également quelques coups de gueule sur la chasse aux fonctionnaires, une espèce en voie d’extinction, que l’on pourchasse toujours pour leur graisse alors qu’un résidu de liposuccion ferait un excellent produit de substitution.

Bon anniversaire petit blog, je ne sais pas si tu feras long feu, mais une année, c’est déjà pas mal.

Eternel

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Avec sur la couverture la planète rouge et un vaisseau posé au sol, en plus dans la collection Acte Sud, il ne m’a fallu qu’une demi seconde pour emprunter Eternel de Sylvain Estibal à la médiathèque. Bien mal m’en a pris.

Après avoir assemblé une base sur le sol lunaire, des vétérans de l’espace reviennent vers la Terre. Il leur reste juste une dernière mission, envoyer le serveur Eternel, au point de Lagrange. Polar thriller science-fictionnesque, Eternel na pas réussi à me convaincre un seul instant. L’histoire de ces spationautes enfermés depuis des mois ensemble avec leurs jalousies, ambitions, rancunes, pulsions inassouvies n’ont pas réussi à me séduire. Vocabulaire pseudo scientifique, psychologie facile, les seuls passages du romans qui méritent un coup d’œil sont les réflexions de ce président sur le déclin qui suit de près la mission. Si vous n’avez vraiment rien d’autre à lire pourquoi pas.

Le Fan Club

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Imaginez un fan club, des milliers de personnes qui rêvent d’être vous, qui vous suivent fidèlement depuis 10, 20, 30, 40 ans, qui vous écoutent, qui vous adulent. Des milliers dévoués, admiratifs, se levant aux aurores pour vous, sortant de leur lit en pleine nuit pour vous, affrontant les éléments pour vous qui êtes au chaud, toujours là quand vous passez, fidèles même si vous les négligez des années durant, et qui, pour seule récompense, ne reçoivent qu’un pins par an.

Un fan club.

Imaginez que vous trouviez soudain ces fans trop encombrants, trop nombreux, trop coûteux avec leur pins annuel. Imaginez que vous en sélectionnez un petit nombre, les plus fidèles, les plus anciens, pas forcément les meilleurs, juste ceux qui habitent là où il sera le plus simple pour vous de les rencontrer. Vous leur proposez un lecteur mp3 low cost et un vieux single remixé. Ils seront les gardiens du temple, votre garde prétorienne, les élus. Ils continueront d’œuvrer pour vous, de vous aduler, de recevoir un pins et qui sait un titre mp3 par an.

Après tout ils seront moins nombreux.

Et les autres, tous les autres, les laissés pour compte, que deviendront-ils ? Sans vous comme guide, oubliés de leur idole, continuant d’aimer malgré le rejet, continuant de vous aduler malgré tout. Vont-ils dépérir, finir pas tourner la page ou se sentir abandonnés ? Vont-ils un jour vous détester, salir votre image, saboter le petit fan club des élus, perdre la foi ?

Vous, vous vous en foutez, vous n’avez plus besoin d’eux. Enfin si, encore un peu, le temps de la transition. Alors vous allez garder le secret, leur faire croire qu’ils sont indispensables, le temps que tout soit prêt. Après, vous pourrez les abandonner, l’esprit tranquille, ne conservant que le mini fan club trop fier d’être les élus, des esclaves qui vous serviront bien.

Jusqu’à la prochaine purge…

Grand déballage

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Avez-vous déjà acheté une boite de biscuits conservés dans leur sachet fraîcheur ? Un emballage cartonné et des pochettes plastiques autour de chaque gâteau. Plus d’emballage que de contenu alimentaire et une grande partie non recyclable. Vous arrive-t-il d’acheter de la nourriture à emporter dans un fast-food ? Avez vous contemplé ce qu’il reste de papier, de polystyrène, de carton, de plastique une fois que vous avez ingurgité cette mal bouffe saturée en acides gras ? Avez-vous acheté de yaourts dans leur verre plastique, par pack de quatre, lui-même emballé dans du carton inutile ou ces briques de lait entourées de carton et plastique ?

Quand je fais mes courses, même en restant sur mes gardes, je remplis la poubelle papier au quart et la poubelle destinée à l’incinération d’un volume équivalant à chaque fois. Que des emballages qui ne servent qu’au transport magasin maison ou pour faire joli. Alors oui, c’est vrai, les magasins de distribuent plus de sacs de transport, ils les vendent, les fruits et légumes sont depuis peu dans des sacs en amidon de maïs, donc recyclable. Bel effort. L’amidon de maïs vient du maïs, vous vous en doutiez, une céréale qui pour pousser, a tellement besoin d’eau, que dans certaines régions françaises, elle assèche les réserve d’eau. Même chez mon boulanger, à 50 mètres de la maison, il mettent la baguette dans un sac en papier et quand je leur demande de ne pas le faire, ils m’expliquent qu’ils n’ont pas le droit. Alors je reviens chez eux tous les jours avec un vieux sac papier fatigué. Ils n’ont pas d’autre choix que d’accepter de mettre le pain dedans, mais me rappellent à chaque fois qu’il va bientôt se déchirer. Pourquoi ne pas proposer un sac en tissu tout simplement ?

Pourrait-on limiter ces emballages ? Des solutions bobo existent, ces magasins où les écolos de gauche viennent avec leurs propres tupperwares pour faire leurs courses. On pèse le récipient vide , on le remplit, on le pèse à nouveau et on paye. Cela permet d’acheter la quantité désirée, ni plus ni moins, de ne pas jeter d’emballage et de se donner bonne conscience. Mais à grande échelle est-ce viable ? Et je fais comment avec le sable pour chat, le miel, les chips, le beurre et le déodorant ?

Ne pourrait-on pas simplement réglementer un peu plus les pratiques de l’emballage ? Des paquets neutres, du carton et juste un code barre avec une affichette à côté pour présenter le produit et ses ingrédients en gros. Ne pourrait-on pas cesser tout mettre dans des sachets ‘fraîcheur’ qui emballent ce qui est déjà empaqueté ?

Quelque chose ne tourne pas rond chez nous. Les océans abritent des continents flottants de déchets, nous brûlons chaque jour des tonnes de produits non recyclables et les pays comme la Chine qui nous rachètent (pour quelque temps encore) nos déchets deviennent les poubelles de l’occident.

Il faut relancer la consommation pour alimenter la croissance et sauver l’emploi, voila ce qu’affirment nos politiques. Et la planète, vous-vous en balancez ?

Les appareils sont aujourd’hui conçus avec une obsolescence programmée afin d’alimenter la machine capitaliste libérale. Les publicités vous signifient que vous êtes un loser si vous ne possédez pas le dernier modèle en date de la grosse pomme. Le gouvernement vous persuade que changer de modèle de voiture pour un moteur moins polluant va sauver la planète. Sérieusement, avez-vous pensé à l’énergie et aux matériaux nécessaires à sa fabrication, au déchets et à la pollution générés par la destruction de l’ancienne ? Les écolos louent la voiture électrique, solution ultime à la pollution urbaine. Quid des accumulateurs ultra polluants ? Et l’électricité, d’où va-t-elle sortir, des centrales éoliennes, du solaire ? Ben voyons. Si tout le monde passait à l’électrique, certes il n’y aurait plus de pots d’échappements polluants dans nos rues, à la place il faudrait juste des centrales thermiques et nucléaires pour fournir tous ces petits moteurs en électricité. Alors des vélos électriques, c’est écolo non ? Non. Pédalez, ça vous musclera, vous donnera de jolies fesses et vous fera perdre la graisse accumulée en mangeant chez Burger Truc.

Cette année nous avons commencé à consommer nos ressources planétaires à crédit le 2 août paraît-il. C’est a dire que nous avons consommé plus en huit mois que ce que la planète est capable de produire en un an. Les subprimes des ressources naturelles en quelque sorte. A quand la crise ?

Pollution, déchets, réchauffement climatique, course à la consommation, guerres, nous sommes vraiment mal barrés, mais en avez-vous conscience de temps ne temps ?