Clap de fin

Si sous avez un appareil photo, un logiciel de montage, un compte YouTube, vous voila paré pour publier des vidéos. 

Sans tout vous dévoiler encore, je prépare de courtes vidéos à regarder sur le blog et sur YouTube, car maintenant j’ai beaucoup de temps libre à occuper. Voici justement la bande annonce.

Je n’abandonne pas Neoprog pour faire des vidéos. J’ai arrêté le webzine Neoprog parce qu’il me demandait trop de travail trop peu de plaisir. Mais pourquoi réaliser des vidéos YouTube alors ? D’abord et principalement parce que cela m’amuse, ensuite parce que je cherchais un nouveau média pour parler de musique, enfin parce cela change.

Je me suis très vite aperçu, après avoir installé l’appareil sur son trépied, que ça ne serait pas aussi simple que prévu. La vidéo exige de la lumière et mon projecteur de chantier possède la fâcheuse manie de scintiller. Quant au micro de l’appareil photo (plutôt performant à ma grande surprise), il capte les bruits de la route avec ceux de ma voix. 

Parler devant une caméra n’est finalement pas chose si naturelle. Je peine à rester en place sans gigoter devant l’objectif, ma voix grimpe dans les aiguës et je suis bien embarrassé avec mes mains. 

Le choix du cadrage comme du décor possède bien entendu son importance et comment me tenir face à la caméra ? Vautré dans canapé, debout devant l’objectif, caché derrière un bureau ou assis sur une chaise ?

J’envisageais d’abord de m’installer confortablement dans le canapé avec pour simple décor un bout de porte en chêne, la tapisserie marron et le cuir vert du canapé. Mon fils m’a rapidement convaincu que ça ne fonctionnerait pas. Il m’a conseillé un autre décor avec le clavier d’un piano face à la caméra et une bibliothèque dans la perspective. C’était mieux mais je trouvais que de nombreux éléments encombraient l’arrière plan. Finalement j’ai opté pour celui-ci et mon fils l’a validé avec enthousiasme. Ma femme par contre, trouve que l’on ne voit plus assez son beau piano…

Youtubeur fou à son époque, mon fils m’a également conseillé pour les transitions entre les coupes et ma femme pour la diction. Franchement, elle devrait me doubler, ce serait troublant, mais elle passe très bien, alors que moi non.

Pour débuter j’ai utilisé la télécommande SnapBridge de mon iPhone afin de piloter l’appareil photo, un projecteur de chantier pour éclairer la scène en attendant mieux, une table pour poser le Mac en guise de prompteur derrière lequel est venu s’installer l’objectif pour donner l’impression que je ne lis pas. Enfin, c’est juste une impression. Bref, pour chaque prise c’est tout un chambardement du salon.

Pour le montage, j’ai commencé avec iMovie, pensant passer à un outil plus complexe plus tard. Il m’a fallu quelques heures pour trouver certaines des fonctionnalités de l’outil comme l’incrustation d’image et le fading in/out de la piste son mais finalement j’ai sous la main un logiciel gratuit assez complet, robuste et qui suffit à mes besoins. J’ai par contre besoin d’un micro cravate comme des projecteurs. J’ai trouvé une nouvelle excuse pour faire fonctionner l’économie, Macron va être content.

Pour la prise finale, j’ai placé le Nikon Z6 II devant l’écran du Mac, toujours piloté en Wifi avec l’application SnapBridge. J’ai éclairé la scène avec deux projecteurs LED 50 Watts Starblizt et enregistré le son avec un micro-cravate Boya. Voulant descendre en ISO, j’ai enlevé les diffuseurs et j’ai quelques ombres sur ma droite, on corrigera ça la prochaine fois. Pour le son, je suis toujours gêné par la circulation – saloperie de bus – mais c’est quand même mieux avec le micro-cravate.

Je suis pathétique devant une caméra, outre les bafouillages cafouillages, ma voix sonne faux, je me tortille sur siège et il est flagrant que je lis mon texte sur l’écran. J’ai essayé de corriger tant bien que mal ce problème en positionnant différemment l’appareil photo et le Mac, c’est mieux mais pas encore parfait.

C’est après les prises que je découvre les problèmes du décor, un fil électrique qui traine, un mouchoir oublié, un bout du luminaire dans le cadre ou le trou béant de mon jean.

Je ne pensais jamais publier de vidéo, d’ailleurs je ne l’ai pas encore fait, mais l’idée me titille depuis quelques années sans trouver le temps pour le faire. Il y avait ces chroniques musicales en anglais de liveprog que je regardais souvent et bien entendu Radio Erdorin que je suis assidûment. 

liveprog
Radio Erdorin

J’envisage des chroniques musicales courtes en vidéo associées à un texte, sensiblement le même, le tout posté sur le blog. La fréquence dépendra de mes envies, je n’ai pas l’intention de me remettre la pression comme avec Neoprog mais en serais-je capable ?

Pour le savoir, rendez-vous le 24 mai.

Le Silence

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J’ai été appâté par un petit roman à la couverture de smartphone argenté. L’histoire raconte une fin du monde, le jour où votre portable ne fonctionne plus, où l’écran télé devient noir, où l’électronique nous abandonne.

J’avais envie d’offrir ce petit bouquin à ma femme, elle qui est totalement addicte à son iPhone. Mais c’est moi qui l’ai lu finalement, dans le transat, au fond du jardin, un chaud après-midi dominical de mai.

Tout tombe en panne le jour du championnat de Super Bowl et cinq personnes, deux couples et un jeune homme, se retrouvent face à eux-mêmes dans un appartement de Manhattan. Que va-t-il ressortir de ce face à face forcé ? Qu’est-ce qu’un couple peut encore se dire après des années de mariage, sans écran pour occuper son temps ? Qu’est-ce qu’il reste de l’amitié une fois les banalités d’usage prononcées ?

Les thèmes autour de ce sujet me semblaient infinis et à priori palpitants. L’auteur ne livre à la place qu’un verbiage intellectuel et délirant (sa diatribe autour d’Albert Einstein par exemple) sans l’ombre d’un intérêt, ou alors je suis trop stupide pour comprendre. Onze euros et cinquante cents jetés par la fenêtre.

Désabonné

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Dans la vie j’utilise six boîtes aux lettres. Quatre pour le travail, deux privées. Les six sont ouvertes en même temps sur mon navigateur web et les notifications pleuvent sans cesse. 

Celles du travail sont peu bavardes hormis les harangues syndicales qui tombent plusieurs fois par jour. Sur les deux boîtes privées, celle à mon nom possède une activité raisonnable, musique, expéditions de colis, factures et devis, mais la seconde, celle dédiée au webzine Neoprog, connaît une activité frénétique. Sur cette boite arrivent toutes les promotions, les annonces, les demandes de contact, les notifications du webzine, les concerts, les prochaines sorties d’albums, les commentaires des lecteurs et fatalement une tonne de spams. 

Cela représente une cinquantaine de messages par jour qu’il faut trier, lire et auquel il faut parfois répondre. Comme Neoprog ferme ses portes vendredi prochain, je me suis lancé dans une vaste opération de désabonnement généralisée. 

Le plus simple fut de me désabonner de la plateforme Haulix sur laquelle arrivaient de nombreuses promotions et newsletters. Il a fallu ensuite me désabonner manuellement d’autres listes et envoyer un message à quelques contacts qui travaillent encore à l’ancienne, sans liste de diffusion. 

Cela m’a pris plusieurs heures, mais je voulais faire les choses dans les règles et ne pas juste supprimer l’adresse mail du webzine afin de ne pas saturer les serveurs internet de requêtes inutiles.

Aujourd’hui je ne reçois presque plus rien dans cette boîte et ça me fait tout drôle. Mes soirées sont soudain bien vides. Je peux m’installer dans le canapé et écouter un vinyle sans être interrompu par une notification Gmail, Facebook ou Twitter. 

A la fin de cette semaine, je fermerai mes comptes Twitter, Facebook, Gmail et Instagram avec soulagement, ne conservant qu’une adresse mail et un compte Twitter perso, sans parler du compte Flickr sur lequel je publie mes photographies bien entendu. Si vous voulez encore avoir de mes nouvelles, il faudra passer par là ou venir sur ce blog.

Après m’être vautré dans les médias sociaux, je vire à l’ascétisme. Mais que voulez-vous, c’est ma nature. Le blog va survivre à cette hécatombe numérique, du moins tant que cela m’amusera, juste pour le fun, sans contrainte d’aucune sorte, sans équipe, sans pression, sans audimat, une manière de repartir à zéro et d’explorer de nouvelles choses.

Les piliers vikings

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Il y a bien longtemps, un couple d’amis nous avait conseillé un roman médiéval à succès. Ce roman décrivait la société féodale, ses méchants riches, ses gentils pauvres et l’édification d’une cathédrale par un tailleur de pierre. Le récit était pimenté d’histoires d’amour et de meurtres, un pavé qui se lisait avec délice.

L’auteur fort de son succès écrivit une continuation assez réussie et comme les gens en demandaient plus, se lança dans un préquel intitulé Le Crépuscule et L’Aube. Je vous parle bien sûr de Ken Follet romancier/historien, mais pas à part égale, disons à 75/25%.

Son nouveau roman nous ramène vers l’an mille, à l’époque des incursions viking en Angleterre. Nous suivons les péripéties de Ragna, fille de noble Normand et de Edgar, fils de constructeur de bateaux.

Nous découvrons la Shiring médiévale avec ses différents dignitaires et son clergé corrompu, la pauvreté de cette époque où l’on bâtit encore les habitations, ponts et fortifications en bois. Le roman ne donne pas envie d’effectuer un voyage dans le temps, même loin des ondes 5G, du COVID-19 et des antibiotiques, où le repas du pauvre se limite à un gruau clair une fois et une tranche de pain.

Edgar façonnait une poutre à l'aide d'une herminette, une outil ressemblant à une hache mais muni d'une lame incurvée, dont le tranchant était perpendiculaire au manche, et qui était conçu pour raboter une pièce de bois, jusqu'à ce que sa surface soit parfaitement lisse.

Ken Follet ne se foule pas trop pour intégrer ses leçons d’histoire au récit. Il glisse, sans grande subtilité littéraire, façon Wikipedia, quelques lignes entre deux descriptions. Il y a bien entendu des histoires d’amour, le livre est d’ailleurs lui même une grande histoire d’amour impossible, sinon ce ne serait pas drôle. Vous y trouverez le riche méchant, le pauvre talentueux, la belle inaccessible, des viols, des meurtres, des rebondissements et quelques drames pour que tout cela fonctionne.

Car ça fonctionne, même plutôt bien, pas aussi bien que les Piliers de la Terre, déjà parce qu’il n’y a plus d’effet de surprise, mais ça fonctionne. Le livre est plaisant à lire et le lecteur se laisse porter par les péripéties des personnages. Cependant, dès les premières pages, on se doute de la fin de l’histoire.

Le Crépuscule et l’Aube offre un agréable divertissement mais ne lui en demandez pas plus.

Apollo-Soyouz

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Je me souviens parfaitement de cette poignée de main orbitale en 1975, lorsque qu’un module Soyouz s’arrima à une capsule Apollo. Un bonjour médiatique terriblement cher pour l’époque. Mais c’était la Guerre Froide et toute détente était bonne à prendre.

En parlant de détente, savez-vous qu’utiliser une arme à feu dans l’espace est une bien mauvaise idée ? Non ? Alors regardez la deuxième saison de For All Mankind.

Comme on change pas une équipe qui gagne, les ricains et les ruskoff se chamaillent sur la Terre et sur la Lune. La NASA envisage d’armer sa nouvelle navette spatiale à propulsion nucléaire et la base lunaire est occupée en permanence par toute une équipe d’astronautes.

Nous nageons en pleine science-fiction et pourtant la saison nous ramène aux années Reagan. En fait For All Mankind, avec ces Russes premiers à fouler le sol lunaire suit la trajectoire de plus en plus divergente d’une uchronie. Mais nous le savions déjà.

Ne nous mentons, si la saison une semblait pleine d’espoir, la saison deux nous conduit au bord du précipice. Les astronautes tirent à vue, leurs épouses les trompent, les enfants font n’importe quoi et quelques personnes vêtues de scaphandres pressurisés ou recouvertes de scotch américain perdent la vie à la surface de notre satellite.

Et pendant ce temps, russes et américains, entre deux scénarios de fin du monde, mettent au point le couplage improbable d’Apollo et de Soyouz. Tout cela pour une poignée de main qui pourrait sauver l’humanité d’une apocalypse nucléaire.

La seconde saison de All Mankind tient ses promesses et si tout va bien, en 1995 l’homme marchera sur Mars. Sera-t-il américain, russe, chinois ou serait-ce jeune Jean-Loup Chrétien (Thomas était trop jeune), vous le saurez en regardant la saison trois.

La fin d’une époque

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Neoprog est né il y a plus de vingt ans des cendres d’un premier site internet où je parlais de tout et de rien, l’ancêtre du blog. Je l’ai spécialisé pour ne traiter que les musiques principalement progressives dans lequel je donnais un avis partial sur les albums que je possédais. Puis progressivement, les artistes, les labels et les promoteurs sont venus me proposer des albums.

Bien vite il y a eu trop de musique pour deux oreilles et j’ai accepté de travailler avec une seconde personne. Une, deux puis trois, l’équipe finit par atteindre le nombre de dix personnes à l’age d’or de Neoprog avant de décliner lentement.

Ce furent des années d’expériences musicales et humaines très enrichissantes mais également difficiles. J’ai eu le plaisir de découvrir de nombreux groupes, de discuter avec mes idoles, de les photographier en pleine action comme dans mes rêves d’adolescent les plus fous.

Mais aujourd’hui, je désire passer à autre chose.

J’arrête le webzine musical Neoprog, du moins sous sa forme actuelle. L’idée trotte dans ma tête depuis deux trois ans, mais j’ai repoussé cette décision à plusieurs reprises pour diverses raisons. Cette fois ma décision est prise et toute l’équipe a été bien entendu informée.

Pourquoi arrêter ? Gérer Neoprog et son équipe demande beaucoup de temps et d’énergie. Il faut partager les promotions, répondre aux sollicitations, mettre en ligne le contenu, relire la prose, renseigner la base de données sur les groupes, les albums, les concerts, les sorties en plus d’écrire plusieurs chroniques par semaine pour tenir la cadence des publications. Car il est nécessaire de maintenir un audimat raisonnable dans ce genre de médias pour ne pas sombrer dans l’oubli.

Il m’est arrivé de mettre en ligne des textes avec lesquels j’étais en total désaccord et j’ai dû, comme tout manager que je ne ne suis pas, vivre avec les états d’âmes des membres l’équipe. Nous étions six à la fin, et pour suivre l’actualité musicale, il aurait fallu que nous publions au moins cinq critiques par semaine. Plus de vingt par mois. Comme en moyenne les autres membres de la team accouchaient d’un texte par mois, il me restaient quinze à vingt chroniques à produire, en piochant souvent dans les restes. Du travail à la chaîne qui perdait de son intérêt à la longue.

Le webzine subissait la pression insidieuse des labels et promoteurs sans réel retour de leur part. Si nous ne publiions pas à temps un billet enthousiaste sur tel ou tel album, nous ne recevions pas le suivant. Les albums arrivaient de plus en plus souvent en streaming, parfois en mp3 et rarement en support physique. Il fallait mendier pour une version numérique, quelques photos de presse et les paroles.

La qualité du webzine a beaucoup tenu au travail des différents rédacteurs qui s’y sont succédés. La relecture des textes, la mise en page plus soignée, la découverte de nouveaux horizons musicaux, je la dois pour une grande partie aux personnes qui ont participé à cette aventure.

Mais justement, ils se sont succédés. Un arrivait, deux partaient. Faute de temps pour certains, lassitude pour d’autres. Certains ont été mis dehors également, plagia, bâclage, coup de gueule et j’en passe. Depuis deux ans, je ne cherchais plus vraiment à recruter car cela demandait beaucoup trop d’énergie pour un résultat très incertain.

Bref, aujourd’hui j’ai envie d’écouter la musique qui me plait et d’en parler à l’occasion si j’en ai envie, sans avoir à rendre de comptes à qui que ce soit. Revenir à ce que je faisais aux débuts de Neoprog.

Le webzine Neoprog va fermer ses portes et le blog va prendre sa relève. Fini les promotions, il s’agira juste des albums achetés que j’aurai eu plaisir à écouter, peut-être exclusivement les vinyles. Je n’ai pas encore de plan.

Merci à toute l’équipe qui m’a accompagné ces dernières années. Merci aux artistes, labels et promoteurs qui nous ont aidé à exister. Et merci à nos lecteurs, de nous avoir suivi fidèlement depuis le début.

Photo amateur

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Ceux qui pratiquent la photographie en loisir savent que manipuler un boitier comme cadrer correctement un sujet demande un peu de pratique.

Depuis Noël j’effectue une migration d’APS-C vers 24×36 et de monture F vers Z. Donc je vends du matériel, boitier, grip, objectifs dans le but d’en acheter de nouveaux.

Pour ce faire j’ai déposé des annonces sur Leboncoin sans rencontrer de grand succès à part les habituelles anarques ou négociations sauvages. Alors pour me donner plus de chance, j’ai mis une partie de ce matériel en dépôt vente chez un photographe.

Le lendemain, alors que je venais de déposer tout le matériel dans l’unique boutique photo du centre ville de Strasbourg, je vendais tout le matériel sur Internet, m’obligeant à deux aller-retours en ville pour récupérer le matériel. En un samedi de migraine intense, je vendais un Nikon D7200, un Sigma 18-35 mm, un Nikkor 18-140 mm. Il ne restait qu’un Fish Eye DX 8mm à écouler ainsi qu’un vieux Tamron 70-300 mm fatigué.

Le Fish Eye en question est un Samyang totalement manuel et non reconnu par la majorité des boitiers Nikon. Il fait des images complètement déformées, un ultra grand angle, pas franchement facile à maîtriser.

Le dimanche midi, une personne m’a contacté sur Leboncoin pour acquérir l’objet. Une demi-heure plus tard elle arrive devant la maison et me demande si son Nikon D80 fonctionnera avec. En voilà une bonne question… Je lui propose d’essayer et miracle le D80 le reconnaît et tout fonctionne. 

J’explique au jeune devant moi, que l’objectif est manuel. Le gars me regarde interrogatif.

– Manuel comment ? 
– Il n’y a pas d’autofocus dessus. 
– C’est quoi lotto faut cul ? 
– Heu, la mise au point est manuelle. 
– Quel point ? 
– La netteté de l’image se fait à la main. 
– J’comprends pas. 
– Ouille… L’image y a être floue si toi pas tourner la bague correctement.

Je lui explique aussi, que s’il ne fait pas attention, il photographiera également ses pieds avec ce genre d’objectif parce que c’est un grand angle. 

– Quel angle ? Je ne veux pas faire des photos de pieds, j’suis pas un bouffon !

Le gars m’explique qu’il veut faire de la photo, mais qu’il débute, ce que je veux bien croire. Il me montre de magnifiques clichés réalisés par un de ses amis, manifestement retravaillés sous Lightroom ou Photoshop et me demande si, avec son Nikon D80, il fera aussi bien. 

Que lui répondre ? Oui avec beaucoup de pratique mais pas avec ce Fish Eye là. Je lui propose à la place le vieux Tamron 70-300 un peu fatigué mais qui fait encore le job et que je vends deux fois moins cher. Quand il voit le tube, ses yeux brillent, confirmant le dicton, plus c’est long, plus c’est bon. 

C’est là que je découvre que le jeune ne sait pas installer un objectif sur un boitier, alors je lui montre comment faire et comme son Nikon est réglé en manuel, je le bascule en full auto, un choix sans doute plus adapté à des premiers pas de photographe.

A l’époque où un smartphone fait de plus belles images qu’un vieux reflex Nikon amateur 10 mégas pixels, je me demande bien ce que ce garçon cherche à faire. Mais j’oublie que j’ai débuté le numérique sur un D5100 avec un 35-70 mm bas de gamme, mitraillant en mode rafale semi-automatique pour couvrir des concerts de rock et que lorsque je revenais le lendemain matin à la maison fier de mes mille-cinq-cent clichés JPG compressés, je jetais 95% des images tellement elles étaient moches.

J’espère que ce jeune fera son chemin avec son vieux Nikon et le Tamron et qu’un jour il goutera le plaisir d’un Fish Eye manuel pour des photographies étranges et spectaculaires.

Antialiasing

L’antialiasing est une technique numérique permettant de lisser le crénelage d’une image. Oui vous savez, ces motifs courbes réalisés en faibles résolutions qui dessinent des marches d’escalier là où il ne devrait y avoir qu’un trait.

J’ai pratiqué cette technique sur les images de la série Alias. Car oui, quand vous regardez des images filmées en numérique en 2001 sur un vidéo projecteur full HD, il y a quelque chose qui pique les yeux. Ceci dit les courbes de Jennifer Garner, pixelisées ou pas, restent très agréables à regarder.

En attendant que n’arrivent les nouvelles saisons de Big Sky, Ted Laso, The Mosquito Coast, Mythic Quest et Foundation, il ne nous restait plus que For All Mankind et Falcon et le Soldat de l’hiver à se mettre sous la dent pour occuper cinq des sept soirées de la semaine, les deux dernières étant réservées au grand écran.

Nous n’avions jamais regardé les cinq saisons de la série Alias. Elle trône pourtant fièrement dans les médiathèques de Strasbourg mais nous étions passés à côté. Mais quand je l’ai vu dans le catalogue Disney, j’ai voulu essayer.

Alias, pour ceux qui ne connaissent pas (il y en a ?), est une série d’espionnage où la belle Jennifer joue le rôle d’un agent double qui poursuit en parallèle ses études à la fac. Elle est sexy, bien habillée, intelligente, elle court très vite mais n’aime pas son papa, lui aussi agent double ou triple, allez savoir.

La série ne fatigue pas les méninges, les ficelles sont assez grosses, mais regarder l’espionne qui m’aimait déambuler en tenues sexy, se battre contre la méchante, courir dans de longs couloirs, sauter du quatrième étage au bout d’un filin, suffit à notre bonheur en attendant une série au scénario plus étoffé.

Cette série fut le premier rôle de Bradley Cooper qui est d’ailleurs pathétique comme son personnage, alors que d’autres personnages secondaires comme celui de Marcus (Carl Lumbly) tiennent beaucoup mieux la route.

Nous n’en sommes qu’à la première saison, elle servira de bouche trou à l’occasion, c’est ça où regarder La Roue de La Fortune et Des Chiffres Et Des Lettres sur le petit écran.

https://youtu.be/gVNLQi8CfsI

180 grammes

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Vous l’avez sans doute remarqué, les galettes en bakélite sont de retour alors qu’elles avaient presque disparues à la fin des années quatre-vingt. 

La majorité des groupes proposent aujourd’hui du digital, des CDs ainsi que des vinyles lorsqu’ils sortent un disque. L’objet est beau mais s’adresse à un public souvent audiophile. 

J’ai remarqué que les jeunes artistes rêvaient de graver leurs créations sur une galette noire. Une sorte de jalon obligatoire sur le chemin de la gloire. Seulement voilà, bien souvent, après un premier album vinyle, ils reviennent au CD. J’ai cherché à en comprendre la raison.

Il y a le prix tout d’abord. Un pressage vinyle est plus onéreux que la fabrication de CDs. Ensuite, comme dit plus haut, les acheteurs de vinyles ne sont pas si nombreux car la galette nécessite le plus souvent, pour l’écouter, une platine, un pré amplificateur, un amplificateur et des enceintes alors qu’un PC suffit pour écouter un CD et un smartphone pour du digital.

Ensuite un master analogique ne se conçoit pas comme un numérique. Et si on ne distingue pas les deux, un des deux supports aura un son inapproprié.

Enfin, le pressage à bas coût tue le vinyle et les artistes à petits tirages s’orientent souvent vers des sociétés peu onéreuses pour essayer de trouver un équilibre financier, négligeant le son pour le look, la galette de couleur, le picture disk, le double volet avec de belles photographies.

Du coup certains vinyles sont très décevants et le mp3 320 parfois même plus dynamique. Le son peut se révéler terne, plat, brouillon, griffé. Je possède quelques galette de ce genre, un Marcela Bovio presque inaudible, un Petter Carlsen terne, un Dream Theater sans aucune dynamique, un TesseracT décevant.

À côté de cela, je possède des merveilles comme un Pink Floyd pressé récemment, un Opeth 180 grammes magnifique, un Cris Luna fabuleux.

Le choix d’un pressage 180 grammes audiophile garantit déjà une certaine qualité mais ne fait pas tout. Si le mix à la base était moyen, n’espérez pas grand chose. Les galettes noires seraient de meilleur qualité que les arc-en-ciel et les pictures. Là dessus j’avoue n’avoir pas d’avis.

Ce qui est certain c’est qu’un grand tirage est nécessaire pour disposer à la sortie d’une bonne qualité d’écoute, parce qu’un grand tirage permet de presser des vinyles de test. Ce n’est cependant pas une garantie absolue loin de là. Bref à chaque fois que vous achetez un vinyle, c’est un peu la loterie, mais parfois, il y a de belles surprises. Alors, le plus souvent, si je ne dispose pas de la version numérique, j’achète également le CD avec.

Les Somnambules

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J’ai lu deux critiques enthousiastes de ce roman, une sur Babelio, l’autre sur le blog EmOtionS alors quand je suis allé chez mon libraire, je m’attendais à trouver le livre en bonne place dans le rayons. Mais non, il était bien caché, et quand j’ai annoncé au libraire que ce bouquin semblait faire un carton, il m’a répondu goguenard : « Je n’en ai vendu qu’un seul exemplaire, celui-ci. ». Damned ! Il faut dire que parler de pandémie de fin du monde ces temps-ci… enfin bon.

Ce roman se lit comme un road movie. Un road movie dans lequel les héros, suivent un, puis deux, puis trois, puis mille-vingt-quatre marcheurs entourés de leurs bergers. Un road movie de fin du monde, traversant les États-Unis à cinq kilomètres à l’heure.

Un roman épais de mille-cent-soixante-sept pages où il ne se passe finalement pas tant que ça d’évènements, un roman où se rencontrent les destins d’américains de tout âges, venus de tous les états, issus de tous les milieux.

La première à prendre la route s’appelait Nessie, une adolescente surdouée venue d’une ferme, marchant comme une somnambule, insensible à toute forme de sollicitation extérieure. Le premier des bergers fut sa grande sœur Shana, abandonnant tout pour protéger Nessie devenue une sorte de zombie. D’autres arrivèrent peu à peu et le troupeau grossit attirant la curiosité des scientifiques et la crainte puis la peur de la population.

Et pendant que le troupeau avance, infatigable, jour et nuit, une pandémie mortelle commence à décimer la population sombrant le monde dans le chaos.

Jusqu’à la révélation, aux trois-quarts du roman, les pages s’avalent plus vite que les kilomètres parcourus par les somnambules. Et même si je lisais sans réclamer d’explications, lorsqu’elle est arrivée, je l’ai trouvée décevante ce qui a rendu la fin plus laborieuse à lire. Les cent dernières pages prirent plus de temps à lire que les mille premières. Par chance l’auteur réussi le tour de force, dans le tout dernier chapitre, de rendre la catastrophe racontée pendant plus de mille pages plus noire encore.

J’ai aimé que Chuck Wending, à la manière de Franck Herbert dans Dune en son temps, commence chaque chapitre par une citation, un tweet, un extrait de podcast, une conversation, de quelques lignes à une page de texte qui donnent un autre point de vue sur l’histoire qu’il nous raconte.

Le roman porte également un fort message anti suprémacistes blancs très en vogue aux U.S.A. depuis le mandat de Donald Trump. Et depuis le début de la pandémie de COVID-19, Les Somnambules, paru en 2019, semble presque hélas, un roman prophétique.

Prévoyez quelques jours pour arriver au bout du roman, et si vous broyez du noir à cause de la pandémie actuelle de COVID-19, lisez-le quand tout ira mieux.