Je vous déteste

Lorsque j’étais enfant, un soir, couché dans mon petit lit douillet, j’entendis une émission qui passait sur l’une des deux chaînes de notre télévision noir et blanc. 

Mes parents regardaient le tube cathodique, installés dans la salle à manger, des images monochromes de la plus vaste et rapide tuerie humaine de tous les temps perpétrée par nos semblables, Hiroshima et Nagasaki. En entendant les mots du journaliste et le son des explosions j’ai hurlé de terreur dans ma chambre noire.

Aujourd’hui je suis un adulte qui a connu les drames de Tchernobyl et Fukushima. L’énergie nucléaire me semble toujours une aberration et les armes de dissuasion une monstruosité.

En 1962 les deux blocs avaient bien failli déclencher l’apocalypse nucléaire pour des questions stratégiques et entraîner toute l’humanité dans leur folie. Quarante ans plus tard, ces mêmes imbéciles rejouent l’histoire en Europe.

Les russes envahissent l’Ukraine, l’Europe brandit des sanctions, l’Otan met en garde, Biden s’agite et Poutine met son arsenal nucléaire en alerte.

Nous sommes apparu sur Terre il y a quatre millions d’années, sept milliards d’humains entassés dans des villes surpeuplées et polluées qui en un peu plus d’un siècle ont assassiné plus quatre-vingt millions de personnes et compromis leur avenir en détruisant leur écosystème.

Réchauffement climatique, pandémie et maintenant l’apocalypse nucléaire ? L’homme est pourtant capable de si belles choses : la musique, la peinture, l’écriture, les sciences, l’exploration, l’empathie, l’amour alors pourquoi l’humanité est-elle si stupide ?

Que défendent donc ceux qui nous gouvernent, ceux que nous avons parfois choisis au nom de belles idées ? Pas nos vies manifestement.  Quand je songe que certains candidats aux présidentielles françaises soutiennent encore un homme comme Poutine je suis atterré et quand un ministre déclare la guerre économique totale à la Russie je prends peur. 

Nous disposons de tous les atouts pour vivre confortablement en harmonie avec notre planète et nos voisins. Au lieu de cela, nous nous écharpons pour des mesquineries, nous détruisons notre avenir pour un confort artificiel et nous risquons de tout détruire à vouloir jouer à celui qui possède la plus grosse.

Je vous déteste tous, vous les humains, ce troupeau aveugle qui se rue joyeusement vers sa propre destruction, vous les gouvernants pas fichus de vous assoir autour d’une table pour discuter, vous les gens qui mettez au pouvoir des personnes capables de déclencher un conflit mondial pour garder la tête haute.

Aujourd’hui, je suis à nouveau cet enfant effrayé par la folie des hommes, par la monstruosité de nos actes. Je me fais violence pour ne pas suivre l’évolution de cette guerre en temps réel, découvrir à quel moment l’un de ces dirigeants fera un pas de trop en avant.

Nous sommes totalement fous.

Almach – Realm

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Une femme voilée aux yeux de biche orne la pochette de l’album Realm du groupe Almach. Du black metal oriental cinématique venu de Kaboul, une ville qui a clairement connu des jours meilleurs.

Certaines mauvaises langues affirment que le groupe ne serait pas afghan. Étant donné qu’ils ne possèdent pas de site web, que l’on ne connaît pas ses membres, j’aurai du mal à vous éclairer sur le sujet. Toujours est-il que depuis 2020, ils ont sorti trois albums, un EP et un single sur Bandcamp.

Chanteuse à la voix délicieuse, growl de goret, inspirations orientales, atmosphériques, cinématiques, folks et médiévales sur une base de black metal, Realm s’écoute sans avoir besoin d’être un adepte de Sheitan. 

Les thèmes abordés par le groupe tournent autour de l’histoire de l’Afghanistan, un domaine dans lequel je suis passé maître au cours de mes études de math-physique, enfin… Voilà quoi.

L’album démarre avec ‘One chance’, un morceau furieusement accrocheur dominé par la voix de la chanteuse, des claviers à la Tim Burton, du growl démoniaque et des arrangements symphoniques.

Il ne faut cependant pas perdre de vue que le groupe serait afghan. Sa musique s’inspire fortement de la culture orientale comme dans ‘Hindukush’ qui mélange traditionnel et metal pour nous décrire la chaîne de montagnes qui culminent à près de huit mille mètres dans ce beau pays ravagé par la guerre ou bien dans ‘Flame Of The East’, un titre dans lequel viennent se greffer, sur la voix féminine, des chants traditionnels et de la double pédale bien lourde.

Le titre album, propose lui, un délicieux black metal aérien peuplé de voix afghanes, de growl et de musique médiévale. Puis après une ouverture world music, ‘Tears Of My Land’, le morceau le plus long de l’album, avec pas loin de neuf minutes, sacrifie un porc sur l’autel du black metal symphonique synthétique.

J’ai été moins emballé par ‘Shade of War’ qui mêle metal, growl, oriental, symphonique et folk de manière relativement chaotique, passant d’un instrument à l’autre sans vraiment prévenir avec un résultat assurément perfectible, un peu comme comme ‘Afghanistan’, un titre très world music expérimental.

L’album Realm propose un voyage sans risque sur Bandcamp pour un dépaysement garanti en restant confortablement assis dans son salon.

Teeshirt : Mehdi Alouane

Karim le géomètre

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Un jour d’ennui sans doute, je me suis penché sur mon avis d’imposition foncier. D’ordinaire je paye sans sourciller, mais ce jour là, j’ai voulu vérifier la paperasse.

Voici ce que j’ai trouvé : une maison de 140 m2 sur deux étages sur un terrain de 4,25 ares et un bâtiment commun de 109 m2. 

J’ai bien une maison faisant à priori ces dimensions à la louche, un jardin de moins de 5 ares tout en longueur, mais le bâtiment commun de 109 m2, pour le coup, je le cherche toujours dans le jardin. 

J’ai une sorte de séchoir à houblon d’une vingtaine de mètres carrés sans électricité ni eau courante dans lequel je range les outils et les vélos, mais pas ce mystérieux bâtiment plus grand que mon rez-de-chaussée.

Alors j’ai demandé des explications aux impôts en leur fournissant un extrait cadastral de notre parcelle. 

Le lendemain, j’ai reçu une première réponse : « Le service accuse réception de votre demande et vous remercie. Vous serez avisé ultérieurement de la suite donnée. ». J’étais bien avancé.

Après quinze jours d’attente, j’ai reçu une seconde réponse de l’administration, représenté par un certain Karim, clôturant en même temps ma demande : « Suite à notre échange précédent, je vous prie de bien vouloir me faire parvenir les plans détaillés de vos biens afin que je puisse régulariser votre situation. Je reste disponible pour tout complément d’information.« .

Je vis dans une maison qui en 1770 était déjà habitée et qui tenait debout sous le règne de Louis XIV. Une vieille dame à colombages un peu penchée et plus ou moins bien entretenue au fil des siècles. Tout ça pour vous dire que je ne dispose pas des plans d’architecte évidemment. Du coup j’étais un peu sec pour répondre aux impôts.

J’ai donc ouvert une nouvelle réclamation en joignant une nouvelle fois le plan du cadastre. 

Neuf jours plus tard, la réponse est tombée : « Afin que le service puisse traiter votre demande, je vous prie de bien vouloir nous faire parvenir tout document ou justificatif attestant la réalité de la surface de votre dépendance ( 25 m² et non 109 m² ), sans quoi nous ne pourrons y donner suite favorable.« .

Autant vous dire que cette réponse laconique m’a tapé sur les nerfs. Car j’en ai vraiment mare de ces ronds de cuir bureaucrates. J’ai déjà assez à faire avec mon agent comptable au travail qui me réclame sans cesse des documents invraisemblables toute la journée pour payer des factures de cinquante euros, alors un agent des impôts qui ne veut pas entendre raison, ça me tue !

Cette fois je lui ai envoyé l’acte de vente de la maison, le relevé de parcelle, le plan cadastral au 1/500 accompagnés d’un message expliquant tous les détails et j’avais décidé de contacter ce fonctionnaire paresseux pour avoir une bonne explication le lendemain.

Finalement, c’est lui qui m’a appelé. Tout ça pour m’informer qu’il avait constaté que j’avais raison, que le bâtiment faisait environ 25m2 et que les impôts s’étaient trompés. Quel bel mea culpa ! 

Je lui avais pourtant fourni cette fois un ancien plan cadastral alors que le premier était nettement plus récent. La seule différence entre l’ancien et le nouveau était la présence d’un tampon officiel sur le dernier. Mais dans la fonction publique, tamponné est symbole de vérité. 

Bref, je vais récupérer 30 euros de trop payé sur deux ans, prélevés à tord par les impôts. Ça ne compense même pas le temps et l’énergie dépensés, mais au moins, mon avis d’imposition foncier reflètera ce que nous possédons réellement.

Enfin, c’est que m’a annoncé Karim au téléphone, car deux semaines plus tard, sur le site des impôts, ma réclamation n’est toujours pas traitée.

La mort vous va si bien

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Le décès d’un proche est toujours une douloureuse épreuve croyez-moi. Une épreuve que j’ai hélas eu à affronter à de nombreuses reprises en un demi siècle.

Outre la souffrance de la perte d’un être aimé, il y a toutes ces décisions qu’il faut prendre rapidement, ces déplacements à l’autre bout du monde, ces appels téléphoniques sans fin et le passage au tiroir-caisse.

Car mourrir n’est pas gratuit loin de là. Tout le monde se sert au passage, même si le défunt ne possédait rien. C’est l’usage…

Je viens de perdre mon père le jour de mon anniversaire, un chouette souvenir pour les prochaines célébrations. Avant cela, j’avais perdu mon oncle, ma mère, mon neveu, trois de mes frères, ma tante, mes grands-parents, la mère d’un ami ainsi que sa fille. Dans ma famille de cinq enfants il me ne reste qu’un grand frère un peu fou. Par chance j’ai une épouse et deux garçons. Je ne suis pas encore tout seul.

La disparition d’un proche, en plus de la douleur, c’est une réelle épreuve financière dont on parle assez peu souvent. L’argent c’est tabou quand il s’agit des morts. Je ne parle pas des impôts liés à la succession, surtout lorsqu’il n’y a pas de succession, mais des frais qu’engendrent un décès. 

Il y a les déplacements en urgence, oui c’est cher un train pris à la dernière minute, l’hébergement pour plusieurs jours lorsque vous vous êtes éloignés de votre domicile, il y a les pompes funèbres qui se servent généreusement, même pour un service minimum, il y a la célébration, si le disparu voulait un culte, il y a la publication dans la presse locale pour avertir les amis et connaissances (ce ne sont pas les tarifs du Bon Coin), il y a les démarches administratives avec les nombreux courriers en accusé réception à envoyer aux banques, caisses de retraites, mutuelles, impôts, Sécurité Sociale, notaires, avocats et j’en passe.

Le service minimum des pompes funèbres est tout simplement sordide, incinération sans cérémonie dans une caisse en cageot avec une musique d’ascenseur. Pour une présentation du cercueil, il faut déjà passer à l’option plus, pour une boite en palettes vernies, plus plus, pour une urne ne ressemblant pas à un pot de chambre, plus plus plus, pour le dépôt de l’urne dans le caveau familial, plus plus plus plus, pour le transport du corps à un lieu de culte on passe là carrément à l’abonnement premiun.

  • Le séjour en chambre mortuaire par jour : 100 euros
  • Une publication dans le journal : 150 euros
  • Une messe : 200 euros
  • Une urne : 250 euros
  • Les soins du corps : 250 euros
  • Une mise au caveau : 500 euros
  • Le transport en corbillard : 600 euros
  • Une crémation sans cérémonie : 800 euros
  • Un cercueil en pin verni : 800 euros

Bien entendu, il existe des assurances. Oui comme pour votre logement ou votre voiture, mais pour la mort. Celles-ci ne vous remplacent pas le défunt par une nouvelle âme (enfin pas encore), mais remboursent une partie des frais des pompes funèbres, le reste pouvant être prélevé sur le compte du mort, pour peu qu’il y ait de l’argent dessus. Donc si vous êtes suffisament prévoyant, vous ne mettez pas votre proches sur la paille.

Mourrir n’est pas gratuit, pensez-y avant de passer l’arme à gauche, surtout si vous désirez une sépulture autre que la fosse commune et une cérémonie de sans domicile fixe. C’est moche mais c’est ainsi.

Giant Sky – Giant Sky

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C’est en écoutant Visions de Soup sur Bandcamp que j’ai découvert Giant Sky

En bas de la page de cette plateforme de streaming, sous les tags, vous pouvez trouver des albums recommandés par le groupe que vous écoutez ainsi que des artistes similaires. Une belle manière d’élargir ses horizons musicaux.

Giant Sky est le nouveau projet du frontman de Soup, Erlen Aastad Vigen, un projet dans lequel on retrouve également Espen Berge, de quoi avoir quelques craintes pour l’avenir de Soup.

Pour cette découverte, j’ai opté pour la version dématérialisée, ne sachant pas vraiment où je mettais mes pieds. Car Giant Sky est plus shoegaze, folk, cinématique et expérimental que progressif pour tout vous dire. Il y a des passages carrément fumés comme dans la septième partie de ‘The Further We Go The Deeper It Gets’.

L’album éponyme dure quarante neuf minutes pour sept morceaux allant de une à douze minutes sur lesquels se croisent les voix de quatre femmes, d’un homme, du violon, de la flûte, de l’orgue d’église et plein d’autres instruments joués par Erlen.

Le résultat peut sembler déroutant au début avec ce mélange d’électro dans ‘Broken Stone’, de musique de chambre dans ‘Interlude’, d’expérimental, de shoegaze ou de rock alternatif acoustique dans ‘Out Of Swords’. 

Les six premières parties en douze minutes de ‘The Further We Go The Deeper It Gets’ ressemblent à du Vangelis où Danny Cavanagh jouerait des guitares sur des inspirations folk façon Mike Oldfield.

Dans ‘Broken Stone’, vous retrouverez cette guitare assez fabuleuse qui résonne dans Soup. Un titre de plus de neuf minutes à la seconde partie très synthwave qui laisse place à un interlude flûte et piano qui me fait songer à Harmonium.

‘No Cancelling This’ pourrait vous rappeler des derniers albums d’Archive, tout particulièrement le magnifique Axiom, alors que le mélancolique ‘Out Of Swords’ ressemble à un single de Petter Carlsen. 

L’instrumental cinématique expérimental ‘The Further We Go The Deeper It Gets Pt. 7’ est assez raccord avec la fin du titre précédent et sert de pont d’envol pour propulser ‘Breathing Patterns’ aux belles envolées de flûtes.

J’ai acheté Giant Sky par curiosité et j’avoue avoir eu du mal à rentrer dedans au début. Mais leur univers musical s’est peu à peu imposé à moi et quelques morceaux comme ‘The Further We Go The Deeper It Gets’, ‘Interlude’ et ‘Out Swords’ m’ont réellement séduits.

Giant Sky est un groupe à placer en surveillance rapprochée.

Teeshirt : IQ

Les aventures du pilote Pirx

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Tout le monde connaît Solaris de Stanislas Lem, adapté deux fois au cinéma. Il s’agit du seul roman que j’ai lu de lui, un excellent livre au demeurant. 

Lorsque je suis passé chez le libraire pour trouver une nouvelle lecture, je suis tombé sur ce recueil de nouvelles, Les aventures du pilote Pirx, et je me suis dit, « aller, pourquoi pas ? ». Edité chez Acte Sud pour le centième anniversaire de l’écrivain, le livre propose dix nouvelles jamais traduites, réunies ensemble, et qui s’apparentent presque à un roman. Une manière également de rendre hommage aux ukrainiens qui meurent sous les tirs russes depuis trois jours puisque l’auteur est né à  Lviv le 12 septembre 2021.

D’abord légères et humoristiques, les aventures du pilote deviennent des enquêtes spatiales de plus en plus sérieuses au fil des pages. Elles rejoignent les nouvelles  d’Asimov sur les robots, car l’intelligence artificielle est souvent au cœur du récit. Une science-fiction très scientifique mais quelque peu décalée puisque aujourd’hui nous savons à quoi ressemble la surface lunaire et la planète martienne. 

J’ai adoré l’humour du ‘test’, la description du vieux cargo dans ‘terminus’, les paysages lunaires de ‘le réflexe conditionnel’ et la désolation martienne de ‘ananké’. Par contre ‘la traque’ m’a clairement barbé et ‘le procès’ traine vraiment en longueur. 

Ma nouvelle préférée fut sans doute ‘Le récit de Pirx’ mais il faudra la lire pour en comprendre peut-être la raison.

Ce recueil propose une autre manière de découvrir Stanislas Lem, une lecture plaisante, facile entre deux romans plus conséquents et furieusement d’actualité.

Le troisième sera la bonne

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Je ne suis ni historien, ni politologue, je ne suis qu’une personne qui a peur de la folie des hommes.

Que se passe-t-il en Ukraine ? 150 000 russes patientent à la frontière avec leurs chars. Poutine roule les mécaniques, Biden menace, Macron joue le médiateur et pendant ce temps milices séparatistes et soldats ukrainiens échangent des tirs nourris.

L’Ukraine veut rejoindre l’Otan, la Russie s’y oppose, les USA dépêchent 4000 hommes en Europe de l’Est et Poutine tire des missiles pour épater la galerie puis reconnait l’indépendance des régions de Donetsk et Lougansk. Comment en sommes-nous arrivés là ?

J’ai toujours cru qu’après les horreurs de 14-18 et de 39-45 les grandes nations avaient retenu la leçon. En pleine pandémie, les puissances de la vieille Europe seraient-elles prêtes à en découdre une fois encore ? L’Empire Ottoman, la grande Russie, la Chine, les U.S.A. fourbissent leurs armes, massent leurs troupes et à l’heure de l’Internet, des réseaux sociaux, le peuple manifeste contre le passe vaccinal. A croire que ces imbéciles sont prêts à partir la fleur au fusil, se battre contre les gars avec qui ils jouent en ligne à Mario Kart.

Hé les gars, vous avez oublié les missiles qui sommeillent depuis la guerre froide dans les silos ?

Que va-t-il se passer si Poutine lache ses troupes sur Kiev ? Les ukrainiens vont se faire massacrer, ça c’est certain, malgré les quelques armes fournies par leurs voisins (une centaine de fusils et quelques cartouches). Va-t-on fermer les yeux pour éviter l’escalade et laisser l’Ukraine se faire annexer ? Probablement. La Russie va-t-elle être sanctionnée, privée de vin de Bordeaux, de Camembert et interdite de vente de Vodka et de d’œufs d’esturgeons ? L’OTAN va-t-elle réagir ? Les français, les turcs, les polonais et les allemands vont-ils mobiliser leurs forces, appuyés par les américains pour tenter de repousser l’invasion de quelques 150 000 soldats jusqu’à que tout rentre dans l’ordre ? Sans doute pas. A moins que ce ne soit l’escalade ? Une troisième guerre mondiale en Europe avec cette fois en prime l’arsenal nucléaire comme solution finale ?

Personnellement je me moque un peu de savoir qui fait partie de l’OTAN ou pas. Qui est pro russe et qui ne l’est pas. Si Poutine est malade et si son absence au pouvoir serait pire que sa présence.

Je voudrais juste qu’au lieu de se foutre sur la gueule comme des cons, on se recentre sur grand problème actuel qui va tous nous conduire à notre perte si nous ne faisons rien : le réchauffement climatique global, qui lui à coup sûr, fera beaucoup plus de victimes que le conflit ukrainien s’il se produit, même dans le pire des scénarios.

Alors au lieu de dépenser notre PIB en avions de chasse, sous-marins nucléaires, EPR et soldes de troufion, donnons-nous les moyens d’aller vers l’avenir sans tout foutre en l’air.

Big Big Train – Welcome To The Planet

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Vous l’avez certainement appris, le frontman de Big Big Train, David Longdon nous a quitté le 20 novembre 2021, laissant le groupe orphelin. Il nous lègue en héritage, leur dernier album Welcome To The Planet, un concept en deux parties qui renoue avec le meilleur de leurs compositions.

Je ne dis pas ça pour saluer la mémoire d’un défunt, ce n’est pas mon genre, la preuve, leur précédent disque Common Ground est déjà oublié. 

Je dis ça parce que Welcome To The Planet, c’est plus de trois quart d’heure en deux parties et neuf morceaux du meilleur de Big Big Train dont le délicieux ‘Propper Jack Froster’ sorti en clip animé quelques jours avant l’album.

Pour mémoire, la formation a su s’entourer au fil des années d’artistes d’exception comme Nick D’Virgilio anciennement batteur puis chanteur de Spock’s Beard, de Rikard Sjöblom, le frontman Beardfish, ou encore de Carly Bryant arrivée récemment. 

Ils signent avec Dave Foster, David Longdon et Gregory Spawton les titres de ce magnifique album qui renoue avec la fraîcheur toute britannique de Grimspound.

Sorti du second instrumental ‘Bats In The Belfry’, qui avec ses sons huit bits accompagnant la batterie, ne m’ont pas franchement convaincus, j’ai trouvé cet album quasi parfait.

L’association des voix de David et de Carly sur ‘Proper Jack Froster’ et ‘Welcome To The Planet’ est un pur régal. J’ai également apprécié l’entrée en matière de ‘Made From Sunshine’, serait-ce un clin d’œil à Get Back ? 

Et puis il y a cette profusion d’instruments les cuivres, la flûte, le violon, l’accordéon, l’orgue, les claviers vintages qui offrent une riche palette sonore au rock progressif aux accents parfois canterbury de Big Big Train.

Parmi mes titres préférés du moment vous entendrez ‘The Connection Plan’ au violon endiablé, le mélancolique ‘Capitoline Venus’ acoustique, ‘Proper Jack Froster’ délicieusement nostalgique et bien entendu ‘Welcome To The Planet’ qui s’achève quasi gospel.

Rest in peace David. Tu t’en vas en nous laissant un chef d’œuvre inachevé puisque tu ne le joueras pas en live avec tes amis.

Je suis certain que tous les amateurs de Big Big Train connaissent déjà l’album par cœur. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ce groupe et qui aiment le canterbury et le rétro progressif, je ne peux que vous recommander chaudement Welcome To The Planet. Vous pouvez le découvrir dans son intégralité sur Bandcamp avant de vous décider, alors allez-y.

Teeshirt : Cris Luna

Ce bon Darmanin

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Je ne sais pour quelle raison l’état français a autant de mal à légaliser l’usage des drogues douces. N’ont-ils pas encore compris qu’en les taxant, comme les cigarettes, l’alcool et l’essence, ils pourraient se faire des couilles en or et occuper les forces de police à des choses plus utiles que traquer la fille du fumeur de joints.

Mon propos n’est cependant pas celui de la légalisation du cannabis, j’ai arrêté d’en consommer quand j’ai cessé de fumer, et consommer est un bien grand mot si on considère les dix pétards que j’ai partagé dans ma vie.

Cependant, un jour, mon médecin, à court de solution miracle pour mes migraines, m’a conseillé d’essayer du CBD pour soulager mes crises. Le CBD est un cannabinoïde présent dans le cannabis. Rien à voir avec le THC qui provoque l’addiction et possède un effet psycho actif sur le cerveau. Le CBD est un produit légal vendu en pharmacies quoi qu’en pense Gérald Darmanin. Il se présente sous plusieurs formes, huiles parfumées, feuilles et cristaux. 

Pour ma part j’ai opté pour l’huile, parfum citron car chocolat ou poire-vanille sont à gerber. Et quand une migraine pointe son nez, ce n’est pas le moment d’avoir dans la bouche un truc au goût vomitif.

Le CBD soulage certaines douleurs, détend, réduirait les crises d’épilepsie et serait une des pistes contre le cancer du sein d’après Wikipedia. Bref un produit miracle.

Bon, pour tout dire, des migraines, je n’en fais plus beaucoup, la dernière date d’il y a trente et un jours, un véritable record après des années à deux ou trois crises par semaine. Ça, c’est le miracle de mon traitement au Metoprolol, un bêta bloquant qui me réussit vraiment bien. Mais lorsque les premiers symptômes d’une tempête s’annoncent, plutôt que de partir tête baissée avec l’artillerie lourde des triptans, en l’occurence l’Almogran, j’essaye depuis peu le CBD. 

C’est mon fils aîné qui m’a initié à la chose. Il en consomme en traitement de fond pour vivre plus facilement en société. Lui, a opté pour poire-vanille, je vous le déconseille encore une fois.

La première tentative ayant été plus que concluante, sorti du goût persistant synthétique dans la bouche, je vérifie maintenant s’il ne s’agit pas d’un effet placebo. Deux gouttes à 10% sous la langue pendant une minute et le CBD se répand dans mon corps lentement. Une sensation de léger engourdissement survient alors, sans pour autant enlever la lucidité.  C’est moyennement confortable mais comparé aux effets secondaires des triptans que j’utilise (perte d’équilibre, rigidité cadavérique, assoupissements), le CBD c’est clairement de la rigolade.

Chez moi, la prise de CBD permet de calmer l’angoisse induite par la crise – quand vous aurez vomi pendant vingt-quatre heures avec la tête martelant comme les tambours du Bronx, allongé avec une compresse froide sur la tête, plongé dans noir, incapable de boire ou de manger, dans un état de panique inimaginable et qu’il faut appeler un médecin à deux heures du mat, vous comprendrez -. Le CBD permet aussi de prendre de la distance avec la douleur, qui devient alors une menace sourde dans un coin de la tête. Ça n’est pas parfait, mais c’est toujours mieux que la chimie habituelle.

Un flacon de 10 ml concentré à 10% coûte la bagatelle de vingt-cinq euros. Plus la concentration est forte, plus c’est cher et ce n’est pas remboursé par la Sécurité Sociale bien évidemment. Vous pouvez l’acheter en pharmacie mais également dans les coffee shops français, les boutiques à CBD.

Si vous souffrez comme moi de migraine, je crois que cela vaut la peine d’essayer. Sait-on jamais.

Le livre de Boba Fett

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Après une première série assez réussie dans l’ensemble, Disney continue l’exploitation de la licence Star Wars avec plus ou moins de bonheur. Nous avons eu une trilogie de plus en plus catastrophique, un excellent Solo, plein de courts métrage dérivés et maintenant Le livre de Boba Fett.

La série en sept épisodes raconte évidement les aventures de Boba Fett, ressuscité d’entre les morts, s’extirpant du ventre du vers des sables, le Sarlacc de la planète Tatooine. Nous sommes clairement en terrain connu.

Les trois premiers épisodes, composés de flash back de de réveils dans le présent dans un cuve à bacta m’ont enthousiasmé. Une narration lente, un retour bienvenu sur le monde de Tatooine où tout commença avec Georges Lucas, j’étais aux anges.

Et puis il y a eu les scooters et les jeun’s améliorés, une poursuite ridicule dans les rues de Mos Eisley pour que la série ne vire à la catastrophe. A partir de là tout part en vrille. Les personnages de la saga se croisent, Luke, Mando, Grogu, les combats se multiplient et la science-fiction vire au western. Bon d’accord, Star Wars est un grand western spatial, mais pas avec des duel à Il était une fois dans l’ouest dans le désert de Tatooine.

L’histoire ? Ben c’est Boba Fett qui a pris la place de Jabba le Hutt dans son palais et décide de reigner sur tout ce petit monde. En d’autre mots le tueur le range. Faut dire qu’il n’est plus tout jeune.

L’épisode final est sans doute le pire de tous avec une grande baston sans aucun intérêt qui achèvent de mettre à mort cette nouvelle courte série Disney. Les fans de Star Wars feront comme moi, ils regarderont la série jusqu’à la fin en râlant comme des vieux cons et attendront les aventure d’Obi-Wan Kenobi prévues pour cette année. Les autres, passez votre chemin, il s’agit ici vraiment de sous série.