Marathon Man

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Ma chérie est musicienne (tiens j’ai l’impression d’avoir commencé un billet de la même manière), pianiste, violoncelliste, altiste (c’est nouveau ça), elle joue dans un orchestre amateur et leur concert annuel avait lieu le 8 février dernier.

Comme j’avais photographié leurs deux précédentes performances, certaines personnes m’ont demandé de revenir cette année pour immortaliser cet événement culturel majeur. Je ne me suis pas fait prier, l’occasion de justifier auprès de mon épouse le scandaleux budget que je consacre à ma passion.

À 16h, après une dure journée de labeur, j’ai pris le tram direction le conservatoire de musique de Strasbourg pour assister aux répétitions. Au pluriel car deux orchestres se produisaient, celui des enfants nouvellement constitué et celui des adultes qui existe déjà depuis quelques années.

L’auditorium du conservatoire est une très belle salle à l’acoustique fabuleuse. Des murs en bois pour une atmosphère cosy souvent éclairée de lumières très chaudes. Son seul défaut est que le premier rang se situe juste contre la scène et que lorsque la salle est comble, il est impossible de circuler d’un côté à l’autre à moins de remonter toutes les marches et de faire le tour par le fond. Et évidemment, ce soir là, les deux orchestres jouaient à guichet fermé.

Juste avant les répétitions, je me suis fait briefer sur les accès aux coulisses afin de photographier la soirée selon des perspectives différentes de celles de l’an passé. Le passage du bord droit au bord gauche de la scène demande une longue course dans des couloirs interdits au public et rejoindre la salle depuis les coulisses est encore plus complexe.

Lors de mes repérages le personnel du conservatoire s’est posé quelques questions en voyant cet hurluberlu avec son appareil photo et son gros sac déambuler dans les entrailles du bâtiment. Mais après quelques passages, ils n’ont plus posé de questions.

Le plus important dans les coulisses c’est de ne pas se prendre les pieds dans les étuis de violoncelle, de naviguer entre les pupitres et les chaises, de ne pas jurer à haute voix lors d’une photo ratée et surtout, surtout, de ne pas claquer les portes derrière soi.

Avant de partir, j’ai pesé mon sac au travail, 7.5 Kg sans la bouteille d’eau ! Un Nikon Z6 II avec le grip, un Nikkor Z 24-70 mm f 2.8, un Tamron 70-200 mm f 2.8 avec la bague FTZ, un Samyang Z 12 mm et un flash cobra Godox au cas où. Il faut toujours être prévoyant.

La plupart du temps j’ai travaillé au Tamron 70-200, il est lourd mais couvre de nombreuses situations. Avec les éclairages de la salle et les costumes noirs des musiciens j’ai souvent flirté avec les 5000 ISO tout en restant ouvert à 2.8 mais le fabuleux autofocus du Z6 a toujours bien accroché mes sujets.

Les répétitions ont été l’occasion de réaliser des clichés que je ne pourrais plus faire pendant le concert, m’aventurant discrètement sur la scène sans trop déranger les musiciens et le chef. Ne voulant pas être trop intrusif, j’essaye de saisir les musiciens de loin. C’est mon côté timide et bien éduqué qui ressurgit. Évidemment la qualité des images et la lumière s’en ressent un peu. Mais bon, on ne se refait pas.

Charlie, le chef d’orchestre des adultes, passe son temps à faire le pitre et il est bien difficile de garder son sérieux en coulisses. Il ne se lache que pendant les répétitions mais c’est un festival. Certains musiciens restent stoïques mais d’autres sont explosés de rire comme mon épouse au milieu de sept autres violoncellistes (oui c’est beaucoup pour un orchestre).

Etienne, celui qui dirige les enfants, est nettement plus austère, déguisé comme pour aller à la messe, il ressemble plus à un prédicateur. Les petits eux, ont la pétoche. Le premier qui moufte, je le plante avec ma baguette…

Cette année, mon délire fut d’essayer de photographier l’orchestre de très loin avec le public dans divers éclairages et angles. Fini les gros plans sur les musiciens (il y a en quand même quelques uns), je voulais la salle vue d’en haut, du fond de la scène, des coulisses et sur les côtés. Des images acrobatiques car très sombres nécessitant pas mal de travail en post production. Je me suis quand même déchaîné sur les chef d’orchestre et la soliste de la soirée histoire de faire un peu mon travail si je veux pouvoir revenir la prochaine fois.

Tout ça pour vous dire que j’ai couru plusieurs kilomètres de 16h30 à 20h00 avec 7.5 kg sur le dos avec juste un demi litre d’eau pour me réhydrater et surtout le ventre vide.

Deux répétitions, deux concerts et 370 photographies plus tard, alors que mon épouse fêtait sa brillante prestation au restaurant avec 24 autres musiciens, je suis rentré en tram à la maison avec mon matériel et le violoncelle alors que ma chérie disposait de la voiture. Heureusement que mon petit dernier était là pour faire le porteur.

J’ai sélectionné 41 photos que j’ai ensuite développé sous Lightroom, couleur et noir et blanc comme à mon habitude avec cette fois une assez grande utilisation des masques pour séparer le sujet principal du reste de la scène.

Une très belle soirée musicale où j’ai pu allier ma passion pour la photographie avec celle de la musique, muscler mes jambes, perdre quelques kilos et constater que si ma femme me laisse tomber trois soirs par semaine, c’est bien pour jouer de la musique et non jouer à la cougar avec je ne sais qui.

verbal delirium – Conundrum

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Verbal Delirium est né au pied du Pirée en 2006. Un quintet de rock progressif dont le quatrième album Conundrum voyait le jour en novembre de l’année dernière.

Je dois cette découverte à Gerlinde Roth, une parfaite inconnue avec qui je partage des goûts musicaux et des amis Facebook.

Outre les cinq musiciens du groupe, chant, basse, claviers, guitares et batterie, Verbal Delirium s’entoure de nombreux artistes avec, sur cet album, un violoniste, un saxophoniste clarinettiste et plusieurs chanteurs. 

Leur musique est d’une grande richesse, mêlant folk, symphonique, metal, rock, progressif, chœurs et si les mélodies sont extrêmement variées, l’album ne part pas pour autant dans toutes les directions.

Verbal Delirium puise ses inspirations chez Queen, The Beatles ou encore Pain of Salvation. Autant dire que leur musique est riche et un petit peu barrée.

L’album Conundrum se décline en huit morceaux pour cinquante minutes avec deux pièces qui dépassent allègrement les neuf minutes : ‘The Watcher’ et ‘Neon Eye Cage’.

Verbal Delirium passe du grandiloquent ‘Falling’ aux influences symphoniques et metal à l’improbable titre album instrumental ‘Conundrum’. Un titre folk dansant digne des excès du rock progressif des seventies.

‘In Pieces’ vous fera songer aux Beatles mais également à Pink Floyd. C’est si bien écrit que je n’y vois aucun plagiat, tout au plus un très bel hommage. Et son final improbable à la Carl Orff s’intègre étonnamment bien dans le morceau.

‘Intruders’ fait beaucoup penser à Queen de part son exubérance, quelques passages vocaux fabuleux et même les guitares.

Mon titre préféré s’intitule ‘Children Of Water’ où le chant de Jorgon fait des étincelles sur une musique assez géniale, proche du Pain Of Salvation période Scarsick. ‘The Watcher’ est également assez barré dans le genre, limite grotesque avec un refrain en total contrepoint avec les couplets qui virent au metal.

Enfin la ballade violon piano de ‘Fall From Grace’ vous emportera tel un ‘Gentlemen’s Excuse Me’ de Fish avec en prime une magnifique section de guitare dans les dernières secondes.

Conundrum n’est pas le genre d’album que j’affectionne particulièrement d’ordinaire. Les trucs un peu barrés, les rythmes dansants et les mélanges ne font pas bon ménage sur mes enceintes. Pourtant j’adore cet album. Je ne peux que vous le recommander chaudement.

Je vais d’ailleurs explorer leurs autres compositions pour me faire une meilleure idée de ce groupe atypique et talentueux grec.

Etudes pour violoncelle

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Ma chérie est musicienne, pianiste, violoncelliste, elle joue dans un orchestre amateur, fait de la musique de chambre et travaille des pièces avec d’autres artistes. Elle a même apporté sa contribution à un album de rock façon Noir Désir. Une star !

Trois soirs par semaine, elle est dehors, rentrant à point d’heure. Elle s’absente également le week-end pour des répétitions et les autres soirées pour assister des concerts. Bref, elle est à fond.

Certaines mauvaises langues pourraient insinuer que mon épouse me trompe trois jours par semaine, voire plus. Ces personnes ont peut-être raison en réalité, mais quelle santé ! Car elle fait aussi beaucoup de musique.

Cette année elle joue en public avec l’orchestre le lendemain de mes cinquante-sept ans et donne un récital de musique de chambre le premier avril. Enfin, ça, c’est ce qu’elle m’a annoncé mais je soupçonne qu’elle me cache encore quelques dates pour me ménager. Son agenda est bien rempli.

Comme je fais de la photographie à mes heures perdues, elle me met à contribution pour couvrir les concerts, ce qui, je dois l’avouer, n’est pas pour me déplaire. Mais elle m’embauche également pour préparer les affiches des événements.

La dernière de ses requêtes farfelues, était de préparer l’annonce du récital du premier avril. L’idée était de présenter son violoncelle chéri (je passe après lui, le piano, ses deux chefs d’orchestre et ses amants). Une photographie du violoncelle et son de archet mais pas la musicienne. 

Vous avez déjà vu un violoncelle qui tient debout tout seul avec l’archet posé sur les cordes ? Non ? C’est normal, c’est impossible. Pourtant c’est ce que j’ai réalisé en studio.

Pour ce faire, j’ai utilisé un fond noir tendu sur un cadre et débordant sur le sol. J’ai placé deux softbox pour l’éclairage, au raz de la moquette, l’autre au-dessus du sol. J’ai limité autant que faire se peut les plis du tissu et posé le violoncelle à plat dessus. Après quelques ajustements des projecteurs pour limiter les reflets disgracieux, j’ai commencé le shooting, cherchant les angles les plus intéressants.

Pour ce faire, j’ai utilisé le Nikon Z6 II et le Nikkor Z 24-70 mm 2.8s, mon objectif fétiche. J’ai travaillé également avec un pied afin de bien stabiliser l’ensemble et descendre le plus possible en ISO.

Il m’a fallu un vingtaine de clichés pour obtenir l’image que je recherchais. J’en ai sélectionné trois que j’ai ensuite retravaillées sous Lightroom.

Après un développement sommaire, balance des blanc, lumières, saturation, je me suis attaqué à la retouche. Un fond noir n’est jamais totalement noir, surtout éclairé par deux projecteurs de 60 W. J’ai commencé par isoler finement le sujet avec des masques. J’ai ensuite inversé cette sélection et obscurci tout ce qui entourait le violoncelle pour donner l’impression qu’il flotte dans le vide.

Je suis ensuite revenu au masque du sujet, le violoncelle et son archet, pour donner plus de peps à l’instrument. Clarté, texture, blanc, contraste, ajustement des teintes jusqu’à obtenir un rendu réaliste et agréable. 

La dernière étape a été de réaliser quelques retouches locales pour masquer les rares imperfections du bois sans pour autant rechercher la perfection visuelle.

La photo est prête, reste à réaliser l’affiche, le plus difficile pour moi car je ne possède aucune connaissance de la mise en page, des polices etc et encore moins la maîtrise de Pages, le seul outil dont je dispose à la maison pour ce genre d’activité. Ma femme pourrait embaucher un amant infographiste pour me simplifier la vie. Idéalement, si cela pouvait être une fille sexy pour changer, on pourrait partager…

La vie en couleur

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Je viens d’achever ma formation au développement photo sous Lightroom. Pour ceux qui ne sauraient pas ce qu’est Lightroom, voici quelques explications : il s’agit d’un logiciel de l’éditeur Adobe qui permet de classer ses photographies et de les retoucher. Lorsque vous photographiez avec un appareil, vous avez le choix de laisser l’électronique décider pour vous de l’image ou de lui demander (pour certains boitier uniquement) de livrer une image brute issue de capteur, ce que l’on appelle le RAW.

C’est le choix que j’ai fait il y a bien longtemps. Je photographie en mode natif et presque toujours en manuel. Pour pouvoir présenter les photographies sur les réseaux sociaux, une étape de développement est nécessaire, afin de transformer le RAW en JPG ou PNG. Ce dévelppement permet de recarder l’image, changer le contraste, l’exposition, les lumières, la saturation et plein d’autres paramètres pour donner plus de peps à l’images.

Il existe plusieurs outils concurrents à Lightroom comme GIMP, Darktable, Rawtherapee et bien d’autres. J’ai fait le choix de Lightroom car il gère à la fois le catalogue et le développement avec quelques outils de retouche locale. Mais voila, l’outil est complexe et la retouche photo demande de plus des compétences et un regard que je n’ai pas forcément. D’où la formation.

Jusqu’à présent je n’étais jamais content de mes clichés couleurs à juste raison, ne sachant pas analyser mon image ni exploiter les multiples ressources de Lightroom. La formation de Benjamin Tantot, après une présentation succincte des outils à votre disposition dans Lightroom, se lance à corps perdu dans de nombreux cas pratiques où il nous montre l’avant, l’après et le chemin pour arriver au résultat.

J’ai débuté la formation le 22 octobre 2022, plein d’enthousiasme et je viens de l’achever, trois mois plus tard… Les cas pratiques c’est sympa, mais cela demande du temps et parfois c’est assez répétitif. Donc j’ai espacé les vidéos, me plongeant dedans les dimanches après-midi pluvieux où je n’avais pas grand chose à faire.

Clairement, la formation m’a décoincé sur certains outils que je n’utilisais jamais faute de les comprendre. Elle m’a surtout appris à regarder une image, à mettre en valeur le sujet, à mieux gérer les couleurs et à utiliser les masques. J’ai encore du mal cependant avec l’étalonnage et la roue chromatique, tâtonnant sans vraiment comprendre ce que je fais, principalement parce qu’il me manque des bases fondamentales en photographie.

En fin de formation, Benjamin développe vos fichiers RAW. Il suffit de lui envoyer l’image et il va la retravailler dans une vidéo. L’idée est excellente car elle permet de le voir à l’oeuvre sur un de vos clichés et de comprendre vos erreurs. Le défaut c’est que cela fait huit cas pratiques supplémentaires après en avoir déjà visionné trente-trois autres.

Je regrette que Benjamin n’aie pas abordé le noir et blanc dans ces cas pratiques (sauf une fois rapidement) et je pense qu’il aurait pu en présenter un peu moins mais d’une autre manière. Car il prend un fichier RAW et en direct procède à la retouche, essayant, revenant en arrière, changeant d’avis et n’expliquant pas forcément toute sa démarche. Des fois on se demande pourquoi il a fait tel ou tel choix artistique ou technique. Choix qui sont évidemment discutables avec des traitements parfois un peu too much, dépassant largement le cadre du simple développement en transformant totalement l’image.

Mais comme j’ai bien aimé sa formation je vais probablement me lancer un nouveau défi, cette fois en vidéo avec sa formation à Davinci Resolve qui devrait être un jour, mon nouveau logiciel de montage vidéo, remplaçant iMovie. Plus de vingt-cinq heures de formation et une centaine de vidéos.

Lazuli – Onze

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Voici ONZE, le onzième album de Lazuli écrit pendant le COVID-19, vous savez cette mauvaise grippe qui dure et perdure et qui a rendu la moitié de la population mondiale à moitié dingue.

Deux vinyles glissés dans une double pochette émeraude ornée de l’abeille qui rôde abritent onze morceaux auxquels Lazuli ne nous avait pas forcément préparé. 

Si les musiciens restent fidèles au poste et que les mots sont toujours signés par Dominique, quelque chose à changé. La préface, au début du livret, éclaire assez bien sur l’état d’esprit qui a donné naissance à cet album, ‘une mélancolie, un spleen, une grisaille’ pour emprunter les mots de Domi.

Les paroles de ce onzième album véhiculent beaucoup de la dépression de ces mois confinés, oubliant presque les coups de gueule d’une époque pas si lointaine même si ‘La bétaillère‘ n’y va pas avec le dos de la cuillère. La musique, elle, explore de nouveaux horizons plus symphoniques et même pop rock, revenant parfois à des épures acoustique dans le style de ‘Les mots désuets’. Arnaud apporte dans son bagage de nouveaux sons de guitare et certains arrangements rapprochent Lazuli d’un Marillion francophone comme dans ‘Pleureur sous la pluie’.

Ma première impression, passée la frénésie du déballage, est assez mitigée je l’avoue. ONZE se révèle déstabilisant, très différent du fabuleux Dieter Böhm.

Il y a des titres qui font mouche dès la première écoute comme le fabuleux ‘Parlons du temps’ ou encore ‘Sillonner des océans de vinyles’ et ‘Le grand vide’. D’autres sont nettement plus déstabilisants. Je pense à ‘Égoïne’ aux influences trop americana à mon goût pour Lazuli et ‘La bétaillère’ un chouïa too much dans ses arrangements grandiloquents.

Et puis il y a des morceaux qui me laissent insatisfait, ‘Triste Carnaval’ au double récit obscur et au final instrumental pas très convainquant et ‘Pleureur sous la pluie’ qui possède une construction assez improbable et au solo de guitare qui en fait vraiment trop. ‘Les mots désuets’ réduit à une guitare et le chant aurait à la rigueur sa place dans un album acoustique, même si placé avant le bruyant ‘La bétaillère’, nous évite l’indigestion sonore.

Je suis fan de Lazuli depuis la découverte de 4603 Battements il y douze ans. Hélas avec ONZE, je ne retrouve pas le groupe que j’aime tant. L’album s’écoute très bien, certains textes font mouche, mais j’étais habitué à mieux. 

Alors je sais que vous allez me tomber à bras raccourcis dessus, d’ailleurs j’ai hésité à publier cette chronique, en partie par amitié pour les membres de Lazuli que j’adore et pour les coups que je vais me prendre, mais ONZE, le nouveau Lazuli me laisse de marbre. Cela ne m’empêchera pas d’aller les écouter Chez Paulette le 3 juin prochain, car en live, Lazuli c’est toujours magique.

House of the Dragon

Après avoir regardé l’intégrale de Games of Thrones à plusieurs reprises, on se devait de regarder House of the Dragon, son préquel. Sauf que la série n’était pas disponible sur Apple ni Disney.

Il a fallu donc attendre la sortie du coffret DVD de la première saison pour se plonger dans l’histoire de la famille Targaryen.

House of the Dragon est une série politique et lente, nettement plus cérébrale que la sexuelle et sanguinolente Games of Thrones. En gros, il faut suivre attentivement sinon vous allez être perdus mais rassurez-vous, parfois c’est bien trash.

Le roi des sept couronnes n’a qu’une héritière, Rhaenyra, sa fille rebelle. Un roi, décrit comme faible, qui cherche pourtant à sauver l’unité du royaume pour prévenir une obscure menace gravée sur une dague (vous savez, le fameux hiver…). 

Autour de lui, ses conseillers, sa famille et les autres nobles cherchent à s’emparer du pouvoir par des alliances, des meurtres ou des conseils parfois peu avisés.

Mon personnage préféré est assurément le jeune frère du roi, Daemon,  sorte d’électron libre à moitié fou qui fait tourner en bourrique le conseil et Viserys premier du nom.

La série se déroule près de 200 avant le mariage de Daenerys Targaryen avec Khal Drogo. Un monde où les dragons adultes sillonnent le ciel et imposent la domination de la famille Targaryen sur les sept royaumes. Le monde d’avant l’hiver où les batailles tournent déjà autour du trône de fer. La première saison se concentre sur l’automne du roi Viserys, de la naissance de son second enfant jusqu’à sa mort et l’accession au trône de… Oui, je ne vous dirai pas qui hérite de la couronne au dixième épisode car après tout, la saison une de House of the Dragon ne raconte que ça, le cheminement vers le trône.

Je vais certainement revoir la série pour mieux comprendre toutes les intrigues comme le passage où un certain incendie se déclare dans une tour et que je n’ai pas vraiment vu venir. Les images sont belles, les personnages complexes, les acteurs crédibles, alors si l’univers de Games of Thrones vous a plu, n’hésitez pas à regarder son préquel. Et si vous n’avez pas vu ou lu Games of Thrones, House of the Dragon vous offrira une belle introduction à cet univers.

Dernière chance

Vous avez vu le film Seul sur Mars avec Matt Damon ? Oui l’histoire du gars qui fait pousser des pommes de terres avec les excréments de ses copains dans le régolithe rouge. Bon j’avoue, je l’ai regardé plusieurs fois même si ce n’est pas un chef-d’œuvre, sans doute parce que ça se passe sur Mars.

Du coup, lorsque je suis tombé sur le roman Projet Dernière Chance écrit par l’auteur du livre Seul dur Mars, à savoir Andy Weir, je me suis dit allez pourquoi pas.

De minuscules organismes absorbent l’énergie du soleil, menaçant la Terre d’un brutal refroidissement global en plein réchauffement climatique. D’autres étoiles subissent le même sort mais Tau Ceti, pourtant elle aussi infectée, résiste mystérieusement. Une mission de la dernière chance emporte trois astronautes dans un voyage interstellaire sans retour pour comprendre comment sauver le monde. Voilà pour l’intrigue.

Comme Seul sur Mars, Projet Dernière Chance est un roman de hard science où l’auteur s’efforce de tout expliquer. Ce n’est assurément pas de la grande littérature mais plutôt une distrayante vulgarisation scientifique pleine d’humour où un homme, après un très long voyage, va se lier d’amitié avec un extraterrestre.

Le livre m’a fait souvent penser à du Jules Vernes, auteur que j’ai dévoré dans mon enfance, avec ses descriptions interminables, ces explications scientifiques à la limite de la fiction, ses théories fumeuses et ses personnages à la psychologie binaire.

Le roman souffre de quelques longueurs atténuées par les flashs back sur Terre avant le lancement de la mission de sauvetage. La rencontre du troisième type est ubuesque et tendre à la fois. C’est naïf, drôle et on se laisse rattraper par le suspense qui dure pas loin de six-cent pages. Bref, Projet Dernière Chance se révèle très plaisant à lire.

anasazi – cause & consequences

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Vous parler de cause & consequences, le dernier album d’anasazi, est à la fois simple et compliqué. Simple, parce que j’aime beaucoup l’album, compliqué, parce que je suis un fan de la première heure du groupe et que mon nom figure dans les remerciements du CD.

anasazi, en minuscules, qui se prononce anaSSAzi, est un projet né à Grenoble dans l’appartement de Mathieu Madani, disquaire et fan absolu de Dream Theater. A ses côté de nombreux musiciens ont gravités plus ou moins longtemps, Frederic Thevenet, Christophe Blanc-Tailleur, Romain Bouqueau, Jean-Rosset et plus récemment le guitariste Bruno Saget qui joue également dans Croak et Anthony Barruel batteur du groupe Collapse sans parler des artistes invités comme son épouse ou Tristan Klein.

Au fil des années, des influences et des albums, anasazi a flirté avec la pop, le metal et le rock alternatif, mais toujours de manière progressive.

cause & consequences est leur sixième album sans parler des trois EP, un beau palmarès pour un groupe amateur grenoblois. Soixante-trois minutes et huit morceaux, certainement les plus anasaziens de leur discographie. Le virage était déjà amorcé sur ask the dust en 2018 mais cause & consequences enfonce le clou.

Il ne s’agit pas ici d’influences à la Dream Theater comme dans origin’s ou à la Porcupine Tree dans playing ordinary people, il s’agit d’anasazi. cause & consequences est un album à guitares sur la voix éraillée de Mathieu. Les claviers ne sont ici qu’accessoires d’ornementation. Les grattes jouées par Mathieu, Bruno Saget et Tristan Klein sont au cœur de la musique avec la batterie d’Anthony.

L’album sonne clairement plus rock que prog, souvent rageur, torturé, déchiré, écartelé mais avec quelques éclaircies et même des réminiscences de Pink Floyd comme dans ‘space between’ sans parler du titre fleuve qui clôture le disque. Les ritournelles magiques des premiers albums, celles que l’on pouvait fredonner, disparaissent avec cause & consequences et il faudra une ou deux écoutes pour adopter ce nouvel anasazi.

cause & consequences s’écrit à l’envers, libérant la vapeur lentement au lieu de monter en pression. Vous prenez son atmosphère toxique à plein poumons et lorsque ses gaz brûlants et corrosifs commencent à vous asphyxier, un courant d’air tiède vient soulager votre gorge.

‘trapped’ démarre l’album sur une charge de guitares tempérée de rares accalmies à la basse et au chant. Une mise en bouche stoner metal dense et rugueuse que les paroles n’allègent pas, bien au contraire. 

Bienvenue dans l’univers d’anasazi.

‘324’ est plus récitatif même si Mathieu sort de gros riffs entre les couplets sans parler du long instrumental rageur où s’élève un solo de guitare signé Bruno Saget. Dans ‘death is (her) name’, c’est Tristan Klein qui joue du manche. Le titre, porté par une section rythmique très marquée, chemine cependant de plus en plus vers le progressif expérimental. Par contre, oubliez tout espoir, l’album s’enfonce dans la noirceur.

‘exit live’ atteint presque le sommet de ce vol parabolique. Les riffs rageurs sévissent encore mais une guitare électro acoustique s’invite dans la tempête comme l’orgue joué par Tristan. Et puis arrive ‘disheartening’, le titre le plus épuré de cause & consequences où le travail d’Anthony prend sa pleine mesure sur ces premiers couplets percussions, guitares et chant presque parlé.

‘into the void’ est doucement rattrapé par la pesanteur après un semblant de légèreté dans les premiers instants. Mais le calme floydien renaît avec ‘space between’ au sublime solo de guitare signé Tristan.

Un de mes morceaux préférés avec ‘disheartening’ et ‘the mourning’, la pièce progressive de l’album avec ses treize minutes aux multiples rebondissements qui relie tous les morceaux de cause & consequences.

anasazi est de retour, plus guitares que jamais, torturé et magistral. Il faudra sans doute consentir un effort pour rentrer dedans, ici pas d’easy listening au programme, alors poussez le son, revenez-y plusieurs fois, toujours d’une traite et vous réussirez à apprivoiser cette créature fantastique que vous pouvez écouter sur Bandcamp.

L’album de l’année 2022

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J’ai comme une impression de redite, mais rassurez-vous, je ne vais pas chroniquer une seconde fois le groupe Wilderun. Je vais vous parler photographie. Car tous les ans, depuis maintenant 2015, je m’imprime un album photo, sorte de best-of de mes clichés de l’année.

Je me promène presque tout le temps avec un appareil photo et je publie, en dehors des concerts, trois images par semaine sur Flickr. J’ai d’ailleurs deux comptes Flickr maintenant, un pour les concerts, l’autre pour mes tentatives artistiques. Sur ce dernier compte, je ne conserve que les photographies qui dépassent les vingt like, autant dire que je fais régulièrement du ménage.

Mais les photographies qui rentrent dans mon album photo de l’année n’ont pas forcément été plébiscitées par mes followers, ce sont celles que j’aime. 

Pour la réalisation de l’album je reste fidèle à Photobox, en partie pour le prix raisonnable (il y a toujours des promotions genre 50%) et parce que je connais bien leur interface. Leur défaut principal est un léger virage magenta sur les tirages noir et blanc qu’ils doivent probablement traiter de la même manière que la couleur. Ils proposent des livres A4 à couverture rigide en tirage mat, exactement ce que je recherche pour mes images.

J’effectue le tri avec Lightroom, qui pour ceux qui l’ignorerait, est également une bibliothèque. Toutes mes photographies y sont référencées avec leurs métadonnées, rangées par thématiques avec des tags pour l’année, le matériel, l’optique, le thème, le lieu…

Tous les ans, je construis une collection dynamique des images portant le tag de l’année et ayant le drapeau ‘image retenue’. Ce drapeau est le préalable au développement. Lorsque j’importe ma pellicule après une promenade, je marque les images qui pourraient faire l’objet d’un travail ainsi que celles qui vont passer à la poubelle. Un pré tri bien utile lorsque vous devez choisir parmi plusieurs milliers de photographies.

Une fois la collection dynamique établie, je  la parcours et note les cliqués avec les étoiles de un à cinq. J’enlève certains drapeau et refait plusieurs sélections pour ne garder au final qu’une cinquantaine d’images.

C’est là que je reprends parfois le développement de certaines d’entres-elles, car je ne suis pas toujours satisfait de mon travail, loin de là. Un problème de teinte, un cadrage approximatif, un sujet mal mis en valeur, quelques heures supplémentaires de travail avant d’exporter les images en pleine résolution.

Ensuite j’importe mon travail de l’année dans l’interface de Photobox, je choisis mon livre et je me lance dans la mise en page. Pas de texte, ni de cadre, le plus souvent un fond noir et une photographie par page, mes livres photos sont là pour mettre en valeur les images, pas pour raconter des histoires, enfin pas ceux-là. 

Je m’en sors le plus souvent à une cinquantaine d’euros frais de ports inclus pour un livre A4 mat couverture rigide ceci grâce à une réduction de 50% sur le livre. C’est un cadeau raisonnable une fois l’an qui me permet de constater mes progrès en photo depuis que je suis passé au reflex numérique, de conserver des souvenirs de promenades et de concerts, tout cela sans aller sur l’ordinateur. Car j’ai constaté que les clichés qui saturent le Cloud, déposés en vrac sans développement, ne font qu’encombrer des serveurs. On ne les regarde presque jamais. Alors que je reviens régulièrement et narcissiquement sur mes livres photo mais rassurez-vous, lorsque quelqu’un vient à la maison, je ne lui inflige pas l’épreuve de tourner les pages de mes chefs-d’œuvre.

Je vous encourage vivement, si vous faites un peu de photo, à travailler avec les réglages manuels de votre boitier (M), à enregistrer en RAW (pas de JPEG), à trier vos « œuvres », à utiliser un logiciel pour développer vos images (au moins le recadrage, les couleurs et le contraste) et un imprimer vos plus belles réalisations en papier, tableau ou livre pour pouvoir les contempler ensuite. C’est ça aussi la photographie.

Petite précision, ce billet n’est pas sponsorisé par Nikon, Adobe ni Photobox… Et c’est bien dommage.

Willow

Vous vous souvenez des années quatre-vingt et des films de fantasy de l’époque ? Lady Hawke, Conan le barbare, Dark Cristal, Willow et j’en passe.

Disney a voulu remettre au goût du jour le film de Ron Howard sorti en 1988, l’histoire de ce bébé sauvé de la méchante sorcière par un nain. 

Par acquit de conscience, j’ai visionné une nouvelle fois ce film mythique avant de me lancer dans la série, et comme moi, il a très mal vieilli. Pourtant le casting comportait Val Kilmer et d’autres acteurs aguerris. Ce sont les effets spéciaux, salués à l’époque, et la narration qui ont pris quelques rides. 

La saison une de Willow, elle, m’a agréablement distrait. Humour, suspense, magie, dépaysement sont à l’affiche. Les épisodes ne se prennent pas vraiment au sérieux et quelques personnages comme Willow et Boorman mettent de l’ambiance.

L’histoire est on ne peut plus basique. Il s’agit d’une quête pour aller sauver le crétin de fils de la reine Arianna qui s’est fait capturer. Une traversée du royaume, au-delà de la barrière protectrice pour combattre la méchante sorcière Sorcha.

Ici pas de prise de tête. Aventures, disputes, parcours initiatique à deux balles, combats navrants et déclarations d’amour se succèdent dans une aventure très linéaire filmée dans de beaux décors. 

La série Willow est digne d’un scénario de Donjon & Dragon sans le dragon. Il y a le sorcier, le grand guerrier, une princesse, une cuisinière qui cache son jeu et l’amie de la princesse, vraiment très amie. Les aventuriers avancent tout droit, font des rencontres, explorent des ruines, combattent des trolls, trouvent des armures magiques, se font ensorceler et affrontent leurs propres démons.

Le générique de la fin saison une en annonce deux autres, espérons qu’ils tiendront le rythme car cette série Disney est très divertissante.