Jo Quail – Five Incantations

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Teeshirt : The Gathering – Disclosure 2012

Je deviendrai maboule dans cette maison si je n’aimais pas le son du piano et du violoncelle car ma chérie en joue tous les jours ou presque. Par chance j’adore ces instruments vivants au point de succomber régulièrement à des bizarreries musicales à cause de leur simple présence sur le disque. Il faut dire que j’ai baigné dans la musique baroque, classique et contemporaine pendant plus d’un demi siècle ce qui explique en partie mes goûts étranges en plus d’écouter du metal et du prog.

C’est sur Twitter que je suis tombé sur une vidéo de Jo Quail jouant du violoncelle. Un message relayé par le gars de Cosmograf. Robin saluait la performance d’une belle femme se déchaînant sur son instrument à cordes. Il n’en fallait guère plus pour que je cherche à connaître la dame.

Par chance, Jo possède un Bandcamp où j’ai pu découvrir son travail, des titres au violoncelle électrique entre musique atmosphérique et contemporaine. Restait à trouver un album. J’ai jeté mon dévolu sur Five Incantations, une édition vinyle remasterisée pour l’occasion. Une première écoute au travail, une seconde sur la hifi et me voilà convaincu de dépenser une cinquantaine d’euros pour m’offrir le double vinyle alors que je viens de commander le prochain Marillion, le dernier Dream Theater, un ancien Cult of Luna, le Neal Morse Band et le Leprous. 

Nous allons manger des pâtes cet automne. M’en fou, j’adore les pâtes !

L’édition vinyle est superbe. Outre la pochette à deux volets, les vinyles colorés 180 grammes, un code de téléchargement, vous trouverez deux très belles photographies cartonnées et peut-être qui sait, un mot de remerciement de Jo. Seul hic, la version dématérialisée n’est disponible qu’avec le vinyle, à moins d’acheter chaque morceau séparément sur Bandcamp.

La musique de Jo Quail se situe à la croisée des chemins du classique, du post-rock, de l’ambient et du contemporain, du moins sur cet album, avec même une touche lyrique sur la dernière piste enregistrée en live et qui n’est d’ailleurs pas ma préférée. 

La première partie de ‘Between Two Waves’ risque de dérouter un non initié au festival Musica et la version de ‘The Breathing Hand’ en live ne sera pas du goût de tout le monde. Le reste de l’album et tout particulièrement ‘Gold’, de plus de onze minutes, devraient ravir les amateurs de post-rock atmosphérique. A condition bien entendu d’apprécier les sonorités trafiquées d’un violoncelle.‘White Salt Stag’ entre world et cinématique pose une ambiance sombre sur le début de cet album atypique alors que ‘The Breathing Hand’ se rapproche plus d’un nocturne romantique joué au violoncelle. Vous entendrez aussi quelques influences orientales sur ‘Between Two Waves Part 2’ et dans une moindre mesure dans ‘Salamander’.

Allez sur Bandcamp écouter le travail de Jo. Attention, si vous accrochez, vous risquez comme moi de tomber amoureux.

Peter Gabriel – Plays Live

Teeshirt : Lazuli – Saison 8 (2018)

Cette chronique est dédiée à mon grand frère adoré Jean-Jacques, mort bien trop jeune des suites d’un long cancer. Je pense à toi tout le temps.

Je vais vous parler de l’artiste solo qui m’a certainement le plus inspiré et d’un album live qui reflète bien mon premier concert de rock. Nous sommes le 28 octobre 1983 à Brest et j’ai 17 ans. Mon grand frère m’a amené à la Penfeld pour écouter Peter Gabriel. Je suis un fan de Genesis depuis quelques années et me suis depuis peu plongé avec délectation dans la carrière solo de l’ex chanteur du groupe.

Pour ce voyage dans le temps, j’écoute la réédition vinyle de 2020, réédition à l’identique pour l’artwork mais au son remixé et remasterisé pour l’occasion, l’édition originale ayant souffert des outrages du temps, de ma passion pour l’artiste ainsi que d’une inondation pendant laquelle j’ai perdu toutes mes galettes.

Il s’agit d’un double vinyle 180 grammes accompagné de son téléchargement en 24 bits, de quoi ravir les audiophiles.

Jerry Marotta, Tony Levin, David Rhodes et Larry Fast étaient aux côtés de Peter pour cette tournée nord-américaine en 1992, avant de poursuivre leurs concerts en Europe pour mon plus grand bonheur. Peter vient de sortir Security et le tube ‘Shock the Monkey’ qui grimpe dans les charts après l’inoubliable ‘Solsbury Hill’. C’est la période africaine de Gabriel : percussions, basse très présente, chants ethniques et la quasi absence de cymbales dans la rythmique.

En 82, Gabriel n’offrait pas encore les shows spectaculaires qu’il mit en scène plus tard. A part le maquillage, une échelle, des barres parallèles et quelques éclairages, tout le spectacle repose sur le chanteur qui ose encore se jeter dans la foule.

Parmis les grands moment de ce live, je soulignerai le mystique ‘The Rhythm Of The Heat’, l’angoissant ‘Intruder’, les quatres tubes de la face C ‘San Jacinto’, ‘Solsbury Hill’, ‘No Self Control’ et ‘I Don’t Remember’ et enfin mes deux titres préférés de la face D, ‘On The Air’ avec la foule en délire et le déchirant ‘Biko’. Je ne mets pas ‘Shock The Monkey’ dans la liste, car désolé, je n’ai jamais été fan des tubes commerciaux du maestro sorti de ‘Solsbury Hill’ que lui, étrangement n’aime pas beaucoup.

Si je ne devais conserver aujourd’hui qu’un seul album de Peter Gabriel, ce serait assurément ce Plays Live dans sa réédition 2020.